Bataille de la Somme – Les combats de Pozières (juillet-août 1916)

– Après le 17 juillet, le BEF marque une pause dans son offensive sur la Somme car les munitions viennent à manquer pour l’artillerie. Haig ordonne néanmoins à Rawlinson de lancer une attaque entre le High Wood à l’est et Ginchy-Guillemont à l’ouest. Mais la IVth Army doit s’emparer de la petite ville de Pozières qui verrouille la route Albert-Bapaume et qui permet de maintenir une ligne cohérente entre la Ferme du Mouquet et la Crête de Bazentin. Du coup, Haig décide de laisser Rawlinson se consacrer à son attaque vers Ginchy et Guillemont et confie la responsabilité de la prise de Pozières à Hubert Gough et ses forces de réserve.

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– Gough confie alors l’attaque au Ist ANZAC Corps (1) de William Birdwood qui aligne les 1st et 2nd Australian Divisions. Si ces deux unités sont de bonne tenue, les servants de batteries d’artillerie lourde australiennes et néo-zélandaises n’ont pas le niveau d’expérience de leurs homologues britanniques. Le 22 juillet, Gough rencontre Harold Walker (2), le Continuer à lire … « Bataille de la Somme – Les combats de Pozières (juillet-août 1916) »

Bataille de la Somme : la bataille de la Crête de Bazentin

– Après le 4 juillet, les troupes britanniques ont grignoté du terrain à la II. Armee en concédant des pertes terribles. La « Bataille d’Albert » s’achève par la prise de la Boisselle, de Mametz et de Montauban. Mais Thiepval et Longueval sont encore aux mains des Allemands. Après avoir reposé ses forces, la IVth Army est prête à mener une nouvelle offensive de grande ampleur sur la Crête de Bazentin, là où se situe la seconde position allemande dans le secteur sud du front (le moins bien défendu). L’attaque est prévue pour le 14 juillet.

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– Le secteur choisi est plus restreint que celui choisi pour le 1er juillet. Il comprend donc Bazentin-le-Petit, Bazentin-le-Grand, Longueval et le Bois Delville et se trouve être encore le moins bien défendu  L’idée de départ avancé par les généraux de Rawlinson est de confier l’attaque principale vers l’est au XVth Corps de Henry Horne, l’une des formations de la IVth Army encore en « bon » état après le 1er juillet. La 1st Division (Peter Strickland), unité du IIIrd Corps, doit aussi lancer une attaque de flanc-garde à l’aile gauche (ouest) du XVth Corps afin de capturer la « Villa » de Contalmaison. Mais le 11 juillet, Continuer à lire … « Bataille de la Somme : la bataille de la Crête de Bazentin »

Autres offensives sanglantes de 1916 – Fromelles

– Afin de détourner les réserves allemandes basées à Lille qui peuvent arriver sur le Front de la Somme, Douglas Haig ordonne à Charles Monro, commandant de la Ist Army de lancer une contre-attaque de diversion. Si Monro se montre confiant (lui aussi) dans un possible succès de percée sur la Somme, il répond favorablement à la demande de Haig et prévoit une attaque avec le Canadian Corps dans le secteur de Vimy, à l’est d’Arras (1). Mais le GHQ fait pression pour une attaque dans un autre secteur, de crainte de voir les réserves provenant de Lille parvenir au plus vite à la II. Armee sur la Somme. Par conséquent, le 9 juillet, Monro demande à Richard Haking, chef du XIth Corps de dresser un autre plan d’attaque. Haking propose ni plus ni moins de reprendre la Crête d’Aubers (que les Britanniques avaient échoué à prendre en 1915) et Fromelles avec 2 divisions. Mais Monro et Herbert Plumer (le commandant de la IInd Army) estiment que un tel objectif est bien trop pour 2 divisions.

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– On décide alors de réduire l’assaut au seul secteur de Fromelles, à la jointure des Ist et IInd Armies et à 80 km au nord du front de la Somme. L’attaque est entièrement avalisée lors d’une réunion à Choques, à laquelle participent Richard Butler, Chef d’état-major adjoint du BEF, le Major-General George Barrow, chef d’état-major de la Ist Army et son pendant pour la IInd Army, Charles Harrington. Un bémol toutefois, Plumer fait savoir à Haking qu’il ne lui octroie que l’artillerie de 2 divisions, à la place des 3 prévues. Et le 16 juillet, lors d’une seconde rencontre, Butler rappelle l’une des conditions avapar Haig pour l’attaque, à savoir disposer d’une forte artillerie pour la contre-batterie, ce qui n’est pas encor le cas. Butler estime que le déclenchement de l’attaque n’est pas urgent mais Haking fait montre d’un esprit offensif couplé à un enthousiasme excessif.

– Premier accroc au plan offensif, Continuer à lire … « Autres offensives sanglantes de 1916 – Fromelles »

Général Paul Maistre

Fils de Pierre Hippolyte Maistre et de Thérèse née Adam, Paul André Maistre voit le jour à Joinville en Haute-Marne le 20 juin 1858. Il entre à huit ans au Petit Séminaire de Langres où il effectue une belle scolarité en s’avérant « modeste, laborieux et persévérant ». En 1875, après l’obtention de son Baccalauréat, il se lance dans des études de philosophie mais en 1877, il obtient une bourse pour entrer intégrer l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « Des Drapeaux ».
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– Sorti premier de sa promotion en 1881 avec le grade de sous-lieutenant. Fait ensuite « lieutenant aux choix »,  il entame sa carrière dans l’Infanterie sans quitter la Métropole. Cela ne l’empêche pas d’être toujours bien noté au gré de ses affectations et le jeune officier monte assez vite en grade. Il sert donc successivement au 82eRégiment d’Infanterie (1881-1887), au 76e RI avec le grade de Capitaine, au 45e RI, puis au 95e RI. PromuChef de Bataillon en 1897, il sert au 162e RI et prend ensuite la tête d’un Bataillon du 90e RI, puis du 82e. S’il n’a pas participé à des campagnes outre-mer, Paul Maistre connaît assez vite les techniques d’emploi de l’Infanterie d’alors. En 1890, il épouse à Paris une New-Yorkaise d’origine espagnole ; Maria Rosa Blanc Hermandez de Figueroa.

Élève à l’Ecole de Guerre en 1898, il suit les cours de tactiques sous la Direction d eFerdinand Foch avant d’ Continuer à lire … « Général Paul Maistre »

Autres offensives sanglantes de 1916 – le saillant de Gommecourt

– Dans la famille des batailles oubliées de la Grande Guerre, nous pouvons nous pencher sur Gommecourt et Fromelles. Elles ont trois points communs : avoir été engagées comme diversions pendant la bataille de la Somme, avoir été mal préparées et donc, s’être soldées par des sanglants échecs. L’offensive de Gommecourt a été déclenchée le même jour que la Somme, tandis que l’attaque de Fromelles survint les 19-20 juillet 1916. Notons que la seconde est encore présente dans la mémoire de l’Australie qui perdit 5 000 hommes en moins de vingt-quatre heures. Voyons d’abord les causes et le déroulé de l’échec de Gommecourt.

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– En avril 1916, Douglas Haig avait déjà demandé à Edmund Allenby d’étudier de possibles attaques avec sa IIIrd Army. En mai, il est décidé d’effectuer une attaque contre de diversion contre le saillant de Gommecourt, tout à l’aile droite de la IIIrd Army, qui « colle » l’aile gauche de la IVth Army à Hébuterne. Haig souhaite créer une diversion qui contraindrait les Allemands à envoyer des réserves dans un secteur autre que la Somme.
Le choix peut paraître assez curieux, d’autant que le saillant de Gommecourt n’a pas de réelle importance stratégique mais en somme toute symbolique, puisqu’il marque l’ultime extension du front allemand à l’Ouest. L’extrême pointe du secteur est d’ailleurs surnommée « le chêne du Kaiser » (« Kaiserseichel »). Mais Allenby sait que de par sa position avancée, le secteur de Gommecourt est fortement défendu. Il fait savoir à Haig qu’il opte davantage pour une attaque dans un secteur plus faible que les Allemands seraient nécessairement contraints de renforcer au plus vite, comme la Crête de Vimy. Henry Rawlinson, lui non plus, n’est guère enthousiaste quant à l’idée d’attaquer dans ce secteur. Il estime plus raisonnable de le bombarder avec des obus explosifs et des gaz pour y fixer des troupes adverses. Néanmoins, Haig rejette chacune des Continuer à lire … « Autres offensives sanglantes de 1916 – le saillant de Gommecourt »

Somme : la prise du Bois des Trônes

– Suite à la contre-attaque manquée de von Stein et von Kehl contre Montauban le 2 juillet, von Falkenhayn décide d’envoyer des renforts à la II. Armee afin de tenir le front de la Somme. Par conséquent, le Gossler-Gruppe (123. ID, avec des éléments des 11. et 12. RD) est envoyé d’urgence renforcer le secteur de Longueval.

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– De leur côté, les Britanniques veulent pousser leur avantage sur cette partie du front. Douglas Haig ordonne la prise Bois des Trônes qui barre l’accès à la Crête de Bazentin et à Longueval. Mais ils ont quelque peu manqué le coche le 1er juillet lorsque Rawlinson a ordonné à Walter Congreve d’arrêter son élan après la capture de Montauban, alors que le Bois des Trônes n’était pas défendu. Quoique il en soit, Haig octroie à l’artillerie du XIIIth Corps un appoint considérable de près de 61 000 obus, soit 56 000 pour les batteries de canons de 18-pounder et 4 920 pour les obusiers de 6-inch. Par ses moyens alloués, Haig, fidèle à sa façon de conduire les opérations, espère encore achever le moral des allemands qu’il estime – à tort – déjà sérieusement entamé lors du « Z-Day ». Le 6 juillet, Henry Rawlinson et Emile Fayolle se retrouvent pour dresser les plans d’attaque. L’attaque doit donc s’effectuer le 8 juillet, en coopération avec le XXe Corps Français.  Recevant ses ordres, Congreve ordonne à la 30th Division de Stanley, déjà éprouvée lors du « Z-Day », de s’emparer du Bois des Trônes.  La 30th Divsion doit agir de concert avec la 39e DI française du Général Nourrisson, l’objectif et jointure des deux divisions étant la Ferme « Maltz Horn ». Du côté allemand, ce sont les RIR. Nr 38 et 51 (12. RD) et les restes de l’IR. Nr. 62. Et les premiers éléments de la 123. ID (Karl Lucius) arrivent dans le secteur de Guillemont dans la matinée du 8 juillet.

– Le 8 juillet, à 08h00, Français et Britanniques démarrent Continuer à lire … « Somme : la prise du Bois des Trônes »

Verdun : les combats du Fort de Souville

– La prise du Fort de Vaux n’a pas permis à von Falkenhayn et au Kronprinz de rompre les lignes françaises. A la fin du mois de juin, le chef de l’EMG ordonne de lancer une dernière offensive concentrée sur la ligne Froideterre – Thiaumont – Fleury – Souville. Deux corps bavarois (les I. et III. Königlich-Bayersiches-Korps) et l’Alpenkorps  sont mis à la peine, avec l’appui des obusiers et canons lourds de la V. Armee. Le I. KBK d’Oskar von Xylander aligne les 1. et 2. Königlich-Bayerisches-Divisionen ; le II. KBK d’Otto von Stetten compte les 3. et 4. KBD. L’Alpenkorps (Konrad Krafft von Dellmensingen) est une formation crée en 1915 spécialement pour les combats en montagne, alignant les 1. et 2. Königlich-Bayerisches-Jäger-Brigaden et 1 bataillon d’artillerie de montagne.  En face, les Français alignent le VIe Corps d’Armée du Général Jean Paulinier qui compte les 13e, 21e, 23e, 24e, 126e et 128e DI.

The Fort of SOUVILLE, extreme limit of the german advance.
– Le 22 juin, en présence de Guillaume II venu assister à ce qu’on espère être la dernière attaque contre le secteur de Verudn, l’artillerie de la V. Armee déverse 100 000 projectiles – dont des obus au gaz – sur le secteur de Froideterre. Le lendemain matin (06h00), l’infanterie bavaroise passe à l’attaque avec Continuer à lire … « Verdun : les combats du Fort de Souville »