Bataille de Gaza : les Britanniques enfoncent la Sublime Porte

La campagne du Sinai de 1916 s’est soldée par une victoire nette britannique à Romani mais qui n’a pu être entièrement exploitée par la suite. Mais à la fin de l’année 1916, l’Egyptian Expeditionnary Force (EEF) enregistre plusieurs succès. Elle s’empare d’El Arish le 21 décembre 1916, puis de Rafa en Palestine le 9 janvier 1917. Par conséquent, les Britanniques viennent de passer la porte d’entrée de l’Empire Ottoman. Par conséquent, les Ottomans ont  fait évacuer 50 000 civils de Jaffa de crainte de les voir coopérer avec les troupes Britanniques. Ainsi, au début de l’année 1917, David Lloyd-George envisage de grands projets au Moyen-Orient afin de sortir Constantinople de la Guerre afin de mieux isoler Berlin. Mais ce projet grandiose se heurte aux conceptions stratégiques de William Robertson, si bien que sur le terrain, le rythme des opérations sera ralenti. De leur côté, les Turcs qui ont reçu de l’aide allemande, doivent combattre sur plusieurs fronts. Mais tenir la région de Gaza est vital pour conserver des ressources qui font déjà défaut à l’Armée et à l’Economie mais aussi pour garder fermée la route vers Jérusalem et Damas.

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1 – CONTEXTE STRATÉGIQUE EN 1917

– En décembre 1916, les autorités militaires britanniques du Caire se retrouvent face à un important défi logistique. Ils doivent assurer le ravitaillement à  200 000 hommes dans le Sinai (non-combattants compris), requérant près de 5 millions de litres d’eau. Or, l’acheminement de l’eau dans un milieu désertique s’avère techniquement complexe. L’extension de l’échelle des opérations accroît les nécessités logistiques dont dépendent les potentiels prochains succès militaires. Pour améliorer la logistique et le transport, le commandement du Caire demande à Londres des véhicules sur roues afin de moins dépendre des dromadaires, même si ceux-ci conservent une large part dans le ravitaillement.

– Mais pour subvenir aux besoins de l’Egyptian Labour Corps et du Camel Transport Corps, le commandement du Caire doit davantage puiser dans les ressources offertes par l’environnement rural de l’Egypte (main d’œuvre, dromadaires, grains, eau…), ce qui n’est pas sans créer des tensions avec la population égyptienne. Cela oblige les officiels britanniques d’intervenir bien plus agressivement afin de détourner les activités économiques et agricoles de l’Egypte au profit de Continuer à lire … « Bataille de Gaza : les Britanniques enfoncent la Sublime Porte »

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Cent ans de Caporetto – Partie 2

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le spectaculaire succès allemand du 24 août. Premièrement, l’emploi des troupes spécialement formées au combat en montagne et la transposition des tactiques d’infiltration déjà utilisées en France et en Russie qui vont totalement surprendre le commandement italien et déboucher sur une bataille de mouvement à une altitude élevée. Mais celui-ci n’est pas exempt de tout reproche, loin de là, ayant complètement négligé l’aspect défensif, d’autant que ses troupes sont déjà fatiguées.

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2 – PLANS, OBJECTIFS ET TACTIQUES

A – LE PLAN AUSTRO-ALLEMAND : DES OBJECTIFS AU DEPART RELATIVEMENT LIMITES 
– Dans les plans dressés par Ludendorff et Otto von Below, il est prévu de sécuriser la position du Heeres-Gruppe « Borojevic » (1. et 2. Isonzo-Armeen) sur les plateaux de Bainsizza et du Corso. L’offensive offensive principale sur l’Isonzo est donc confiée à la XIV. Armee austro-allemande. Mais des offensives de soutien auront lieu sur la partie orientale du front des Alpes. Ainsi, le Heeres-Gruppe « Tirol » commandé par le Continuer à lire … « Cent ans de Caporetto – Partie 2 »

Passchendaele (12) – L’échec devant Bellevue (9-12 octobre)

– Le 8 octobre, durant le thé avec Plumer, c’est un Alexander Godley enthousiaste qui explique à Haig que la prochaine attaque ne soit nullement sujette à un report, son II ANZAC Corps étant prêt à l’attaque pour le lendemain. Mais dans ce qui va suivre, l’Armée britannique succombe à l’une de ses tares : l’enthousiasme prend le pas sur la méthode et la technique. Et le rôle de Herbert Plumer – certes pressuré entre son supérieur Douglas Haig et son subordonné Godley – n’est pas très clair.

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1 – L’ATTAQUE BÂCLÉE DU 9 OCTOBRE)

– Sauf que cette fois, après l’attaque réussie du 4 octobre, les Royal Engineers sont contraints d’étendre les routes et les voies de chemin de fer dans un délai record. La route Wieltje-Gravenstafel, artère vitale, est ainsi entretenue continuellement dans un harassant travail de fourmis par des compagnies de travailleurs, dont des Chinois. A l’instar de la méthode employée à Vimy, le meilleur moyen pour étendre ou construire des routes consiste à planter de grosses billes de bois dans le sol sur lequels sont posées des planches permettant aux véhicules et chargements hippomobiles de circuler. Mais si la logistique britannique peut maintenir un flux continu, celui-ci est perturbé par l’artillerie allemande. Cela pose vite problème quant à la fourniture en Continuer à lire … « Passchendaele (12) – L’échec devant Bellevue (9-12 octobre) »

Cent ans de Caporetto – Partie 1

La défaite italienne de Caporetto est imputable à deux éléments : d’une part, l’inaptitude du Commando Supremo à crever la défense austro-hongroise et à insuffler la motivation nécessaire aux soldats et d’autre part, les innovations tactiques allemandes qui ont bien failli causer l’effondrement moral et politique presque total du jeune Royaume transalpin, alors que la situation de l’Empire Habsbourg empire de semaine en semaine. Loin d’avoir été le fruit de la dissidence de soldats grévistes comme le prétendra Luigi Cadorna et encore moins celui d’un prétendue sédition socialo-communiste (thème qui fera les gorges chaudes de la propagande du Régime fasciste quelques années plus tard), la défaite de Caporetto est d’abord la conséquence de l’épuisement de l’Armée italienne (symbole d’un jeune Etat imparfaitement unifié) après onze offensives aux gains médiocres. Epuisement dont les unités allemandes de montagne vont amplement profiter en créant un véritable choc psychologique chez leurs adversaires. Mais contrairement à ce qui s’est passé à Riga un mois auparavant, la défaite de Caporetto va provoquer un électrochoc qui, paradoxalement, va permettre à l’Italie de poursuivre le combat.

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1 – ETAT DES FORCES

A – LES ITALIENS : UNE ARMEE MOINS MAUVAISE QUE L’ON CROIT MAIS MAL DIRIGEE

– Contrairement à une légende encore tenace, l’Armée Royale italienne de 1917 n’est nullement une armée de va-nu-pieds. Au contraire, partie au combat contre l’Autriche-Hongrie en 1915 avec des moyens vétustes, la Reggia Escercita a accéléré sa modernisation au prix d’un coûteux effort industriel et financier, supporté par les poumons économiques du nord (Turin et Milan). Les chiffres parlent en ce sens : en 1915, l’Armée italienne aligne 600 mitrailleuses périmées, 2 000 vieilles pièces d’artillerie légères et seulement 30 avions. En 1917, ce sont Continuer à lire … « Cent ans de Caporetto – Partie 1 »

Passchendaele (11) – Prise de Broodseinde (4 octobre 1917)

Après la prise du Plateau de Gheluveld, le QG de Montreuil fait le pari qu’une percée décisive est possible. Mais d’autres estiment que la sécurisation du Plateau de Passchendaele, le long de Westroosebeke est d’abord néccessaire, en opérant une attaque en trois étapes de 1,4 km chacune. Et chaque étape remportée, il faudra étendre les routes et les voies ferrées. Mais Haig voit les conquêtes limitées de Plumer comme les prémices d’un plus grand succès.

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1 – PRÉPARATIFS

– Or ces succès ont nécessité une intense préparation logistique et un considérable feu d’artillerie, ce qui nécessite un déploiement de moyens adéquats. Mais à la décharge de Haig, Gough retrouve de l’enthousiasme et Plumer se met à y croire également (1). Du coup, Haig ordonne à Plumer de lancer une attaque afin de faire sauter les verrous de Broodseinde et Langemarck. L’attaque devra être brutale afin de faire voler en éclats la Wilhelm-Stellung. Pour cela, les Britanniques prévoient d’abord de s’emparer des verrous formés par les bourgs et villages de Gravenstafel, Broodseinde et Continuer à lire … « Passchendaele (11) – Prise de Broodseinde (4 octobre 1917) »

Passchendaele (10) – La prise du « Polygon Wood »

– Après la prise du Plateau de Gheluveld, Herbert Plumer peut se consacrer à la prise de son prochain objectif, le « Polygon Wood » (ou « Bois du Polygone »). Ce bosquet alors complètement déchiquété forme une partie du dispositif défensif de la Wilhelm-Stellung qui verrouille la ligne située entre Zonnebeke et Poezelhoek, ainsi que l’accès à Broodseinde. Pour permettre cette offensive, la logistique et le Génie britannique se sont dépensés pour alonger les routes de même que les lignes ferroviaires et remplir les casiers d’obus.

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– Pour cette nouvelle attaque, Herbert Plumer conserve le même procédé tactique, à savoir un puissant barrage d’artillerie derrière lequel progresse son infanterie, couplé à des tirs de neutralisation et d’interdiction dans la profondeur du dispositif ennemi. L’assaut contre le « Polygon Wood »  est confié aux Australiens du I ANZAC (1st, 2nd, 4th et 5th Australian Divisions) de William Birdwood Plumer charge également le X Corps de Thomas Morland (39th et 33rd Divisions) de mener respectivement des attaques de flanc vers Zonnebeke (nord) et Poezelhoek afin d’appuyer les Australiens. Simultanément, l’artillerie des VIII et IX Corps (flanc sud) doit déclencher un bombardement de diversion contre les positions allemandes de Continuer à lire … « Passchendaele (10) – La prise du « Polygon Wood » »

Passchendaele : l’impasse de boue – 9

LA BATAILLE DE LA ROUTE YPRES – MENIN (20-25 SEPTEMBRE)

S’emparer du Plateau de Gheluveld implique de crever une portion de Front de plus de 3,5 km qui se trouve être l’une des mieux défendues d’Europe de l’Ouest. Plumer souhaite donc procéder en quatre étapes, chacune devant abattre environ 1 km en 6 jours. L’objectif est d’assurer le contrôle de la crête de Gheluveld à la Second Army afin de permettre à la Fifth Army de reprendre son avance.

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1 – LA PRÉPARATION DE LA SECOND ARMY BRITANNIQUE

L’Operation Order No. 4 daté du 1er septembre 1917 détaille comme l’assaut britannique doit être mené. L’attaque doit ainsi sécuriser la portion sud du la Crête de Passchendaele qui va de Broodseine à Hollebeke et comprenant le plateau couvrant Polderhoek et Tower Hamlets. Deux corps seront chargés de l’assaut principal : le X Corps de Thomas Morland et le I ANZAC de William Birdwood qui doivent parcer l’Albrecht-Stellung par le « Polygon Wood » et Gheluveld. Les flancs doivent être sécurisés par le IX Corps de George Hamilton-Gordon, au sud, tandis que la Fifth Army devra étendre son front vers le nord. L’Opération consiste à contrôler trois lignes différentes – « Red », « Blue » et « Green ». Conformément à son idée du « Bite and Hold » (« Mordre et tenir »), le plan de Plumer consiste à prendre une portion limitée du front après une préparation importante. Et contrairement à Gough, Plumer préfère utiliser la Tank Brigade dans des attaques visant à sécuriser plusieurs points sur la route Saint-Julien – Poelcapelle. En revanche, hors de question d’employer les engins blindés dans une attaque générale sur la ligne de front (1).

– Le 6 septembre 1917, les Britanniques ont opéré la relève de Continuer à lire … « Passchendaele : l’impasse de boue – 9 »