Sambre et Meuse, acte final – Partie 1

Dans le dernier tiers du mois d’octobre, suite à leur enchaînement de succès, les Alliés sont sur le point  de franchir la Sambre et de repousser les Allemands sur les frontières franco-belges et franco-allemandes. Ici, deux articles traiteront des derniers combats alliés victorieux de l’automne 1918, soit ceux qui précédèrent le clairon de l’Armistice.

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– DE LA SAMBRE A LA REPRISE DE MONS

Du 23 octobre au 4 novembre, les Britanniques ont mis à profit ce temps de pause afin d’achever le ravitaillement de leurs divisions en prévision du prochain coup de marteau contre l’Armée allemande sur la Sambre. Suivant le plan d’ensemble de Ferdinand Foch, les puissants efforts des Alliés devront contraindre les Allemands à évacuer la Belgique et l’Alsace-Lorraine en deux semaines. Pour les chefs alliés, il ne fait plus de doute que l’Armée allemande est sur le point de s’écrouler (1). Le 29 octobre, Haig assigne à ses

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La première aviation tactique d’attaque au sol

Connaissez-vous le film de guerre aérienne « Le crépuscule des aigles » de John Guillermin, avec George Peppard, James Mason, Ursula Andress et Jeremy Kemp ? Oui, sans doute. Et en tant que passionnés de l’histoire de la guerre aérienne – et même terrestre – de 1914-1918, vous n’aurez pas manqué de relever les erreurs d’armes et de matériel. Cependant, l’action du film se déroule en 1918 et montre très bien deux évolutions majeures de la guerre aérienne : la fin des chevaliers de l’air et l’attaque au sol. Nous nous intéresserons ici au second élément, qui montre à quel point l’action aérienne est devenue complémentaire de l’action terrestre et annonce l’emploi de l’aviation comme on le connaîtra en 1939-1945.

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– Comme l’explique très bien le Colonel Michel Goya dans son dernier ouvrage « Les Vainqueurs », la Première Guerre mondiale voit clairement l’Artillerie et le Renseignement devenir dépendants de l’aviation (1). Dans les deux premières années du conflit, les avions sont d’abord « les yeux » des canons et obusiers, pour le repérage des cibles et des positions ennemies. Mais à partir de 

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Colonel Michel Goya : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre »

Membre de la rédaction de la revue « Guerres & Histoire », animateur du blog « La voie de l’épée » et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l’Histoire militaire (« La chair et l’acier : l’armée française et l’invention de la guerre moderne, 1914-1918 » ; « Irak : les armées du chaos » ; « L’invention de la guerre moderne : du pantalon rouge au char d’assaut, 1871-1918 » ) le Colonel Michel Goya vient de publier chez Tallandier, son dernier ouvrage : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre ». Pour nous, avec son titre qui annonce la couleur, le livre est clairement incontournable en cette dernière année du Centenaire.

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– Depuis bien longtemps, la mémoire – individuelle ou collective – a surtout vu la Grande Guerre à travers le prisme de la souffrance des Poilus dans les tranchées ou bien à travers celui de l’absurdité. Absurdité de la guerre, absurdité des ordres, etc. Par conséquent, on a oublié pendant longtemps que l’Armée française de 1918 était devenue la plus Continuer à lire … « Colonel Michel Goya : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre » »

L’Offensive Meuse-Argonne (Sept-Nov. 1918) – 2

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4 – PREMIÈRE PHASE : LES SUCCÈS DE LA IV
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– Le 26 septembre à 05h25
, 2 700 pièces d’artillerie tonnent entre la Suippes et la Meuse selon les procédés de tir de préparation. Vient ensuite le tir de barrage derrière lequel progressent les troupes des IIe, XIe, XXIe et XXXVIIIe Corps d’Armée, appuyées par les Renault FT et couverts par une puissante aviation qui n’a pas grand-chose à craindre des escadrilles allemandes très amoindries. En complément de l’artillerie, les bombardiers Brequet effectuent des bombardements ciblés dans la profondeur du dispositif allemand. Malgré une confusion de départ, l’offensive française démarre très bien. Henri Gouraud dirige très bien son offensive qui emporte 15 km dès le premier jour, soit 2 à 3 fois plus que ce que les Américains ont emporté durant la même journée. Progressant derrière un puissant barrage roulant et bien couverts par l’Aviation, les fantassins et équipages de chars de Gouraud crèvent complètement les lignes de la III. Armee allemande. Les Français reprennent définitivement les villages cédés volontairement le 15 juillet précédent mais qui rappellent au « Poilu » la Seconde Bataille de Champagne de 1915.

– Mais cette fois-ci, c’est la revanche. Les Français reprennent ainsi Somme-Py et Saint-Thierry. Et ceux, dans un terrain beaucoup plus ouvert. La 22e DI du Général Spire (XIe CA de Prax) reprend les ruines de la Ferme de Navarin, de sinistre mémoire. De son côté, le XXIe CA de 

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Atteindre la Ligne « Hindenburg » (août-sept. 1918) – Partie 2

PARTIE 2 – L’OFFENSIVE BRITANNIQUE SUR LA SCARPE ET LA SOMME
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1 – LE PLAN DE HAIG

– L’objectif principal britannique est d’avancer sur l’axe Arras – Cambrai afin de repousser les Allemands vers la Belgique et les frontières du Reich. Et dégager Cambrai permettra de mettre la main sur un important axe routier qui connecte le nord du front français à la Belgique. Les ordres de Haig sont les suivants : Continuer à lire … « Atteindre la Ligne « Hindenburg » (août-sept. 1918) – Partie 2 »

Saint-Mihiel : les Américains jouent chez les grands – 2/3

PARTIE 2 – LES ALLEMANDS  : DES FORCES INFÉRIEURES ET UN REPLI MANQUE 


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Max von Gallwitz

1 – LA GUERRE DU PAUVRE, UNE FOIS DE PLUS

– Inutile de s’épancher longuement sur les malheurs de l’Armée allemande dont il a été beaucoup question dans les articles précédents. Cette situation est clairement manifeste dans le saillant de Saint-Mihiel. Les Allemands alignent 8 divisions mais qui n’ont qui se trouvent en sous-effectif, alignant seulement 5 000 hommes environ. Et pour noircir le tableau, les divisions d’Infanterie sont affaiblies, après avoir été engagées sur plusieurs autres parties du front. Ainsi, le nombre de fusiliers a dramatiquement chuté et la défense doit s’appuyer sur les mitrailleuses. Résultat, les compagnies d’Infanterie voient leur Continuer à lire … « Saint-Mihiel : les Américains jouent chez les grands – 2/3 »

Les quelques combats en ville en 1914-1918

– Dans la mémoire collective, les villes françaises sont restées synonymes d’occupation – pour ce qui est du nord et du nord-est de la France, ainsi que de certaines villes russes, serbes et italiennes –, de garnison, de permission, d’effort industriel, de vie chère, de transit. Mais elles ont également symbolisé le danger des bombardements, par Zeppelin, avions (Gotha) et Pariser-Kanonen. Pourtant, elles ont bien été l’objet de combats, quoiqu’encore sans commune mesure avec la Guerre d’Espagne, Stalingrad, Mogadiscio ou encore Mossoul. En 1914, le combat dans un espace urbain signifiait d’abord bombardement. Mais en 1918, on put observer quelques  prémices de combats urbains, exception faite de « l’insurrection de Pâques » de 1916 à Dublin.


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– Comme l’explique bien le Lieutenant-Colonel Jean-Pierre Dufour, tout au long du XIXe siècle, la manœuvre est privilégiée et les différents belligérants s’emploient à éviter les combats dans les villes et limitent les sièges autant que faire se peut (1). Mais dans la réalité, la prise d’une ville importante par la poliorcétique peut s’avérer nécessaire sinon inévitable. Et les exemples ne manquent pas : Saragosse, Badajoz, Vicksburg… Et l’on peut ajouter que l’épisode de Bazeilles (1870) vit un Continuer à lire … « Les quelques combats en ville en 1914-1918 »