Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz

– En matière de bombardements de villes britanniques, Hitler et Goering n’ont rien inventé. En effet, Londres et plusieurs villes de Grande-Bretagne ont subi des attaques moins meurtrières de la part des aérostats et de bombardiers allemands. Mais si ses raids ont causé une panique certaine, ils n’ont nullement entamé le moral des soldats et de la population britanniques.

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1 – Remplaçant du Zeppelin

– Dès la fin de l’année 1914, la Kaiserliche-Marine envoie ses équipages de Zeppelin bombarder Londres et le Sud-Ouest de la Grande-Bretagne avec deux buts : enrayer l’industrie de guerre britannique et briser le moral de la population civile. Et ce, malgré les sentiments de Guillaume II*. Le premier objectif ne sera nullement atteint puisqu’en dépit de quelques dégâts dans le Kent, les usines britanniques tourneront à plein régime durant quatre ans. Ensuite, en dépit de vagues de panique temporaires, comme de « zeppelinite » aigue (1) qui s’empare du Commandement et de l’Amirauté, la population britannique fait preuve de calme et de résilience. D’autre part, aussi impressionnants qu’ils soient, les dirigeables ne sont pas disponibles en grand nombre et ne disposent que d’une charge limitée de bombes. Rien de comparable donc au « Blitz » de Continuer à lire … « Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz »

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Avions en mer ; quand la Grande-Guerre invente l’aéronavale – Partie 2

3 – LA TORPILLE PREND L’AIR

– Les attaques de navires à la bombe s’avérant infructueuses, les belligérants misent plutôt sur des torpilles embarquées sur des avions. Mais compte-tenu du poids de l’engin qui peut handicaper l’appareil en vol – le contraignant à ne pas voler au-delà d’une certaine altitude – aucun appareil ne peut embarquer plus d’une torpille. Du côté des Empires Centraux, les Allemands et les Austro-Hongrois répondent aux Britanniques. Les premiers conçoivent l’hydravion « Gotha » WD. 14, chargé d’attaques à la torpille contre des navires. Produit à 69 exemplaires en tout, il est néanmoins vulnérable aux ripostes de chasse.

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Hydravion allemand Gotha WD.14

– Du côté britannique, le Commodore Murray Sueter se  fait l’avocat de l’emploi d’avions torpilleurs contre les flottes allemande et austro-hongroise. Placé à la tête de l’Air Department, le Commodore Murray Sueter convertit, dès 1914, 3 AD-1000 en torpilleurs (avions de reconnaissance à long rayon d’action inspirés des Sikorsky). Mais l’engin se révèle inadéquat. Du coup, Sueter fait appel au concepteur d’avions Frederick Handley-Page qui travaille sur Continuer à lire … « Avions en mer ; quand la Grande-Guerre invente l’aéronavale – Partie 2 »

Avions en mer ; quand la Grande-Guerre invente l’aéronavale – Partie 1

– Quand on pense au mot « aéronavale », nous viennent très vite en tête les images des grands affrontements de la Guerre du Pacifique entre Américains et Japonais. Mais comme pour beaucoup d’aspects de la Seconde Guerre mondiale, l’aéronavale a bien eu ses précédents et ses pionniers durant la Grande Guerre et même avant. En effet, c’est à la fin de la Belle Epoque que l’on découvre le potentiel des avions dans une potentielle future guerre navale. L’élément naval, qui était jusque-là l’apanage des cuirassés et autres dreadnoughts, se retrouve « relié » à l’élément aérien. L’emploi des appareils en mer reste en effet bien moins « médiatisé » que les affrontements au-dessus du front de l’Ouest, car peu spectaculaire en comparaison des exploits des « as ». Mais il s’intègre dans un processus de réponses à de nouvelles menaces (sous-marins, Zeppelin) qui engendre de nouvelles techniques d’emplois, qui elles-mêmes donnent naissance à de nouveaux types d’avions et de vaisseaux.

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Décollage d’un Sopwith « Pup » sur ne plateforme installée sur le croiseur australien « Sydney »

1 – QUAND L’AVION CONTESTE LE RÈGNE DES GRANDS CUIRASSES  

– Au début du XXe siècle, une bonne partie des officiers considère que les cuirassés et autres dreadnoughts sont les « armes absolues » sur mer. Et on estime alors  que l’aviation n’est rien d’autre que du sport pour officiers oisifs. Pourtant, les innovations techniques propres à la fin de la Belle Epoque font des émules chez les jeunes officiers et certains responsables militaires. Et l’aéronautique navale en fait partie. Winston Churchill pour la Grande-Bretagne, le Rear-Admiral Bradley A. Fiske pour l’US Navy, René Daveluy et Paul Teste pour la France, ainsi qu’Alessandro Guidoni et Mario Caldarera pour l’Italie sont les promoteurs de ce nouvel emploi des biplans (1). Du côté des « conservateurs », sévères gardiens du dogme de l’emploi du cuirassé, on s’agace de voir les dossiers « novateurs » s’accumuler sur les étagères des différents bureaux des états-majors navals d’Europe.
Seulement, l’évolution de l’aviation va donner raison aux thuriféraires de l’aéronautique. Si en 1908 l’Amirauté britannique a raison d’estimer que Continuer à lire … « Avions en mer ; quand la Grande-Guerre invente l’aéronavale – Partie 1 »