La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim

– Si en 1914, l’Armée de Sa Majesté est petite, son infanterie est plus robuste qu’on ne le pense. En effet, à l’instar des Allemands et à la différence de l’allié français, l’Armée Britannique a bien intégré l’emploi des mitrailleuses dans ses rangs, notamment durant les guerres coloniales en Afrique. Ayant fait l’acquisition d’exemplaires Maxim aux Etats-Unis, les Britanniques en déploient – montées sur affûts à roues – à Omdourman et en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Sauf que face à une guérilla, l’affût sur roues se révèle peu mobile sur un terrain accidenté et peu discret, problème résolu par l’adoption d’un trépied.

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1 – UNE MAXIM PERFECTIONNÉE 

– La situation en Europe laisse présager l’éventualité d’un conflit d’importance. Et  En 1912 apparaît une version considérablement améliorée de la Maxim. Difficile en de telles circonstances de ne pas « muscler » davantage la petite armée de métier avec des armes collectives équivalent à 40 fusiliers bien entraînés au tir de mousqueterie*. Les modèles antérieurs ont été progressivement allégés par l’utilisation de meilleurs métaux mais celui adopté en novembre 1912, est pourvu d’une modification de la culasse mobile, ce qui augmente notablement les propriétés mécaniques de l’arme. Malheureusement, personne au sein du Gouvernement anglais ne veut Continuer à lire … « La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim »

La mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914

– S’il y a bien une dame qui reste dans l’ombre de l’Histoire des « Poilus », c’est bien la mitrailleuse « Hotchkiss » Modèle 1914, comparée à son adversaire allemande qui a laissé le souvenir sanglant de l’éclaircissement des rangs de pantalons garance durant les combats de 1914. Ensuite, la « Hotchkiss » apparaît assez discrètement dans les récits des acteurs des combats de l’époque, même si les photos en font nettement état. A vrai dire, les mitrailleurs effectuent des tirs de barrage et de suppression et n’ont pas à affronter l’ennemi « les yeux dans les yeux », contrairement aux « Poilus », Lebel ou Chauchat au poing, qui ont à traverser le no man’s land pour s’emparer de la tranchée convoitée par les états-majors. Et si les mitrailleurs français sont tout aussi vulnérables aux tirs d’artillerie, ils représentent aussi un « bouclier » défensif des positions, pouvant balayer l’ensemble du champ de bataille en un temps minimum et avec une très appréciable cadence de tir. Du coup, il convient de s’attarder à cette « dame » occultée par le Fusil Lebel et – disons-le – les armes allemandes.

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1 – ORIGINES AMÉRICAINES ET « FABRIQUÉE EN FRANCE »

– La « Hotchkiss » tient son nom d’un ingénieur américain, Benjamin B. Hotchkiss, qui était spécialisé dans la conception et fabrication de revolvers Colt. Après avoir connu la Guerre de Sécession, il vient s’installer en France en 1867 et monte une usine de cartouches dans l’Aveyron, à Viviez. Ensuite, il dépose de nombreux brevets pour des armes portatives ou à barillet. Après son décès en 1885, son usine – qui porte alors son nom – est reprise par un compatriote Laurence V. Benet. Ce dernier s’associe avec un jeune ingénieur français nommé Mercier.

– Restant d’abord dans la continuité de Hotchkiss, Benet achète dans les années 1890 le brevet d’une arme automatique conçue par un Colonel de l’Armée Austro-hongroise : August Odkolek von Augeza. S’ils estiment l’arme qui leur est présentée inutilisable, Continuer à lire … « La mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914 »

Le 3in Stokes, père des mortiers modernes

– On connaît les Minnenwerfer et les « Crapouillots », ces fameux mortiers de tranchée qui ont accru notablement la puissance de feu de l’Infanterie durant le Premier Conflit mondial. En outre, pour des tenants de la « démodernisation » de la guerre, les mortiers marquent également le retour à une guerre de siège où il s’agit de bombarder les positions ennemies. Mais a-t-on entendu parler du mortier Stokes ? Cette armée britannique d’une conception simple va cependant engendrer toute la gamme des mortiers qui ont peuplé les conflits du XXe siècle.
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1 – DU NEUF AVEC DU VIEUX

– Avec l’apparition des tranchée, les belligérants tentent de doter leur infanterie d’armes de jets capables d’envoyer des projectiles explosifs de l’autre côté du no man’s land ou bien de repousser les assauts d’infanterie. On sait que Français et Britanniques répondent à ce besoin en récréant des catapultes et des arbalètes projetant des grenades (1). Mais ce sont les forces impériales nippones qui utilisent pour la première fois des mortiers de tranchées lors du siège de Port-Arthur, pendant la Guerre russo-japonaise (2).  Les Allemands mettent en ligne leurs fameux Minenwerfern, (25 cm et 17 cm) et Granatwerfern (7.6 cm) ; des armes transportables par plusieurs soldats qui peuvent envoyer des roquettes explosives à 300 à 1 000 m. Comme l’explique l’historien Continuer à lire … « Le 3in Stokes, père des mortiers modernes »

La Réserve Générale d’Artillerie lourde française (R.G.A.L)

– Contrairement à une idée reçue, l’Artillerie française n’avait pas que le Glorieux 75 dans ses parcs. Avant le déclenchement de la Guerre, le Ministère de la Guerre n’ignore pas le besoin de disposer de canons lourds. Plusieurs projets de fabrication de bouches à feu sont lancées avant 1914. Mais ils viennent assez tard pour équiper l’Artillerie française lors de l’entrée en Guerre. Jusqu’en 1917, l’Armée de Terre puise dans ses stocks de pièces datant des années 1880, tout en bénéficiant du concours de la Marine qui peut fournir des canons lourds qui ne seront pas installés sur des navires. Et ce, en attendant que les pièces plus modernes (les types Schneider ou Filloux notamment) . Le Commandement et l’Inspection de l’Artillerie réussissent – avec le concours de l’Industrie – à doter les armées du front de canons lourds, notamment de quelques pièces montées sur rail. Lors de la bataille de la Somme notamment, l’Artillerie française n’affiche plus le même visage qu’en 1914, avec un net accroissement de la proportion de pièces à feu lourdes, aux dépens des canons de 75. En dépit de ces efforts notables, l’emploi de l’Artillerie lourde n’est pas encore nettement centralisé, bien que l’état-major ait ordonné de créer un Etat-Major de l’Artillerie pour en perfectionner l’emploi. Jusqu’à fin 1916, les pièces lourdes sont disséminées au sein des Groupes d’Armées ou des Armées, selon les besoins opérationnels, ce qui n’est pas sans créer quelques remous chez certains généraux peu désireux de céder leurs pièces lourdes le moment.

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Pièce GPF Filloux 155 M 1917 sur affût biflèche

– A la fin de l’année 1916, l’état-major français décide de rationaliser l’emploi de l’artillerie lourde française. Ce n’est pas nouveau puisque le GQG avait déjà tenté d’y mettre de l’ordre fin 1915 lors de son développement. L’Artillerie lourde est alors scindée entre l’Artillerie lourde à grande puissance et l’Artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF). Les régiments sont confiés à chaque Groupe d’Armée mais cette répartition ne donne pas la satisfaction attendue. Toujours fin 1916, le GQG décide donc de créer une Réserve Générale d’Artillerie (RGA) dont le but sera de coordonner l’emploi des canons et obusiers lourds sur l’ensemble du front. Le 1er janvier 1917, le nouveau Généralissime français Georges Nivelle confie la direction de la RGAL au Général Edmond Buat, polytechnicien de formation et alors commandant de la 121e Division qui devait prendre la tête du IInd Corps d’Armée en remplacement de sa bête noire, Denis Duchêne (1). Le 11 janvier, après avoir laissé le commandement de division au Continuer à lire … « La Réserve Générale d’Artillerie lourde française (R.G.A.L) »

Ernest Swinton et l’arrivée des chenilles dans la guerre

– L’histoire militaire britannique de la Première Guerre mondiale compte certes de personnalités caricaturées et incarnant le conservatisme de la coterie de la Cavalerie, tels French, Haig ou encore Allenby. Mais elle compte également des esprits ingénieux, imaginatifs et intellectuellement moins sclérosés, qui ont intégré plus vite la dimension industrielle du nouveau conflit. Parmi eux, Ernest Swinton, le « père » des chars britanniques, qui peut être comparé à son pendant français, le Général Jean Estienne. Cependant, il faut toute proportion garder quand on emploie le terme « père ».  Swinton n’a pas conçu les célèbres Tanks Mk engagés dans la Somme en 1916. Le mérite en revient à Walter Gordon Wilson, qui s’est lui même inspiré de travaux d’une entreprise privée de Lincoln. Mais Swinton a permis à ces engins d’un type nouveau de s’imposer – avec des primes difficultés – sur les champs de bataille d’Europe de l’Ouest. Avec le centenaire de l’apparition des Tanks lors des combats de Flers durant la Bataille de la Somme, l’occasion se prête à revenir sur cet officier qui, bien que n’ayant jamais exercé de commandement sur le terrain, contribua au basculement du premier conflit mondial dans sa dimension industrielle.

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– Fils d’un fonctionnaire de l’administration des Indes, Ernest Dunlop Swinton voit le jour à Bangalore le 21 octobre 1868. Il effectue sa scolarité en Grande-Bretagne (Londres, Rugby et Cheltenham), avant d’entrer en 1888 à la Royal Military Academy de Woolwich qui forme les officiers du Génie et de l’Artillerie, en somme les armes Continuer à lire … « Ernest Swinton et l’arrivée des chenilles dans la guerre »

Bataille de la Somme : l’Artillerie britannique

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1 –  BREF HISTORIQUE SUR L’ARTILLERIE  DU BEF (1914-1916)

A l’aube de la bataille de la Somme, l’Artillerie britannique est surprise dans une période de mutation et de perfectionnement, ce qui ne se fait pas sans désordre.

En 1914, chaque batterie d’artillerie comprend 6 canons pour environ 200 hommes (5 officiers, servants, approvisionneurs, cochers, mécaniciens). Les canons plus lourds sont regroupés au sein de batteries plus petites (2-3 pièces). On trouve aussi 2 batteries de canons lourds sur rail. Mais la quantité de personnel servant ne varie pas. Et même, l’évolution de l’utilisation de l’artillerie et « l’alourdissement » des pièces et la diversification du rôle des batteries nécessitent une « spécialisation » des servants de batterie. En outre, les artilleurs sont moins exposés au feu que les fantassins, donc moins vulnérable. Bien que considérés comme « combattants », le taux de mortalité dans leurs rangs est moins élevé que dans l’Infanterie. Encore faut-il distinguer les servants de batteries de campagne placés plus en avant, des artilleurs de pièces lourdes qui peuvent actionner des pièces à plus de 10-20 km en arrière des lignes de tranchées. Si nécessaire, on ponctionne sur les personnels de l’Army Service Corps (logistique) ou de l’Army Ordnance Department (intendance).

– Les Artillery Brigades des corps et divisions étaient (conçues) comme Continuer à lire … « Bataille de la Somme : l’Artillerie britannique »

Evolution de l’emploi de l’Infanterie française en 1916

– Le public a tendance à l’oublier mais en 1916, l’emploi des fantassins français commence à connaître de notables mutations. On se cantonne bien souvent à la vision des « Poilus » défendant leurs positions à Verdun. Mais à l’instar des Britanniques, les Français commencent à réfléchir à l’amélioration de l’emploi de leur Infanterie pour les assauts. Il s’agit là d’un impératif au regard des saignées de 1914 et de 1915. Constatant (enfin) que l’emploi des grandes vagues d’infanterie envoyées pour déborder les positions ennemies ne donne que des résultats sanglants, les généraux français débattent de l’utilité de ne plus miser essentiellement sur le nombre mais sur la mobilité et la puissance de feu.

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Fantassins français s’entraînant au maniement du Canon de 37mm Mle 1916 à tir rapide

– Le Commandement comprend très vite l’intérêt de maintenir temporairement des unités à l’arrière pour leur dispenser une instruction plus poussée sur les nouvelles méthodes de combats. Ainsi, Joffre ordonne-t-il de « réduire au strict minimum les forces laissées en première ligne pour permettre de perfectionner l’instruction des troupes » (octobre 1915). Contrairement aux Britanniques où les réflexions se font individuellement ou collectivement dans les états-majors des Divisions ou des Corps (Ivor Maxse), les débats chez les Français s’effectuent dans les états-majors d’Armées et de Corps d’Armée. Préparant son offensive sur la Somme, Ferdinand Foch (alors à la tête du Groupe d’Armées du Nord) préconise une « progression par bonds » et non plus une attaque par vagues. Foch souscrit également aux idées nouvelles du Capitaine André Laffargue, fondées sur Continuer à lire … « Evolution de l’emploi de l’Infanterie française en 1916 »