La victoire du Fort de la Malmaison : objectif limité, succès total (23-26 oct. 1917)

Tout comme la Seconde Bataille de Verdun, la Bataille du Fort de la Malmaison reste encore occultée par la défaite du Chemin de Dames. Pourtant, déclenchée par le Commandement dans le cadre des offensives à objectifs limités, elle a répondu avec un net succès, à des impératifs tactiques et surtout, aux impératifs moraux et politiques du moment.

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1 – LE CHOIX DU COMMANDEMENT FRANÇAIS 

– Loin d’avoir été une inspiration soudaine de « Philippe Auguste » (Pétain), l’offensive limitée du Fort de la Malmaison est couchée dans les plans du Commandement français depuis l’été. Certes, Pétain veut frapper sur des objectifs limités sans rechercher la percée mais, il souhaite lancer des attaques vigoureuses et puissantes dans un enchaînement rapide. Ainsi, lorsque la IInde Armée de Guillaumat aura reconquis le Mort-Homme, les Cotes 304 et 306 à Verdun, la VIe Armée du Général Paul Maistre (qui dépend du Groupe d’Armées Centre – G.A.C – du Général Emile Fayolle) dégagera le saillant articulé autour du Fort de la Malmaison, aux mains des Allemands depuis le 1er septembre 1914. Ainsi, l’objectif est limité à une portion du Front de l’Aisne et doit d’abord contribuer à remonter le moral de l’Armée française en tablant sur un succès rapide où la technique et la puissance de feu auront le premier rôle. Le secteur choisi a une portée symbolique. En effet, situé à mi-chemin sur la route Continuer à lire … « La victoire du Fort de la Malmaison : objectif limité, succès total (23-26 oct. 1917) »

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Cent ans de Caporetto – Partie 2

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le spectaculaire succès allemand du 24 août. Premièrement, l’emploi des troupes spécialement formées au combat en montagne et la transposition des tactiques d’infiltration déjà utilisées en France et en Russie qui vont totalement surprendre le commandement italien et déboucher sur une bataille de mouvement à une altitude élevée. Mais celui-ci n’est pas exempt de tout reproche, loin de là, ayant complètement négligé l’aspect défensif, d’autant que ses troupes sont déjà fatiguées.

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2 – PLANS, OBJECTIFS ET TACTIQUES

A – LE PLAN AUSTRO-ALLEMAND : DES OBJECTIFS AU DEPART RELATIVEMENT LIMITES 
– Dans les plans dressés par Ludendorff et Otto von Below, il est prévu de sécuriser la position du Heeres-Gruppe « Borojevic » (1. et 2. Isonzo-Armeen) sur les plateaux de Bainsizza et du Corso. L’offensive offensive principale sur l’Isonzo est donc confiée à la XIV. Armee austro-allemande. Mais des offensives de soutien auront lieu sur la partie orientale du front des Alpes. Ainsi, le Heeres-Gruppe « Tirol » commandé par le Continuer à lire … « Cent ans de Caporetto – Partie 2 »

Passchendaele (12) – L’échec devant Bellevue (9-12 octobre)

– Le 8 octobre, durant le thé avec Plumer, c’est un Alexander Godley enthousiaste qui explique à Haig que la prochaine attaque ne soit nullement sujette à un report, son II ANZAC Corps étant prêt à l’attaque pour le lendemain. Mais dans ce qui va suivre, l’Armée britannique succombe à l’une de ses tares : l’enthousiasme prend le pas sur la méthode et la technique. Et le rôle de Herbert Plumer – certes pressuré entre son supérieur Douglas Haig et son subordonné Godley – n’est pas très clair.

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1 – L’ATTAQUE BÂCLÉE DU 9 OCTOBRE)

– Sauf que cette fois, après l’attaque réussie du 4 octobre, les Royal Engineers sont contraints d’étendre les routes et les voies de chemin de fer dans un délai record. La route Wieltje-Gravenstafel, artère vitale, est ainsi entretenue continuellement dans un harassant travail de fourmis par des compagnies de travailleurs, dont des Chinois. A l’instar de la méthode employée à Vimy, le meilleur moyen pour étendre ou construire des routes consiste à planter de grosses billes de bois dans le sol sur lequels sont posées des planches permettant aux véhicules et chargements hippomobiles de circuler. Mais si la logistique britannique peut maintenir un flux continu, celui-ci est perturbé par l’artillerie allemande. Cela pose vite problème quant à la fourniture en Continuer à lire … « Passchendaele (12) – L’échec devant Bellevue (9-12 octobre) »

Cent ans de Caporetto – Partie 1

La défaite italienne de Caporetto est imputable à deux éléments : d’une part, l’inaptitude du Commando Supremo à crever la défense austro-hongroise et à insuffler la motivation nécessaire aux soldats et d’autre part, les innovations tactiques allemandes qui ont bien failli causer l’effondrement moral et politique presque total du jeune Royaume transalpin, alors que la situation de l’Empire Habsbourg empire de semaine en semaine. Loin d’avoir été le fruit de la dissidence de soldats grévistes comme le prétendra Luigi Cadorna et encore moins celui d’un prétendue sédition socialo-communiste (thème qui fera les gorges chaudes de la propagande du Régime fasciste quelques années plus tard), la défaite de Caporetto est d’abord la conséquence de l’épuisement de l’Armée italienne (symbole d’un jeune Etat imparfaitement unifié) après onze offensives aux gains médiocres. Epuisement dont les unités allemandes de montagne vont amplement profiter en créant un véritable choc psychologique chez leurs adversaires. Mais contrairement à ce qui s’est passé à Riga un mois auparavant, la défaite de Caporetto va provoquer un électrochoc qui, paradoxalement, va permettre à l’Italie de poursuivre le combat.

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1 – ETAT DES FORCES

A – LES ITALIENS : UNE ARMEE MOINS MAUVAISE QUE L’ON CROIT MAIS MAL DIRIGEE

– Contrairement à une légende encore tenace, l’Armée Royale italienne de 1917 n’est nullement une armée de va-nu-pieds. Au contraire, partie au combat contre l’Autriche-Hongrie en 1915 avec des moyens vétustes, la Reggia Escercita a accéléré sa modernisation au prix d’un coûteux effort industriel et financier, supporté par les poumons économiques du nord (Turin et Milan). Les chiffres parlent en ce sens : en 1915, l’Armée italienne aligne 600 mitrailleuses périmées, 2 000 vieilles pièces d’artillerie légères et seulement 30 avions. En 1917, ce sont Continuer à lire … « Cent ans de Caporetto – Partie 1 »

L’Ober Ost (Arte)

Chers lecteurs, chères lectrices, je vous recommande cette passionnante émission d’Arte qui montre que l’idée allemande de coloniser des territoires d’Europe de l’Est ne datait nullement des années 1930. Et ce qui expliquera bien des choses.

Avec l’intervention d’historiens britanniques, allemands et américains.

https://www.arte.tv/fr/videos/067809-000-A/l-ober-ost-colonie-militaire-du-reich/

Passchendaele (11) – Prise de Broodseinde (4 octobre 1917)

Après la prise du Plateau de Gheluveld, le QG de Montreuil fait le pari qu’une percée décisive est possible. Mais d’autres estiment que la sécurisation du Plateau de Passchendaele, le long de Westroosebeke est d’abord néccessaire, en opérant une attaque en trois étapes de 1,4 km chacune. Et chaque étape remportée, il faudra étendre les routes et les voies ferrées. Mais Haig voit les conquêtes limitées de Plumer comme les prémices d’un plus grand succès.

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1 – PRÉPARATIFS

– Or ces succès ont nécessité une intense préparation logistique et un considérable feu d’artillerie, ce qui nécessite un déploiement de moyens adéquats. Mais à la décharge de Haig, Gough retrouve de l’enthousiasme et Plumer se met à y croire également (1). Du coup, Haig ordonne à Plumer de lancer une attaque afin de faire sauter les verrous de Broodseinde et Langemarck. L’attaque devra être brutale afin de faire voler en éclats la Wilhelm-Stellung. Pour cela, les Britanniques prévoient d’abord de s’emparer des verrous formés par les bourgs et villages de Gravenstafel, Broodseinde et Continuer à lire … « Passchendaele (11) – Prise de Broodseinde (4 octobre 1917) »

Le 3in Stokes, père des mortiers modernes

– On connaît les Minnenwerfer et les « Crapouillots », ces fameux mortiers de tranchée qui ont accru notablement la puissance de feu de l’Infanterie durant le Premier Conflit mondial. En outre, pour des tenants de la « démodernisation » de la guerre, les mortiers marquent également le retour à une guerre de siège où il s’agit de bombarder les positions ennemies dans le but de les faire tomber, comme dans une guerre de siège, les hautes murailles en moins. Mais a-t-on entendu parler du mortier Stokes ? Cette arme britannique d’une conception simple va cependant engendrer toute la gamme des mortiers qui ont peuplé les conflits du XXe siècle.

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1 – DU NEUF AVEC DU VIEUX

– Avec l’apparition des tranchées, les belligérants s’emploient à doter leur infanterie d’armes de jets capables d’envoyer des projectiles explosifs de l’autre côté du no man’s land ou bien de repousser les assauts d’infanterie. On sait que Français et Britanniques répondent à ce besoin en récréant des catapultes et des arbalètes projetant des grenades (1). Mais ce sont les forces impériales nippones qui utilisent pour la première fois des mortiers de tranchées lors du siège de Port-Arthur, pendant la Guerre russo-japonaise (2).  Les Allemands mettent en ligne leurs fameux Minenwerfern, (25 cm et 17 cm) et Granatwerfern (7.6 cm) ; des armes transportables par plusieurs soldats qui peuvent envoyer des roquettes explosives à 300 à 1 000 m. Comme l’explique l’historien Continuer à lire … « Le 3in Stokes, père des mortiers modernes »