Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2)

– Pour percer sur le Front de Champagne, le Groupe d’Armées Centre (GAC) d’Edouard de Castelnau aligne la IIe Armée de Philippe Pétain sur la droite (XIe, XIVe, XXe Corps et Ier Corps Colonial), la IVe Armée de Ferdinand Langle de Cary sur la gauche (IVe, VIIe, XXXIIe Corps et IInd Corps Colonial), ainsi que les IIe et IIIe Corps de Cavalerie en arrière des lignes de tranchées.
– Le dispositif des deux armées se situe à l’ouest de Perthes-les-Hurlus. Le tout regroupe 375 000 hommes avec 35 Divisions d’Infanterie. Les forces d’assaut sont appuyées par 2 000 pièces d’artillerie (1 150 canons de 75 et 850 pièces lourdes). Il apparaît clairement que les effectifs en bouches à feu du GAC sont plus importants que ceux alloués au GAN pour l’offensive de Foch en Artois. Misant sur une importante puissance de feu, le GQG a alloué 1 250 obus par canon de 75 ! Mais cette générosité aura un grave impact comme nous le verrons. De son côté, dans un ordre signé à l’adresse des généraux et colonels de la IIe Armée, Philippe Pétain préconise une coopération étroite entre officiers d’Infanterie et d’Artillerie afin de régler au mieux les tirs de préparation d’artillerie et les feux d’appui (1).
Toutefois, la logistique française a fait des prodiges. En effet le ravitaillement a été très bien assuré, notamment grâce au doublement de la voie de chemin de fer Châlons-en-Champagne – Sainte-Menehould.

– D’un point de vue technique, Joffre et Castelnau prévoient que l’infanterie perce sur un front de 35 km entre le Massif de Moronvilliers (Auberive-sur-Suippes) et le Bois de Ville -(Ville-sur-Tourbe), au-delà des rivières Dormoise et Py. Ensuite, la Cavalerie doit passer dans la brèche afin d’exploiter la percée dans la profondeur du dispositif ennemi. Simultanément, les IIIe et Ve Armées doivent Continuer à lire … « Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2) »

Publicités

Les offensives de septembre 1915 – 1 : L’ Artois

1 – Situation(s) stratégique(s) à l’été 1915
– Rappel : en mai-juin 1915, les Français ont lancé deux offensives en Artois et en Champagne dans le but de percer les positions allemandes mais sans succès faute de réserves en hommes et d’un appui d’artillerie suffisant. Les 15-16 juin, le British Expeditionnary Force (BEF) a lancé un assaut entre Givenchy et La Bassée qui a tourné au massacre. Toutefois, le GQG français espère encore percer les lignes allemandes. Pour ce faire, Joseph Joffre souhaite lancer deux grandes offensives simultanées, la première en Artois et la seconde en Champagne.

Source : www.archivespasdecalais.fr
Source :
http://www.archivespasdecalais.fr

– Le GQG français espère rompre le front allemand avant l’arrivée de l’automne et donc, du mauvais temps. Ces deux offensives concernent deux Groupes d’Armées ; le Groupe d’Armées du Nord (GAN) de Ferdinand Foch pour l’Artois et Groupe d’Armées du Centre (GAC) du Général Edouard de Currières de Castelnau, ainsi que les BEF. Et cette fois-ci, Joffre fait déployer une importante artillerie derrière les lignes françaises afin d’écraser les positions allemandes. Cependant, comme nous le verrons plus tard, l’artillerie française va arriver à une saturation de ses réserves de munitions.
– Mais le Gouvernement français, par la voix de Parlementaires et du Ministère de la Guerre presse le GQG de lancer une offensive avec, espère-t-on, Continuer à lire … « Les offensives de septembre 1915 – 1 : L’ Artois »

Centenaire des combats du Hartmannswillerkopf

– Bref rappel : en août 1914, les troupes françaises de l’Armée d’Alsace entrent dans Mulhouse avant d’en être chassées. Après plusieurs combats dans les Vosges, les deux adversaires s’arrêtent sur la Vallée de la Doller.

Le Hartmannswillerkopf, avec le cimetière français (Photo personnelle)
Le Hartmannswillerkopf, avec le cimetière français
(Photo personnelle)

1 – Les enjeux de la « Mangeuse d’hommes »

– Le « Vieil Armand » ou « Hartmannswillerkopf », ou encore « la Mangeuse d’hommes » et « la Machine à casser du monde » est une montagne haute de 965 mètres située sur la partie alsacienne du sud de la ligne de la Crête des Vosges. Situé entre les vallées de la Thur et de la Lauch, le mont domine la plaine d’Alsace et la ville de Cernay, qui marque le point le plus méridional de la « province perdue ».
Le Hartmannswillerkopf comprend du nord au sud, trois avancées surnommées la « Cuisse gauche », la « Cuisse droite » ou « Aussichtfelsen » (« rocher panorama ») et le « Rehfelsen » (« Rocher du Chevreuil »). Elles constituent un très bon observatoire permettant de Continuer à lire … « Centenaire des combats du Hartmannswillerkopf »

L’Armée italienne en 1915, essai de description – Première partie

600full
Source : http://www.listal.com

Le 23 mai 1915, à l’issue du Traité de Londres qui lui promet de recouvrer Trente, Bolzano (Bolsen), l’Isonzo, Gorizia, Trieste, Vlora (Albanie) et de vagues concessions dans la région de Smyrne, l’Italie déclare la guerre à Vienne et Berlin. Revirement de situation prévisible car ce premier membre de la « Triplice » voulue par Bismarck était considéré comme un allié peu sûr. Les Allemands en ayant eu la confirmation lors de la signature de l’accord entre Rome et Paris sur la Libye.
– Mais l’Italie est une nation jeune, unifiée non sans heurts au début de l’année 1914. Rappelons que c’est une monarchie constitutionnelle de régime parlementaire. Le Roi Victor-Emmanuel III (issu de la Maison de Savoie) règne mais ne gouvernement pas. Le pouvoir exécutif et législatif est détenu par le Gouvernement de Salandra (II) et le Parlement. Le Gouvernement est de tendance libérale (mais autoritaire et assez hostile au Pape), tandis que la vie politique (agitée) est travaillée par des courants anarchistes, révolutionnaires, socialistes et monarchistes.
Jeune nation, l’Italie n’a pas le prestige militaire de Continuer à lire … « L’Armée italienne en 1915, essai de description – Première partie »

Chronique des Dardanelles – 15

– LES NOUVEAUX DÉBARQUEMENTS D’AOÛT A SULVA

– Cette opération confiée au IXth Corps britannique de Sir Frederick Stopford est bien moins connue que les combats menés par les ANZACS, sans doute parce qu’elle relevait d’un caractère plus secondaire.
Il n’en reste pas moins, qu’influencé par son chef d’état-major Hamilton Reed et par Sir Frederick Stopford, Sir Ian Hamilton décide de confier un débarquement pour dégager la plaine de Sulva enserrée entre la mer et les crêtes de Kiretch Tepe et Tekke Tepe. Mais les rapports de reconnaissances arrivés sur la table d’Ian Hamilton étaient faussés, exagérant les défenses turques sur « Chocolate Hill » et sous-estimant celles sur la Cote 110. En outre, le débarquement est rendu plus difficile en raison de la présence d’un lac salé situé entre les deux pointes de Sulva. Après débats, la 11th British Infantry Division du Major.General Frederick Hammersley reçoit l’ordre de débarquer en Baie de Sulva, au nord du lac salé, avec sa 34th Brigade au nord face à la Cote 170 et la 32nd Brigade au sud (« B » Beach). La 32nd Brigade doit s’emparer de « Chocolate Hill », avant de rejoindre la 34th. Puis, la 33rd Brigade doit sécuriser le flanc droit du débarquement. Enfin, aussitôt l’artillerie de la 11th Division mise à terre en sécurité, la 10th Infantry Division de Sir Bryan Mahon pourra débarquer en seconde vague. Notons que ces deux divisions sont formées de jeunes volontaires de la New Kitchener’s Army.

Source : http://www.irishtimes.com
Source :
http://www.irishtimes.com

– Curieusement, en dépit du manque de renseignements sérieux, les officiers britanniques sont confiants. Malgré l’échec cuisant du Cap Helles, ils pensent que les Turcs sont à bout de forces. Cette fois-ci sera la bonne.
Tôt dans la matinée du 6 août, la 11th Division arrive à flots depuis Imbros. Le débarquement des 32nd et 33rd Brigades au sud du « Point de Nibrunesi » frôle la perfection, sans aucune opposition des Turcs. Les 7th South Staffordshire et 9th Sherwood Foresters se portent rapidement vers Continuer à lire … « Chronique des Dardanelles – 15 »

Chroniques des Dardanelles 1 – 14

Voici le récit des combats des Dardanelles (ou Gallipoli) parues sur un autre blog, avec l’ouvrage de l’Historien britannique Peter Hart et de Max Schiavon comme sources principales.

1 – http://www.france-histoire-esperance.com/centenaire-de-la-campagne-des-dardanelles-1915-2015-premiere-partie/
2 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-2/
3 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-3/
4 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-4/
5 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-5/
6 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-6/
7 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-7/
8 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-8/
9 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-9/
10 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-10/
11 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-11/
12 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-12/
13 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-13/
14 – http://www.france-histoire-esperance.com/chroniques-des-dardanelles-1915-2015-14/

Emile Fayolle

En vous promenant sur le pavé de la Place Vauban et de l’Avenue de Tourville – qui font la jointure entre l’Avenue de Breteuil et la Cathédrale Saint-Louis des Invalides dans le VIIeArrondissement – deux statues coiffées d’un képi se font face. L’une d’elles est celle de Joseph Galliéni, l’autre représente un  soldat français bien moins connu – voire aucunement – du promeneur : Marie-Emile Fayolle.
250px-FAYOLLE
– Fils de Jean-Pierre Fayolle et de Marie Rosine Badiou, Marie-Emile Fayolle voit le jour le 14 mai 1852 au Puy-en-Velay, au sein d’une famille de notables auvergnats. Après de bonnes études secondaires, il décide de choisir la carrière des armes à l’issue de son Baccalauréat. Il s’engage alors au 3e Régiment du Génie encaserné à Arras, avant de préparer le concours de Polytechnique au Collège jésuite Saint-Michel en Lorraine. C’est là qu’il fait la connaissance d’un condisciple tarbais nommé Ferdinand Foch. Il est reçu dans la moyenne, soit 122esur 242e  . Il sort néanmoins de Polytechnique à la 42eplace pour 121 élèves en 1875.

– Pendant une vingtaine d’année – un peu à l’exemple de son collègue Foch –  sa carrière militaire est davantage marquée par Continuer à lire … « Emile Fayolle »