Verdun 1917 : exemple de reconquête par le feu (seconde partie)

3 – L’ATTAQUE DU 20 AOÛT

– L’attaque française démarre à 04h40 par un tir de barrage roulant complété par un barrage donné par les canons de 75 contre les premières lignes allemandes. Comme pour l’automne 1916, l’infanterie progresse de façon minutieusement chronométrée avec l’Artillerie. L’infanterie doit avancer également par étapes échelonnées et de façon méthodique. Chaque division lance d’abord 2 Régiments sur 3 ou 4 et en maintient 1 ou 2 en réserve pour les phases suivantes. Ensuite, les commandants de régiments lance d’abord 1 bataillon en tête, le quel lance 1 compagnie en tête, suivie des deux autres. Le même schéma se répète pour chaque section au sein desquels opèrent des groupes autonomes de soldats diversement spécialisées (mitrailleurs légers, grenadiers).
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– Aussi, des groupes de servants de canons légers M 37, ou de pièces de montagne, peuvent suivre les vagues d’assaut afin de réduire les Continuer à lire … « Verdun 1917 : exemple de reconquête par le feu (seconde partie) »

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Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 4

– Faisons d’abord un retour en arrière. Comme ont pu le soulever plusieurs historiens britanniques (Tim Travers, Brian Prior et Trevor Wilson), il semble que Haig ne se soit pas montré clair dans ses ordres en insistant sur la prise de Gheluveld sans pour autant indiquer quoi faire par la suite. Faut-il consolider ou bien percer ?

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4 – L’ENTRÉE DANS L’ENFER DE BOUE

– Quant à Gough, si comme ses collègues il a parfaitement conscience de l’importance de la prise du Plateau de Gheluveld, il espère encore effectuer une percée qui conduirait à marcher vers la Côte Flamande. Or, Haig ne lui en a pas véritablement donné l’ordre, ce qui rejoint l’idée de Dennis Winter (historien défavorable au Maréchal) selon laquelle Haig manque clairement de leadership sur ses subordonnés auxquels il confie les opérations sans pour autant leur donner d’ordres clairs (1).  Contre l’idée souvent répandue que Haig aurait été un véritable autocrate à la tête du BEF, Travers explique qu’au contraire, Haig fonctionne beaucoup que par délégation d’ordre, créant un véritable vide entre les instances du BEF. Dans « The Killing Ground » rédigé en 1987, l’historien Tim Travers écrit que Hubert Gough pense que Continuer à lire … « Passchendaele (Troisième bataille d’Ypres) : l’impasse de boue – 4 »

« Mordre et tenir » : la bataille de la Crête de Messines (7-10 juin 1917) – 3

Avec l’explosion des mines et le tir de barrage, la zone avancée du Gruppe « Wytschaete » est entièrement neutralisée. Ceux qui ont survécu à l’explosion des mines sont soit blessés, soit particulièrement choqués. Même dans les secteurs épargnés par les mines (comme Petite douve ou The Bluff), beaucoup de soldats allemands se retrouvent hors d’état de combattre en raison de l’ouragan de feu qui s’abat sur eux.
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10 – L’ASSAUT DU 7 JUIN : UNE RÉUSSITE POUR UN OBJECTIF LIMITE

— Quand les soldats britanniques surgissent de leurs tranchées et parviennent devant les lignes allemandes, des soldats ennemis hébétés ne cherchent même pas à résister, hormis une petite poignée. Les artilleurs de von Laffert voient bien jaillir des fusées éclairantes signalant la demande d’un tir de riposte. Mais comme eux-mêmes ne savent pas sur quoi tirer, ils mettent entre cinq et dix minutes pour envoyer leurs premiers obus vers les lignes britanniques, avant de connaître la cinglante réplique de la contre-batterie (1).

– Au même moment, les Battalions de tête sont bien en marche. Sauf que beaucoup d’officiers ont sous-estimé l’obstruction à la progression causée par les explosions de mines. Et la visibilité est même diminuée en raison des retombées de poussière. Du coup, sur le terrain, les hommes doivent s’orienter à la boussole. Néanmoins, les fantassins marchent 65 m derrière le premier lift de barrage. Les « mopping platoons » se chargent de « récolter » les prisonniers. Le premier objectif (Red Line) est pris peu avant Continuer à lire … « « Mordre et tenir » : la bataille de la Crête de Messines (7-10 juin 1917) – 3 »

Chemin des Dames – L’assaut du 16 avril

– Le bombardement d’artillerie commence au matin. Les 5 343 bouches à feu déversent un torrent de fer sur les positions allemandes. Comme pour les assauts de Verdun, les pièces lourdes visent la profondeur du dispositif allemand ou tâchent de neutraliser les batteries allemandes. Sauf que dans le ciel, l’aviation ne peut repérer les zones à cibler idéalement car la chasse allemande est particulièrement mordante. Après le matraquage d’artillerie, ce sont les fantassins français (près depuis 03h30) qui sortent de leurs tranchées, Rosalie au canon entre Laffaux et Loivre.

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– En ce 16 avril 1917, il fait particulièrement froid, un printemps pourri ayant succédé à l’un des hivers les plus durs du XXe siècle.  Mais plusieurs mauvaises surprises de taille attendent nos soldats. D’une part, ils découvrent que le barrage d’artillerie n’a pas neutralisé les positions allemandes qui crachent de meurtriers tirs de mitrailleuses Maxim. Il faut donc attaquer Continuer à lire … « Chemin des Dames – L’assaut du 16 avril »

Chemin des Dames 2 – Défense allemande

1 – FORCES ET DEFENSES ALLEMANDES

A – Les troupes allemandes solidement installées

– Nivelle sait que les Allemands défendront leurs positions mais a-t-il conscience que les défenses allemandes sont aussi solides que bien élaborées ? Le GAR va devoir attaquer dans un secteur que les Allemands ont renforcé depuis 1914, en profitant du sol crayeux pour creuser des abris et des dépôts, ériger des ouvrages défensifs bétonnés et maçonnés et consolider leurs arrières. Établies dès l’hiver 1914, les défenses allemandes rejoignent, dès février 1917, l’extrémité sud de la Siegfried Stellung (Ligne « Hindenburg ») dans la région de Saint-Quentin, formant ainsi un bras bétonné de près de 200 km de long. Sous les austères champs du Laonnois, les Pioniere des 7 et 1. Armeen ont creusé tout un dédale de galeries qui relient des logements, des dépôts de vivres et de munitions, des centres de transmissions, ainsi que des hôpitaux. Le plus célèbre de ses réseaux étant la « Caverne du Dragon » située sous le Plateau de Craonne.
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– Seul inconvénient notable, les sous-sols sont humides et propices à la propagation de virus et microbes, ce qui peut causer des dommages, notamment en cas de blessures. En revanche, en cas de bombardement d’artillerie, les abris et galeries situées à plusieurs dizaines de mètres sous terre sont une bonne protection contre les bombardements d’artillerie. Les Britanniques l’ont appris à leurs dépens l’année précédente. D’autre part, les Allemands peuvent disposer de Continuer à lire … « Chemin des Dames 2 – Défense allemande »

1917 : le piège de l’offensive ?

Pour les Alliés, notamment les Français et les Italiens, la fin de l’année 1916 a comme un aspect de déjà-vu. Comme en 1915, les pertes ont été terribles (accrues par les carnages de Verdun et de la Somme) et le conflit s’est encore enlisé dans une impasse boueuse. Aucune percée décisive n’a été obtenue et les Allemands s’accrochent encore au terrain. Mais le GQG, grisé par le succès défensif de Verdun et fait la sourde oreille aux quelques esprits grincheux – civils ou militaires – qui mettent en garde contre une offensive qui s’avérerait coûteuse. Joffre et Haig n’ont pas compris qu’ils s’étaient trompés sur toute la ligne à l’été 1916. Mais il n’y a pas que les chez les Français que l’offensive devient contagieuse. Les Britanniques veulent parer au plus pressé face à la menace sous-marine sur le Front de l’Ouest, entrant ainsi en confrontation avec les plans français. Et si les Italiens sont plus mesurés dans leurs projets, les généraux russes des premiers mois de la Révolution – poussés par les Français –  vont ne voient pas qu’une nouvelle offensive à l’été 1917 risque d’achever une armée minée par l’indiscipline et l’épuisement.

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1  – LES EMPIRES CENTRAUX SUR LA DÉFENSIVE

– Dans l’inconscient collectif et la mémoire nationale, « l’année terrible » 1916, marquée par une titanesque ordalie de sang, de fer et de feu, s’est achevée sur un sanglant match nul entre belligérants. Aucune des deux grandes alliances n’a réussi à emporter la décision qui mettrait fin à la guerre malgré les moyens humains et matériels déployés. Il est vrai que les chiffres des pertes (tués, blessés et prisonniers) donnent le tournis : plus de 670 000 Français, plus de 450 000 britanniques et troupes du Commonwealth, près de 200 000 italiens et plus de 500 000 Russes, du côté alliés. En revanche, chez les Empires Centraux, on n’est guère mieux loti. A l’issue des deux grandes batailles d’attrition du front français (Verdun et la Somme), l’Empire allemand dénombre environ 900 000 soldats perdus (dont un peu moins de 300 000 tués) et l’Autriche-Hongrie plus de 500 000 pertes, la majeure partie étant des prisonniers de toutes les nationalités de l’Empire ramassés par dizaines de milliers lors de l’Opération Broussilov et qui partiront pour la Sibérie. Et le succès éclatant d’August von Mackensen qui a sévèrement corrigé la Roumanie ne doit pas occulter la réalité. « Comprimés » entre le front ouest, le Front Continuer à lire … « 1917 : le piège de l’offensive ? »