Vittorio-Veneto : la victoire alliée en Italie

– Rappel : durant l’été 1918, Ferdinand Foch et Clemenceau font pression sur Armando Diaz, chef d’état-major du Commando Supremo italien pour qu’il lance une puissante offensive sur la Piave contre l’Armée impériale austro-hongroise. Foch appuie son argumentation en mettant en avant les offensives victorieuses lancées par les forces alliées en France à partir du mois de juillet. Or, Foch voit la situation sur un plan stratégique d’ensemble. En effet, si les italiens passent à l’offensive, Vienne ne pourra guère compter sur un soutien de Berlin, d’autant que la double monarchie est placée dans une situation de vassale.

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– Ainsi, pour la Reggia Escercita (Armée royale italienne), le moment est donc propice d’engager une nouvelle offensive, d’autant que les troupes italiennes efficacement soutenues par les Britanniques (Frederick Lambart Earl of Cavan) et Français (Jean-César Grazziani) ont remporté une nette victoire sur la Piave en juin, privant ainsi les armées austro-hongroises de toute capacité offensive. L’Armée italienne – remise sur pied par Diaz – bénéficie donc d’un très bon moral, moins d’un an après la lourde défaite de Caporetto.  Mais Diaz joue la montre et ne lance aucune offensive durant l’été et à l’entrée de l’automne, ce qui Continuer à lire … « Vittorio-Veneto : la victoire alliée en Italie »

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L’Offensive Meuse-Argonne – (2 Oct. – 3 Nov. 1918) – 3

6 – LA LÉGENDE DU « LOST BATTALION »

– Après l’échec de la première phase de son offensive, John Pershing est bien décidé à conduire sa First US Army au-delà de la Kriemhield-Stellung qui, formée en équerre, verrouille le front allemand sur les lignes Cunel – Romagne-/s-Montfaucon et Romagne-s/-Montfaucon – (Meuse). Et la position fortifiée couvre la route Mézières – Stonne. Pendant cinq jours, Pershing donne effectue un redéploiement d’Infanterie et d’artillerie, ce qui ne va pas sans difficultés. La médiocre conduite des (opérations logistiques) devant être mise en cause. La nouvelle offensive contre la Kriemhild-Stellung est prévue pour le 4 octobre. Sauf que pour donner une meilleure offensive, les Américains doivent nettoyer le Mont et le Ravin de Charlevaux, dans le secteur de la 77th US Division de Robert Alexander. (Histoire du Bataillon perdu). Alexander ne croit tellement pas à la situation désespérée du « Lost Battalion » qu’il va lancer sa division dans la seconde phase de l’Offensive, sans chercher à dégager les unités isolées dans le Ravin de Charlevaux (1).

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– Le 1er octobre, chargé de la conduite des opérations dans le secteur de la Forêt d’Argonne, le General Evan Johnson ordonne à la 77th US Division d’ Alexander (celui-là même qui ne jure que par l’efficacité du fusil Springfield M 1903) de nettoyer un secteur de la « Hagen-Stellung » qui comprend le Bois et le Ravin de Charlevaux, le Ravin d’Argonne et la route Binarville – La Viergette, afin de couper une partie du ravitaillement de la V. Armee allemande. A son tour, Alexander confie la charge de nettoyer ce secteur à la sa 154th Brigade qui comprend les 307th et 308th Infantry Regiments. Alexander a ordonné à ses unités de ne pas reculer et de continuer d’avancer sans se préoccuper de leurs flancs. Notons que la 77th US Division est formée de soldats de l’Etat de New York et de la ville même et qui représentent un mélange de diverses origines.

– Le 2 octobre à 05h00, l’assaut de la 77th Division démarre et les premières lignes allemandes sont Continuer à lire … « L’Offensive Meuse-Argonne – (2 Oct. – 3 Nov. 1918) – 3 »

La libération des Flandres (sept.-oct. 1918)

Depuis la fin avril 1918, le Front des Flandres est resté relativement calme. Mais en septembre, Foch décide de déclencher une offensive dans le secteur d’Ypres afin d’y fixer une partie des forces du Heeres-Gruppe « Rupprecht », tandis que le BEF parachèvera la percée de la Ligne « Hindeburg », tandis que Français et Américains poursuivront leur attaque dans les Flandres. Sur ce front, les objectifs sont assez limités, puisqu’il s’agit d’abord de dégager le saillant d’Ypres afin d’appuyer l’offensive britannique contre la Ligne « Hindenburg ».

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– Ceci dit, cette offensive ne se départit pas d’une dimension politique claire (1). En effet, le Roi des Belges Albert Ier souhaite que son armée joue un rôle de plus grande importance aux côtés des Alliés. Il est vrai que depuis la « Course à la Mer » en 1914, la petite armée royale s’est contentée d’un rôle de surveillance de la partie du front des Flandres comprise entre Ypres et la Mer du Nord. En outre, il a fallu rééquiper les divisions belges avec de l’équipement français et britannique, tout en instruisant les Continuer à lire … « La libération des Flandres (sept.-oct. 1918) »

La Bataille de la Selle (8-23 octobre 1918)

Après la percée de la Ligne « Hindenburg » sur les Canaux du Nord et de Saint-Quentin, les Forces Britanniques qui opèrent entre Douai et Saint-Quentin sont en mesure d’atteindre Cambrai et le Cateau et d’exercer une puissante pression sur les troupes allemandes des Heeres-Gruppen « Rupprecht » et « von Böhn », en coordination avec l’action du Groupe d’Armées des Flandres du Général Degoutte et les forces franco-américaines qui effectuent une poussée entre sur la Vesle et la Meuse, comme dans l’Argonne.

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1 – SITUATION

– Comme l’explique le Colonel Michel Goya dans son dernier ouvrage « Les vainqueurs », les Britanniques sont en mesure de jouer le rôle principal en cette dernière phase de la guerre, car Philippe Pétain le veut. En effet, le Généralissime de l’Armée française sait qu’après les intenses combats de l’été, ses troupes sont épuisées. Pétain veut donc limiter la casse chez ses Poilus afin d’éviter tout effondrement moral. C’est pour cette raison qu’il est disposé à laisser la politesse à Haig qui ne s’en trouve guère offusqué, bien au contraire (1)  En dépit des lourdes pertes de l’année 1918, les Alliés ont réussi à maintenir un niveau de forces encore acceptables. Mais comme l’explique l’historien britannique Peter Hart, le BEF dispose d’une artillerie et d’une logistique tellement puissante que la progression doit, paradoxalement, s’effectuer méthodiquement pour Continuer à lire … « La Bataille de la Selle (8-23 octobre 1918) »

La première aviation tactique d’attaque au sol

Connaissez-vous le film de guerre aérienne « Le crépuscule des aigles » de John Guillermin, avec George Peppard, James Mason, Ursula Andress et Jeremy Kemp ? Oui, sans doute. Et en tant que passionnés de l’histoire de la guerre aérienne – et même terrestre – de 1914-1918, vous n’aurez pas manqué de relever les erreurs d’armes et de matériel. Cependant, l’action du film se déroule en 1918 et montre très bien deux évolutions majeures de la guerre aérienne : la fin des chevaliers de l’air et l’attaque au sol. Nous nous intéresserons ici au second élément, qui montre à quel point l’action aérienne est devenue complémentaire de l’action terrestre et annonce l’emploi de l’aviation comme on le connaîtra en 1939-1945.

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– Comme l’explique très bien le Colonel Michel Goya dans son dernier ouvrage « Les Vainqueurs », la Première Guerre mondiale voit clairement l’Artillerie et le Renseignement devenir dépendants de l’aviation (1). Dans les deux premières années du conflit, les avions sont d’abord « les yeux » des canons et obusiers, pour le repérage des cibles et des positions ennemies. Mais à partir de 

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Julien Hervieux : « Le petit théâtre des opérations » (Livre)

Chers lecteurs, chères lectrices, après vous avoir infligé un ouragan, d’acier, de bombardements, d’obus et de combat, d’acier et de généraux moustachus, j’ai décidé de tenir ici un propos plus léger. Enfin, tout dépendra du propre point de vue de chacun, comme le dit si bien un maître jedi…

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– Tout d’abord, voyons comment m’est venue l’idée de cette recension. En raison d’horaires matinaux impossibles en semaine, je me retrouve bien souvent désœuvré l’après-midi. Du coup, je dois combler ce Continuer à lire … « Julien Hervieux : « Le petit théâtre des opérations » (Livre) »

Colonel Michel Goya : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre »

Membre de la rédaction de la revue « Guerres & Histoire », animateur du blog « La voie de l’épée » et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l’Histoire militaire (« La chair et l’acier : l’armée française et l’invention de la guerre moderne, 1914-1918 » ; « Irak : les armées du chaos » ; « L’invention de la guerre moderne : du pantalon rouge au char d’assaut, 1871-1918 » ) le Colonel Michel Goya vient de publier chez Tallandier, son dernier ouvrage : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre ». Pour nous, avec son titre qui annonce la couleur, le livre est clairement incontournable en cette dernière année du Centenaire.

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– Depuis bien longtemps, la mémoire – individuelle ou collective – a surtout vu la Grande Guerre à travers le prisme de la souffrance des Poilus dans les tranchées ou bien à travers celui de l’absurdité. Absurdité de la guerre, absurdité des ordres, etc. Par conséquent, on a oublié pendant longtemps que l’Armée française de 1918 était devenue la plus Continuer à lire … « Colonel Michel Goya : « Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre » »