Général Jean-Marie Degoutte

Entièrement passé dans l’oubli, Jean-Marie Degoutte reste tout de même considéré comme l’un des meilleurs plus jeunes commandants français de la Grande Guerre, au même titre que d’hommes tels Georges Humbert ou Henri Gouraud. C’est aussi lui qui dirigea les travaux de la Ligne Maginot des Alpes dans les années 1920-1930.

– Jean-Marie Degoutte voit le jour en 1866 au village de Charnay dans le Beaujolais (Département du Rhône), au sein d’une famille d’agriculteurs. Après de très bonnes études secondaires au Lycée de Bourg-en-Bresse, Jean-Marie Degoutte s’engage dans l’Armée et sert d’abord au30e Régiment d’Artillerie. Bien noté par ses supérieurs, il entre à l’École de Saint-Cyr en 1888 grâce au Colonel commandant le Régiment. Intégrant la Promotion Grand Triomphe, il a pour camarade un certain Henri Gouraud. Il se fait encore remarquer en bien puisqu’il est classé 9e sur 435 à sa sortie en 1890. Il choisit alors l’Infanterie et intègre le 4e Régiment de Zouaves en Tunisie où il reste quatre ans.
– Mais le jeune officier trouve le temps long et demande à être intégré à Continuer à lire … « Général Jean-Marie Degoutte »

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Centenaire des combats du Linge (Front des Vosges)

– Situé dans les Vosges moyennes, plus précisément entre les localités de Hohrod (au sud) et d’Orbey (juste au nord de Munster), le champ de bataille du Linge (nom original : « Gazon de Leinge ») a la particularité d’être l’un des mieux conservés parmi ceux que compte le territoire français. En effet, même après entretien et restauration(s), le visiteur peut parcourir les abris bétonnés et autres installations défensives édifiées par les troupes allemandes.

Source : http://barberot.vanmastrigt.eu/
Source :
http://barberot.vanmastrigt.eu/

– En revanche, les combats du Linge sont moins connus que les grandes batailles de 1915-1916, où même que ceux du « Vieil Armand » plus au sud. Sans doute en raison de leur caractère moins spectaculaire du point de vue des effectifs. Il n’empêche que le Corps des Chasseurs à Pied y à payer le prix du sang pour des résultats quasi-négligeables. Les combats du Linge ont peu fait l’objet d’études en Histoire militaire. Nous reprendrons ici les lignes de « La Grande Guerre du XXe siècle ».

– Avec le Rain des Chênes, le Hohrothberg et le Continuer à lire … « Centenaire des combats du Linge (Front des Vosges) »

Seconde offensive de Champagne (suite et fin)

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Monument de la Feme de Navarin dans la Marne (Photo personnelle)

– Après deux jours de combats qui n’ont pas vu la percée escomptée, le Général de Castelnau ordonne de faire une pause avant de reprendre l’attaque au début du mois d’octobre.
Le 6, l’assaut reprend avec des efforts accrus contre la butte de Tahure, la butte de Souain et la Ferme de Navarin, respectivement à la gauche de la IIe Armée et à la droite de la IVe Armée.

– Le Bois-Sabot est un bosquet transformé en forteresse qui défend l’accès de la route Souain – Tahure par l’est. La prise de ce Continuer à lire … « Seconde offensive de Champagne (suite et fin) »

Quand des soldats de la Grande Guerre redeviennent arbalétriers et piétons

– Lorsque éclate la Guerre de mouvement à la fin de l’été 1914, les belligérants des deux camps usent de procédés tactiques et techniques fondés sur l’offensive, avec mouvements et puissance de feu. Seulement, avec l’apparition des tranchées et l’installation de la « guerre de positions », les adversaires sont contraints de « créer du neuf avec du vieux » en puisant du côté de l’Époque médiévale. On va donc assister à une forme de réappropriation des armes blanches, des cuirasses et des armes de jets mais davantage pour des coups de mains et des opérations qu’avec anachronisme assumé, nous pourrions qualifier de « commandos ». Français et Allemands s’y sont investis mais comme nous le verrons, les plus « novateurs » dans le domaine seront les Italiens et les Austro-Hongrois. Si l’adoption de ces nouvelles techniques peut paraître anecdotique, elle est intéressante pour être soulignée. Mais pour terminer cette introduction, laissons parler l’historienne Béatrice Heuser : « De nombreuses formes de technologies anciennes ont survécu jusqu’à l’ère nucléaire. La technologie n’a guère évolué depuis la Guerre de Trente Ans jusqu’au milieu du XIXe siècle » (1).

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Landser posant avec leurs Stirnpanzer

1 – Le retour des armes de jet

– Avec l’apparition des Minenwerfer allemands à la fin de 1914, les Français se retrouvent dépourvus de réplique adéquate. Du coup, en attendant l’arrivée du célèbre « crapouillot » et des lance-bombe, des esprits ingénieux mettent à profit leur savoir-faire pour « bricoler » des lance-grenades avec les quelques moyens dont ils disposent. Reprenant les systèmes des arbalètes, ils mettent donc au point des armes de jets sophistiquées. Les plus célèbres d’entre elles étant la Continuer à lire … « Quand des soldats de la Grande Guerre redeviennent arbalétriers et piétons »

Inventions et innovations de combats – Les gaz

Incontestablement, les gaz toxiques forment presque un « mythe » de la Grande Guerre. N-a-t-on jamais lu ou relu dans nos manuels scolaires que l’emploi des gaz était l’un des aspects représentatifs de la guerre totale. L’article suivant vous propose un point sur cette innovation chimique qui aura autant marqué les esprits que des milliers de soldats dans leur corps.

John Singer Sargent ; « Gassed » Source : http://huntingtonblogs.org
John Singer Sargent ;
« Gassed »
Source : http://huntingtonblogs.org

1 – L’innovation vient d’abord de la France

– Ce que l’on sait moins c’est que l’emploi des gaz toxiques en temps de guerre a été prohibé avant la Grande Guerre (Conférences de La Haye et de Genève). Or, lorsque le front ouest se fige à la fin de l’année 1914, l’Oberste-Heeres-Leitung (OHL) envisage d’employer les gaz toxiques afin de briser la résistance française et britannique sur plusieurs points du front. Mais comme le Continuer à lire … « Inventions et innovations de combats – Les gaz »

Centenaire des offensives de septembre 1915 – Les Britanniques à Loos (3)

– En septembre 1915, les lignes britanniques couvrent les Flandres et l’Artois. Après les batailles de mai et juin (Artois, Vimy, Lorette, Crête d’Aubers, Festubert et Ypres), l’été a été calme même si les deux côtés en ont profité pour renforcer leurs défenses, et planter davantage de mines. En accord avec les Français, l’Armée britannique couvre un front allant du nord d’Ypres au sud de Lens. En août 1915, la nouvelle IIIrd Army d’Edmund Allenby s’ancre entre la Somme et Hébuterne. Entre mai et septembre 1915, 15 nouvelles divisions de volontaires de la New Kitchener’s Army ont débarqué en France.

Source : http://www.thecourier.co.uk
Source :
http://www.thecourier.co.uk

1 – La préparation

– Après un engagement qui a presque tourné au massacre à La Bassé les 15-16 juin 1915 en soutien des offensives de Foch en Artois, l’attaque dans le secteur de Loos-en-Gohelle marque l’engagement le plus important des forces britanniques, en contribution avec les grandes offensives françaises voulues par Joseph Joffre en Artois (Foch) et Champagne (Castelnau). Joffre pense qu’une supériorité numérique alliée peut permettre d’emporter leur décision.

– Dans sa biographie consacrée à Ferdinand Foch, Jean-Christophe Notin a bien montré les objectifs et l’imbrication de l’offensive de Loos dans le plan français. Laissons-lui alors la parole. Pour percer dans le Nord de la France, Foch prévoit de Continuer à lire … « Centenaire des offensives de septembre 1915 – Les Britanniques à Loos (3) »

Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2)

– Pour percer sur le Front de Champagne, le Groupe d’Armées Centre (GAC) d’Edouard de Castelnau aligne la IIe Armée de Philippe Pétain sur la droite (XIe, XIVe, XXe Corps et Ier Corps Colonial), la IVe Armée de Ferdinand Langle de Cary sur la gauche (IVe, VIIe, XXXIIe Corps et IInd Corps Colonial), ainsi que les IIe et IIIe Corps de Cavalerie en arrière des lignes de tranchées.
– Le dispositif des deux armées se situe à l’ouest de Perthes-les-Hurlus. Le tout regroupe 375 000 hommes avec 35 Divisions d’Infanterie. Les forces d’assaut sont appuyées par 2 000 pièces d’artillerie (1 150 canons de 75 et 850 pièces lourdes). Il apparaît clairement que les effectifs en bouches à feu du GAC sont plus importants que ceux alloués au GAN pour l’offensive de Foch en Artois. Misant sur une importante puissance de feu, le GQG a alloué 1 250 obus par canon de 75 ! Mais cette générosité aura un grave impact comme nous le verrons. De son côté, dans un ordre signé à l’adresse des généraux et colonels de la IIe Armée, Philippe Pétain préconise une coopération étroite entre officiers d’Infanterie et d’Artillerie afin de régler au mieux les tirs de préparation d’artillerie et les feux d’appui (1).
Toutefois, la logistique française a fait des prodiges. En effet le ravitaillement a été très bien assuré, notamment grâce au doublement de la voie de chemin de fer Châlons-en-Champagne – Sainte-Menehould.

– D’un point de vue technique, Joffre et Castelnau prévoient que l’infanterie perce sur un front de 35 km entre le Massif de Moronvilliers (Auberive-sur-Suippes) et le Bois de Ville -(Ville-sur-Tourbe), au-delà des rivières Dormoise et Py. Ensuite, la Cavalerie doit passer dans la brèche afin d’exploiter la percée dans la profondeur du dispositif ennemi. Simultanément, les IIIe et Ve Armées doivent Continuer à lire … « Centenaire des offensives de septembre 1915 – Champagne (2) »