La Piave, fleuve fossoyeur de l’Armée des Habsbourg (15-23 juin 1918)

– Depuis décembre 1917, le front italien s’est figé. Malgré la victoire de Caporetto, l’Armée impériale austro-hongroise n’a pas réussi à percer le front de la Piave en raison du départ des troupes allemandes vers le Front de l’Ouest, l’étirement des lignes de communication et l’arrivée rapide de divisions françaises et italiennes sur le front italien. Et le Royaume de Victor-Emmanuel III a connu un sursaut moral inattendu. En 1918, mettant à profit la vassalisation de Vienne à Berlin, l’OHL décide – ou plutôt ordonne – à Charles Ier et à son état-major de déclencher une vaste offensive pour forcer le cours de la Piave, afin d’y fixer les troupes franco-britanniques et même, inciter Londres et Paris à expédier des renforts qui seraient bien plus utiles en Picardie ou dans les Flandres. Vienne acquiesce mais sa préparation prend un retard important qui est vite mis à profit par une armée italienne revigorée et soutenue par des éléments français et britanniques.
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1 – SUR ORDRE DE BERLIN…

– La relation de dépendance exercée par l’Allemagne sur l’allié austro-hongrois n’est pas à mettre sur le dos de la seule Conférence de Spa. Déjà à l’été 1916, l’Offensive Broussilov manque de causer une catastrophe à l’Armée austro-hongrois qui laisse plus de 400 000 hommes dans l’affaire, contraignant Berlin à renoncer à une nouvelle offensive sur le front de Verdun afin d’expédier rapidement un Corps d’armée (4 divisions) vers l’Est pour enrayer l’hémorragie. En 1917, lors de la planification de la bataille de Caporetto, c’est bien Otto von Below qui prend l’ascendant sur ses homologues austro-hongrois. La victoire est largement du fait des troupes allemandes. Ainsi, progressivement, en dépit de la volonté de paix de Charles Ier, la double monarchie se retrouve de plus en plus en état d’obligé, sinon de vassal de Berlin. Enfin, en janvier 1918, l’état-major de Vienne signe Continuer à lire … « La Piave, fleuve fossoyeur de l’Armée des Habsbourg (15-23 juin 1918) »

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Bataille du Matz : échec à « Gneisenau » (9-13 juin 1918)

Comme nous l’avons vu dans les articles concernant l’Offensive « Blücher-Yorck », Erich Ludendorff avait décidé de séquencer l’attaque contre les forces françaises par une double attaque : la première visant le franchissement de l’Aisne (et qui finit par viser celui de la Marne) et la seconde qui devait percer sur l’Oise et le Matz et atteindre Compiègne. Mais l’exécution du second plan a été retardée en raison du manque d’artillerie. Mais dans la dernière phase de la Troisième Bataille de l’Aisne, Ludendorff décide de déclencher son offensive sur l’Oise et le Matz en la confiant à Oskar von Hutier. Le plan a été rebaptisé « Gneisenau », en référence à August Neidhardt von Gneisenau, Maréchal prussien qui contribua à la lutte contre Napoléon. Mais les deux généraux allemands vont se heurter à deux généraux français coriaces et prévenus : Humbert et Mangin.

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1 – UNE OFFENSIVE HÂTIVEMENT PRÉPARÉE  

– La gestation du plan « Gneisenau » est antérieure à celle du plan « Blücher-Yorck ». En effet, suite à l’essoufflement de « Michael » sur l’Avre, Erich Ludendorff ordonne à von Hutier de plancher sur une possible attaque entre Noyon et Montdidier. Mais finalement, le 28 avril, Georg Wetzell propose que la nouvelle offensive soit lancée en coopération avec le plan visant à percer sur l’Aisne. C’est à ce moment qu’il reçoit le nom de « Gneisenau », en référence à August Neidhardt von Gneisenau, Maréchal prussien qui contribua à la lutte contre Napoléon.
– Mais dès la mise au point de « Blücher – Yorck », il apparaît clairement que « Gneisenau » sera lancée plusieurs jours après le 27 mai, car la XVIII. Armee de von Hutier n’a pas la puissance de feu nécessaire pour déclencher une courte mais violente préparation d’artillerie selon la méthode de Georg Bruchmüller (1). Or, dès les débuts de la planification, l’état-major de von Hutier estime que l’offensive nécessite 179 batteries d’artillerie et 12 divisions, dont 3 d’assaut. Or, à l’état-major du Kronprinz, on estime que les moyens demandés ne pourront pas forcément être déployés le Jour-J. Du coup, les planificateurs allemands doivent revoir les objectifs initiaux à la baisse. En lieu et place d’une puissante poussée vers le sud, le plan présenté le 19 mai privilégie le Continuer à lire … « Bataille du Matz : échec à « Gneisenau » (9-13 juin 1918) »

Les Marines au Bois Belleau, autre 6 juin…

Quand on se penche sur la carte des combats de juin 1918, on peut dire que l’engagement au Bois de Belleau (ou Bois Belleau) représenterait ni plus ni moins qu’un engagement tactique commun s’il n’eût pas été suivi d’un retentissement médiatique international. Pour Pershing, l’engagement des Marines pour la défense de ce secteur a prouvé aux Alliés que sa jeune armée était capable de mener une attaque localisée. La preuve avait été donnée à Cantigny mais le secteur de Belleau était beaucoup plus sensible en raison de la situation opérationnelle du moment. Pour les Français, ce combat qui n’a pas engagé des masses d’hommes a montré l’allant et le courage dont pouvaient faire preuve les « Sammies » de Wilson. Et pour le Corps des Marines (USMC), le combat du Bois Belleau a marqué au fer l’apprentissage de la guerre moderne et s’est durablement dans la mythologie de cette unité, au même titre que Guadalcanal, Tarawa, Tinian-Saipan, Peleliu, Iwo Jima, Okinawa ou même encore, Incheon. A tel point que ce bois déchiqueté du Pays Briard a donné son nom à un porte-avion et tient bonne place dans l’héraldique du 5th Marine Regiment.

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1 – RAPPEL HISTORIQUE

– L’histoire du Corps des Marines est quasiment consubstantielle de celle des Etats-Unis. Créés dans une taverne (authentique) par Samuel Nicholas en 1775 en prévision d’une guerre contre la couronne anglaise, les Continental Marines sont en fait des fusiliers chargés de combattre à bord des navires. Mais, épaulant George Washington, ils mènent également des actions de débarquement. Dissous en 1785 mais recréés en 1798 lors d’une période de forte tension avec la France du Directoire, ils sont employés par le Gouvernement américains dans des actions qui nécessitent des actions terrestres et navales. Malgré des effectifs particulièrement réduits (357 hommes en 1801), les Marines trouvent leur vocation de force destinée à être engagée outre-mer. Pour le coup, ils sont une force autonome qui ne dépend pas du commandement de la petite armée de Terre. Ils sont en effet directement placés sous les ordres de l’état-major des forces américaines dépendant du Président.

– On les retrouve ainsi engagés, pêle-mêle, dans la Guerre de Continuer à lire … « Les Marines au Bois Belleau, autre 6 juin… »

L’Offensive « Blücher-Yorck » – Partie 4 : « Coup d’arrêt et entrée en lice des Américains »

Le 31 mai, en dépit du coup de frein donné à l’Offensive allemande, l’alerte est toujours chaude pour l’Armée française. Les Allemands ont encore progressé sur l’Ourcq et au sud de Soissons. Seul le Ier Corps d’Armée de Gustave Lacapelle tient le choc mais Pétain, n’a plus qu’une réserve à envoyer immédiatement, la 87e DI (Gén. Arlabosse, puis Dhers) qui est expédiée tenir le front au nord de Villers-Cotterêts. Pour le coup, les avant-gardes de la VII. Armee ont déjà un pied sur la rive gauche (sud) de la Marne.

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1 – L’ENJEU DE LA MARNE : C’EST REPARTI COMME EN 14’ !

– En ces dernières journées du mois de mai, on débat ferme au QG de Ludendorff à Avesnes-s/-Help. Tactiquement, les Allemands peuvent se prévaloir d’un succès avec 55 km de conquis et 55 000 soldats français faits prisonniers. Ils ont également fait main basse sur une importante quantité de matériels, d’approvisionnements et de matériel. Cependant, c’est un succès sans lendemain car la percée n’a pas été obtenue et les offensives qui encadraient celles de la VII. Armee n’ont pas débouché. Soissons est tombée mais ses alentours ne sont pas encore pleinement dégagés. Et les Français se cramponnent encore durement à la Forêt de Villers-Cotterêts. En fin, à l’est, la I. Armee de Fritz von Below n’a pu déborder l’aile droite française. Plus grave encore, le front allemand forme une

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