Guerres & Histoire – Les snipers

– La très bonne revue d’histoire militaire Guerres & Histoire consacre son dossier principal aux snipers.
Dirigé par le Colonel Michel Goya – connu pour ses analyses pertinentes sur l’Armée et les conflits en cours – le dossier en question consacre plusieurs lignes aux tireurs d’élite durant la Grande Guerre.

– On y constate que les troupes du Commonwealth – notamment les Canadiens, de par la proportion de professionnels du tir engagés dans leurs rangs – ont été particulièrement novateur dans le domaine. Notamment, avec des personnalités comme le Major anglo-indien Hestketh-Prichard. Ceci-dit, les Allemands n’ont pas été en reste dans l’extension du nombre de ce type de soldats. De son côté, l’état-major français a permis aussi de développer cette discipline en y gardant un œil tatillon, par crainte de voir émerger des soldats plus détachés de la hiérarchie.

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8 décembre 1914 – Victoire navale britannique des Falklands (résumé)

Aujourd’hui, quittons les tranchées pour les flots glacés de l’Atlantique sud.

– Début décembre 1914, après avoir battu l’escadre du Rear-Admiral Cradock au large des Îles Coronels dans le Pacifique (Chili), l’escadre de l’Admiral Maximilian Graf von Spee (croiseurs lourds « Gneisenau » et « Scharnhorst » ; croiseurs légers « Leipzig », « Dresden » et « Nürnberg ») décide de franchir le Cap Horn pour attaquer les positions britanniques des Malouines, non loin du détroit de Magellan.
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– Entretemps, à Londres, l’Amirauté britannique que dirige Sir Winston Churchill a décidé de prendre une revanche sur la
Kriegsmarine. Une puissante division de surface est réunie en Grande-Bretagne sous la direction du Rear-Admiral Sir Frederick Sturdee. Celui aligne les dreadnoughts (croiseurs de bataille) HMS « Invincible » et « Inflexible » puissamment armés de pièces de 305 mm, ainsi que les croiseurs HMS « Bristol », « Carnavon », « Cornwall » et « Kent ». Traversant l’Atlantique du nord au sud, les deux cuirassés rallient Port Stanley le 1er novembre, rejoignant deux vieux croiseurs rescapés de la défaite des Coronels, les HMS « Canopus » et « Glasgow ».

– La chance est du côté de la Royal Navy. En effet, Continuer à lire … « 8 décembre 1914 – Victoire navale britannique des Falklands (résumé) »

Oskar von Hutier (1857-1934)

– Bien que méconnu aux yeux du public intéressé par la Grande Guerre, Oskar von Hutier reste sans doute l’un des généraux allemands comptant parmi les plus compétents sur la plan tactique. Plus particulièrement dans l’emploi des Stosstruppen ou Sturmtruppen (troupes d’assaut).
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– Issu d’une famille de militaires saxons, Oskar von Hutier voit le jour à Erfurt (à l’époque en Saxe) le 27 août 1857. Son père, Cölestin von Hutier est un officier de l’armée prussienne qui terminera sa carrière avec le grade d’Oberst (Colonel). La guerre est presqu’une affaire de famille, puisque son grand-père a servi dans les troupes saxonnes de la Grande Armée durant les guerres napoléoniennes.
Suivant la tradition familiale, le jeune Oskar intègre les rangs de la Kaisersheer en 1875, comme Sekondeleutnant (Sous-lieutenant) au 2. Nassauisches-Infanterie-Regiment 88. Promu Bataillon-Adjudant en 1881, il est promu Premierleutnant (Lieutenant) en 1883. En 1885, il rejoint les bancs de la Preussens-Kriegsakademie et y sort en 1888 avec le grade de Hauptmann (Capitaine). Remarqué par ses supérieurs, il intègre le Continuer à lire … « Oskar von Hutier (1857-1934) »

Sir Arthur Currie

– Curieux destin que celui de ce général Canadien froid et sans charisme qui s’est néanmoins révélé un fin tacticien, soucieux de l’économie du sang.
Arthur William Currie naît le 5 décembre 1875 à Strathroy-Caradoc dans la Province de l’Ontario.
General Currie, Commander of the Canadian troops in France, and
– Il ne se destine nullement au métier des armes puisqu’avant le déclenchement de la Guerre, il exerce les métiers de professeur et d’agent en assurances-vie. Cependant, il intègre la Militia (Milice) comme artilleur au 5th Regiment Canadian Garrison Artillery en 1897. Promu Captain en 1902, Arthur Currie montre un intérêt tout particulier pour la science militaire et notamment l’emploi de l’artillerie. Il gravit les échelons et est promu Lieutenant-Colonel en 1909 et commande le 5th Regiment CGA. En 1913, il se retrouve placé à la tête du nouveau Continuer à lire … « Sir Arthur Currie »

L’emploi de l’Infanterie britannique 1914-1916 (seconde partie)

2 – Les tentatives d’adaptations tactiques pour la « New Kitchener’s Army » (1915-1916)

– Les très lourdes pertes de la fin de l’été et de l’automne 1914 privent le British Expeditionnary Force d’un grand nombre de soldats professionnels qualifiés au maniement du fusil. L’état-major impérial n’a d’autre choix que d’envoyer en renfort les recrues volontaires de la New Kitchener’s Army et les réservistes de la Territorial Army. Rappelons que c’est la première fois dans son histoire militaire que la Grande-Bretagne opère une telle levée de soldats. En comparaison, les deux pays de conscription que sont la France et l’Allemagne ont pu lever rapidement plus de 1 million d’hommes chacune.

– Conséquence pour l’Armée britannique, l’instruction des soldats qui partiront combattre dans les Flandres et dans le Nord de la France doit être accélérée, ce qui abaisse la qualité de l’enseignement réglementaire au maniement du fusil, contrevenant ainsi à l’idée qu’une victoire tactique peut être remportée grâce à la discipline de feu des armes individuelles. Pour remédier à ce modèle, l’état-major fait distribuer davantage de nouvelles mitrailleuses Lewis à chargeur tambour incurvé, bien plus facilement déplaçables pour des fantassins que les robustes Vickers (1).


– Par conséquent, dès le début de l’année 1915, le BEF décide de revoir plusieurs de ses principaux schémas tactiques, sans renier ses « principes classiques » qu’ils réadapte au regard de la situation (P. Griffith). Toutefois, le BEF fait traduire en urgence des essais d’officiers français qui représentent pour eux des idées modernes. Sauf que les productions littéraires sélectionnées fondent leur réflexion sur l’expérience de la Guerre de Sécession. En dépit de cette référence historique, la réflexion en faveur du combat voit naître une prolifération d’ouvrages fondée sur des expériences personnelles et l’analyse des tactiques ennemies. Mais contrairement à leurs homologues français qui centralisent le débat au sein de l’École de Guerre, les officiers supérieurs britanniques tentent de trouver des solutions de manières individuelles, engendrant une Continuer à lire … « L’emploi de l’Infanterie britannique 1914-1916 (seconde partie) »

L’emploi de l’Infanterie britannique 1914-1916 (première partie)

– Dans l’imaginaire et la mémoire collectifs, l’image de l’Infanterie britannique de 1914-1918 reste attachée au Tommy, soldat flegmatique, coiffé de son casque plat Brodie et officier impeccablement sanglé dans son battledress kaki. Cependant, comme je le signalais sur un autre blog dans un article brossant partiellement l’histoire du Tommy de 1914, l’Infanterie britannique reste sans doute (trop) méconnue. Cet article a pour but d’approfondir son histoire en se penchant sur son emploi au combat.

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I – La tactique des « Old Contemptibles »

– Comme l’explique l’historien Paddy Griffith, au début du XXe siècle, l’Armée britannique fonde l’emploi de son infanterie sur une tradition qui relève presque du mythe : celle du fantassin autonome sur le champ de bataille, pièce maîtresse du succès. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent dans l’histoire de l’Angleterre : les archers d’Azincourt ; les soldats du « Duc de Fer » face aux troupes napoléoniennes à Albuera et Waterloo ; la compagnie de tuniques rouges du 11th Bn. Borders à Rorke’s Drift face aux Zoulous et la résistance impétueuse des hommes de Sir Baden-Powell face aux Boers à Mafeking. Ainsi, dans l’Armée de Sa Majesté, la notion d’autonomie était étroitement associée à l’Infanterie qui restait l’arme la plus nombreuse en termes d’effectifs.
Mais le mythe prend un coup dans l’aile au début du XXe siècle quand les Continuer à lire … « L’emploi de l’Infanterie britannique 1914-1916 (première partie) »

1915 : La généralisation des grenades à main

– Sans être un projectile de combat inconnu (on l’utilisait déjà aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle), la grenade à main connaît une généralisation de son emploi chez les belligérants. Arme offensive autant que défensive, elle a pour « vertu » d’offrir au fantassin une plus grande puissance de feu pour les combats de tranchées. L’article ci-dessous a pour but de passer en revue les différents types de grenades utilisés par les belligérants. Nous aborderons les grenades à fusil dans un article ultérieur.

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– A la fin de l’été 1914, les fantassins allemands peuvent apparaître comme les mieux armés avec leur emploi des Kügel Granate M1913. Ce projectile offensif, répandu en quantité limitée (à peine 100 000 exemplaires), est en somme toute rudimentaire puisqu’il consiste en un cylindre rempli d’explosif fixé à un manche en bois pour augmenter la portée de jet et d’un détonateur. Les Britanniques utilisent aussi des  grenades, plus particulièrement la Mark I 1908 explosant à l’impact. Mais ce modèle est coûteux à produire et distribué aux unités du Génie (Royal Engineers) pour la neutralisation de points fortifiés et non pour un assaut d’Infanterie. Chez les Français, les grenades sont elles aussi utilisées mais là encore, en quantité fort restreinte.

– La demande en grenades à main va donc croissant avec Continuer à lire … « 1915 : La généralisation des grenades à main »