29 septembre 1918 : Front d’Orient, victoire oubliée des « Jardiniers de Salonique »

Si la campagne des Balkans de 1915-1918 et l’histoire de l’Armée Française d’Orient ont aussi peu fait l’objet de productions littéraires, c’est que ce théâtre d’opérations a longtemps reçu l’opposition de bon nombre de milieux politiques et militaires français et britanniques. Et cela, en raison des pertes énormes encourues aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915.

– Réputée injustement inutile et incompétente, l’Armée d’Orient avait reçu les surnoms méprisants de « Jardiniers de Salonique » de la part de George Clémenceau et de « Side Show » par David Lloyd-George (Ministre des Armements, puis Premier Ministre à partir de 1917). Les soldats d’Orient vont donc être les oubliés des communiqués officiels. Pourtant pour l’historien militaire britannique Sir Basil Lidell-Hart et pour le Général André Beaufre, la campagne du Général Louis Franchet d’Espérey a été exemplaire, car elle s’est caractérisée par une « manoeuvrist approach » et une approche indirecte (exploitation systématique des faiblesses de l’ennemi, exploitation en profondeur de l’espace). Nous nous concentrerons ici principalement sur l’année 1918.

1 – ETAT DES FORCES EN PRÉSENCE
– Après la prise de Monastir (19 novembre 1916) par les Français et les Serbes, l’Armée d’Orient que commande le Général Maurice Sarrail (1856 – 1942), doit se placer sur Continuer à lire … « 29 septembre 1918 : Front d’Orient, victoire oubliée des « Jardiniers de Salonique » »

Inventions et innovations de combats – Les gaz

Incontestablement, les gaz toxiques forment presque un « mythe » de la Grande Guerre. N-a-t-on jamais lu ou relu dans nos manuels scolaires que l’emploi des gaz était l’un des aspects représentatifs de la guerre totale. L’article suivant vous propose un point sur cette innovation chimique qui aura autant marqué les esprits que des milliers de soldats dans leur corps.

John Singer Sargent ; « Gassed » Source : http://huntingtonblogs.org
John Singer Sargent ;
« Gassed »
Source : http://huntingtonblogs.org

1 – L’innovation vient d’abord de la France

– Ce que l’on sait moins c’est que l’emploi des gaz toxiques en temps de guerre a été prohibé avant la Grande Guerre (Conférences de La Haye et de Genève). Or, lorsque le front ouest se fige à la fin de l’année 1914, l’Oberste-Heeres-Leitung (OHL) envisage d’employer les gaz toxiques afin de briser la résistance française et britannique sur plusieurs points du front. Mais comme le Continuer à lire … « Inventions et innovations de combats – Les gaz »

Centenaire des offensives de septembre 1915 – Les Britanniques à Loos (3)

– En septembre 1915, les lignes britanniques couvrent les Flandres et l’Artois. Après les batailles de mai et juin (Artois, Vimy, Lorette, Crête d’Aubers, Festubert et Ypres), l’été a été calme même si les deux côtés en ont profité pour renforcer leurs défenses, et planter davantage de mines. En accord avec les Français, l’Armée britannique couvre un front allant du nord d’Ypres au sud de Lens. En août 1915, la nouvelle IIIrd Army d’Edmund Allenby s’ancre entre la Somme et Hébuterne. Entre mai et septembre 1915, 15 nouvelles divisions de volontaires de la New Kitchener’s Army ont débarqué en France.

Source : http://www.thecourier.co.uk
Source :
http://www.thecourier.co.uk

1 – La préparation

– Après un engagement qui a presque tourné au massacre à La Bassé les 15-16 juin 1915 en soutien des offensives de Foch en Artois, l’attaque dans le secteur de Loos-en-Gohelle marque l’engagement le plus important des forces britanniques, en contribution avec les grandes offensives françaises voulues par Joseph Joffre en Artois (Foch) et Champagne (Castelnau). Joffre pense qu’une supériorité numérique alliée peut permettre d’emporter leur décision.

– Dans sa biographie consacrée à Ferdinand Foch, Jean-Christophe Notin a bien montré les objectifs et l’imbrication de l’offensive de Loos dans le plan français. Laissons-lui alors la parole. Pour percer dans le Nord de la France, Foch prévoit de Continuer à lire … « Centenaire des offensives de septembre 1915 – Les Britanniques à Loos (3) »

Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2)

– Pour percer sur le Front de Champagne, le Groupe d’Armées Centre (GAC) d’Edouard de Castelnau aligne la IIe Armée de Philippe Pétain sur la droite (XIe, XIVe, XXe Corps et Ier Corps Colonial), la IVe Armée de Ferdinand Langle de Cary sur la gauche (IVe, VIIe, XXXIIe Corps et IInd Corps Colonial), ainsi que les IIe et IIIe Corps de Cavalerie en arrière des lignes de tranchées.
– Le dispositif des deux armées se situe à l’ouest de Perthes-les-Hurlus. Le tout regroupe 375 000 hommes avec 35 Divisions d’Infanterie. Les forces d’assaut sont appuyées par 2 000 pièces d’artillerie (1 150 canons de 75 et 850 pièces lourdes). Il apparaît clairement que les effectifs en bouches à feu du GAC sont plus importants que ceux alloués au GAN pour l’offensive de Foch en Artois. Misant sur une importante puissance de feu, le GQG a alloué 1 250 obus par canon de 75 ! Mais cette générosité aura un grave impact comme nous le verrons. De son côté, dans un ordre signé à l’adresse des généraux et colonels de la IIe Armée, Philippe Pétain préconise une coopération étroite entre officiers d’Infanterie et d’Artillerie afin de régler au mieux les tirs de préparation d’artillerie et les feux d’appui (1).
Toutefois, la logistique française a fait des prodiges. En effet le ravitaillement a été très bien assuré, notamment grâce au doublement de la voie de chemin de fer Châlons-en-Champagne – Sainte-Menehould.

– D’un point de vue technique, Joffre et Castelnau prévoient que l’infanterie perce sur un front de 35 km entre le Massif de Moronvilliers (Auberive-sur-Suippes) et le Bois de Ville -(Ville-sur-Tourbe), au-delà des rivières Dormoise et Py. Ensuite, la Cavalerie doit passer dans la brèche afin d’exploiter la percée dans la profondeur du dispositif ennemi. Simultanément, les IIIe et Ve Armées doivent Continuer à lire … « Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2) »

Les offensives de septembre 1915 – 1 : L’ Artois

1 – Situation(s) stratégique(s) à l’été 1915
– Rappel : en mai-juin 1915, les Français ont lancé deux offensives en Artois et en Champagne dans le but de percer les positions allemandes mais sans succès faute de réserves en hommes et d’un appui d’artillerie suffisant. Les 15-16 juin, le British Expeditionnary Force (BEF) a lancé un assaut entre Givenchy et La Bassée qui a tourné au massacre. Toutefois, le GQG français espère encore percer les lignes allemandes. Pour ce faire, Joseph Joffre souhaite lancer deux grandes offensives simultanées, la première en Artois et la seconde en Champagne.

Source : www.archivespasdecalais.fr
Source :
http://www.archivespasdecalais.fr

– Le GQG français espère rompre le front allemand avant l’arrivée de l’automne et donc, du mauvais temps. Ces deux offensives concernent deux Groupes d’Armées ; le Groupe d’Armées du Nord (GAN) de Ferdinand Foch pour l’Artois et Groupe d’Armées du Centre (GAC) du Général Edouard de Currières de Castelnau, ainsi que les BEF. Et cette fois-ci, Joffre fait déployer une importante artillerie derrière les lignes françaises afin d’écraser les positions allemandes. Cependant, comme nous le verrons plus tard, l’artillerie française va arriver à une saturation de ses réserves de munitions.
– Mais le Gouvernement français, par la voix de Parlementaires et du Ministère de la Guerre presse le GQG de lancer une offensive avec, espère-t-on, Continuer à lire … « Les offensives de septembre 1915 – 1 : L’ Artois »

Centenaire des combats du Hartmannswillerkopf

– Bref rappel : en août 1914, les troupes françaises de l’Armée d’Alsace entrent dans Mulhouse avant d’en être chassées. Après plusieurs combats dans les Vosges, les deux adversaires s’arrêtent sur la Vallée de la Doller.

Le Hartmannswillerkopf, avec le cimetière français (Photo personnelle)
Le Hartmannswillerkopf, avec le cimetière français
(Photo personnelle)

1 – Les enjeux de la « Mangeuse d’hommes »

– Le « Vieil Armand » ou « Hartmannswillerkopf », ou encore « la Mangeuse d’hommes » et « la Machine à casser du monde » est une montagne haute de 965 mètres située sur la partie alsacienne du sud de la ligne de la Crête des Vosges. Situé entre les vallées de la Thur et de la Lauch, le mont domine la plaine d’Alsace et la ville de Cernay, qui marque le point le plus méridional de la « province perdue ».
Le Hartmannswillerkopf comprend du nord au sud, trois avancées surnommées la « Cuisse gauche », la « Cuisse droite » ou « Aussichtfelsen » (« rocher panorama ») et le « Rehfelsen » (« Rocher du Chevreuil »). Elles constituent un très bon observatoire permettant de Continuer à lire … « Centenaire des combats du Hartmannswillerkopf »

12-13 septembre 1918 : Victoire franco-américaine de Saint-Mihiel (Argonne)

1 – Situation opérationnelle en septembre 1918

– Depuis la Guerre franco-prussienne de 1870, la ville de Saint-Mihiel était considérée comme importante d’un point de vue stratégique car elle commande l’accès aux routes de Verdun, Nancy, Toul et Metz. Et de plus, elle coupe la voie de chemin de fer entre Paris et Nancy.Les combats indécis de 1914 avaient formé le saillant de Saint-Mihiel qui s’étendait des Eparges à Pont-à-Mousson.

N’ayant pu forcé le saillant en 1914-1915 (combats du Bois d’Ailly, de Bois Brumé, de la Forêt d’Apremont et des Eparges), les Allemands décident d’y établir de solides positions défensives afin de prévenir de toute offensives françaises dans la région afin de soulager le Front de Verdun. Ainsi, en septembre 1918, le saillant de Saint-Mihiel forme une hernie large de 38 km et profonde de 23 entre la Meuse et la Moselle.

Source : http://pierreswesternfront.punt.nl
Source :
http://pierreswesternfront.punt.nl

– Pendant l’été, Américains et Français veulent profiter du succès des combats défensifs et des contre-offensives qui ont mis en échec les opérations d’Erich Ludendorf. Ce fut le cas avec les contre-offensives victorieuses sur la Marne, l’Aisne et la Somme.

Le Général John J. Pershing envisage alors de réduire le saillant de Saint-Mihiel par une puissante offensive qui ferait la part belle à son corps expéditionnaire, jusque-là engagé efficacement à l’échelle de divisions sur plusieurs endroits du front (Bois-Belleau, Ferme Rouge, Saint-Quentin, Bois de Fère…). Cette fois, il compte engager sa nouvelle Ist US Army

Afin de libérer l’accès à la voie ferrée Paris-Nancy, ainsi que les voies de communication menant à Verdun.

– Comme le fait remarquer Jean-Christophe Notin dans sa biographie consacrée au Continuer à lire … « 12-13 septembre 1918 : Victoire franco-américaine de Saint-Mihiel (Argonne) »