Visite au Bovington Tank Museum

Chers lecteurs, chères lectrices, j’ai le plaisir de vous présenter quelques clichés des modèles de Tanks de la Première Guerre mondiale exposés dans l’excellent musée des chars de Bovington (Comté du Dorset). La scénographie concernant l’engagement des Mk I de 1916 est particulièrement réussie.

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Tank Mk I version Male

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – Au commencement, le Tracteur Hornsby, mis au point par l’ingénieur  Continuer à lire … « Visite au Bovington Tank Museum »

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La stratégie des convois, victoire des Alliés sur les torpilles

Le début de l’année 1917 est marqué par une sensible escalade dans la guerre navale. Suivant les données et conseils (mal avisés) de l’Amiral Henning von Holtzendorff, Erich Ludendorff convainc Guillaume II de déclencher « la Guerre sous-marine à outrance » afin de répondre au blocus imposé à l’Allemagne par la Royal Navy. Les stratèges du Guillaume visent à affamer la Grande-Bretagne en coulant 6 millions de tonneaux afin de la contraindre à s’asseoir à la table des négociations pour demander grâce. Pour cela, Ludendorff ordonne aux commandants d’Unterseeboote de torpiller ou attaquer tous les navires de commerce (même les neutres) qui font vapeur ou voile vers les ports anglais. Et pour ainsi dire, les quatre premiers mois de 1917 vont donner des sueurs froides à Londres et Paris. Mais plusieurs éléments conjugués vont réduire à néant les efforts des sous-mariniers allemands : l’imagination de responsables navals français ; les efforts britanniques malgré les réticences des responsables navals, ainsi que l’entrée en lice de la troisième marine du monde ; l’US Navy.

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1 – CHARBON ET NAVIRES MARCHANDS NORVÉGIENS

– Mis en place à partir de 1917, le système d’escorte des convois maritimes dans l’Atlantique découle de tentatives effectuées par la Royal Navy depuis 1914. On l’oublie, les Britanniques faisaient escorter des navires neutres, notamment Hollandais  et scandinaves face à la menace des flottilles de surface allemandes. En 1916, chaque convoi relie la Grande-Bretagne à la Hollande tous les deux jours encadrés par 4 à 9 navires de l’Harwich Force du Vice-Admiral Tyrwhitt. C’est ce qu’on appelle le « Beef trip » (« voyage du bœuf »), qui devient l’activité principale de l’Harwich Force, au grand dam de Tyrwhitt (1).

– Deux Français vont apporter un concours précieux. D’une part le Capitaine de Vaisseau Vandier qui est l’un des initiateurs de la protection des convois de charbon. Le  7 janvier 1917, dans une étude minutieuse remise à l’Admiralty, il développe son argumentation pour obtenir que ce système des convois soit, dans un premier temps, mis en place pour acheminer le charbon d’Angleterre  en France. Voici ce que dit Vandier : Continuer à lire … « La stratégie des convois, victoire des Alliés sur les torpilles »

Bataille de Cambrai – 2 : Contre-attaque allemande. Riga et Caporetto en réduction

Suite à leur succès défensif, en partie dû aux mauvaises décisions britannique, les Allemands décident de passer à la contre-attaque qu’ils planifient durant la bataille. L’objectif principal est de reconquérir les portions perdues de la « Siegfried Stellung ». Pour cela, Rupprecht et von der Marwitz vont employer les nouvelles techniques d’assaut qui ont fait le succès de l’Armée du Kaiser en Russie comme en Italie.

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1 – STURMTRUPPEN ÜBER ALLES !

– Pour l’état-major allemand, une nécessité s’impose très vite : reprendre les portions de la Ligne « Hindenburg » conquises par les Britanniques et repousser ces derniers le plus loin possible afin de sécuriser le secteur de Cambrai. Il faut dire aussi que le secteur de Cambrai servira de base arrière et de soutien à l’offensive qu’Erich Ludendorff prévoit de lancer en direction de Saint-Quentin pour le printemps 1918. Raison de plus pour déclencher une contre-offensive localisée. Aucune volonté de la part des Allemands de chercher une victoire décisive, tout simplement parce qu’ils ne disposent nullement des effectifs humains requis*. La contre-attaque allemande vise donc davantage un rééquilibrage tout en cherchant à infliger aux Britanniques une sévère correction.

– L’idée est posée sur la table de lu Grand Etat-Major impérial par le Kronprinz Rupprecht de Bavière. Marque de la souplesse opérationnelle allemande, elle sera lancée par Continuer à lire … « Bataille de Cambrai – 2 : Contre-attaque allemande. Riga et Caporetto en réduction »

Bataille de Cambrai – 1: un échec opérationnel britannique pour une première victoire de la technique

– Avec l’échec de deux grandes offensives (Chemin des Dames et Passchendaele) et quelques succès offensifs localisés (Messines, Verdun et le Fort de la Malmaison), l’année 1917 ne se termine guère sur une note positive pour les Alliés sur le Front de l’Ouest. Mais Douglas Haig ne renonce nullement à ses projets offensifs. Afin de soulager le Front des Flandres et dans l’espoir d’emporter un succès d’importance, le Fieldmarschall décide de lancer une offensive destinée initialement à soulager l’effort de Passchendaele. Ayant choisi le secteur de Cambrai, les généraux britannique qui ont planifié l’opération vont remporter un spectaculaire succès, marqué par de nettes innovations tactiques et techniques, le 20 novembre mais qui ne donnera pas suite.

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1 – ENTHOUSIASME MAIS MANQUE DE COHÉRENCE DANS LES OBJECTIFS

– Les Britanniques ont l’idée d’une attaque d’un nouveau style, assez différents des principes conventionnels du moment. John Frederick Fuller, chef d’état-major du Tank Corps propose en effet un raid massif à l’aide de blindés engagés en nombre. Jusque-là, les Britanniques avaient employé leurs Tanks comme « canons roulants » pour appuyer les attaques de l’Infanterie, comme ce fut le cas durant la Bataille de la Somme, à Bullecourt, Messines et Passchendaele. Mais à l’été 1917 durant la Troisième Bataille d’Ypres, Fuller et son supérieur, le Brigadier-General Hugh Elles se sont rendus compte qu’engagés en petit nombre, les Tanks pouvaient se retrouver isolés et beaucoup plus vulnérables. Il faut donc les employer de façon concentrée afin de percer les premières lignes allemandes de la Ligne Hindenburg avec l’appui d’une première vague de fantassins lourdement armés. Une seconde vague d’infanterie devra consolider les zones conquises à l’issue de la percée. Sur le papier, techniquement, le plan britannique est particulièrement novateur. Sauf qu’une fois de plus Haig et Byng retrouvent leurs (mauvais) réflexes de cavaliers, puisqu’ils prévoient de faire passer le Cavalry Corps de Kavanagh dans la brèche obtenue. Les Britanniques comptent sur l’effet de surprise, ce qui implique une préparation aussi minutieuse que secrète. Après avoir consulté le plan proposé par Fuller et Byng, Haig approuve (1).

– Le plan d’attaque étant défini, il faut cibler un secteur selon des Continuer à lire … « Bataille de Cambrai – 1: un échec opérationnel britannique pour une première victoire de la technique »

Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz

– En matière de bombardements de villes britanniques, Hitler et Goering n’ont rien inventé. En effet, Londres et plusieurs villes de Grande-Bretagne ont subi des attaques moins meurtrières de la part des aérostats et de bombardiers allemands. Mais si ses raids ont causé une panique certaine, ils n’ont nullement entamé le moral des soldats et de la population britanniques.

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1 – Remplaçant du Zeppelin

– Dès la fin de l’année 1914, la Kaiserliche-Marine envoie ses équipages de Zeppelin bombarder Londres et le Sud-Ouest de la Grande-Bretagne avec deux buts : enrayer l’industrie de guerre britannique et briser le moral de la population civile. Et ce, malgré les sentiments de Guillaume II*. Le premier objectif ne sera nullement atteint puisqu’en dépit de quelques dégâts dans le Kent, les usines britanniques tourneront à plein régime durant quatre ans. Ensuite, en dépit de vagues de panique temporaires, comme de « zeppelinite » aigue (1) qui s’empare du Commandement et de l’Amirauté, la population britannique fait preuve de calme et de résilience. D’autre part, aussi impressionnants qu’ils soient, les dirigeables ne sont pas disponibles en grand nombre et ne disposent que d’une charge limitée de bombes. Rien de comparable donc au « Blitz » de Continuer à lire … « Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz »

Le 3in Stokes, père des mortiers modernes

– On connaît les Minnenwerfer et les « Crapouillots », ces fameux mortiers de tranchée qui ont accru notablement la puissance de feu de l’Infanterie durant le Premier Conflit mondial. En outre, pour des tenants de la « démodernisation » de la guerre, les mortiers marquent également le retour à une guerre de siège où il s’agit de bombarder les positions ennemies dans le but de les faire tomber, comme dans une guerre de siège, les hautes murailles en moins. Mais a-t-on entendu parler du mortier Stokes ? Cette arme britannique d’une conception simple va cependant engendrer toute la gamme des mortiers qui ont peuplé les conflits du XXe siècle.

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1 – DU NEUF AVEC DU VIEUX

– Avec l’apparition des tranchées, les belligérants s’emploient à doter leur infanterie d’armes de jets capables d’envoyer des projectiles explosifs de l’autre côté du no man’s land ou bien de repousser les assauts d’infanterie. On sait que Français et Britanniques répondent à ce besoin en récréant des catapultes et des arbalètes projetant des grenades (1). Mais ce sont les forces impériales nippones qui utilisent pour la première fois des mortiers de tranchées lors du siège de Port-Arthur, pendant la Guerre russo-japonaise (2).  Les Allemands mettent en ligne leurs fameux Minenwerfern, (25 cm et 17 cm) et Granatwerfern (7.6 cm) ; des armes transportables par plusieurs soldats qui peuvent envoyer des roquettes explosives à 300 à 1 000 m. Comme l’explique l’historien Continuer à lire … « Le 3in Stokes, père des mortiers modernes »

Les automitrailleuses de la Grande Guerre

Le développement des premières automitrailleuses est concomitant de deux éléments. Premièrement – et c’est évident – le développement de l’automobile et de la motorisation qui entraîne l’amélioration constante des moteurs et des châssis. Les premiers à innover vont être les Britanniques, suivis des Français et même des Belges et des Austro-Hongrois. L’Allemagne suivra bien entendu le mouvement. Quant à la Russie et la Turquie, elles ne bénéficient pas d’une structure industrielle suffisante pour développer ce type d’armes, ce qui contraindra ses deux empires flanchant à se fournir chez leurs alliés respectifs. Ensuite, le développement croissant des automitrailleuses répond à plusieurs nécessités, qui diffèrent selon les fronts. Ainsi, sur le Front de l’Ouest, ce nouveau type d’engin sur roue répond à la menace venant du ciel, tandis qu’en Russie et au Moyen-Orient, ils trouvent de quoi démontrer leur utilité dans les steppes et les espaces désertiques.

 

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Automitrailleuse Peugeot modèle 1915


1 – LES DÉBUTS (1896 – 1914)

– La Guerre des Boers et les techniques de contre-guérilla des Afrikaneers contraignent l’Armée britannique à trouver de nouveaux moyens mobiles pour contrer les raids des Kommandos Boers. En 1899, F.R. Simms conçoit la première automitrailleuse, le Simm’s Motor War Car, construit par l’usine Vickers, Sons & Maxim de Barrow, sur un modèle de châssis Daimler fabriqué à Coventry. La Simm’s War Car ressemble à une grosse baignoire roulante, avec la structure protégée par plusieurs plaques d’acier et armé d’une mitrailleuse.

– Du côté français, on ne reste pas inactif non plus. Dès 1896, avec l’apparition de l’automobile, le Commandement crée une « Commission militaire des automobiles » (Général Lambert). Mais c’est en 1897 que l’Armée française fait la découverte des vertus de l’automobile en utilisant une « wagonette » Panhard et Levassor comme véhicule d’estafette. De son côté, manquant de moyens financiers, la Commission que dirige Lambert doit se contenter d’envoyer des délégations à l’Automobile Club de France et au Salon de l’Automobile. Mais il n’en ressort pas moins que l’Armée – qui s’intéresse de près aux progrès scientifiques et techniques – estime que Continuer à lire … « Les automitrailleuses de la Grande Guerre »