Le plan d’attaque allemand de Verdun

1 – VERDUN, UN SECTEUR PEU PROPICE POUR UNE PERCÉE ?

– Permettons-nous d’abord un bond en arrière dans le temps. Verdun a toujours eu une place particulière dans l’histoire des frontières de la France, du fait de son positionnement sur la Meuse. Autant même dire qu’elle a eu presque la vocation d’être une place forte. Camp romain pendant la Haute Antiquité (Virdunum), puis Castrum dès le IIIe siècle, c’est sous ses murs qu’en 843 les trois fils de Louis le Pieux et petits-fils de Charlemagne signent l’agonie de l’Empire carolingien. Ville et Évêché de Lotharingie située non loin du royaume rival de Francie occidentale, puis terre de l’Empire germanique elle connaît une série de travaux de fortifications. Au XVIe , elle connaît les terribles affrontements entre Habsbourg et derniers Valois avant de passer définitivement dans le giron français sous Louis XIII, ce qui la place en surveillance du Duché de Lorraine, terre fidèle à Vienne. Sous Louis XIV, elle devient une ville de garnison et sous ses successeurs. Elle conserve ce statut durant l’Empire et les régimes successifs. Après la guerre de 1870, Verdun se retrouve à proximité des frontières du IInd Reich. devient un secteur fortifié intégré dans le système défensif du Général Seré de Rivières. Dès 1873 et jusqu’en 1913, plusieurs régiments y stationnent et d’importants travaux de fortifications sont entrepris, surtout sur la rive droite de la Meuse au nord et à l’est de la ville. Son système défensif, que nous détaillerons plus tard, se compose de forts et de différents ouvrages.

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Wilhelm Kronprinz von Preussen. Le fils de Guillaume II commande la 5. Armee

– En revanche, quand on se penche sur une carte, on constate curieusement Verdun n’est pas l’objectif stratégique offrant les plus grandes opportunités pour une percée. Certes, permettait-elle de passer l’obstacle naturel que représente la Meuse mais elle n’est ni un nœud routier, ni un nœud ferroviaire de grande importance. La seule voie ferrée (« Le Meusien ») qui y passe relie Sainte-Menehould vers l’ouest. En somme, rien qui n’attire l’œil d’un stratège avisé qui veut faire progresser ses forces à l’intérieur du territoire français. Pour preuve, comme le rappelle John Mosier, en septembre 1914, la 5. Armee de Karl Bruno von Mudra n’a pas bousculé la IIIe Armée de Sarrail en attaquant à Verdun mais en frappant par la « Trouée de Stenay ». Stenay-en-Argonne est situé aussi sur le cours de la Meuse, une quarantaine de kilomètres plus au nord de Verdun. Mais c’est aussi dans cette région qu’une armée déployée peut franchir la Meuse le moins difficilement avant de déboucher vers le sud en longeant la Meuse, afin d’atteindre la route Verdun – Sainte-Menehould (1). Au nord de Stenay, dans la région de Sedan, la rivière s’écoule dans une vallée encaissée peu propice à une manœuvre de grand style pour les armées de l’époque (c’est pourtant par-là que passeront Guderian et Rommel en 1940).
D’autre part, la rive gauche de la Meuse est dominée par les Côtes de Meuse, soit une série de buttes culminant entre 420 et 453 m séparant le Verdunois de la Plaine de Woëvre. Or, la « Région Fortifiée de Verdun » (avec forts, ouvrages et tranchées) est située SUR UNE PARTIE DES CÔTES DE MEUSE. En toute logique, s’il cherche à effectuer une percée, von Falkenhayn ne frapperait pas dans un secteur qui lui rendrait la tâche plus difficile. Au mieux, s’il réussit à dégager ce secteur fortifié, il devra franchir la Meuse derrière laquelle les Français pourraient se retrancher. Ses facteurs géographiques incitent à penser qu’effectivement, Erich von Falkenhayn cherche davantage une bataille d’attrition qu’une percée décisive. Comme le signale aussi Robert Foley, en 1915 les Allemands ont même l’avantage logistique sur les Français (1). La frontière de la Sarre n’étant qu’à plusieurs dizaines de kilomètres plus au nord, ils ont pris soin de poser un important réseau ferroviaire pour y transférer des renforts. Et les canons allemands peuvent évidemment canonner la voie ferrée française.

– Imaginons un instant. Si von Falkenhayn s’était montré fidèle à la tradition prussienne de la « Vernichtungsschlacht » (« bataille décisive »), il aurait cherché à frapper contre des objectifs hautement plus importants du point de stratégique. Amiens sur la Somme avec son important nœud ferroviaire, ou encore la Vallée de l’Oise sont tentants quand on regarde une carte de 1915. Preuve en est qu’il ne souhaite pas relancer « la guerre de mouvement » comme on a pu l’imaginer. Mais c’est ce que fera son rival et futur successeur Erich Ludendoff au printemps 1918.
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2 – LA PRÉPARATION DE L’OFFENSIVE

– A la base, von Falkenhayn prévoit une attaque contre la Forteresse de Belfort près de la Frontière suisse. Toutefois, son regard se porte favorablement sur la place fortifiée de Verdun qui semble remplir tous les critères : grande valeur symbolique aux yeux des Français ; secteur très bien fortifié, clé de voûte de la défense française entre l’Argonne et la Lorraine. En outre, à la fin de l’année 1915, Verdun et Saint-Mihiel forment une sorte de « double saillant inversé ». Quoiqu’il en soit, la capture entraînerait donc de sérieuses difficultés au Haut-commandement ennemi pour maintenir un front cohérent dans l’Est de la France. Sa prise provoquerait la formation d’un saillant à l’intérieur des lignes françaises sur lesquelles pourraient davantage peser la menace redoutée des bouches à feu lourdes. Comme le déclare Adolph Wild von Hohenborn, Ministre de la Guerre du Reich : « les positions françaises seront tellement battues par notre artillerie depuis trois côtés qu’une souris ne pourrait pas y survivre » (2).

– Au début de décembre 1915, von Falkenhayn se met à travailler de concert avec le chef d’état-major de la 5. Armee, le Generalleutnant Konstantin Schmidt von Knobelsdorf sur les détails de son plan. Von Knobelsdorf arrive à Berlin le 14 décembre pour proposer un plan d’offensive contre le saillant de Verdun. Il propose une attaque concentrique par le nord, le nord-ouest et le nord-est le long de la Meuse. Il espère ainsi ancrer la 5. Armee sur la partie des Côtes de Meuse qui domine la citadelle. Cette position acquise, Verdun et ses quelques routes seront battues par l’artillerie. Le Kronprinz et von Knobelsdorf estiment qu’il leur faudra 23 divisions pour remporter l’objectif mais von Falkenhayn estime que c’est trop. Le Chef d’état-major général demande alors à son collègue de la 5. Armee d’élaborer un plan plus limité, soit avancer sur deux axes au lieu de trois. Il promet néanmoins à Von Knobelsdorf l’apport de 5 nouvelles divisions et demande que l’offensive démarre au début du mois de février. Mais contre l’avis des commandants de la 5. Armee, il réduit l’attaque initiale sur le rive est de la Meuse (4).
Bien après la Guerre, Constantin Schmidt von Knobelsdorf expliquera qu’il ne voyait aucune chance de réussite dans le plan de son supérieur. Pour Alistair Horne, le Kronprinz ne connaissait même pas les réelles attentions de von Falkenhayn. Cette ambigüité a donné à plusieurs historiens l’argument comme quoi von Falkenhayn voulait bien tenter une percée mais s’est rabattu sur une bataille d’attrition après son échec initial.

– Mais il apparaît clairement que von Falkenhayn a bien communiqué ses plans à la 5. Armee. Von Plessen explique que l’entourage de Guillaume II était bien au courant du projet de « saigner l’armée française à blanc » et qu’il s’y était montré réceptif. D’autre part, dans ses Mémoires, le Kroprinz explique qu’il était fréquemment dérouté par l’idée du Chef d’état-major général selon laquelle l’armée française serait « saignée à blanc », même si la forteresse de Verdun ne tombait pas. Impression rapportée également par un officier de l’état-major de la 5. Armee qui rapporte que von Falkenhayn exposait régulièrement ses objectifs avant la bataille.

– En dépit du souci de maintenir un secret absolu, le plan du Chef d’état-major général fait l’objet d’intenses discussions à l’intérieur même de l’appareil militaire allemand. Sans oublier que les espions hollandais (le pays neutre s’inquiétant pour sa sécurité) ont vent du projet d’offensive (5).
D’un autre côté, von Falkenhayn n’a aucune certitude quant à l’attitude qu’adoptera l’Armée française. Le rapport de l’Oberst von Borries alors chef d’état-major de la 7. Armee, fait mention de trois possibles réactions des Français, selon von Falkenhayn : Premièrement, le Haut-Commandement (Joffre) estime que Verdun est suffisamment défendu et ne bouge pas.
Deuxièmement, il envoie toutes les forces disponibles au secours du secteur fortifié. Troisièmement, il déclenche des contre-attaques sur plusieurs points du front (Artois, Champagne, Woëvre ou Haute-Alsace. Avec un risque de pertes très élevées.
Quatrièmement, les Français tentent de reprendre Verdun tandis que les Britanniques déclenchent une attaque entre la Picardie et les Flandres.
Selon les témoignages de Dietrich Gerhard Tappen (alors chef des opérations de l’OHL) et de Guillaume II, recueillis après la Guerre, il semble von Falkenhayn envisageait la quatrième solution. Il envisageait ainsi une réaction française visant à défendre Verdun à tout prix, avant que le Gouvernement et le Haut-Commandement ne se décident à engager ses dernières réserves disponibles. Or, si ses unités de réserve subissent de lourdes pertes, la position du Gouvernement français deviendra intenable et Aristide Briand n’aura plus qu’à demander à s’asseoir à la table des négociations (6).

– Le Renseignement allemand sait que Joffre fait déménager les canons des principaux forts qui ceinturent Verdun (Douaumont, Vaux et Souville). Von Falkenhayn estime que ses troupes pourront prendre d’assaut les principaux forts après avoir percer les trois premières lignes de défense ennemie. Pour percer, von Falkenhayn mise sur son principal « marteau » qu’est l’artillerie lourde de la 5. Armee. Celle-ci aura pour rôle de déverser un « Trommelfeuer » (barrage roulant) sur les trois premières lignes de tranchées française avant d’envoyer l’Infanterie conquérir le terrain et exploiter la percée. A vrai dire, le général allemand a de quoi se montrer confiant à travers des exemples précédents. Il a ainsi en tête la victorieuse offensive de Bruno von Mudra contre Sarrail en Argonne (septembre 1914) grâce à sa puissance de feu, tout comme celle d’August von Mackensen contre les Russes en Galicie (mai 1915). Mais c’est oublier que l’offensive de von Mudra n’a pas eu le succès escompté en raison du transfert de canons et d’artilleurs à d’autres unités. Pour son « grand jugement » von Falkenhayn a pu mobiliser une artillerie d’une puissance quasi-titanesque. Il n’a rien laissé au hasard pour la première phase. Son état-major, travaillant de concert avec celui de la 5. Armee, prévoit de déclencher un tir de barrage dans la profondeur du dispositif français (7). C’est donc en grande partie l’Artillerie impériale qui sera la pièce maîtresse de l’offensive contre Verdun et non l’Infanterie. Preuve encore que von Falkenhayn n’a pas nécessairement pour objectif de percer le front français…

– Mais un tel déploiement de bouches à feu nécessite une préparation du terrain.
Profitant de la supériorité aérienne des Luftstreitkräfte qui annihilent toute reconnaissance française efficace, les Allemands aménagent des zones pour des batteries d’artillerie derrière un rideau boisé. Des dépôts d’obus abrités dans des bunkers, ainsi que des points pour les aérostats sont aussi aménagés.
Ces efforts logistiques sont accomplis grâce au travail du Hauptmann Hans Marguere, un officier du génie qui aménage un véritable camp retranché dans les bois au nord-est de Verdun. Sur 50 000 m2, les Allemands installent tout un complexe de dépôts de munitions, de baraquements, ainsi que d’ateliers de réparation.

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La Grosse Bertha (420 mm=

3 – LE MARTEAU DU JUGEMENT : L’ARTILLERIE

– Pour assommer les lignes françaises à Verdun, les Allemands alignent un nombre de bouches à feu jamais vu pour l’époque : 1 400 pièces d’artillerie en tout genre alignées sur front large seulement de 15 km. Cela donne en moyenne 1 canon ou obusier tout les 15 mètres. La seule concentration d’artillerie comparable de la Grande Guerre reste celle des Britanniques pour l’Offensive de la Somme, soit 1 pièce tous les 20 m (8).
Selon les chiffres avancés par Robert Foley, compte d’abord 654 Kanonen et Mörsers (obusiers) lourds dont 26 pièces de 320 mm. Parmi les pièces les plus lourdes, on dénombre également 13 fameuses « Grosse Bertha » (« Dick Bertha » ou « Fleissige Bertha ») de 420 mm (Types M et Gamma), 17 pièces autrichiennes Skoda 305 mm Haubitze, ainsi que 3 « Langer Max » (38 cm SK L/45). A l’origine, ces derniers modèles sont destinés à armer les cuirassés. Montés sur une plateforme circulaire, il est capable d’envoyer des obus de 750 kg (dont 183 d’explosifs) à 35 km (9).

– Attardons-nous un instant sur la « Dick Bertha ». Contrairement à la légende, malgré son impressionnante puissance de dévastation, ce canon n’a pas bombardé Paris en 1918 tout simplement parce que sa portée de 9,3 km de moyenne ne lui permet. Le bombardement de la capitale était du fait d’un immense – et unique – canon appelé « Kaiser-Wilhelm-Geschützte ». Il n’en reste pas moins que la « Dick Bertha » est particulièrement redoutée. Conçue par l’ingénieur de chez Krupp Fritz Rausenberger, elle pèse 42 tonnes et dispose d’un tube de 5 mètres de long, capable d’expédier un obus de 880 kg. L’armée allemande lui doit la destructions des forts de Liège, Loncin, Namur et Manonviller. Néanmoins, elle coûte cher, nécessite cinq charriots de transport pour son déplacement et ne peut tirer que 10 coups par heure.

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Équipe d’artilleurs au maniement d’un 38 cm SK L/45

– Parmi les obusiers lourds allemands Krupp, il faut ajouter les 21 cm- Mörser 10 (210 mm) et les pièces 17 cm SK L/40 i.R.L. (170 mm). Ajoutons-y les 550 différents modèles de canons de campagne (77, 100, 120 et 130 mm), ainsi que les mortiers de tranchées et les Minenwerfer. Pour les cinq premiers jours d’offensive, von Falkenhayn fait acheminer par rail une quantité astronomique de 2,5 millions d’obus. Cela permet à chaque pièce de campagne d’effectuer 400 tirs par jour, contre 180 pour les pièces lourdes (9).

– L’utilisation de ce colossal arsenal a pour but de saturer de feu toute la profondeur du dispositif ennemi et d’anéantir toute la défense adverse par un déchaînement de feu, afin de permettre à l’Infanterie d’attaquer sans devoir repousser une contre-attaque française.

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21 cm Mörser 10/16
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17 cm SK L/40 i.R.D

4 – LES OBJECTIFS LIMITES DE LA 5. ARMEE

– Le front de la 5. Armee dessine une courbe sur les deux rives de la Meuse d’Avocourt jusqu’à Etain. La grande unité que commande le Kronprinz Wilhelm est formée de 6 Corps d’Armées (Armee-Korps) chacun d’entre eux comptant 2 divisions d’infanterie. Chacune de ses divisions compte deux brigades d’Infanterie à deux régiments chacune. Mais il y a une différence entre les divisions d’active et les divisions de réserve. Les premières comprennent une brigade d’artillerie (à 2 régiments), tandis que les secondes ne compte qu’un Artillerie-Regiment. A cela s’ajoute les compagnies de Pioniere (génie) à raison de 1 à 2 selon les Divisions, un régiment de cavalerie (démonté depuis la fin 1914), ainsi que les unités de transmission, d’intendance et de ravitaillement.

– L’attaque principale de von Falkenhayn doit s’effectuer principale derrière la rive droite de la Meuse, sur un angle allant de Brabant-sur-Meuse jusqu’à la voix de chemin de fer Verdun – Damvillers. Ainsi, le VI. Reserve-Korps du General der Infanterie Konrad Ernst von Gossler qui occupe une ligne Avocourt – Forges-sur-Meuse doit rester sans bouger face au Bois Canard, à Béthincourt et au Mort-Homme. La force de frappe allemande est formée des III. et XVIII. Armee-Korps, ainsi que du VII. Reserve-Korps. C’est aussi le cas pour le XV. Korps qui tient le flanc gauche (est) entre Maucourt et Etain. Sa mission principale est de nettoyer les différentes portions de la Forêt de Verdun occupée par les principaux ouvrages défensifs (Bois des Caures, de Haut, de l’Herbebois et de Ville).
Falkenhayn prévoit une attaque concentrique en direction des secteurs des forts de Vaux, Douaumont et Souville. Comme souligné plus haut, son objectif est d’occuper les Côtes de Meuse surplombant Verdun.

– Placé sur le flanc droit (ouest) de la 5. Armee, le VII. Reserve-Korps du General der Infanterie Hans von Zwehl (13. et 14. Reserve-Divisionen) doit attaquer en parallèle de la Meuse avec pour objectif de dégager le triangle Samogneux – Haumont – Beaumont-en-Verdunois. Au centre le XVIII. Armee-Korps de Heinrich Dedo von Schenck (21. et 25. Divisionen) placé entre Moirey et Gremilly, doit progresser de part et d’autre de la route Ville-devant-Chaumont – Beaumont – Vacherauville. Enfin à la gauche du XVIII. Korps, le III. Armee-Korps d’Ewald von Lochow (5. et 6. Divisionen) situé entre Gremilly et Ville-sur-Orne doit converger en direction de Douamont après s’être emparé d’Ornes.
On le voit, le plan tactique de von Falkenhayn n’est ni plus ni moins qu’une triple attaque frontale sur un secteur restreint et non pas une manœuvre de grand style comme ce fut le cas en 1914.

– En revanche, c’est du point de vue de l’emploi de l’Infanterie que les Allemands innovent. L’utilisation des grandes vagues d’infanterie comme en 1914 n’est plus d’actualité. En revanche, après un échec en Artois mais une autre réussie sur le Front des Vosges fin 1915, von Falkenhayn ordonne la formation et l’intégration de davantage de nouvelles unités d’assaut ; les Sturmtruppen ou Stosstruppen. Von Falkenhayn promeut les idées novatrices du Hauptmann Wilhelm Rohr qui s’est illustré dans la bataille du Hartmannswillerkopf (« Viel Armand ») à la fin de l’année 1915. Comprenant que des troupes réduites mais bien dirigées sur le terrain, autonomes et bénéficiant d’une meilleure puissance de feu rapprochée peuvent infliger de sérieuses pertes à l’ennemi, Rohr crée des petites unités d’un nouveau type pour des combats défensifs. Ses unités sont réparties au sein de compagnie d’assaut et commandées par un officier subalterne et parfois même par un sous-officier. Elles sont formées de fantassins mais aussi parfois de Pionniers, le tout appuyé par une mitrailleuse Maxim et par des lance-flammes. La création de ce type d’unité est aussi concomitante à l’évolution du fantassin allemand durant le cours de la guerre. Premièrement, son aspect commence à changer avec l’apparition du fameux casque Stahlshelm en acier qui commence à remplacer le Pickelhaube représentatif du soldat de 1914. Bien que nettement plus lourd que le casque à pointe en cuir, le Stahlshelm procure une meilleure protection contre les éclats d’obus mais aussi de bois ou d’autres projectiles. D’autre part, la généralisation des grenades à main depuis l’enterrement des troupes a procuré aux fantassins une plus grande puissance de feu. Ainsi, un groupe d’hommes bien pourvu en grenades (et accessoirement appuyé par des lance-flammes) peut s’emparer d’une position ennemie sans nécessairement faire l’appel à l’artillerie. Ce sont donc plusieurs unités de ses Sturmtruppen qui sont placées en fer de lance des trois corps d’attaque de la 5. Armee avant le 21 février 1916.

[Suite]
(1) MOSIER John : « Verdun », Penguin Publishing, Nonfiction Military, Washington
(2) FOLEY Robert : « A new Form of Warfare. Erich von Falkenhayn’s Plan for Victory. 1916 »
(3) FOLEY Robert : Op. Cit.
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) MOSIER John : Op.Cit.
(8) FOLEY R. : Op.Cit.
(9) MOSIER J. : Op.Cit.

 

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