La victoire du Mont de Saint-Quentin et la libération de Péronne (31 août – 1er sept. 1918)

– Considérée comme l’aboutissement tactique et technique des troupes australiennes, la victoire du Mont de Saint-Quentin s’inscrit d’abord dans une phase opérationnelle qui suit la victorieuse offensive du 8 août. Tout d’abord, dès le 11 août, Ferdinand Foch demande à Haig de poursuivre son offensive en direction de Péronne et Chaulnes afin de franchir le bras supérieur de la Somme, en vue de bondir par la suite sur la « Ligne Hindenburg » (« Siegfried Stellung » pour les Allemands). Pendant ce temps, les forces françaises attaqueront depuis le cours de l’Oise en direction de Laon et Saint-Quentin (Offensive du 17-20 août).
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– Malgré la prime colère de Henry Rawlinson (commandant de la Fourth Army) qui estime que « Foch n’est pas censé commander à l’Armée britannique » (1), Douglas Haig se montre coopératif et accepte de lancer une série d’offensive pour dégager directement le Pas de Calais et la Picardie. A la Fourth Army, il ordonne d’atteindre le bras supérieur de la Somme qui forme le dernier obstacle naturel avant le Canal du Nord. Simultanément, la Third Army de Sir Julian Byng attaquera à l’est d’Arras en direction de Bapaume et de La Bassée.

– John Monash, le talentueux et efficace commandant de Continuer à lire … « La victoire du Mont de Saint-Quentin et la libération de Péronne (31 août – 1er sept. 1918) »

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Le Medium Mark A Whippet

– William Tritton, ce nom ne vous dit sûrement rien. Mais si vous êtes lecteur assidu d’Acier et Tranchées depuis un peu plus de deux ans, vous l’avez déjà croisé. « Mais oui ! » vous exclamerez-vous ! « Il s’agit de l’ingénieur qui conçut le Tank Mark I sur les recommandations d’Ernest Swinton ! » Et je vous répondrai « c’est tout à fait exact. Cet homme de l’ombre qui ne connut pas les souffrances du front mais qui fut l’un des contributeurs les plus méconnus à la mécanisation de l’Armée britannique en particulier mais aussi, de la guerre en général ». C’est donc encore William Tritton qui conçut l’un des tanks les plus méconnus du public mais aussi l’un des plus intéressants, le Medium Mark A « Whippet », ce qui signifie « Lévrier ».

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1 – CONCEPTION

– La Genèse du « Whippet » commence en pleine Bataille de la Somme. Visitant le front le 20 septembre 1916 (nous sommes en plein dans les combats pour Flers-Courcelette, Le Transloy et Le Sars), Tritton reçoit alors la demande de concevoir un char léger et plus agile. L’intéressé ne sut vraiment de qui vint la demande – soi du Fieldmarschall Douglas Haig lui-même ou bien de l’état-major du BEF – mais elle fit suite au tout premier engagement des lourds et peu maniables Mark I et II. En effet, après seulement cinq jours d’engagement, les officiers britanniques se montrent particulièrement déçus par les faibles performances des engins chenillés, notamment en matière de franchissement de fossés et d’obstacles. Tritton reçoit la commande (pour/de) la conception d’un char plus léger pouvant répondre à cet impératif (1).

– Il est aussi intéressant de constater qu’un autre ingénieur, Continuer à lire … « Le Medium Mark A Whippet »

8 août 1918 : jour de gloire et jour de deuil en Picardie – Partie 3

III – RALENTISSEMENT ET ARRÊT DE L’OFFENSIVE (9-11 AOÛT)

– Prenant conscience du succès offensif du 8 août, Haig retrouve ses réflexes de manœuvriers en incitant ses généraux et les Français à poursuivre l’offensive. Et du côté allemand, Erich Ludendorff décide de tout faire pour enrayer l’offensive alliée avec ses moyens réduits. Déprimé, le Quartier-Maître général de Guillaume II vient de comprendre, en l’espace de trois semaines, que ce sont les Alliés qui lui imposent leur rythme et que la Kaisersheer n’est nullement en mesure de lancer de puissantes contre-offensives. Pour l’heure, il faut faire en sorte que les Alliés n’atteignent pas le cours supérieur de la Somme et le Canal du Nord.

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I – 9 AOÛT

– Sitôt le succès du 8 août confirmé, Douglas Haig décide de pousser l’avantage. Il ordonne à Rawlinson de continuer son avance sur l’axe Amiens – Chaulnes. Le Général britannique demande également à Foch et Debeney que celui-ci engage le XXXVe Corps d’Armée (Charles Nudant) et lance le reste du IInd Corps de Cavalerie (Félix Robillot). Sauf que Debeney lui souligne très vite, qu’au regard de ses moyens engagés plus limités, le XXXVe Corps n’est destiné qu’à lancer des attaques de soutien aux trois autres (XXXIe, IXe et Xe). Or, Debeney comptait lancer le Corps de Nudant à l’attaque le 9 août mais il doit la retarder, sur demande de Foch, pour attendre de nouveaux ordres (1).

De son côté, Henry Rawlinson, décide de suivre l’ordre de son Fieldmarshall et introduit ses divisions de réserve dans le dispositif d’attaque, dès le 8 août. La 63rd (Royal Naval) Division (C. Lawrie) se place alors derrière le III Corps. A 16h00, Henry Rawlinson rend visite à Arthur Currie et l’autorise à employer la 32nd Division (T. Lambert) en soutien des 1st et 2nd Canadian Divisions.

– Du côté allemand, l’impératif est d’éviter

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8 août 1918 : jour de gloire et jour de deuil en Picardie – Partie 2

II –  8 AOÛT : RUPTURE DE LA PREMIÈRE LIGNE ALLEMANDE

– La nuit du 7/8 août est particulièrement calme. Les Allemands ne s’attendent pas à recevoir le choc des Alliés dans le pays de Santerre. Mais à 04h00, les forces d’attaque ont gagné leurs positions. A 04h20, les 3 700 pièces d’artillerie de tous calibres regroupées par les Français et les Britanniques déclenchent un respectivement un tir de préparation et un puissant tir de barrage sur les positions allemandes. A 04h20, les troupes britanniques démarrent leur attaque derrière les blindés.
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1 – L’ASSAUT DE LA FOURTH ARMY

– Sur la partie nord du front l’assaut du III Corps (12th, 18th et 58th Divisions) tourne à la confusion en raison du brouillard et de l’attaque allemande du 6 août. Toutefois, à 08h00, les Britanniques réussissent à s’infiltrer dans les lignes des 43. ID et 108. ID, à prendre le Bois Mallard et à sécuriser Sailly-Laurette sur le Canal de la Somme. Mais plus au nord, les 18th (Eastern) et 12th Divisions attaquent confusément et piétinent face aux Infanterie-Regimente Nr. 120 et 123 qui passent même à la contre-attaque.  A 06h20, la 12th Division lance une attaque secondaire avec la 35th Brigade contre Morlancourt. Malgré un coup d’arrêt sur le flanc droit, l’attaque est un succès, marqué par la capture de 300 prisonniers de l’IR Nr.  154.

– Au sud du Canal de la Somme, les Australiens attaquent derrière les Tanks Mk V. Il faut, à ce titre, se rendre compte de l’inconfort avec lequel doivent combattre les équipages de char : bruit assourdissant, mauvaise ventilation, odeur d’essence attaquant les narines et chaleur étouffante (1). Cependant, Australiens et équipages percutent durement les Bataillonen du XI. Armee-Korps de Viktor Kühne. La tâche des Australiens se trouve facilitée par l’absence de défenses allemandes adéquates, d’autant que les troupes allemandes se trouvent surprises en pleine relève de la 108. ID par la 43. ID. Contrairement à la doctrine en vigueur, la 13. ID déploie 13 compagnies à l’avant et 11 autres en réserve pour tenir le zone principale de bataille. De plus, le tir de barrage australien et la brume matinale aveuglent la Continuer à lire … « 8 août 1918 : jour de gloire et jour de deuil en Picardie – Partie 2 »