Visite au Bovington Tank Museum

Chers lecteurs, chères lectrices, j’ai le plaisir de vous présenter quelques clichés des modèles de Tanks de la Première Guerre mondiale exposés dans l’excellent musée des chars de Bovington (Comté du Dorset). La scénographie concernant l’engagement des Mk I de 1916 est particulièrement réussie.

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Tank Mk I version Male

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – Au commencement, le Tracteur Hornsby, mis au point par l’ingénieur  Continuer à lire … « Visite au Bovington Tank Museum »

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Les Pariser-Kanonen : démesure technologique et esbroufe stratégico-psychologique

Non ! Non ! Non ! Et encore non ! Une bonne fois pour toutes, ce ne fut pas la « Grosse Bertha » qui bombarda Paris en mars et avril 1918, tonnerre de feu ! Précision utile, la « Grosse Bertha » était un obusier lourd de 420 mm, de 16 calibres et d’une portée de 9 à 12,5 km, produit chez Krupp et appelé ainsi en l’honneur de Bertha Krupp, fille unique de l’industriel Friedrich Krupp. Aligné en plusieurs exemplaires, cet obusier a commis bien plus de destruction à Liège et Verdun qu’à Paris. En revanche, le canon qui bombarda Paris était bien plus titanesque que « Bertha l’assidue » (son autre surnom), si bien que les Français n’avaient pas imaginé un seul instant que les Allemands purent être capables d’en construire un. Comme le dit Jean-Yves Le Naour, il exista bien de tels canons mais seulement chez Jules Verne ou chez Gaston Leroux. Ce dernier envoyant son héros, Rouletabille, dans les usines des gigantesques « Titania » de Guillaume II (1). Mais durant le mois de mars 1918, la population parisienne découvrit que la science-fiction avait rattrapé la réalité. Mais passé l’effroi, la même population s’habituera aux coups du canon géant et le GQG eut vite fait de constater que ce monstre d’acier que feu le Colonel Danrit aurait pu coucher dans ses pages romanesques, ne fut qu’une gigantesque esbroufe stratégique sinon psychologique. Conçus pour être des armes de terreur psychologique, les trois  « Pariser-Kanonen » ou « Wilhelms-Geschützt » ne servirent… quasiment à rien. Les ingénieurs et militaires allemands se complurent déjà dans la recherche d’armes miracles chimériques.

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1 – UN CANON TITANESQUE MAIS COMPLEXE

– Edmond Buat le reconnut dans ses « Journaux de Guerre » : ces gaillards d’Allemands furent capables de prouesses techniques inimaginables (2). C’est bien vrai. Pour un pays qui manqua d’acier, la construction de ce tube monstrueux dotée d’une portée de plus de 100 km releva de l’exploit technologique et technique. Cependant, comme l’a noté Christophe Dutrône, les ingénieurs français effectuaient eux aussi des recherches concernant la projection d’obus dans les couches supérieures de l’atmosphère. Aboutissant à la conception d’un canon géant en 1929, elles n’allèrent cependant pas plus loin. En revanche, en 1917, « Castor et Pollux » (Hindenburg et Ludendorff) commandèrent à Krupp (qui tournaient pourtant à plein) une série de canons géants qui tournent pourtant à plein régime. L’objectif des « Dioscures » fut de disposer de pièces géantes capables de bombarder Paris et d’y créer une peur panique qui retournerait l’opinion française contre ses dirigeants. Lesquels seraient forcément contraint de demander la paix à l’Allemagne.

– Du coup, la firme Krupp confia les travaux à l’Ingénieur Doktor Fritz Rausenberger, son Chef du Développement, assisté d’ Continuer à lire … « Les Pariser-Kanonen : démesure technologique et esbroufe stratégico-psychologique »

Le 3in Stokes, père des mortiers modernes

– On connaît les Minnenwerfer et les « Crapouillots », ces fameux mortiers de tranchée qui ont accru notablement la puissance de feu de l’Infanterie durant le Premier Conflit mondial. En outre, pour des tenants de la « démodernisation » de la guerre, les mortiers marquent également le retour à une guerre de siège où il s’agit de bombarder les positions ennemies dans le but de les faire tomber, comme dans une guerre de siège, les hautes murailles en moins. Mais a-t-on entendu parler du mortier Stokes ? Cette arme britannique d’une conception simple va cependant engendrer toute la gamme des mortiers qui ont peuplé les conflits du XXe siècle.

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1 – DU NEUF AVEC DU VIEUX

– Avec l’apparition des tranchées, les belligérants s’emploient à doter leur infanterie d’armes de jets capables d’envoyer des projectiles explosifs de l’autre côté du no man’s land ou bien de repousser les assauts d’infanterie. On sait que Français et Britanniques répondent à ce besoin en récréant des catapultes et des arbalètes projetant des grenades (1). Mais ce sont les forces impériales nippones qui utilisent pour la première fois des mortiers de tranchées lors du siège de Port-Arthur, pendant la Guerre russo-japonaise (2).  Les Allemands mettent en ligne leurs fameux Minenwerfern, (25 cm et 17 cm) et Granatwerfern (7.6 cm) ; des armes transportables par plusieurs soldats qui peuvent envoyer des roquettes explosives à 300 à 1 000 m. Comme l’explique l’historien Continuer à lire … « Le 3in Stokes, père des mortiers modernes »

Les automitrailleuses de la Grande Guerre

Le développement des premières automitrailleuses est concomitant de deux éléments. Premièrement – et c’est évident – le développement de l’automobile et de la motorisation qui entraîne l’amélioration constante des moteurs et des châssis. Les premiers à innover vont être les Britanniques, suivis des Français et même des Belges et des Austro-Hongrois. L’Allemagne suivra bien entendu le mouvement. Quant à la Russie et la Turquie, elles ne bénéficient pas d’une structure industrielle suffisante pour développer ce type d’armes, ce qui contraindra ses deux empires flanchant à se fournir chez leurs alliés respectifs. Ensuite, le développement croissant des automitrailleuses répond à plusieurs nécessités, qui diffèrent selon les fronts. Ainsi, sur le Front de l’Ouest, ce nouveau type d’engin sur roue répond à la menace venant du ciel, tandis qu’en Russie et au Moyen-Orient, ils trouvent de quoi démontrer leur utilité dans les steppes et les espaces désertiques.

 

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Automitrailleuse Peugeot modèle 1915


1 – LES DÉBUTS (1896 – 1914)

– La Guerre des Boers et les techniques de contre-guérilla des Afrikaneers contraignent l’Armée britannique à trouver de nouveaux moyens mobiles pour contrer les raids des Kommandos Boers. En 1899, F.R. Simms conçoit la première automitrailleuse, le Simm’s Motor War Car, construit par l’usine Vickers, Sons & Maxim de Barrow, sur un modèle de châssis Daimler fabriqué à Coventry. La Simm’s War Car ressemble à une grosse baignoire roulante, avec la structure protégée par plusieurs plaques d’acier et armé d’une mitrailleuse.

– Du côté français, on ne reste pas inactif non plus. Dès 1896, avec l’apparition de l’automobile, le Commandement crée une « Commission militaire des automobiles » (Général Lambert). Mais c’est en 1897 que l’Armée française fait la découverte des vertus de l’automobile en utilisant une « wagonette » Panhard et Levassor comme véhicule d’estafette. De son côté, manquant de moyens financiers, la Commission que dirige Lambert doit se contenter d’envoyer des délégations à l’Automobile Club de France et au Salon de l’Automobile. Mais il n’en ressort pas moins que l’Armée – qui s’intéresse de près aux progrès scientifiques et techniques – estime que Continuer à lire … « Les automitrailleuses de la Grande Guerre »

Museo Storico della Guerra di Rovereto

Chers lecteurs, chères lectrices. J’ai mis à profit deux semaines passées entre les pentes tyroliennes et les églises de Vénétie pour visiter le très intéressant Musée de la Guerre de Rovereto, ville située au sud de Trente (Trentin) à l’est de la partie septentrionale du Lac de Garde qui se trouvait sur la ligne de Front des Alpes entre 1915 et 1918. Les collections de pièces sont assez fournies et présentent des armes, des matériels et des équipements que l’on trouve assez peu en France. En outre, le musée est très informatif sur la Guerre en montagne.

Belle découverte.

 

 

 

La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim

– Si en 1914, l’Armée de Sa Majesté est petite, son infanterie est plus robuste qu’on ne le pense. En effet, à l’instar des Allemands et à la différence de l’allié français, l’Armée Britannique a bien intégré l’emploi des mitrailleuses dans ses rangs, notamment durant les guerres coloniales en Afrique. Ayant fait l’acquisition d’exemplaires Maxim aux Etats-Unis, les Britanniques en déploient – montées sur affûts à roues – à Omdourman et en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Sauf que face à une guérilla, l’affût sur roues se révèle peu mobile sur un terrain accidenté et peu discret, problème résolu par l’adoption d’un trépied.

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1 – UNE MAXIM PERFECTIONNÉE 

– La situation en Europe laisse présager l’éventualité d’un conflit d’importance. Et  En 1912 apparaît une version considérablement améliorée de la Maxim. Difficile en de telles circonstances de ne pas « muscler » davantage la petite armée de métier avec des armes collectives équivalent à 40 fusiliers bien entraînés au tir de mousqueterie*. Les modèles antérieurs ont été progressivement allégés par l’utilisation de meilleurs métaux mais celui adopté en novembre 1912, est pourvu d’une modification de la culasse mobile, ce qui augmente notablement les propriétés mécaniques de l’arme. Malheureusement, personne au sein du Gouvernement anglais ne veut Continuer à lire … « La Vickers .303 : la réponse anglaise à la Maxim »

La mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914

– S’il y a bien une dame qui reste dans l’ombre de l’Histoire des « Poilus », c’est bien la mitrailleuse « Hotchkiss » Modèle 1914, comparée à son adversaire allemande qui a laissé le souvenir sanglant de l’éclaircissement des rangs de pantalons garance durant les combats de 1914. Ensuite, la « Hotchkiss » apparaît assez discrètement dans les récits des acteurs des combats de l’époque, même si les photos en font nettement état. A vrai dire, les mitrailleurs effectuent des tirs de barrage et de suppression et n’ont pas à affronter l’ennemi « les yeux dans les yeux », contrairement aux « Poilus », Lebel ou Chauchat au poing, qui ont à traverser le no man’s land pour s’emparer de la tranchée convoitée par les états-majors. Et si les mitrailleurs français sont tout aussi vulnérables aux tirs d’artillerie, ils représentent aussi un « bouclier » défensif des positions, pouvant balayer l’ensemble du champ de bataille en un temps minimum et avec une très appréciable cadence de tir. Du coup, il convient de s’attarder à cette « dame » occultée par le Fusil Lebel et – disons-le – les armes allemandes.

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1 – ORIGINES AMÉRICAINES ET « FABRIQUÉE EN FRANCE »

– La « Hotchkiss » tient son nom d’un ingénieur américain, Benjamin B. Hotchkiss, qui était spécialisé dans la conception et fabrication de revolvers Colt. Après avoir connu la Guerre de Sécession, il vient s’installer en France en 1867 et monte une usine de cartouches dans l’Aveyron, à Viviez. Ensuite, il dépose de nombreux brevets pour des armes portatives ou à barillet. Après son décès en 1885, son usine – qui porte alors son nom – est reprise par un compatriote Laurence V. Benet. Ce dernier s’associe avec un jeune ingénieur français nommé Mercier.

– Restant d’abord dans la continuité de Hotchkiss, Benet achète dans les années 1890 le brevet d’une arme automatique conçue par un Colonel de l’Armée Austro-hongroise : August Odkolek von Augeza. S’ils estiment l’arme qui leur est présentée inutilisable, Continuer à lire … « La mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914 »