Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz

– En matière de bombardements de villes britanniques, Hitler et Goering n’ont rien inventé. En effet, Londres et plusieurs villes de Grande-Bretagne ont subi des attaques moins meurtrières de la part des aérostats et de bombardiers allemands. Mais si ses raids ont causé une panique certaine, ils n’ont nullement entamé le moral des soldats et de la population britanniques.

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1 – Remplaçant du Zeppelin

– Dès la fin de l’année 1914, la Kaiserliche-Marine envoie ses équipages de Zeppelin bombarder Londres et le Sud-Ouest de la Grande-Bretagne avec deux buts : enrayer l’industrie de guerre britannique et briser le moral de la population civile. Et ce, malgré les sentiments de Guillaume II*. Le premier objectif ne sera nullement atteint puisqu’en dépit de quelques dégâts dans le Kent, les usines britanniques tourneront à plein régime durant quatre ans. Ensuite, en dépit de vagues de panique temporaires, comme de « zeppelinite » aigue (1) qui s’empare du Commandement et de l’Amirauté, la population britannique fait preuve de calme et de résilience. D’autre part, aussi impressionnants qu’ils soient, les dirigeables ne sont pas disponibles en grand nombre et ne disposent que d’une charge limitée de bombes. Rien de comparable donc au « Blitz » de Continuer à lire … « Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz »

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Le 3in Stokes, père des mortiers modernes

– On connaît les Minnenwerfer et les « Crapouillots », ces fameux mortiers de tranchée qui ont accru notablement la puissance de feu de l’Infanterie durant le Premier Conflit mondial. En outre, pour des tenants de la « démodernisation » de la guerre, les mortiers marquent également le retour à une guerre de siège où il s’agit de bombarder les positions ennemies dans le but de les faire tomber, comme dans une guerre de siège, les hautes murailles en moins. Mais a-t-on entendu parler du mortier Stokes ? Cette arme britannique d’une conception simple va cependant engendrer toute la gamme des mortiers qui ont peuplé les conflits du XXe siècle.

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1 – DU NEUF AVEC DU VIEUX

– Avec l’apparition des tranchées, les belligérants s’emploient à doter leur infanterie d’armes de jets capables d’envoyer des projectiles explosifs de l’autre côté du no man’s land ou bien de repousser les assauts d’infanterie. On sait que Français et Britanniques répondent à ce besoin en récréant des catapultes et des arbalètes projetant des grenades (1). Mais ce sont les forces impériales nippones qui utilisent pour la première fois des mortiers de tranchées lors du siège de Port-Arthur, pendant la Guerre russo-japonaise (2).  Les Allemands mettent en ligne leurs fameux Minenwerfern, (25 cm et 17 cm) et Granatwerfern (7.6 cm) ; des armes transportables par plusieurs soldats qui peuvent envoyer des roquettes explosives à 300 à 1 000 m. Comme l’explique l’historien Continuer à lire … « Le 3in Stokes, père des mortiers modernes »

Les automitrailleuses de la Grande Guerre

Le développement des premières automitrailleuses est concomitant de deux éléments. Premièrement – et c’est évident – le développement de l’automobile et de la motorisation qui entraîne l’amélioration constante des moteurs et des châssis. Les premiers à innover vont être les Britanniques, suivis des Français et même des Belges et des Austro-Hongrois. L’Allemagne suivra bien entendu le mouvement. Quant à la Russie et la Turquie, elles ne bénéficient pas d’une structure industrielle suffisante pour développer ce type d’armes, ce qui contraindra ses deux empires flanchant à se fournir chez leurs alliés respectifs. Ensuite, le développement croissant des automitrailleuses répond à plusieurs nécessités, qui diffèrent selon les fronts. Ainsi, sur le Front de l’Ouest, ce nouveau type d’engin sur roue répond à la menace venant du ciel, tandis qu’en Russie et au Moyen-Orient, ils trouvent de quoi démontrer leur utilité dans les steppes et les espaces désertiques.

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Automitrailleuse Peugeot modèle 1915


1 – LES DÉBUTS (1896 – 1914)

– Chez les Britanniques, la Guerre des Boers et les techniques de contre-guérilla qui contraignent l’Armée britannique à trouver de nouveaux moyens mobiles pour contrer les raids des Kommandos Boers. En 1899, F.R. Simms conçoit la première automitrailleuse, le Simm’s Motor War Car, construit par l’usine Vickers, Sons & Maxim de Barrow, sur un modèle de châssis Daimler fabriqué à Coventry. La Simm’s War Car ressemble à une grosse baignoire roulante, avec la structure protégée par plusieurs plaques d’acier et armé d’une mitrailleuse.

– Du côté français, on ne reste pas inactif non plus. Dès 1896, avec l’apparition de l’automobile, le Commandement crée une « Commission militaire des automobiles » (Général Lambert). Mais c’est en 1897 que l’Armée française fait la découverte des vertus de l’automobile en utilisant une « wagonette » Panhard et Levassor comme véhicule d’estafette. De son côté, manquant de moyens financiers, la Commission que dirige Lambert doit se contenter d’envoyer des délégations à l’Automobile Club de France et au Salon de l’Automobile. Mais il n’en ressort pas moins que l’Armée – qui s’intéresse de près aux progrès scientifiques et techniques – estime que Continuer à lire … « Les automitrailleuses de la Grande Guerre »

Bataille de Riga : les Sturmtruppen font plier l’Armée russe

– A l’été 1917, après la Révolution de Février qui a renversé Nicolas II, le Gouvernement Provisoire de Petrograd que dirige Aleksandr Kerenski décide de poursuivre la Guerre afin d’honorer les engagements russes auprès de l’Entente. Et ce, malgré l’épuisement de l’Armée et de la Population. Mais à la fin de l’été, les offensives lancées par Kerenski et Broussilov pour tenir les engagements auprès de l’Entente ont échoué, après quelques succès initiaux. D’abord surpris, le Grand-Etat-Major de Berlin a repris la situation en main.

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– Le 21 juillet, Erich Ludendorff passe à la contre-attaque sur l’ensemble du Front Russe et les troupes germano-austro-hongroises reprennent très facilement le terrain perdu. Cette offensive manquée provoque encore de nombreuses désertions mais pire, elle décrédibilise encore plus le Gouvernement de Kerenski déjà en grand mal de légitimité. Devant la nouvelle offensive de Kerenski en Lettonie, Ludendorff ordonne d’évacuer Riga. Les troupes russes de la 12e  Armée du Général Dimitri Parski s’établissent alors en Lettonie et constituent une tête de pont sur la Dvina (ou Düna), non loin de Jakobstad (Jegabpils). A cette date de la Guerre, l’Armée russe est au bout du rouleau. Si les divisions de choc constituées par Broussilov se battent plutôt bien, les autres formations sont minées par Continuer à lire … « Bataille de Riga : les Sturmtruppen font plier l’Armée russe »

Verdun 1917 : exemple de reconquête par le feu (première partie)

Dans la mémoire nationale, Verdun reste incontestablement lié à l’année 1916 et à son cortège de feu et de sang. Du coup, la Seconde bataille de Verdun, celle de 1917, reste assez occultée, l’échec du Chemin des Dames y aidant. Pourtant, c’est bien l’une des victoires – limitées mais nettes – dont pu se prévaloir l’Armée française. Elle fut décidée par Philippe Pétain afin de regonfler le moral d’une armée en pleine crise. Mais comme le souligne Jean-Yves Le Naour, contrairement à une légende, le Commandement français n’arrête pas les offensives pour autant, étant donné qu’on en réclame à Compiègne et à Paris (1). Mais cette-fois, on décide de ne plus réitérer les erreurs commises sous (et par) Nivelle. Ainsi, l’Offensive de Verdun voulue par Pétain – complétée à l’automne par la Bataille de la Malmaison – se veut-elle un succès tactique significatif, créé grâce à une meilleure planification, avec notamment l’utilisation accrue et améliorée de l’artillerie lourde, conformément à ce que le Général disait avant-guerre : « le feu tue ». Mais cette fois-ci, le Commandement n’assigne pas de grand objectif stratégique. Les offensives limitées doivent reprendre des portions du front cédées aux Allemands mais avec une nette portée symbolique.

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1 – LE PLAN OFFENSIF FRANÇAIS 

– Après s’être employé à redresser le moral de l’Armée française durant l’été 1917, en maniant le bâton et la carotte – tout en soignant sa communication et sa popularité* – , Philippe Pétain décide de déclencher une série d’offensives limitées sur une partie « calme » du front. Il décide alors de frapper les positions de la V. Armee allemande (Max von Gallwitz) dans le secteur de Verdun. Or, après la reprise des forts de Douaumont et de Vaux à la fin de l’année 1916, les Allemands ont certes dégarni cette partie du front de divisions mais ne l’ont pas moins renforcé en « s’enterrant » plus solidement sur Continuer à lire … « Verdun 1917 : exemple de reconquête par le feu (première partie) »

Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 3

– Si Douglas Haig et ses généraux restent dans une logique offensive, leurs divisions vont devoir frapper dans du dur. Et ça n’est pas peu dire, puisque les Flandres sont l’un des secteurs – occupés depuis fin 1914 – que les Allemands ont eu tout loisir de renforcer ; d’autant que, hormis l’épisode de la Seconde Bataille d’Ypres (1915), cette partie du front est restée relativement calme. Ce qui a permis aux troupes du Kaiser de constituer un solide réseau défensif, toutefois remodelé grâce aux analyses de l’Oberst Fritz von Lossberg.

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3 – LA DÉFENSE ALLEMANDE : RENFORCEMENT ET REMODELAGE DU DISPOSITIF

1 – Renforcer le front le Flandres :

– Tout d’abord, il convient d’effectuer un bref retour en arrière et replacer le contexte stratégique de l’Empire Allemand en 1917. En  1916, l’Allemagne a besoin d’acier pour alimenter son industrie de guerre, notamment pour la fabrication de canons, d’obusiers, de mortiers, de mitrailleuses et de munitions. Or, les batailles de cette même année ont montré que les grandes formations ont ne besoin croissant de munitions. Ainsi, sur le Front de l’Ouest, entre février et décembre 1916, les bouches à feu de la Kaisersheer ont craché 11,2 millions d’obus environ. Et il a été montré que la V. Armee à Verdun avait besoin de 34 trains de munitions par jour. Enfin, l’emploi des tirs de barrage défensifs (Sperrfeuer) durant la bataille de la Somme ont aussi accru le besoin d’obus et donc, réduit la réserve disponible. Du coup, dès la fin 1916, avec le « Programme Hindenburg », Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg impose d’augmenter la proportion de carburant/combustible pour faire fonctionner les machines de l’industrie de guerre en misant sur 12 000 tonnes par mois. D’autant que grâce à l’utilisation du Continuer à lire … « Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 3 »

La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim

– Si en 1914, l’Armée de Sa Majesté est petite, son infanterie est plus robuste qu’on ne le pense. En effet, à l’instar des Allemands et à la différence de l’allié français, l’Armée Britannique a bien intégré l’emploi des mitrailleuses dans ses rangs, notamment durant les guerres coloniales en Afrique. Ayant fait l’acquisition d’exemplaires Maxim aux Etats-Unis, les Britanniques en déploient – montées sur affûts à roues – à Omdourman et en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Sauf que face à une guérilla, l’affût sur roues se révèle peu mobile sur un terrain accidenté et peu discret, problème résolu par l’adoption d’un trépied.

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1 – UNE MAXIM PERFECTIONNÉE 

– La situation en Europe laisse présager l’éventualité d’un conflit d’importance. Et  En 1912 apparaît une version considérablement améliorée de la Maxim. Difficile en de telles circonstances de ne pas « muscler » davantage la petite armée de métier avec des armes collectives équivalent à 40 fusiliers bien entraînés au tir de mousqueterie*. Les modèles antérieurs ont été progressivement allégés par l’utilisation de meilleurs métaux mais celui adopté en novembre 1912, est pourvu d’une modification de la culasse mobile, ce qui augmente notablement les propriétés mécaniques de l’arme. Malheureusement, personne au sein du Gouvernement anglais ne veut Continuer à lire … « La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim »