Guerres & Histoire : mutineries et désobéissances de 1917

Un dossier passionnant, qui colle à cette année 2017 en prenant ses distances avec les débats passionnels qui alimentent – et qu’alimentent – les médias et le cinéma depuis une bonne quinzaine d’année. Cette fois, Jean Lopez, Laurent Henninger et Yasha MacLasha signent un dossier des plus intéressants sur les mutineries et désertions qui ont marqué l’année 1917.

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– Avec l’habitude bienvenue de tordre le cou aux nombreux mythes de l’Histoire militaire, Guerres & Histoire montre que si le phénomène de la désobéissance  se moque des parapets de tranchées, il n’est nullement monolithe et diffère largement d’une armée à l’autre. Si entre la Russie, la France et l’Italie, l’épuisement est le dénominateur commun, les Continuer à lire … « Guerres & Histoire : mutineries et désobéissances de 1917 »

Guerres & Histoire : l’autel d’aumônier de la Grande Guerre

A lire :
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– Dans le dernier numéro de Guerres & Histoire (juin-juillet 2016), dans la rubrique consacrée à l’équipement individuel selon les époques, Xavier Boniface* établit une description du matériel des aumôniers catholiques français, en prenant appui sur l’autel du Père Louis Lenoir SJ. X. Boniface replace aussi le contexte de la présence et du rôle des aumôniers militaires dans l’Armée de la IIIe République.

* Xavier Boniface, Docteur en Histoire, est Professeur de l’Université d’Amiens, membre du CRHAEL et auteur de « L’Aumônerie militaire française 1914-1962 » et « L’Armée, l’Eglise et la République 1871-1914 »

Ligne de Front – Mythes et légendes du soldat Hitler

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– Article très intéressant de Nicolas Anderbegani paru dans le dernier numéro (mai-juin) de la revue d’Histoire militaire grand public « Ligne de Front » intitulé « Le soldat Hitler. Mythes et réalités du caporal autrichien ». L’auteur revient sur la Première guerre mondiale d’Adolf Hitler qui n’a pas été aussi héroïque que le dictateur le prétendra dans « Mein Kampf » et par la suite pour les besoins de la propagande.

– Outre son engagement dans l’Armée royale bavaroise qui tient davantage d’une erreur administrative que d’un appel de la Providence, Hitler ne connaît que très peu l’enfer des premières lignes durant le conflit, entre les Flandres et la Somme. Versé au sein d’un régiment de Bavarois (le 16e, levé au début du conflit et loin d’être une unité d’élite), Adolf Hitler a surtout rempli son devoir d’estafette dans les Flandres et sur la Somme, rapportant des messages pour diverses unités mais assez loin des rafales de mitrailleuses. En revanche, il a connu les bombardements d’artillerie, d’où ses deux blessures. Mais en aucun cas, il a connu les corps-à-corps sanglants et les assauts de tranchées.

– D’autres détails sur les mystifications du caporal autrichiens sont contenus dans l’article.

Cordialement

« Guerres & Histoire » – Aleksei Broussilov

Chers lecteurs, chères lectrices, il y a peu, je vous parlais du Général Aleksei Alekseievitch Broussilov, officier de Nicolas II considéré comme le plus capable. N’ayant guère pu me rendre à Moscou et ne parlant pas russe – à mon grand regret – je n’avais pu rassembler que des informations axées sur le parcours « opérationnel » du personnage.

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– Je peux maintenant critiquer mon propre article en dressant la comparaison avec celui rédigé par Jean Lopez et Yasha MacLasha dans le dernier numéro de « Guerres & Histoire » dans la rubrique « Etats de service ». S’appuyant sur les archives entreposées à Moscou comme les récents travaux de l’historien russe Alekseï Nelipovitch, les deux auteurs livrent un regard mesuré sur le général russe. Sans remettre en cause nombre de ses qualités qui lui permettent d’émerger au milieu d’une coterie de généraux, l’article montre comment à l’été 1916, Broussilov a manqué l’occasion d’infliger à la Triple Entente une défaite qui aurait pu faire changer le cours de la guerre à l’Est et – peut-être – de retarder la chute de Nicolas II.  Enfin, l’article s’attarde sur le basculement du personnage dans le camp des Bolchéviks, engendrant une critique mémorielle post-mortem à son égard.

Lecture du moment : le Journal du Général Edmond Buat

1 481 pages, rien que ça ! Georges-Henri Soutou et le Colonel Frédéric Guelton ont publié et annoté fin 2015 le « Journal » de guerre du Général Edmond Buat (1868-1923), officier français resté longtemps peu connu du grand public. Et pourtant, l’Armée française de 1918 lui dut beaucoup, notamment pour avoir créé et commandé la Réserve générale d’Artillerie lourde (RGAL).

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– Il ne s’agit pas ici de mémoires de guerre. En effet, celles-ci sont toujours écrites après un conflit avec une forte dose de justification des décisions prises, avec une propension à se défausser sur ses rivaux du moment. Le travail du Général Buat se présente comme un imposant journal composé de douze cahiers et couvrant dix années de service (1914-1923). Il s’agit néanmoins d’un travail inachevé en raison du décès soudain de son auteur suite à l’échec d’une opération médicale.
Chaque cahier est décomposé en notes rédigées quotidiennement sur le déroulé des journées du général. Comme le précise Georges-Henri Soutou en introduction, le Journal d’Edmont Buat a le grand intérêt d’une certaine fraîcheur et d’une spontanéité qu’on ne retrouve pas dans des mémoires. Emile Fayolle a laissé un travail comparable, quoique moins fourni, avec ses notes de guerre. Par choix personnel, nous nous bornerons à parler partiellement de la période couvrant la Grande Guerre et 1919.

– En quoi le journal du Général Buat est-il instructif ? Tout d’abord, Continuer à lire … « Lecture du moment : le Journal du Général Edmond Buat »

Guerres & Histoire – Les snipers

– La très bonne revue d’histoire militaire Guerres & Histoire consacre son dossier principal aux snipers.
Dirigé par le Colonel Michel Goya – connu pour ses analyses pertinentes sur l’Armée et les conflits en cours – le dossier en question consacre plusieurs lignes aux tireurs d’élite durant la Grande Guerre.

– On y constate que les troupes du Commonwealth – notamment les Canadiens, de par la proportion de professionnels du tir engagés dans leurs rangs – ont été particulièrement novateur dans le domaine. Notamment, avec des personnalités comme le Major anglo-indien Hestketh-Prichard. Ceci-dit, les Allemands n’ont pas été en reste dans l’extension du nombre de ce type de soldats. De son côté, l’état-major français a permis aussi de développer cette discipline en y gardant un œil tatillon, par crainte de voir émerger des soldats plus détachés de la hiérarchie.