Atteindre la Ligne « Hindenburg » (août-sept. 1918) – Partie 2

PARTIE 2 – L’OFFENSIVE BRITANNIQUE SUR LA SCARPE ET LA SOMME
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1 – LE PLAN DE HAIG

– L’objectif principal britannique est d’avancer sur l’axe Arras – Cambrai afin de repousser les Allemands vers la Belgique et les frontières du Reich. Et dégager Cambrai permettra de mettre la main sur un important axe routier qui connecte le nord du front français à la Belgique. Les ordres de Haig sont les suivants : Continuer à lire … « Atteindre la Ligne « Hindenburg » (août-sept. 1918) – Partie 2 »

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Saint-Mihiel : les Américains jouent chez les grands – 2/3

PARTIE 2 – LES ALLEMANDS  : DES FORCES INFÉRIEURES ET UN REPLI MANQUE 


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Max von Gallwitz

1 – LA GUERRE DU PAUVRE, UNE FOIS DE PLUS

– Inutile de s’épancher longuement sur les malheurs de l’Armée allemande dont il a été beaucoup question dans les articles précédents. Cette situation est clairement manifeste dans le saillant de Saint-Mihiel. Les Allemands alignent 8 divisions mais qui n’ont qui se trouvent en sous-effectif, alignant seulement 5 000 hommes environ. Et pour noircir le tableau, les divisions d’Infanterie sont affaiblies, après avoir été engagées sur plusieurs autres parties du front. Ainsi, le nombre de fusiliers a dramatiquement chuté et la défense doit s’appuyer sur les mitrailleuses. Résultat, les compagnies d’Infanterie voient leur Continuer à lire … « Saint-Mihiel : les Américains jouent chez les grands – 2/3 »

Les quelques combats en ville en 1914-1918

– Dans la mémoire collective, les villes françaises sont restées synonymes d’occupation – pour ce qui est du nord et du nord-est de la France, ainsi que de certaines villes russes, serbes et italiennes –, de garnison, de permission, d’effort industriel, de vie chère, de transit. Mais elles ont également symbolisé le danger des bombardements, par Zeppelin, avions (Gotha) et Pariser-Kanonen. Pourtant, elles ont bien été l’objet de combats, quoiqu’encore sans commune mesure avec la Guerre d’Espagne, Stalingrad, Mogadiscio ou encore Mossoul. En 1914, le combat dans un espace urbain signifiait d’abord bombardement. Mais en 1918, on put observer quelques  prémices de combats urbains, exception faite de « l’insurrection de Pâques » de 1916 à Dublin.


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– Comme l’explique bien le Lieutenant-Colonel Jean-Pierre Dufour, tout au long du XIXe siècle, la manœuvre est privilégiée et les différents belligérants s’emploient à éviter les combats dans les villes et limitent les sièges autant que faire se peut (1). Mais dans la réalité, la prise d’une ville importante par la poliorcétique peut s’avérer nécessaire sinon inévitable. Et les exemples ne manquent pas : Saragosse, Badajoz, Vicksburg… Et l’on peut ajouter que l’épisode de Bazeilles (1870) vit un Continuer à lire … « Les quelques combats en ville en 1914-1918 »

« Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Dernière partie

Pour les Alliés, l’Offensive « Michael » fut marquée par dix jours de sueurs froides et d’incertitude. Les troupes franco-britanniques ont dû reculer de plusieurs dizaines de kilomètres en à peu près une semaine – du jamais vu sur le Front de l’Ouest depuis septembre 1914 – mais le succès défensif et les changements d’axe successifs de Ludendorff ont tout simplement enliser le formidable effort allemand qui a manqué de causer une catastrophe. Mais les combats ne vont pas s’arrêter pour autant et le mois d’avril 1918 va voir plusieurs engagements plus localisés alors qu’Erich Ludendorff frappe dans les Flandres, manquant encore de faire plier Haig. Mais en Picardie, les Alliés vont enregistrer plusieurs succès défensifs.

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– L’ENLISEMENT

– Le 31 mars, Erich Ludendorff doit se rendre à l’évidence, « Michael » a été un indéniable succès tactique mais également un échec stratégique. Du côté tactique, il est indéniable que les trois armées allemandes ont réussi une prouesse puisqu’elles ont Allemands ont réussi à reprendre la Guerre de mouvement et fait reculer Français et les Britanniques sur 60 km et capturant 60 000 prisonniers (majoritairement des Anglais). Le 31 mars, ils se trouvent jusqu’aux portes d’Amiens, sur l’Avre et sur l’Oise.

– Les Français ont également payé un très lourd tribut pour empêcher la catastrophe de se produire, avec 170 000 hommes perdus, dont 9 000 officiers en dix jours seulement. Par conséquent, Philippe Pétain a dû déployer la moitié de son armée entre Montidier et l’Oise. Et le Gouvernement a donné son accord au rapatriement de la Xe Armée de Paul Maistre qui stationnait en Italie. Les Français maintiennent ainsi Continuer à lire … « « Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Dernière partie »

« Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Sixième partie

– LA BATAILLE DE MONTDIDIER  –

Pour celui ou celle qui connaît bien la Picardie, Montdidier est un chef-lieu de canton du Pays de Santerre (est du département de la Somme), à mi-chemin entre Compiègne et Amiens et à cheval sur la rivière des Trois-Doms, un petit affluent de l’Avre. Celui ou celle qui s’intéresse à l’histoire de la région n’est pas non plus sans savoir que Montdidier tire ses origines de l’Epoque Carolingienne (du nom du Roi des Lombards, ennemi de Charlemagne) et qu’elle fut assez prospère sous l’Ancien Régime. Seulement, la Grande-Guerre lui laissa des stigmates, partiellement pansés par la rénovation de ses deux églises gothiques. Mais si Montdidier peut satisfaire la curiosité des amateurs de patrimoine religieux, on oublie qu’elle fut le théâtre de violents combats entre Français et Allemands en 1918 dont l’enjeu fut la tenue du front de Picardie et donc, la sauvegarde des accès à Amiens. Cet article propose de revenir en détail sur une bataille méconnue à l’issue de laquelle les « Poilus », épaulés par des « Tommys » décidés, sauvèrent la soudure entre les Fronts français et britannique et bloquèrent ainsi l’Offensive « Michael ».
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1 – MENACES SUR AMIENS

– Quittons Doullens pour revenir sur le front. Le 24 mars, von der Marwitz et von Hutier font sauter la base du saillant de Flesquières, contraignant Byng à s’accrocher sur Arras et Vimy. Son flanc gauche n’étant plus couvert, la FIfth Army de Hubert Gough doit encore se replier. Pendant ce temps, pendant que le Ve Corps de Maurice Pellé s’échine à freiner l’avancée allemande entre Chauny et Noyon, les premiers éléments de la Ire Armée française de Marie-Eugène Debeney s’intercale entre Lassigny et Montdidier afin de tenir fermé le bouchon entre Gough et Humbert. Mais comme pour les jours précédents, les premières divisions françaises qui arrivent dans le secteur (22e,37e, 38e, 56e et 166e DI) sont jetées dans la fournaise sans forme de procès. Du coup, Pétain et Continuer à lire … « « Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Sixième partie »

« Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Troisième partie

– ORAGE DE PRINTEMPS : « LA GRANDE BATAILLE DE FRANCE COMMENCE » –

 

Il n’y a aucun doute, Hubert Gough, ancien protégé de Douglas Haig, ne pavoise plus depuis que sa Fifth Army a échoué à conquérir des arpents de boue de Passchendaele. Haig ne lui accorde d’ailleurs plus la confiance qu’il lui témoignait encore l’année précédente. Et encore, Gough n’est nullement au bout de ses peines car ce 21 mars 1918, il ne sait pas encore qu’il va passer la pire semaine de sa carrière et qu’elle lui coûtera son commandement. Haig trouvant son coupable idéal pour masquer sa propre cécité. Mais une chose est sûre, en une semaine, le dispositif britannique en Picardie va manquer de s’effondrer. L’assaut allemand va engloutir des bataillons entiers et il s’en faudra de peu pour que certaines divisions échappent à l’anéantissement complet.

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Source :  http://www.radcliffeontrentww1.org.uk

1 – L’ASSAUT ALLEMAND : 49 DIVISIONS SONNENT L’HALLALI SUR L’ARMEE ANGLAISE

A – BOMBARDEMENT ET PREMIER ASSAUT

– Le 21 mars 1918 à 04h40
, l’Offensive « Michael » démarre par une symphonie de feu et de fer jouée par les 6 608 pièces d’artillerie disposées entre Saint-Quentin et Barisis. Ce sont donc 3 965 canons de campagne (7.7 et 10.5 cm) et 2 643 canons et obusiers lourds (15, 190, 21 et 42 cm) répartis en 1 706 batteries qui se déchaînent. On atteint quasiment une densité d’un canon ou obusier tous les 12 mètres. Le tir de barrage – le Feuerwalze –  dure deux heures et balaie 60 km de front. Certains témoins estiment qu’il est bien plus violent que celui de Verdun. Les secteurs où sont disposées les batteries britanniques sont balayés, notamment avec des obus à gaz. A 06h40, alors que la brume recouvre les plaines picardes, l’Artillerie allemande passe au tir d’efficacité en saturant les tranchées britanniques avec les tirs de Minenwerfern et Granatwerfern car les obusiers et canons ne doivent pas « retourner » les positions ennemies afin de faciliter la progression des Sturm-Truppen. Le temps brumeux ne contraint pas les avions d’observation à décoller, puisque suivant les instructions de Georg Bruchmüller, les chefs de batterie et observateurs ont effectué le réglage en suivant les Continuer à lire … « « Michael » : l’Archange pour l’offensive de la dernière chance – Troisième partie »