Museo Storico della Guerra di Rovereto

Chers lecteurs, chères lectrices. J’ai mis à profit deux semaines passées entre les pentes tyroliennes et les églises de Vénétie pour visiter le très intéressant Musée de la Guerre de Rovereto, ville située au sud de Trente (Trentin) à l’est de la partie septentrionale du Lac de Garde qui se trouvait sur la ligne de Front des Alpes entre 1915 et 1918. Les collections de pièces sont assez fournies et présentent des armes, des matériels et des équipements que l’on trouve assez peu en France. En outre, le musée est très informatif sur la Guerre en montagne.

Belle découverte.

 

 

 

Paul von Hindenburg

– Parmi les généraux de Guillaume II, Paul von Hindenburg présente sûrement les états de service les plus remarquables. Il faut dire que la propagande du Kaiser s’est efforcée de le présenter aux Allemands comme le sauveur de la Prusse face aux Russes et comme une sorte de père protecteur du pays durant la Première Guerre mondiale, d’où une grand popularité pendant et après le conflit. Mais aujourd’hui, plusieurs de ses choix stratégiques – décidés en commun avec son « double » Ludendorff en 1917 et 1918 – ont contribué à accélérer la défaite allemande. Figure paternelle et rassurante, il fit consensus comme Président durant les dernières années de la République de Weimar mais contribua lourdement à l’arrivée au pouvoir d’un « vulgaire caporal de Bohème » qu’il méprisait pourtant.

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– CARRIÈRE DE 1864 A 1911

– Fils aîné de Robert von Beneckendorff und von Hindenburg, aristocrate prussien et de Luise Schwickart fille d’un médecin, Paul Ludwing Hans Anton von Beneckendorff und von Hindenburg voit le jour à Posen (aujourd’hui Poznan en Pologne) le 2 octobre 1847. Si par son père, il peut s’enorgueillir de descendre en ligne illégitime de Heinrich VI de Waldeck dit « le Comte de Fer » et même de Martin Luther, Paul von Hindenburg restera longtemps complexé de l’ascendance plus « modeste » de sa mère, même si être fille de médecin au XIXe siècle reste une situation confortable.
Suivant la tradition familiale, comme il le dira plus tard, Paul von Hindenburg entame la carrière des armes, il entre chez les cadets de Wahlstatt en 1864 et en sort deux ans plus tard avec le grade de Leutnant. Le jeune officier se montre courageux et se distingue au feu contre les Autrichiens à Rosberitz, Königrätz et Sadowa (1866) et contre les Français de Napoléon III. Décoré deux fois, récipiendaire du Roten Adlerorder (Ordre de l’Aigle rouge), il a l’honneur de compter parmi Continuer à lire … « Paul von Hindenburg »

Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 4

– Faisons d’abord un retour en arrière. Comme ont pu le soulever plusieurs historiens britanniques (Tim Travers, Brian Prior et Trevor Wilson), il semble que Haig ne se soit pas montré clair dans ses ordres en insistant sur la prise de Gheluveld sans pour autant indiquer quoi faire par la suite. Faut-il consolider ou bien percer ?

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4 – L’ENTRÉE DANS L’ENFER DE BOUE

– Quant à Gough, si comme ses collègues il a parfaitement conscience de l’importance de la prise du Plateau de Gheluveld, il espère encore effectuer une percée qui conduirait à marcher vers la Côte Flamande. Or, Haig ne lui en a pas véritablement donné l’ordre, ce qui rejoint l’idée de Dennis Winter (historien défavorable au Maréchal) selon laquelle Haig manque clairement de leadership sur ses subordonnés auxquels il confie les opérations sans pour autant leur donner d’ordres clairs (1).  Contre l’idée souvent répandue que Haig aurait été un véritable autocrate à la tête du BEF, Travers explique qu’au contraire, Haig fonctionne beaucoup que par délégation d’ordre, créant un véritable vide entre les instances du BEF. Dans « The Killing Ground » rédigé en 1987, l’historien Tim Travers écrit que Hubert Gough pense que Continuer à lire … « Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 4 »

Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 3

– Si Douglas Haig et ses généraux restent dans une logique offensive, leurs divisions vont devoir frapper dans du dur. Et ça n’est pas peu dire, puisque les Flandres sont l’un des secteurs – occupés depuis fin 1914 – que les Allemands ont eu tout loisir de renforcer ; d’autant que, hormis l’épisode de la Seconde Bataille d’Ypres (1915), cette partie du front est restée relativement calme. Ce qui a permis aux troupes du Kaiser de constituer un solide réseau défensif, toutefois remodelé grâce aux analyses de l’Oberst Fritz von Lossberg.

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3 – LA DÉFENSE ALLEMANDE : RENFORCEMENT ET REMODELAGE DU DISPOSITIF

1 – Renforcer le front le Flandres :

– Tout d’abord, il convient d’effectuer un bref retour en arrière et replacer le contexte stratégique de l’Empire Allemand en 1917. En  1916, l’Allemagne a besoin d’acier pour alimenter son industrie de guerre, notamment pour la fabrication de canons, d’obusiers, de mortiers, de mitrailleuses et de munitions. Or, les batailles de cette même année ont montré que les grandes formations ont ne besoin croissant de munitions. Ainsi, sur le Front de l’Ouest, entre février et décembre 1916, les bouches à feu de la Kaisersheer ont craché 11,2 millions d’obus environ. Et il a été montré que la V. Armee à Verdun avait besoin de 34 trains de munitions par jour. Enfin, l’emploi des tirs de barrage défensifs (Sperrfeuer) durant la bataille de la Somme ont aussi accru le besoin d’obus et donc, réduit la réserve disponible. Du coup, dès la fin 1916, avec le « Programme Hindenburg », Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg impose d’augmenter la proportion de carburant/combustible pour faire fonctionner les machines de l’industrie de guerre en misant sur 12 000 tonnes par mois. D’autant que grâce à l’utilisation du Continuer à lire … « Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 3 »

Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 2

Comme il a été montré à travers les articles sur les batailles de Vimy et de Messines, l’Armée Britannique de 1917 n’a plus le visage juvénile et sans expérience des Pals Battalions qui paient le prix du sang sur la Somme. Depuis 1916, comme l’a montré l’historien canadien Bill Rawling, l’Armée britannique et les forces des Dominions ont gagné en qualité technique par un profond travail d’analyse des échecs et des réussites (1).
Comme l’explique John Keegan, en 1917, l’Armée Britannique arrive à un niveau ex-aequo avec son adversaire germanique. Conscients de l’importance des combats d’attrition, les officiers britanniques novateurs ont perfectionné le procédé de consolidation (« mopping up ») qui permet de grignoter et tenir le terrain en fatiguant l’adversaire. Il en a été question dans les articles consacrés aux batailles de Vimy et de Messines (2). Du coup, à l’été 1917, les Généraux de Sa Majesté sont confiants dans la qualité de leurs soldats, aguerris, mieux entraînés pour la majorité et mieux armés.  Il sera aussi question dans cet article du concours français – largement méconnu – apporté aux Britanniques avec la Ire Armée du Général Anthoine.
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2 – L’ARMÉE BRITANNIQUE : UN VISAGE MODERNE ET UNE TRÈS BONNE TENUE

1- L’Infanterie : importance accrue de la section

– Après la Bataille de la Somme, les généraux et officiers subalternes britanniques revoient complètement l’emploi de leurs unités pour l’assaut de positions fixes allemandes, en tenant compte de l’utilisation de la « défense élastique ». Ainsi, le manuel SS 135 publié par le BEF en mai 1916 est-il remplacé par le SS 143. Celui-ci, diffusé en février 1917 marque la fin définitive de l’attaque en ligne avec un petit nombre de spécialistes détachés. La section est alors divisées en quatre pelotons avec la répartition suivante : le premier avec des lanceurs de grenades et des assistants, le second avec 1 servant de Lewis et 9 servants portant 30 chargeurs tambours ; le troisième avec 1 sniper, 1 observateur et 9 fusiliers et la quatrième , avançant en tête, avec des fusils lance-grenades avançant en deux vagues couvrant Continuer à lire … « Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 2 »

Henry Sinclair Horne (1st Baron)

– Henry Horne est resté un général assez méconnu tout simplement parce qu’après sa mort, son épouse a détruit ses correspondances et notes sur la Guerre, privant ainsi les historiens militaires de sources. Mais sa figure a commencé à ré-émerger durant les années 1990 – 2000. S’il ne s’est pas révélé au niveau tactique, il fut néanmoins un notable technicien, notamment dans l’emploi de l’artillerie.

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– Henry Horne est né le 19 février 1861 à Wick (Caithness) en Ecosse. Se destinant à la carrière des armes, il entre en 1880 à l’Académie royale de Woolwich qui forme les artilleurs de l’armée de Victoria. Il en sort comme Lieutenant en 1883 et mène une carrière classique et assez terne dans l’Empire (Inde, Afrique…) marquée par son Continuer à lire … « Henry Sinclair Horne (1st Baron) »

La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim

– Si en 1914, l’Armée de Sa Majesté est petite, son infanterie est plus robuste qu’on ne le pense. En effet, à l’instar des Allemands et à la différence de l’allié français, l’Armée Britannique a bien intégré l’emploi des mitrailleuses dans ses rangs, notamment durant les guerres coloniales en Afrique. Ayant fait l’acquisition d’exemplaires Maxim aux Etats-Unis, les Britanniques en déploient – montées sur affûts à roues – à Omdourman et en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Sauf que face à une guérilla, l’affût sur roues se révèle peu mobile sur un terrain accidenté et peu discret, problème résolu par l’adoption d’un trépied.

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1 – UNE MAXIM PERFECTIONNÉE 

– La situation en Europe laisse présager l’éventualité d’un conflit d’importance. Et  En 1912 apparaît une version considérablement améliorée de la Maxim. Difficile en de telles circonstances de ne pas « muscler » davantage la petite armée de métier avec des armes collectives équivalent à 40 fusiliers bien entraînés au tir de mousqueterie*. Les modèles antérieurs ont été progressivement allégés par l’utilisation de meilleurs métaux mais celui adopté en novembre 1912, est pourvu d’une modification de la culasse mobile, ce qui augmente notablement les propriétés mécaniques de l’arme. Malheureusement, personne au sein du Gouvernement anglais ne veut Continuer à lire … « La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim »