« Mordre et tenir » : la bataille de la Crête de Messines (7-10 juin 1917) – 1

– Stratégiquement, pendant que Nivelle bataille pour le Chemin des Dames, les Britanniques regardent du côté des Flandres, notamment d’Ostende (base des U-Boote). Sauf que les plaines au nord d’Ypres ont été noyées par les Belges lors des combats de la « Course à la Mer » (Dixmude et l’Yser). Fin 1914, suite à la bataille de Langemarck, le Front s’est figé dans la boue, avec la constitution du Saillant d’Ypres tenu par l’Armée britannique. Malgré une attaque allemande en 1915, les Allemands n’ont pas réussi à le réduire et le Front est resté stable pendant moins de deux ans. S’y font face la Second Army britannique (Herbert Plumer) et la IV. Armee allemande de Berhard Sixt von Arnim qui a fait ses preuves en matière défensive. Les Britanniques tiennent le nœud ferroviaire d’Ypres ainsi que Boesinghe au nord du saillant, de même que le Mont Kemmel et le Bois de Plougsteert au sud. De leur côté, les Allemands tiennent les Crêtes qui ceinturent le nord, l’est et le sud d’Ypres. « Crête » étant un mot assez mélioratif pour désigner de simples pentes qui ne « culminent » qu’à 100-110 m au-dessus du niveau de la mer.
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1 – CONTEXTE STRATÉGIQUE

– Au nord – nord-ouest les troupes de von Arnim tiennent la Crête de Plickem. Toutefois, durant la préparation de son offensive de 1916, Douglas Haig a demandé à Plumer de préparer une offensive de percée dans les Flandres. Mais le projet n’aura pas lieu car Haig, en accord avec Joffre, a décidé d’attaquer sur la Somme afin de soulager le Front de Verdun. Sauf qu’en 1917, Haig convainc Lloyd-George d’attaquer de nouveau dans les Flandres. La raison est stratégiquement simple et guère mauvaise en soit : atteindre par la terre les ports d’Ostende, Zeebrugge, Bruges et Anvers où se trouvent les bases des sous-marins allemands. Or, le 9 janvier 1917, Erich Ludendorff a lancé sa « guerre sous-marine à outrance » qui commence à causer de sérieux dommages à la marine marchande britannique. Mais au grand dam de Haig, le système des convois navals qui sera institué dès avril suivant s’avérera efficace face aux U-Boote. Mais comme pour la Somme, l’Ecossais va s’entêter à percer et va gaspiller un nombre considérable d’hommes.

– Pour obtenir le succès stratégique souhaité, Haig doit réunir les conditions suivantes : 1 – Percer la Crête de Messines afin de constituer un solide flanc défensif ; 2 – Enfoncer la Crête de Pilckem et la Steenbeek afin d’établir des positions d’artillerie pour bombardement les défenses allemandes établies en profondeur à Passchendaele

– Faire sauter le verrou de Passchendale permettrait de d’ouvrir au BEF un véritable boulevard vers la Mer du Nord. La Fifth Army de Hubert Gough (le protégé de Haig) « hérite » de la Crête de Plickem (secteur nord, face à Langemarck), tandis que la IInd Army de Herbert Plumer se voit octroyée la base du saillant entre la Lys et la Cote 60.

– Bien qu’ayant reçu pour instruction de préparer une offensive dans le secteur de Messines-Wytschaete pour le printemps 1916 – offensive qui n’eut jamais lieu en raison du déclenchement de la Bataille de la Somme – Herbert Plumer rumine dans son coin des Flandres. Mais cette fois, le fantassin est bien décidé à ce que sa Second Army ne joue plus les figurantes. Le 7 mai, il se rend à la Conférence donnée par Haig, bien résolu à ne pas rester du côté des figurants. Heureusement, Plumer peut compter sur son chef d’état-major, le Major-General Charles Harington, un gradé très apprécié pour ses manières simples mais doté d’une mémoire particulièrement remarquable. Et comme le signale John Keegan, « Old Plum’ » n’a pas d’autre pareil pour entourer ses officiers d’une véritable affection paternelle, ce qui lui valut des railleries de la part de ses collègues (1). Railleries qui eurent la dent dure pendant plusieurs décennies (A. Turner). En revanche, Sir Antony Eden, alors jeune officier au 21st Bn. King’s Royal Regiment,  a rencontré Plumer et dira plus tard que « derrière une apparence terne, Plumer était capable d’une grande clarté dans ses explications ». Le futur patron du Foreign Office de Churchill ajoutant que « lorsque Plumer s’adressait vous, vous saviez très vite qu’il était un soldat qualifié et obstiné » (2).

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Herbert Plumer

2 – LE PLAN DE HERBERT PLUMER

 

– Du fait du travail déjà accompli en 1916, les plans de Plumer et de Harington se trouvent déjà à un stade avancé lorsque Haig décide de lancer une offensive dans le saillant d’Ypres. Partisan inconditionnel du « bite and hold » et suivant le Mémorandum MacMullen, Plumer prêche pour une offensive limitée contre la Crête de Messines afin de consolider l’est de la Ligne d’Oosttaverne. Comme pour Vimy, le secteur situé entre ces deux points est partagé en plusieurs lignes de couleurs, la plus importante d’entre elles étant « Black line », soit la crête. Sa prise doit marquer le point culminant de la première phase, à la suite de laquelle des divisions fraîches doivent s’installer sur la ligne d’Oosttaverne et repartir à l’attaque après une pause consacrée à une nouvelle planification du barrage d’artillerie.

– Comme souligné plus haut, Plumer déploie trois corps d’armée pour son offensive – les Xth, XIth et IInd ANZAC – et maintient le XIVth Corps en réserve. Pour la réduction de cette partie du saillant, Plumer prévoit d’exécuter une attaque en trois axes convergents, employant deux divisions par Corps en première vague et la troisième pour la poussée finale. Plumer comprend en quoi consiste l’Eingreifentaktik. D’une part, lors de l’offensive de la Crête de Vimy, les Canadiens ont mis la main sur un manuel allemand pour les combats défensifs. Dans un sens, Plumer ne fait que tendre un guet-apens aux Allemands (2). En effet, la capture de la ligne d’Oosttaverne doit inciter l’ennemi à contre-attaquer. Mais entre-temps, troupes Britanniques et ANZAC auront consolidé les positions conquises qu’elles tiendront, sans chercher à pousser davantage l’effort. En revanche, l’effort ennemi sera brisé par la défense. En ce sens, Plumer reprend les tactiques mises au point par Ivor Maxse (commandant de la 18th Division durant la Bataille de la Somme) consistant à attaquer en trois vagues (capture – consolidation ou « mopping up » – poussée) mais il ne cherche pas à pousser inutilement l’effort aussitôt les deux premières positions conquises. La bataille de la Somme a enseigné aux Britanniques que l’effort pour conquérir la troisième ligne émousse l’assaut car le temps que la troisième vague arrive sur les positions conquises,  les Allemands se sont ressaisis et peuvent contre-attaquer et bloquer un assaut planifié pour une journée, voire davantage. Sur la Somme, en six mois de combats acharnés, combien d’échec de progression les troupes de Henry Rawlinson et Hubert Gough ont-elles dues digérer ? Pour Messines qui ressemble presque à une expérimentation scientifique de la bataille à objectif limitée, Plumer veut tout simplement réitérer le succès limité de Vimy mais cette fois, en incitant les Allemands à lancer leurs unités de contre-attaque qui devront être repoussés par une infanterie lourdement armée, avec des mitrailleuses Lewis et Vickers, ainsi que des mortiers Stokes (3). Comme pour les Canadiens à Vimy, Plumer veut que les commandants de chaque échelon, soit de la section au Corps d’armée, connaisse parfaitement ses secteurs d’attaque. Ainsi, il ordonne au sculpteur Cecil Thomas de « confectionner » une maquette géante de la Crête de Vimy, longue comme deux cours de tennis (voir photo plus haut). Et les officiers des divisions et des unités rattachées défilent consciencieusement devant pour avoir un net aperçu de leurs objectifs (3).

– D’autre part, l’explosion des mines pour disloquer les premières positions allemandes doivent donner l’avantage de la surprise aux troupes du Commonwealth et donc, plusieurs minutes cruciales pour que l’assaut réussisse, ce que les stratèges américains qui ont préparé l’invasion de l’Iraq de Saddam Hussein en 2003 nomment le « Shock and awe » . Sauf le Gruppe « Wytschaete » dispose d’une défense concentrique, disposée en profondeur et pouvant compter sur la fluidité des contre-attaques. Interdire l’arrivée de renfort est donc le rôle de l’artillerie britannique.

– Le plan d’attaque d’« Old Plum » se scinde en deux phases principales, elles-mêmes séquencées.

1 – Le tir de barrage de la Second Army démarre le 21 mai avant de s’intensifier dès le 31. La contre-batterie devient une priorité car l’état-major de Plumer pense que la plupart des positions d’artillerie de von Arnim se situe dans le secteur de Messines.

2 – Le 7 juin à 03h10, les unités de tunneliers doivent faire exploser les mines sous la ligne allemande.  Doit s’ensuivre un tir de barrage derrière lequel les premières vagues s’élanceront. Elles doivent prendre Red Line, puis Blue Line (ligne d’objectifs intermédiaires) avant de faire une pause de consolidation. Les objectifs qui doivent être capturés sont l’Ontario Farm au sud (25th Division) et le Château blanc au nord (47th Division).

3 – La Black Line (voir carte) doit être le point culminant de la phase 1, avec la prise de Messines et Wytschaete, suivie d’une pause opérationnelle de cinq heures durant laquelle l’artillerie doit réapprovisionner en obus. Mais les divisions du IXth Corps (Hamilton-Gordon) situées au centre 36th (Ulster), 16th (Irish) et 25thdoivent pousser leur effort sur la ligne d’observation.

4 – Les divisions de réserve (11th, 4th Australian et 24th) doivent être engagées au sein de leur corps d’armées pour effectuer une dernière poussée qui doit faire sauter la ligne d’Oosttaverne (4).

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3 – DES MOYENS COLOSSAUX POUR UN OBJECTIF LIMITE

– Plumer dispose d’environ 170 000 hommes, avec les effectifs combattants répartis en trois Corps d’Armée et 12 divisions, dont voici la liste ci-dessous :

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Source : A. Turner

– Le procédé d’attaque est quelque peu calqué sur celui de Vimy, l’explosion des mines en plus. Sitôt les premières lignes allemandes pulvérisées, les soldats britanniques doivent s’emparer des différentes lignes de couleur détaillées plus haut de manière séquencée. Et bien sûr, en consolidant chaque objectif conquis. Pour cela, les troupes de tête, réparties par sections d’attaque, sont lourdement armées, avec lance-grenades et mitrailleuses Lewis. Elles sont ensuite suivies par les sections de consolidation (renforcer et sécuriser les zones conquises) et de nettoyage (envoyer les prisonniers à l’arrière). Enfin, la consolidation des lignes conquises doit être effectuée à l’apport de mitrailleuses lourdes Vickers, de mortiers 3in Stokes, de sac de sables et de barbelés.

– Reine de l’opération, l’artillerie organique de la Second Army est alors considérablement renforcée pour un front d’un peu plus de 6 km de long. Et Haig ne lésine pas sur les moyens à fournir. Ainsi, la Fifth Army de Gough alloue 50 % de ses pièces lourdes, 30 % des pièces lourdes des First et Third Armies, ainsi que 34 Field Artillery Brigades supplémentaires. Avec un tel renfort, Plumer dispose d’un avantage en canons de 4 contre 1 par rapport au tableau de von Arnim et von Laffert. Voici les détails :

* IInd Army : 2 266 pièces ; soit 1 158 canons de 18-pounder, 352 obusiers (howitzers) de 4.5in (114 mm), 186 canons de 60-pounder, 20 obusiers de 6.in (152 mm), 316 obusiers de 6in, 108 obusiers de 8.in (203 mm), 2 canons de 9.2in (238 mm), 108 obusiers de 9.2in, 15 obusiers de 12in (244 mm) et 1 canon de 12in.

* Allemands : 640 pièces au total ; soit 236 canons de 7.7 cm, 108 obusiers de 10.5 cm, 54 canons de 100 et 120 mm, 24 canons de 15 cm, 174 obusiers de 155 mm, 2 canons de 210 mm, 40 obusiers de 185 mm et 2 canons de 240 mm.

– Le plan de feu de Plumer comprend cinq phases, intégrées dans un ensemble de techniques perfectionnées après Arras.


1
– Bombardement pour détruire les points de résistance « en dur » de même que les fermes et les villages fortifiés.
Moyens déployés : 28 détachements de canons et d’obusiers lourds

2 – Contre-batterie pour faire taire la réplique allemande.
Moyens déployés : canons lourds répartis en détachements. 28 pour la destruction
12 détachements de canons et d’obusiers lourds

3 – Sectionner les fils barbelés (canons de campagnes et mortiers de tranchées) et obus au gaz.
4 – Assommer les unités d’infanterie restant à l’arrière.
5 – Barrage d’artillerie derrière lequel marche l’infanterie.
– D’autre part, 300 appareils de la II. Brigade RFC sont aussi déployés pour servir d’yeux de l’Artillerie, notamment pour effectuer les relevés photographiques et topographiques nécessaires, avant d’y apporter des corrections. L’aviation sert également à localiser les batteries ennemies, tout comme à Vimy. Sauf que cette fois-ci, Plumer va plus loin que Byng en ordonnant au RFC d’envoyer des bombardiers Sopwith marteler la profondeur du dispositif allemand, avec des objectifs précis, notamment les ponts et les aérodromes.

– Simultanément au bombardement d’artillerie, les bombardiers de jour et de nuit du RFC doivent servir « d’artillerie volante » en frappant les aérodromes, les lignes ferroviaires et les ponts qui sont hors de portée des tubes de la Second Army. Pour cette mission, les officiers du RFC se montrent confiants. En effet, ils disposent de plus d’appareils dans le seul de secteur de la Crête de Messines que le General von Arnim sur l’ensemble de son front. En plus, les Britanniques sont bien informés des moyens aériens allemands grâce à leur bon réseau de ballons d’observation.

– D’autre part, 72 nouveaux Tanks Mark IV sont rattachés à la Second Army sous le commandemant de la IInd Brigade Heavy Branch Machine Gun Corps (précurseur au Tank Corps). Harington décide d’en conserver 24 au sein de la réserve de l’armée et alloue le reste aux divisions en proportion des difficultés estimées. Ainsi, au sud, rien que pour la prise de Messines, la New Zealand Division compte 12 engins.

– Plumer fait également acheminer 294 000 tonnes de ravitaillement, dont la moitié en munitions. 3,5 millions d’obus sont alloués pour le bombardement préparatoire. 278 km de rails sont posés, pour l’acheminement du matériel, des munitions et du ravitaillement mais aussi pour le déplacement des pièces d’artillerie lourdes. Le 7 juin, Plumer dispose de 31 450 hommes engagés dans les travaux de logistique et de construction de routes pour une flotte de 9 500 camions et attelages hippomobiles. Même pour l’attaque de la Crête de Vimy une telle préparation n’avait été constatée (4).
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4 – UNE DÉFENSE ALLEMANDE  FÉBRILE

– La défense du secteur de Messines est assurée par le Gruppe « Wyschaete »  du General der Kavallerie Maximilian von Laffert, qui dépend de la IV. Armee de Bernhard Sixt von Arnim, elle-même subordonnée au Heeres-Gruppe « Nord » du Kronprinz Rupprecht. Les effectifs allemands dans le secteur de Messines sont répartis comme suit :

 

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Source : A. Turner

– Comme sur les autres parties du front, le commandement allemand use du principe de  Fingerspitzengefühl, soit une pleine latitude laissée aux officiers de prendre des décisions tactiques majeures. Chaque unité est donc autonome quant au secteur dont elle se voit attribué la défense. En outre, les Allemands peuvent s’appuyer sur une infanterie, amenuisée certes, mais dotée d’une appréciable puissance de feu collective. Ainsi, on trouve 1 compagnie de 8 mitrailleuses par Abteilung (Bataillon), de même que des  Détachements de mitrailleurs spécialement entraînés au niveau divisionnaire.

– Comme à Vimy, l’effet de surprise ne joue pas. Ainsi, avec tous les préparatifs engagés par Plumer et les tirs préparatoires, Bernhard Sixt von Arnim sait que les Anglais et leurs soldats des dominions mijotent un sale coup. Idée vite renforcée par un message de von Laffert du 4 juin qui estime que ses soldats ne doivent pas se maintenir inutilement dans des postes à l’avant-garde du dispositif. Mais il n’est pas question de repli généralisé. Mais après le succès de Vimy, le Kronprinz Rupprecht de Bavière s’attend à une nouvelle tentative de poussée en direction de Douai et Lens et choisit de maintenir des forces dans ce secteur. Cette cécité lui a fait oublier que Haig déplace son axe de progression dans les Flandres. Et du coup, son artillerie et ses avions sont éparpillés, alors que la Second Army dispose d’une impressionnante concentration de moyen pour un front de près de km seulement. Lorsque Rupprecht signe l’ordre de renforcer le front de Messines le 6 juin, il est déjà trop tard. Pire encore, conformément à l’ordre sur les rotations de divisions, les Saxons de la 40. (Sachsenisches) Division sévèrement éprouvés, doivent être relevés par les Bavarois de la 3. Königlich-Bayerisches-Division. Or, le mouvement de relève se trouve à moitié achevé quand survient l’attaque de Plumer (5).

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5 – OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

– Le 21 mai, la Second Army démarre officiellement son bombardement d’artillerie. Mais les canons n’ont guère été inactifs. Ainsi des spikes ont été utilisés pour (accélérer) l’arrivée de batteries supplémentaires. Et le commandant de l’artillerie de la Second Army, le Major-General Franks, exerce un strict contrôle sur le nombre de canons et de Howitzers qui doivent être laissés visibles. Sauf qu’à peu près en même temps, le renseignement du GHQ informe Haig que les Allemands semblent envisager un repli, ce qui risque de faire tomber l’attaque dans le vide. Le 30 mai, Haig appelle Plumer afin de discuter des options qui s’offrent. Haig estime que les mines doivent être mises à feu le plus tôt possible afin de créer un premier choc qui interromprait tout projet de retraite des Allemands, les contraignant de surcroît à découvrir leurs batteries qui riposteront naturellement. Mais Plumer réplique qu’une offensive « à demi amorcée » de mènera qu’à un succès partiel ou un demi-échec, c’est selon. Haig revoit sa position et se montre d’accord pour que Plumer opère deux de tir de barrage de diversion afin de forcer les batteries allemandes à révéler leur cache (6).

– Le 1er juin, Franks fait donner toute la puissance de feu dont il dispose. Par conséquent, le Gruppe « Wytschaete » se retrouve littéralement quadrillé par le feu britannique. Les 3-4 juin, les batteries de 9.2in pilonnent Messines et Wytschaete avec un mélange d’obus explosifs et d’obus au phosgène. Résultat, les deux bourgades sont littéralement rayées de la carte. De leur côté, les Howitzers (4in, 6in, 8in, 12in et 15in) prennent pour cible les ponts qui enjambent la Lys et le Canal Ypres-Comines. Et pendant chaque nuit, les mitrailleurs britanniques effectuent des tirs de harcèlement sur les positions allemandes. Ainsi, au II ANZAC de Godley, 80 000 cartouches sont brûlées toutes les vingt-quatre heures dans chaque division (7).

– Simultanément, les combats aériens font rage. Malgré la présence d’as allemands et d’Albatros III, les Britanniques gagnent le bras de fer notamment grâce à leur concentration d’appareils. Finalement, 33 appareils britanniques sont abattus ou perdus, contre 58 (pour 31 tués) du côté allemand. L’as Karl Schäfer y trouve la mort. Mais le RFC réussit à rendre les Allemands partiellement aveugles en menant la vie presque impossible aux « saucisses » d’observation.

– L’Infanterie allemande vit l’enfer. Non pas que les pertes soient importantes car les abris bétonnés et maçonnés sont un rempart relativement efficace, mais parce que le bruit assourdissant des explosions presque ininterrompues éprouvent sensiblement les nerfs des soldats du Kaiser. A tel point que le temps de rotation à l’avant du front doit passer de cinq jours à deux ! (8)

– Dès lors que Plumer et Harington sont informés que la brume nocturne se dissipera aux premières lueurs du matin et que les soldats auront 100 m de visibilité, confirmation est donnée de lancer l’attaque à 03h10 du matin.

[Suite]
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(1) KEEGAN J. : « Historie de la Première Guerre mondiale », Perrin, Paris
(2) TURNER A. : « Messines 1917. The Zenith of Siege Warfare », Osprey Publishing, London
(3) Ibid.
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) Ibid.
(8) Ibid.

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