Armées, stratégies et tactiques dans « Star Wars » – Partie 4

IV – TACTIQUES STELLAIRES ET TERRESTRES

– Tout d’abord, cela n’aura échappé à personne, en créant son univers, George Lucas a donné une dimension titanesque aux combats. Les batailles sont caractérisées par le gigantisme des moyens employés, notamment des vaisseaux, pour certains longs de plusieurs kilomètres. Inconcevable sur Terre. En revanche, l’univers guerrier de la Galaxie lointaine nous offre de plaisantes inepties au niveau des véhicules. Quel ingénieur militaire à l’intellect normalement constitué aurait l’idée de concevoir des engins bipodes ou quadripodes, au regard de leur maniabilité réduite et de leur lenteur ? Cependant, les tactiques de combat employées dans l’univers de Stars Wars ne sont pas indignes d’intérêt, ne serait-ce que par la diversité des méthodes employées, selon l’espace et les armées.

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A – MAÎTRISER ET DÉFENDRE L’ESPACE STELLAIRE

– La saga de George Lucas et la série « The Clone Wars » fait assaut de nombreuses batailles stellaires. Mais au-delà de l’esthétique et du rythme des combats, l’enjeu reste d’abord le contrôle de planètes ou de systèmes, notamment les secteurs vitaux à l’économie de guerre. Quand la CSI veut faire plier une planète (type Naboo), elle use du blocus, interdisant ainsi toute entrée ou sortie. En outre, la puissante artillerie des croiseurs et destroyers, couplée à la rapidité et la vélocité des chasseurs, peut contrer toute tentative de contre-attaque, si celle-ci n’est pas coordonnée. Pour venir au secours des systèmes assiégés (car c’est bien de combats de siège dont il s’agit), la flotte républicaine engage une flotte combinant destroyers, croiseurs, chasseurs mais aussi des forceurs de blocus. Ces derniers sont des vaisseaux rapides et bien armés captables d’endommager sérieusement des vaisseaux plus gros qu’eux. Les plus perfectionnés sont même équipés d’un système qui les rends furtifs. On le voit notamment dans la première saison de « The Clone Wars » quand Anakin Skywalker et Wulff Yularen réussissent à tromper le Général Trench lors de la Bataille de Christophsis.

– Pour ce qui est de la défense des systèmes, les belligérants utilisent soient des flottes de protection mais aussi des boucliers déflecteurs chargés de protéger chaque planète. Il est généralement fréquent que les générateurs soient situés sur la planète en question mais il arrive aussi que les planètes soient protégées par des boucliers stellaires beaucoup plus puissants. On le voit notamment dans le dernier tiers de « Rogue One » lors 

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Bataille de Scariff. Or, ces boucliers doivent être constamment défendus par une puissante DCA appuyée par des escadrilles de chasseurs (10 – 12 engins/escadrille). Ensuite, pour attaquer ou défendre des systèmes, chaque belligérant utilise toute une gamme de techniques de combat qui ne reposent pas sur le seul usage de l’artillerie et des chasseurs : falsification de données, piratage des circuits et fréquences informatiques, leurres, contre-mesures, infiltration de droïdes spéciaux ou de commandos clones, etc. Dans le roman de James Luceno « Tarkin », on voit comment des groupes de pirates peuvent aussi utiliser les armes de communication tel l’HoloNet afin de diffuser de faux messages d’information et de faux ordres à l’adresse de bases impériales.

– Avec l’avènement de l’Empire, la guerre de masse n’a pu lieu d’être mais la flotte de Palpatine conserve une puissante armada. Or, les mouvements de Rébellion s’organise et la Flotte impériale est contrainte de s’adapter. En effet, au lieu de combattre par escadres entières, elle doit pourchasser et anéantir des petits groupes de rebelles qui – bien que peu coordonnés à leur débuts – circulent dans la galaxie de la façon la plus furtive qu’il soit. Et bien entendu, l’Empire pourchasse également les contrebandiers dans le but de mettre fin à leurs activités illégales (quand des Amiraux et Moffs corrompus ne passent pas des accords avec eux). Du coup, la flotte impériale surveille autant les routes commerciales (afin que l’Empire y conserve son monopole) que des secteurs moins empruntés. Pour cela, la flotte se dote d’un nouveau type de vaisseau, redouté des cellules rebelles : le croiseur « Interdictor ». Doté de quatre générateurs de puits gravitationnels, il peut détecter n’importe quel vaisseau en hyperespace et arrêter sa course par un puissant rayon. Ensuite, les vaisseaux suspects sont arraisonnés grâce à un puissant rayon tracteur. Quand les Impériaux ne disposent pas d’interdicteur, ils peuvent pour chasseur des vaisseaux rebelles en traçant leurs coordonnées. S’ils ont affaire à un groupe de vaisseaux, ils lâchent les chasseurs TIE et leur nombre fait le reste.

– Très fin tacticien, l’Amiral Thrawn (dont on peut apprécier les talents dans « Star Wars Rebels ») fait en sorte d’attirer la flotte rebelle dans un piège. Distribuant des faux renseignements et démasquant les agents infiltrés de la Rébellion, il réussit à piéger la flotte de Jan Dodona sur la planète Atollon. Il faudra l’inconséquence d’un des ses ambitieux subordonnés, l’intervention de Mandaloriens et celle de l’étrange Bendu (un être qui maintient l’équilibre dans la Force) pour que son plan si bien agencé échoue. Mais les lecteurs de Timothy Zahn apprécient les talents de l’officier Chiss* dans l’excellente trilogie « La croisade noire du Jedi fou ». Attirer les Rebelles par la « fuite » de renseignements (quitte à tuer des agents de la rébellion et sacrifier des pilotes pour rendre cela plus crédible), telle est aussi la tactique de Palpatine lors de la bataille d’Endor. Mais il arrive que l’Empire a également besoin de reconnaître le terrain. Pour le coup, les officiers impériaux peuvent envoyer des sondes, voire même des droïdes de sabotage et d’infiltration, afin de neutraliser la défense ennemi avant d’envoyer les vaisseaux, les Stormtroopers ou les commandos impériaux.

– Mais quand il s’agit d’anéantir des bases rebelles, l’Empire peut compter sur deux choses : premièrement, la puissance de feu de ses vaisseaux, notamment avant l’achèvement de l’Etoile Noire. On peut voir un très bon exemple dans la Saison 3 de « Star Wars Rebels ». En effet, après avoir contraint la flotte de Jan Dodona à se replier sur Atollon, Thrawn décide de porter le coup de grâce par une action combinée flotte – unités terrestres qui manque d’avoir raison de l’importante cellule rebelle. L’autre élément, directement issu de la stratégie de la terreur théorisée par Wilhuff Tarkin reste bien entendu l’étoile de la mort.

– De son côté, comme dit dans un article précédent, à défaut de maîtriser des systèmes, la Rébellion change constamment de base. Elle recourt également à des forceurs de blocus. Mais le problème des effectifs limités se pose assez vite. Ils sont résolus avec l’Amiral Ackbar. Comprenant qu’il est vain d’engager toute la flotte, Ackbar constitue plusieurs escadres combinées (croiseurs, frégates d’assaut, frégates médicales, X-Wings, A-Wings, Y-Wings, B-Wings, cargos et vaisseaux civils modifiés) qui sont surtout chargées de harceler et de détourner la flotte impériale, supérieure en moyens. Le cas le plus illustratif étant lors de la bataille d’Endor ou la flotte rebelle couvre l’action du groupe d’Yan Solo sur la lune forestière. Ainsi, la Flotte rebelle n’engage pas ses croiseurs, trop précieux. L’élément tactique principal reste le chasseur-intercepteur X-Wing, bien qu’utilisé avec économie car les bons pilotes sont une denrée rare. Le plus célèbre d’entre eux étant, bien entendu le Capitaine (puis Commandant) Wedge Antilles, charismatique et talentueux « leader » de l’Escadron « Rogue »**. Du coup, les Rebelles frappent des cibles soigneusement choisies et sur des cibles précises définies suivant les renseignements récoltés. C’est notamment le cas lors des bataille d’Yavin et d’Endor. Mais celles-ci présentent chacune un caractère différent. Dans l’Episode IV, l’attaque de l’Etoile Noire I consiste à envoyer des chasseurs et bombardiers effectuer une attaque directe contre un point névralgique de la station orbitale. A ce moment, les Rebelles n’utilisent que leurs X-Wings et Y-Wings ; les premiers escortant les seconds avant de prendre le relais de l’attaque suite à l’échec de la destruction de l’objectif par l’Escadron « OR ». Dans l’Episode VI, les Rebelles mettent davantage de moyens contre l’Etoile noire II ; les croiseurs offrant un appui aux chasseurs.

– Enfin, en matière de défense de systèmes, chaque belligérant fonde sa riposte sur des éléments navals bien entendu mais aussi sur des défenses au sol. On peut le voir dans la série « The Clone Wars », « Rogue One », « Un nouvel espoir » (même s’il s’agit des défenses de l’Etoile noire) et dans la littérature « Tarkin » (J. Luceno) ou « Etoiles perdues » (Cl. Gray).

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B – LES COMBATS STELLAIRES : ENTRE COMBATS D’ESCADRE, ATTAQUES CIBLÉES ET ABORDAGE

« La revanche des Sith » s’ouvre une l’un des plus beaux plans filmiques  de la prélogie : la bataille de Coruscant. On peut en effet y voir des vaisseaux de la CSI dans un combat particulièrement féroce avec ceux de la République. Dans l’univers étendu de la saga, ce type de bataille est connu et fréquent, chaque adversaire essayant de s’anéantir mutuellement. Mélange entre porte-avions et cuirassés, les croiseurs et destroyers stellaires (« Venator » pour la République ; « Impérial » pour l’Empire et Croiseurs Mon Calamari pour la Rébellion) sont les principaux éléments tactiques, du fait qu’ils disposent d’une puissante artillerie (inimaginable à nos yeux de terriens) et peuvent embarquer chasseurs, canonnières,  bombardiers et troupes à pied. Autour d’eux gravitent également des frégates d’assaut, des frégates médicales et des vaisseaux de soutien en tous genres. Durant les combats, ils utilisent leur puissance de feu maximale en utilisant la protection de leur bouclier déflecteur. Une technique consiste également à utiliser des canons à ions dont les rayons ne détruisent pas le vaisseau mais neutralisent les systèmes électroniques. Cela permet de faire l’économie des turbolasers et canons lasers. En effet, dès que les systèmes électroniques (incluant celui des boucliers déflecteurs) sont rendus inopérants, l’artillerie  embarquée ennemie peut engager un puissant tir concentré qui peut détruire un croiseur ou un destroyer.

– L’autre tactique employée pour détruire des vaisseaux ou des bases spatiales reste l’engagement de bombardiers équipés de torpilles à protons. Couverts par les chasseurs (« Rogue Porax » droïde ; ARC-170 et Z-95 républicains ; X et A-Wings rebelles ou encore TIE), ils attaquent les structures de vaisseaux afin d’en faire exploser une ou plusieurs parties. Mais cela requiert des attaques à 1 ou plusieurs escadrons (10-12 vaisseaux en moyenne) afin de venir à bout des boucliers. Autre tactique employé, attaquer les réacteurs à la torpille ou au missile car c’est la partie la plus vulnérable des grands vaisseaux. A l’inverse, en terme de défense, les croiseurs et les destroyers peuvent compter sur leur titanesque artillerie et les vaisseaux qu’ils embarquent. D’ailleurs, la CSI présente une similitude avec les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale ; l’utilisation de droïdes kamikazes contre les vaisseaux de l’alliance. Rebelles et impériaux peuvent aussi compter sur des frégates et navettes d’appui. Enfin dans « Rogue One », on peut voir la flotte de l’Amiral Raddus user d’une tactique pour le moins originale. Non sans rappeler l’emploi des galères de l’Antiquité ou de l’Epoque Moderne, les Navettes « Hammerhead » (très bien nommées « tête de marteau »), dotés d’un imposant rostre et de puissants réacteurs peuvent être utilisée pour dévier des croiseurs impériaux et qui, plus est, provoquer de colossales collisions entre deux (voire trois) vaisseaux de ce type.

– L’usage des chasseurs peut différer selon les belligérants. Durant la Guerre des Clones, ils servent d’abord d’intercepteurs et d’appareils de couverture. Après ce conflit, l’Empire peut compter sur ses escadrons et groupes de chasseurs et bombardiers TIE. Sauf que, comptant plus sur la masse que sur la qualité, les amiraux impériaux n’hésitent pas à sacrifier des pilotes. Pourtant, l’Académie impériale forme d’excellents pilotes (dont Wedge Antilles et Yan Solo). Mais n’étant pas confronté à un ennemi « conventionnel » (au sens « armée de masse ou étatique ») mais à des petits groupes, l’Empire estime que le nombre n’est pas un problème. Il peut engager de très bons pilotes dans des missions suicides, le renouvellement est assuré… Du moins le croit-il. En effet, à mesure que le nombre d’engagements coûteux augmente, les pertes ne sont pas comblées. Les très bons pilotes formés avant la Bataille de Yavin disparaissent progressivement face aux Rebelles. Et le coup le plus dur est asséné par la destruction de l’Etoile Noire. Et jusqu’à la bataille d’Endor, les pilotes nouvellement formés n’ont pas l’expérience de leurs aînés. A l’inverse, les Rebelles (qui ont beaucoup appris grâce à leur propre expérience, aux anciens impériaux et aussi grâce à quelques contrebandiers) s’aguerrissent et s’enhardissent. Pire encore, conservant son idée de production massive et rapide, l’Empire sacrifie la qualité de ses appareils de combat. Ainsi, les chasseurs TIE – dont le rugissement strident n’est pas sans rappeler quelque peu celui des Ju-87 « Stuka » – ne sont tout simplement pas équipés de boucliers déflecteurs, ce qui les rends davantage vulnérable. En revanche, utilisés en nombre, ses vaisseaux agiles peuvent s’avérer redoutables.

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– Chez les Rebelles, les pilotes de A-Wing mais surtout de X-Wing sont de véritables « bonnes à tout faire » de la flotte de Mon Mothma : reconnaissance en profondeur, interception, bombardement quand les Y-Wings viennent à manquer (c’est le cas lors de l’attaque de l’Etoile de la Mort dans l’Episode IV), poursuite et même attaque/appui au sol. A vrai dire, en dépit de quelques défauts (manque de vitesse), le X-Wing est un appareil très polyvalent et bien armé. Ainsi, ses quatre turbolasers fixés à l’extrémité de chaque aile lui offre un meilleur rapport puissance/concentration de feu que les TIE impériaux. Cela implique de disposer d’hommes bien instruits et expérimentés. Si l’on suit les aventures des Ro

 

gues on peut voir que les très bons pilotes de X-Wings sont concentrés au sein de plusieurs escadrilles. Mais la sélection est rigoureuse. Ceux qui ont moins d’expérience sont envoyés perfectionner leur instruction ou bien dans des secteurs calmes le temps de se rôder. Mais quand on regarde les aventures de Wedge Antilles et de ses dix hommes (dans les romans de Michael Stackpole) ont voit très bien qu’il s’agit de soldats capables de s’adapter aux situations et de faire preuve d’imagination comme d’improvisation. Le tout est, soit de réussir la mission, soit de se tirer d’un mauvais pas ou d’un guet-apens sans trop de casse. A l’inverse, les pilotes impériaux sont beaucoup plus procéduriers et moins autonomes tactiquement, leur succès dépendant davantage des bonnes décisions – ou des bons réflexes – de leurs officiers supérieurs postés sur les ponts des croiseurs ou des destroyers. L’économie des forces qui prime chez les Rebelles conduit les généraux et amiraux à user des X-Wings et Y-Wings dans ce qui s’apparente à des frappes ciblées. On le voit bien dans « Rogue One » quand des X-Wings pratiquent une forme d’attaque au sol, rapide et brutale, contre la base d’Eadu où se situe de le centre de recherche impérial dont les travaux portent sur l’Etoile Noire. Et il en faut peu pour que la Rébellion décapite une partie du commandement de la station spatiale de combat, puisque le Directeur Orson Krennic échappe de peu à la mort.

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Le Grand Amiral Thrawn

– Il n’empêche que la tactique rebelle repose également sur un haut degré d’adaptation et d’improvisation. En ce sens, l’armée de Mon Mothma est plus souple que l’Armée impériale, bien plus rigide et qui se fonde sur des procédures tactiques plus rigides. Ce qui ne va pas en s’améliorant avec la chape de plomb que fait peser Dark Vador sur les impériaux. Dans ce sens, Mon Mothma et ses officiers n’hésitent pas à promouvoir des personnalités qui ne sont pas issus des rangs militaires et à leur confier des commandements risqués, en se fondant sur leur capacité à se tirer de situations délicates sinon désespérées. Dans un sens, la Rébellion valorise les compétences avant l’origine, du moment qu’elles concourent efficacement à la victoire. On connaît le cas d’Yan Solo nommé Général. Mais Lando Calrissian – ancien contrebandier lui aussi – est nommé Général dans la flotte rebelle. Et on le voit face à la flotte impériale, son coup d’œil et son sens de l’adaptation épargne du sang et des vaisseaux à l’Amiral Ackbar. C’est Calrissian qui a l’idée d’approcher les croiseurs rebelles des impériaux afin que les artilleurs de l’Etoile noire II ne déclenchent pas de tirs « fratricides », neutralisant ainsi la puissance de feu de la base orbitale.

– L’abordage est également un procédé utilisé dans les combats stellaires à grand échelon ou bien dans le cadre d’embuscades. On peut le voir notamment dans le film d’animation « Clone Wars » ou la série « The Clone Wars ». Des unités spéciales de droïdes ou de formations de clones et de Jedi sont spécialement formées pour attaquer les vaisseaux. Les Mandaloriens ont aussi cette compétence mais pour leur propre compte. Equipées de jetpacks (et d’équipements respiratoires quand il ne s’agit pas de machines) ces petites unités doivent détruire du matériel fixés sur la structures (radars, émetteurs, récepteurs, etc.). Les pirates et les rebelles utilisent également des techniques d’abordage. On l’apprend notamment dans « La Trilogie d’Yan Solo » d’Ann C. Crispin. Une première technique consiste à immobiliser un vaisseau et de se fixer au niveau d’une porte ou d’un sas avant d’investir la proie. Mais le Commando « Main Rouge » utilise une autre technique. Après avoir soigneusement tracé une cible (vaisseaux esclavagistes, destroyers impériaux, navettes et yachts de trafiquants…), un croiseur embarquant navette et commandos immobilise la cible en question. Quand celle-ci est immobilisée et contrainte de rester en stationnaire, une navette rebelle chargée de l’investir se colle à sa structure, pendant que 2 ou 3 autres s’en prennent aux canons amovibles. Pendant ce temps, dans la navette où se trouve le commando, des forces spéciales forcent le sas avec du matériel spécial. Puis, le commando investit le vaisseau, nettoie les coursives à l’aide de grenades (assourdissantes, fumigènes, offensives) et s’empare des machines comme de la salle des commandes.

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C – LES COMBATS TERRESTRES : ENGAGEMENT DE MASSE MÉCANISÉS ET ENGAGEMENT RESTREINTS

– Une chose est certaine, utiliser des quadripodes dans des combats de masse relève de l’ineptie aux yeux de tout historien ou spécialiste de la question militaire qui se respecte. Mais comme c’est l’univers créé par George Lucas, nous passerons outre. Premièrement, l’Univers de « Star Wars » (livres et films) montre davantage des combats urbains que des combats terrestres. Les batailles les plus importantes – en nombre d’effectifs et de moyens engagés – sont (montrées) dans « L’attaque des Clones » (Bataille de Geonosis), « La Revanche des Sith » (Kasshyyk) et « L’Empire contre-attaque » (Hoth). La Guerre des Clones a clairement été une guerre de masse alors que la Guerre civile Galactique implique des forces beaucoup plus restreintes, en raison de la dissémination des bases rebelles et des effectifs engagés relativement réduits.

– Dans les deux premiers volets de la saga on voit clairement que la République et la CSI engagent des moyens sensiblement équivalents. Ainsi Clones et droïdes engagent des armées qui disposent d’importants effectifs numériques avec un puissant appui en artillerie mobile (ALAP et en tanks. Les deux utilisent donc les combinaisons interarmes. Les « fantassins » sont constamment appuyés par des canons mobiles (appui-feu rapproché), des chars (Droïdes araignées,  tanks droïdes IG-227 et NR-N99 ; NAT-TT et RT-TT républicains ; CB-TT, TR-TT et TB-TT impériaux) ou des engins de reconnaissance légers. Et les troupes d’assaut coopèrent par liaison électronique (comlinks) ou holographiques avec les unités de second échelon qui fournissent l’appui feu indirect. A cette fonction, on trouve bien entendu les canons lourds mais aussi les puissantes plateformes d’artillerie qui sont capable de délivrer d’impressionnants feux concentrés

 

 tout en se déplaçant de façon autonome. Autres engins pouvant délivrer un tir de soutien, les canonnières. La CSI en utilise mais les TIO/BA et TLO/BA républicaines sont un parfait exemple d’interopérabilité. En effet, comparables aux hélicoptères des grandes armées contemporaines, elles peuvent transporter hommes, blindés mais aussi avant-postes médicaux, tout en délivrant un tir direct de soutien grâce à ses canons lasers. Autre engin très utile, le véhicule d’appui HAVw « Juggernaut », un monstre tout-terrain à 8 roues géantes qui peut passer dans des endroits difficiles afin d’acheminer rapidement troupes et matériels. Mais après la Guerre des Clones, l’Empire ne semble pas le réutiliser, préférant les bases mobiles PX-4. Dans « Rogue One », on en voit un recyclé comme véhicule pénitentiaire. Il est d’ailleurs étonnant de ne pas voir des engins équivalents dans l’Armée Impériale des épisodes IV, V et VI, alors qu’ils auraient été très utiles des opérations de ratissage ou d’anéantissement des poches de résistances rebelles. George Lucas n’y aura pensé qu’après-coup, involontairement…

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– En revanche, il arrive que la mécanisation fait face à ses propres limites, notamment à cause de l’environnement des planètes. C’est le cas notamment lors de la Bataille de Jablim dans l’excellente série de bandes dessinées « Clone Wars » (Delcourt). Dans cette bataille sanglante contre un groupe allié des séparatistes, les lourds quadripodes (AT-AT) de la République sont rendus inopérants par le temps exécrables et la boue. Du coup, un groupe de jeunes Jedi est isolé des Légions clones et se fait littéralement massacrer jusqu’au dernier, non sans avoir éliminé le chef ennemi. Les Clones subissent 20 000 pertes (dans notre univers, cela peut correspondre à une bataille de la Grande Guerre ou du Front de l’Est) et l’Armée loyaliste doit évacuer le secteur. Cette lourde de défaire de la République s’explique par l’absence totale de coordination entre les groupes dues au temps et au brouillage des communications. Si celles-ci sont inopérantes, les différentes unités se retrouvent aveugles, sourdes et muettes, causant la dislocation du dispositif offensif ou défensif. Du coup, l’ennemi en profite et peut anéantir chaque groupe en une série d’assauts séquencés.

– Penchons-nous sur les spécificités de chaque armée de la saga. Nous n’évoquerons pas les tactiques de certains alliés des Séparatistes de la CSI puisque leurs apparitions (séries et livres) reste assez anecdotique et trop partielle pour que les techniques de guerre soient étudiées de façon plus approfondie. Premièrement, l’Armée de la CSI privilégie le feu de masse et le nombre pour faire plier ces adversaires. Cela se comprend. Les droïdes n’ont qu’une intelligence limitée. Les officiers et généraux de la CSI doivent programmer toute une série de données dans les systèmes des engins et des robots qui sont envoyés au combat avec une ou plusieurs instructions précises auxquelles ils se tiendront. Mais ils ne chercheront jamais à innover tactiquement, ce qui explique leurs pertes. Pertes compensées par la production industrielle qui tourne à plein. Sauf que les usines ne peuvent remplacer les compétences d’officiers. A l’inverse, les Clones – de par leur dimension plus humaine – se montrent plus autonomes sur le champ de bataille et donc, plus imaginatifs. Cette aptitude leur permet de se tirer de situations difficiles. Les faits d’armes des deux héros clones que sont les Commandants Rex et Cody en sont la preuve. D’ailleurs, Rex (qui a refusé d’exécuter l’Ordre 66) apportera ses compétences à la Rébellion (voir « Star Wars Rebels »). Dans « La revanche des Sith », on peut voir ce différentiel lors de la Bataille de Kasshyyk. Ainsi, les droïdes (robots fantassins, canons d’appui et chars) semblent attaquer  en masse selon une procédure bien programmée. A l’inverse, Clones et Wookies (dont les efforts sont coordonnés par Yoda***) ont constitué des retranchements défensifs pour bloquer l’avance des droïdes, pendant que des vaisseaux Wookies attaquent les chars séparatistes en posant des bombes dessus.

– Autre cas intéressant à étudier, la Bataille de Hoth dans « L’Empire contre-attaque ». Dans ce cas précis, les forces terrestres rebelles doivent retarder les unités d’assaut impériales le temps de laisser les vaisseaux s’échapper, soutenus par les lourds canons à ions. Au sol, les Impériaux ont effectué des reconnaissances préalables avec l’envoi de sondes mais elles ont été découvertes, ce qui a alerté le Général Riekaan et Leia. Du coup, les généraux rebelles ont été capables d’organiser l’évacuation. Sauf que les unités  de combat doivent se sacrifier pour couvrir la retraite. Nous parlions d’ailleurs des pilotes de X-Wings comme véritables « bonne à tout faire » de la Rébellion. La Bataille de Hoth en est la preuve puisque les pilotes en question (toujours guidés par Wedge Antilles) se retrouvent à la commande de Snow Speeders qui attaquent les lourds TR-TT impériaux. Là encore, l’imagination de Luke compense la faible puissance des laser qui ne peuvent entamer la cuirasse des engins quadripodes. Luke utilise en effet un grappin qu’il enroule autour des pattes, causant l’immobilisation et la chute des blindés. En face, les impériaux mise sur la puissance et la cuirasse, faisant avancer les blindés à l’avant afin de percer les positions défensives des rebelles. Celles-ci ont été préalablement aménagées car elles comportent des tranchées et des batteries d’artillerie. Mais la puissance des canons lasers rebelles est trop limitée pour percer la cuirasse des TR-TT. Cette séquence n’est pas sans rappeler quelques films de guerre, notamment « La Bataille des Ardennes » de Ken Annakin****. Film de guerre tourné en Espagne (les paysages étant bien différents du massif ardennais) avec une reconstitution douteuse, il a néanmoins le mérite de comporter une séquence de combat entre Allemands et Américains assez semblables à celle de la planète de glace. Mais revenons-en à la suite de la bataille. Les Impériaux perdent 2 TR-TT mais réussissent à enfoncer la ligne des rebelles et à détruire le générateur de la base, ce qui neutralise les communications et une bonne partie du dispositif défensif. Après cela, ils débarquent des troupes d’assaut spécialisées au combat en milieu « polaire » (Snowtroopers) qui nettoient les dernières positions.

– Enfin, comme nous l’avons souligné auparavant, en matière de combat terrestre, les rebelles fonctionnent également à l’économie. En effet, leurs unités terrestres ont des effectifs limités. Et les généraux de Mon Mothma privilégient les actions d’unités commandos avec l’espoir d’obtenir de forts résultats par des actions brutales mais efficaces. Les Rebelles cherchent ainsi d’obtenir un fort rendement avec peu de moyens. Et bien souvent, les actions des commandos sont coordonnées avec l’engagement de vaisseaux afin d’éloigner le maximum de forces impériales des objectifs visés. On peut ainsi le voir dans « Rogue One » et « Le Retour du Jedi ». Mais le premier film est plus riche en enseignement, d’autant que Jyn Erso, Cassian Andor, Meshli, Rook et leurs frères d’armes ne reçoivent pas l’appui opportun d’un peuple indigène aux techniques de guerre « primitives ». Ainsi, l’attaque du centre d’archives de Scariff nécessite des compétences en matière d’actions rapides et coordonnées mais aussi d’infiltration. Ainsi, pendant que Jyn, Cassian et le droïde K2-SO s’infiltrent dans la bases à l’ide de costumes impériaux, le groupe du Sergent Meshli pose des bombes en plusieurs points. L’explosion captent ainsi l’attention des Impériaux qui déploient toute leur défense mobile : fantassins, blindés AT-AT et même des vaisseaux. Ce type d’action contraint les commandos rebelles à disposer d’une puissance de feu suffisante pour causer le maximum de dommages à l’ennemi, d’où l’emploi de grenades, de mitrailleuses lasers et de lance-roquettes. En dépit de l’aide apportée par les appareils du Général Merrick (tué dans l’action), le groupe de Meshli est anéanti mais il réussit sa mission, permettant à Jyn et Cassian de s’emparer des plans de l’Etoile Noire qui sont communiqués à la flotte de l’Amiral Raddus.

Remerciements tout particuliers à Frédéric Guérard et Florimond de Beler, pour leur aide appréciable en matière littéraire.

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* Race extra-terrestre humanoïde à la peau bleue et aux yeux rouges.
** A l’origine, l’Escadron « Rogue » formé d’excellents, intrépides et imaginatifs pilotes n’avait strictement rien n’à voir avec les protagonistes du film spin-off « Rogue One ». Mais, selon plusieurs spécialistes de l’univers, le titre du film de G. Edwards a poussé Lucasfilm (et Mickey) à avancer l’idée que l’Escadron portait son nom en hommage à Jyn Erso, Cassian Andor et à leurs frères d’armes.
*** Et la maître Jedi Luminara Unduli (membre du Conseil), spécialisée en guérison. Cette excellente Jedi sera capturée sur Kasshyyk lors de l’exécution de l’Ordre 66. Mais incarcérée dans une prison impériale, elle sera exécutée par l’un des Frères de l’Inquisitorius (« Star Wars Rebels »).
**** George Lucas a repris le patronyme de Ken Anakin pour créer le personnage… d’Anakin Skywalker. Et le nom de Hoth vient en droite ligne du General der Panzertruppe Hermann Hoth, commandant de la 4. Panzer-Armee sur le Front de l’Est de 1941-1943, l’un des meilleurs manieurs de chars du IIIe Reich. Et complice de crimes de guerre de surcroît.

 


Sources littéraires :
– LUCENO J. : « Dark Plagueis », Pocket
– LUCENO J. : « Tarkin », Pocket
– CRISPIN A. : « La trilogie d’Yan Solo », t 2 « Le Gambit du Hutt », Fleuve Noir
– CRISPIN A. : « La trilogie d’Yan Solo », t 3 « L’aube de la Rébellion », Fleuve Noir
– GRAY CL. : « Etoiles perdues », Pocket Jeunesse
– STACKPOLE M. : « Escadron Rogue », Pocket
– STACKPOLE M. : « Le jeu de la mort », Pocket
– ZAHN TH. : « La croisade noire du Jedi fou », t 1 « L’héritier de l’Empire », Fleuve Noir
– ZAHN TH. : « La croisade noire du Jedi fou », t 2 « La bataille des Jedi », Fleuve Noir
– ZAHN TH. : « La croisade noire du Jedi fou », t 3 « L’ultime commandement », Fleuve Noir
– OSTRANDER J., STRANDLEY L., BADEAUX Br. & DUURSENA J. : « The Clone Wars » (série de bandes dessinées), Delcourt

Sources multimédia :
https://www.starwars-universe.com/
http://www.starwars-holonet.com/
« La guerre des Clones », Partie 1, « L’Armée clone », YouTub
– Captain Tabouret : « La Nouvelle Répubique », YouTube

Sources cinématographiques et télévisuelles
– LUCAS G. : « La menace fantôme », Lucasfirm, 1999
– LUCAS G. : « L’attaque des Clones », Lucasfilm, 2002
– LUCAS G. : « La revanche des Sith », Lucasfilm, 2005
– LUCAS G. : « Un nouvel espoir », Lucasfilm, réédition de 1997
– KERSHNER IR. : « L’Empire contre-attaque », Lucasfilm, réédition de 1997
– MARQUAND R. : « Le Retour du Jedi », Lucasfilm, réédition de 1997
– EDWARDS G. : « Rogue One », Walt Disney Pictures, 2016
– TARTAKOWSKY G. : « Star Wars. Clone Wars », Lucasfilm, 2003
– FILONI D. : « Star Wars. The Clone Wars » (Film d’animation), Lucasfilm, 2008
– LUCAS G. & FILONI D. : « The Clones Wars » (Série)  Saisons 1 à 6, Lucasfilm, 2008-2014
– KINBERG S., FILONI D. & BECK C. : « Star Wars Rebels », Saisons 1 à 3, 2014-2018

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