Emission : les Barons Rouges

Dans son émission du 7 avril dernier, Franck Ferrand et son invité Stéphane Koechlin reviennent sur les parcours de Manfred von Richthoffen et de son ailier moins connu, Ernst Udet.

http://www.europe1.fr/emissions/au-coeur-de-l-histoire/les-barons-rouges-2713993

Jean-Baptiste Estienne

S’il y a bien eu un général moins connu du public mais qui prit sa part à la victoire de 1918, c’est bien Jean-Baptiste Estienne, celui que l’on a considéré comme le « père des chars » français, même si les Britanniques peuvent aussi revendiquer (en grande partie) la paternité des engins chenillés (un article à paraître bientôt y reviendra en détails).

62q8vna
1 – LES DÉBUTS 

– Né le 7 novembre 1860 à Condé-en-Barrois (Meuse), Jean-Baptiste Estienne grandit dans une famille de notables et propriétaires fonciers locaux. Son père exerce la confortable profession de notaire, tout en étant maire de Condé-en-Barrois durant vingt-ans et Conseiller général de la Meuse. Dès l’enfance, Jean-Baptiste Estienne montre de très bonnes capacités en mathématiques. Après sa scolarité au collège de Saint-Dizier, il entre au Lycée de Bar-le-Duc afin de préparer les concours aux Grandes Ecoles. En 1879, après avoir remporté un concours national de mathématiques, Estienne est admis à Polytechnique et à l’École Normale Supérieure mais choisit la première. Cependant, sa scolarité à Polytechnique est Continuer à lire … « Jean-Baptiste Estienne »

Ferdinand Foch

Ferdinand Foch

Maréchal de France, disparu le 20 mars 1929 :

Biographie disponible via le lien ci-dessous :

20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

Lecture du moment : le Journal du Général Edmond Buat

1 481 pages, rien que ça ! Georges-Henri Soutou et le Colonel Frédéric Guelton ont publié et annoté fin 2015 le « Journal » de guerre du Général Edmond Buat (1868-1923), officier français resté longtemps peu connu du grand public. Et pourtant, l’Armée française de 1918 lui dut beaucoup, notamment pour avoir créé et commandé la Réserve générale d’Artillerie lourde (RGAL).

51neVtDANWL._SX331_BO1204203200_
– Il ne s’agit pas ici de mémoires de guerre. En effet, celles-ci sont toujours écrites après un conflit avec une forte dose de justification des décisions prises, avec une propension à se défausser sur ses rivaux du moment. Le travail du Général Buat se présente comme un imposant journal composé de douze cahiers et couvrant dix années de service (1914-1923). Il s’agit néanmoins d’un travail inachevé en raison du décès soudain de son auteur suite à l’échec d’une opération médicale.
Chaque cahier est décomposé en notes rédigées quotidiennement sur le déroulé des journées du général. Comme le précise Georges-Henri Soutou en introduction, le Journal d’Edmont Buat a le grand intérêt d’une certaine fraîcheur et d’une spontanéité qu’on ne retrouve pas dans des mémoires. Emile Fayolle a laissé un travail comparable, quoique moins fourni, avec ses notes de guerre. Par choix personnel, nous nous bornerons à parler partiellement de la période couvrant la Grande Guerre et 1919.

– En quoi le journal du Général Buat est-il instructif ? Tout d’abord, Continuer à lire … « Lecture du moment : le Journal du Général Edmond Buat »

Verdun : journées des 22 et 23 février

– L’offensive allemande piétine

– Le 22 février après une nuit enneigée, les combats se poursuivent avec tout autant d’acharnement entre les survivants des 37e et 72e DI et les soldats allemands. Inférieurs en nombre, les français résistent. De son côté, le Kronprinz a décidé de poursuivre son attaque. Après un nouveau bombardement d’artillerie de plusieurs heures, l’infanterie allemande attaque en nombre pour submerger les dernières positions françaises.
A Chantilly, apprenant la situation sur place, Joffre ordonne à Herr et Chrétien de tenir coûte que coûte et de ne pas reculer. Le général en chef menace de cour martiale tout officier qui décidera un ordre de retraite. Pressurés depuis Chantilly, le Général Paul Chrétien commandant du XXXe Corps ne peut qu’ordonner à Bapst et Deshayes de Bonneval de tenir le terrain et de contre-attaquer contre des forces supérieures en nombre. Résultat, les bataillons et régiments de réserve sont envoyés dans la fournaise sans autre forme de procès et les pertes sont terribles. Chrétien et Herr parviennent à grand peine à rassembler 270 pièces d’artillerie,  derrière Samogneux, la Cote 344, Fleury, Beaumont et Douaumont, contre les 1 400 allemandes,. Les « Glorieux 75 », les quelques pièces Schneider 105 mm et De Bange 120 mm ripostent aux vagues allemandes. Bien souvent sans plans de feu préétablis, les commandants de batteries et de groupes font tirer presque au juger dans les vagues allemandes.

foto-schilderij01

– Mais enlever les arpents de forêts se révèle bien plus difficile que prévu pour les Allemands. Ainsi, Heirich von Schenk, le patron du XVIII. Armee-Korps fait donner quatre régiments des 21. et 25. Infanterie-Divisionen pour nettoyer le Bois des Caures une bonne fois pour toutes. Les 1. Nassauisches-Infanterie-Regiment Nr. 87, 1. Kurhessisches Infanterie-Regiment Nr. 81, Leibgarde-Infanterie Nr. 115 et 8. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 159 (régiment de Mosellans ponctionné à la 14. Division) se ruent sur ce qui reste du bois. Finalement, la pression est trop forte pour les survivants des 58e et 59e BCP. Driant ordonne à ses 600 derniers soldats de se retirer sur Beaumont. Dernier à rester sur place, le courageux Colonel et député est tué de deux balles dans le front. Son second, le Commandant Continuer à lire … « Verdun : journées des 22 et 23 février »

1915-1916 : Les nouveaux grenadiers

– Dans l’article consacré à la généralisation des grenades à main, nous avions vu que l’Infanterie gagnait en puissance de feu en se voyant dotée de nouveaux projectiles explosifs. Mais si des fantassins bien entraînés peuvent lancer des grenades à 35-40 mètres à la force du bras, l’idée d’augmenter la puissance de feu des compagnies d’infanterie fait son chemin. Afin d’accroître une distance de sécurité entre assaillants et défenseurs, les armées de 1915-1916 commencent à intégrer dans leur rangs les grenades à fusil. On peut dire que ce nouveau projectile est le précurseur des RPG et des lance-roquettes.
094
– L’idée de projeter une grenade à l’aide d’un fusil date d’avant le déclenchement de la Guerre. Elle est concrétisée par un anglais, Frederick Marten Hale mais elle ne suscite pas l’intérêt du War Office. Les Allemands emboîtent le pas aux Britanniques en 1913 avec le premier prototype d’un fusil équipé d’un système percutant à sécurité pyrotechnique : le Karabingranate M1913. Inspiré des fusées d’artillerie, ce nouveau projectile quadrillé en forme d’ogive est doté d’une tige en fonte qui est expulsée dans l’air par une pastille de poudre noire servant à la mise à feu. Le tir s’effectue en courbe. En revanche, le système de propulsion est tellement Continuer à lire … « 1915-1916 : Les nouveaux grenadiers »