Lt.Col. Rémy Porte : « Les Etats-Unis dans la Grande Guerre. Une approche française » (2017)

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– Est-il nécessaire de présenter le Lieutenant-Colonel Rémy Porte ? Docteur en Histoire (HDR) et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la Grande Guerre. La sortie de son dernier ouvrage présenté ici, « Les Etats-Unis dans la Grande Guerre. Une approche française », paru aux éditions Soteca, tombe à point pour le Centenaire de l’entrée en Guerre des Etats-Unis commémorée en Continuer à lire … « Lt.Col. Rémy Porte : « Les Etats-Unis dans la Grande Guerre. Une approche française » (2017) »

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Bataille de Cambrai – 2 : Contre-attaque allemande. Riga et Caporetto en réduction

Suite à leur succès défensif, en partie dû aux mauvaises décisions britannique, les Allemands décident de passer à la contre-attaque qu’ils planifient durant la bataille. L’objectif principal est de reconquérir les portions perdues de la « Siegfried Stellung ». Pour cela, Rupprecht et von der Marwitz vont employer les nouvelles techniques d’assaut qui ont fait le succès de l’Armée du Kaiser en Russie comme en Italie.

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1 – STURMTRUPPEN ÜBER ALLES !

– Pour l’état-major allemand, une nécessité s’impose très vite : reprendre les portions de la Ligne « Hindenburg » conquises par les Britanniques et repousser ces derniers le plus loin possible afin de sécuriser le secteur de Cambrai. Il faut dire aussi que le secteur de Cambrai servira de base arrière et de soutien à l’offensive qu’Erich Ludendorff prévoit de lancer en direction de Saint-Quentin pour le printemps 1918. Raison de plus pour déclencher une contre-offensive localisée. Aucune volonté de la part des Allemands de chercher une victoire décisive, tout simplement parce qu’ils ne disposent nullement des effectifs humains requis*. La contre-attaque allemande vise donc davantage un rééquilibrage tout en cherchant à infliger aux Britanniques une sévère correction.

– L’idée est posée sur la table de lu Grand Etat-Major impérial par le Kronprinz Rupprecht de Bavière. Marque de la souplesse opérationnelle allemande, elle sera lancée par Continuer à lire … « Bataille de Cambrai – 2 : Contre-attaque allemande. Riga et Caporetto en réduction »

Bataille de Cambrai – 1: un échec opérationnel britannique pour une première victoire de la technique

– Avec l’échec de deux grandes offensives (Chemin des Dames et Passchendaele) et quelques succès offensifs localisés (Messines, Verdun et le Fort de la Malmaison), l’année 1917 ne se termine guère sur une note positive pour les Alliés sur le Front de l’Ouest. Mais Douglas Haig ne renonce nullement à ses projets offensifs. Afin de soulager le Front des Flandres et dans l’espoir d’emporter un succès d’importance, le Fieldmarschall décide de lancer une offensive destinée initialement à soulager l’effort de Passchendaele. Ayant choisi le secteur de Cambrai, les généraux britannique qui ont planifié l’opération vont remporter un spectaculaire succès, marqué par de nettes innovations tactiques et techniques, le 20 novembre mais qui ne donnera pas suite.

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1 – ENTHOUSIASME MAIS MANQUE DE COHÉRENCE DANS LES OBJECTIFS

– Les Britanniques ont l’idée d’une attaque d’un nouveau style, assez différents des principes conventionnels du moment. John Frederick Fuller, chef d’état-major du Tank Corps propose en effet un raid massif à l’aide de blindés engagés en nombre. Jusque-là, les Britanniques avaient employé leurs Tanks comme « canons roulants » pour appuyer les attaques de l’Infanterie, comme ce fut le cas durant la Bataille de la Somme, à Bullecourt, Messines et Passchendaele. Mais à l’été 1917 durant la Troisième Bataille d’Ypres, Fuller et son supérieur, le Brigadier-General Hugh Elles se sont rendus compte qu’engagés en petit nombre, les Tanks pouvaient se retrouver isolés et beaucoup plus vulnérables. Il faut donc les employer de façon concentrée afin de percer les premières lignes allemandes de la Ligne Hindenburg avec l’appui d’une première vague de fantassins lourdement armés. Une seconde vague d’infanterie devra consolider les zones conquises à l’issue de la percée. Sur le papier, techniquement, le plan britannique est particulièrement novateur. Sauf qu’une fois de plus Haig et Byng retrouvent leurs (mauvais) réflexes de cavaliers, puisqu’ils prévoient de faire passer le Cavalry Corps de Kavanagh dans la brèche obtenue. Les Britanniques comptent sur l’effet de surprise, ce qui implique une préparation aussi minutieuse que secrète. Après avoir consulté le plan proposé par Fuller et Byng, Haig approuve (1).

– Le plan d’attaque étant défini, il faut cibler un secteur selon des Continuer à lire … « Bataille de Cambrai – 1: un échec opérationnel britannique pour une première victoire de la technique »

Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz

– En matière de bombardements de villes britanniques, Hitler et Goering n’ont rien inventé. En effet, Londres et plusieurs villes de Grande-Bretagne ont subi des attaques moins meurtrières de la part des aérostats et de bombardiers allemands. Mais si ses raids ont causé une panique certaine, ils n’ont nullement entamé le moral des soldats et de la population britanniques.

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1 – Remplaçant du Zeppelin

– Dès la fin de l’année 1914, la Kaiserliche-Marine envoie ses équipages de Zeppelin bombarder Londres et le Sud-Ouest de la Grande-Bretagne avec deux buts : enrayer l’industrie de guerre britannique et briser le moral de la population civile. Et ce, malgré les sentiments de Guillaume II*. Le premier objectif ne sera nullement atteint puisqu’en dépit de quelques dégâts dans le Kent, les usines britanniques tourneront à plein régime durant quatre ans. Ensuite, en dépit de vagues de panique temporaires, comme de « zeppelinite » aigue (1) qui s’empare du Commandement et de l’Amirauté, la population britannique fait preuve de calme et de résilience. D’autre part, aussi impressionnants qu’ils soient, les dirigeables ne sont pas disponibles en grand nombre et ne disposent que d’une charge limitée de bombes. Rien de comparable donc au « Blitz » de Continuer à lire … « Le Gotha, bombardier lourd du premier Blitz »

Passchendaele (13) – Bilan

« Aucun soldat intellectuellement normal ne peut se faire le défenseur de cette campagne insensée. » Cette phrase lapidaire n’a pas été rédigée sous la plume d’un Tommy ou d’un ANZAC écœuré. L’auteur n’est autre que David Lloyd-George qui résume le sentiment général quant à l’issue de quatre mois de bataille. Mais les récits des soldats qui y décrivent la souffrance, la boue, la mort et le dégoût sont légion (1). En témoignent les vers de Siegfried Sasoon marqués par la rébellion envers l’absurdité des combats dans le saillant d’Ypres.

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– Effectivement, au vu du nombre des pertes pour 10 km conquis en quatre mois, les Britanniques n’ont pas de quoi pavoiser. Les chiffres des pertes ont varié entre les calculs officiels et ceux des historiens. Les pertes des Troupes du Commonwealth se chiffrent entre 220 000 et 275 000 hommes, avec plus de 50 000 tués et 42 000 portés disparus. Notons également que 90 000 corps n’ont pu être identifiés. Au sein des troupes du Commonwealth, ce sont les Australiens qui ont le plus souffert, tant en nombre qu’en Continuer à lire … « Passchendaele (13) – Bilan »

Passchendaele (12) – Dernier acte

Après l’échec de l’ANZAC devant Bellevue, Douglas Haig ne compte pas relâcher la pression et espère obtenir un nouveau succès, même si plusieurs généraux ont durement accusé le coup, de même que les soldats australiens et néo-zélandais. Plus tard, Haig aguera que cette décision a été prise en raison de la nécessité de faire pression sur l’Armée française pour qu’elle reprenne l’offensive. Haig avait l’impression que les Français étaient affaiblis et ne voulaient plus se battre. Impression entièrement fausse, juge l’historienne britannique Elizabeth Greenhalgh, puisque les Français ont remporté deux nets succès, à objectifs limités certes, à Verdun et au Fort de la Malmaison. Mais sur le front de Passchendaele, Haig veut que le plateau tombe avant l’hiver (1). Mais pour quels objectifs finaux ?

 

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1 – LES DERNIÈRES ILLUSIONS DE HAIG

– Le 13 octobre, une réunion est tenue à Cassel (QG de la Second Army) en présence de Haig, Launcelot Kiggell (chef d’état-major du BEF), John Charteris (chef du Renseignement du BEF), John Davidson (chef des Opérations du BEF), Herbert Plumer et Hubert Gough. L’aéropoage débat de savoir si l’offensive doit être poursuivie, ou non. Selon Haig, peu découragé par la déconvenue de Bellevue, il faut relancer l’effort lorsque le temps sera redevenu clément et que le terrain sera moins détrempé. Sauf que le mois d’Octobre est particulièrement pluvieux, avec sept jours de fortes intempéries (7, 8, 13, 17, 24, 25, 26). Et comme personne ne conteste les ordres du Field Marshall la question est reformulée suivemment : si l’attaque est relancée, quel en sera le prix ?

– Haig confie donc l’attaque au Canadian Corps d’Arthur Currie qui se trouve au Continuer à lire … « Passchendaele (12) – Dernier acte »

Caporetto (4) – La victoire totale qui n’eut pas lieu

Le titre de cet article peut être provocateur. Passé leur succès foudroyant de la dernière semaine d’octobre, les Empires Centraux peuvent se targuer d’un succès foudroyant sur l’Armée italienne. Succès dû à la supériorité tactique germano-autrichienne. Mais comme l’a bien montré Jean-Yves Le Naour, Erich Ludendorff NE VOULAIT PAS D’UNE VICTOIRE TOTALE SUR L’ITALIE. La raison Le Chef d’état-major adjoint du GQG de Berlin ne croit pas que la Guerre se gagnera sur les flancs des Alpes et dans les plaines de Vénétie (1). Rappelons-le, Ludendorff souhaitait d’abord soulager l’Armée austro-hongroise à moyen terme pour éviter à l’Empire pluricentenaire de s’écrouler. Marque de la subordinnation de l’état-major de Vienne à celui de Berlin, le rythme des opérations en Italie est dicté par l’engagement des troupes d’Otto von Below. Or, à Vienne, Arz von Straussenburg et Charles Ier ne demandent que ce que l’Italie sorte définitivement de la Guerre. Par conséquent, en novembre les deux alliés (bientôt seigneur et vassal) ne se trouvent plus sur la même longueur d’onde dans la poursuite des opérations, créant là, ce que l’historien Mario Morselli qualifie d’absence de « leadership ». Du coup, contrairement à Riga, Caporetto ne marque pas la fin du Reggio Escercito, ni même du règne de Victor-Emmanuel III.

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1 – L’EPEE GERMANO-AUTRICHIENNE S’EMOUSSE 

– A première vue, après cinq jours de combat, les Allemands et les Austro-Hongrois ont de quoi être satisfaits. Mais sur le terrain, la formidable épée de von Below commence à s’émousser, d’autant que les différents états-majors, aux différents échelons, peinent parfois à s’entendre. Par conséquent, les armées des deux empires centraux prennent plusieurs retards qui vont profiter aux Italiens. Déjà, dans son journal, Otto von Below écrit avec amertume qu’à Marburg (QG de l’état-major impérial et du Front du Sud-Ouest) « tout le monde a perdu la tête ». En fait, le foudroyant succès du 24 octobre donne le tourni aux Austro-Hongrois qui s’en trouvent soudainement inquiets. Selon von Below, les Autrichiens demandent l’arrêt de l’offensive « à cause du ravitaillement » qui suit avec difficulté. Mais l’histoire officielle austro-hongroise prêtent plutôt à Julius Kaiser l’initiative d’avoir stoppé son k.u.k II. Armee-Korps le long de la voie de chemin de fer Udine – Palmanova afin de ne pas entrechoquer ses colonnes avec le Gruppe « Scotti ». Il n’empêche, en raison du manque de coordination dans les communications entre grandes unités, von Below et ses homologues austro-hongrois mettent vingt-quatre heures à se rendre compte qu’il leur faut prendre Latisana et Codroipo pour piéger entièrement la 3° Armata du Duc d’Aoste. Allemands et Austro-Hongrois ont étalement la possibilité de faire sauter les ponts afin d’empêcher les Italiens de se replier (2).

– Mais le Duc d’Aoste réagit plus promptement en mettant à profit les vingt-quatre heures inespérées pour Continuer à lire … « Caporetto (4) – La victoire totale qui n’eut pas lieu »