Argonne : vestiges de la « Kriemhilde-Stellung »

Chers lecteurs, chères lectrices, lors de ma dernière expédition consacrée aux batailles de 1918 dans la Meuse (Saint-Mihiel et l’Offensive Meuse-Argonne), j’ai eu la chance de redécouvrir le site du mémorial américain de Montfaucon d’Argonne. Outre l’imposant monument commémoratif qui permet de dominer le champ de bataille, le site comprend les belles ruines de la collégiale Saint-Germain érigée au XIIe siècle, détruite pendant la Grande Guerre mais surtout, des Blockhäuse de la Kriemhilde-Stelung.

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– Érigée dès 1915, la Kriemhilde-Stellung était disposée en une équerre qui recouvrait Grandchamp – Montfaucon et Brieulles-s/-Meuse. Située derrière la Giseler-Stellung, la Kriemhilde-Stellung était la position centrale qui verrouillait le passage entre la forêt d’Argonne à l’ouest et la rive gauche de la Meuse.

– Quand on visite le site, on est vite frappé par la sophistication et l’élaboration du réseau fortifié qui ceint véritablement la butte. Il consiste en plusieurs Blockäuse disposés en échelons, avec des fonctions spécifiques à chacun. A l’avant se trouvent des postes d’observation pouvant abriter chacun un mitrailleur. Sur le sommet de la butte, on trouve des tours d’observations dont une érigée dans les ruines de l’ancienne collégiale.

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– Les photos l’illustrent, les fortifications allemandes de 1918 diffèrent de celles que nous connaissons mieux sur l’Atlantique et la Manche par leur conception. En effet, les abris et postes en dur allemands sont construits parfois avec des blocs de pierre maçonnés ou bien, pour les plus solides, avec des couches de béton superposées, rendues cohérentes entre elles par la pose de rails de chemin de fer.

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Tour d’observation maçonnée érigée dans les ruines de la collégiale

– A l’automne 1918, les divisions de Pershing eurent pour mission de s’emparer de la Kriemhilde-Stellung. Malgré la baisse des effectifs de l’Infanterie allemande, la tâche pouvait s’avérer particulièrement difficile pour les Américains. Prendre d’assaut un tel site requiert un savoir-faire technique et tactique particulièrement pointu, avec utilisation de l’artillerie pour aveugler les Blockhäuse à coups d’obus fumigènes et même d’obus à gaz s’il en est de disponibles. L’utilisation des canons et obusiers nécessite donc une bonne coordination avec l’infanterie d’assaut. Ensuite, les fantassins doivent s’élancer en petits groupes avec armes spécialisées (grenades, grenades fumigènes), pendant que d’autres couvrent leurs progression avec des mitrailleuses ou des canons Puteaux 37.

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Blockhaus intégré aux ruines

– Le 26 septembre 1918, trois divisions américaines (les 37e, 79e et 4e) se lancèrent à l’assaut de la Krimhielde-Stellung entre Very et Septsarges. Les combats furent particulièrement acharnés. La 79e Division US du Général Joseph E. Kuhn réussit à accrocher les pentes de Montfaucon. Mais en raison d’une préparation bâclée, d’ordres inadaptés (chaque division américaine devait progresser droit devant elle, sans se préoccuper de ses flancs), les soldats de Kuhn buttèrent sur l’obstacle. Pire, un manque criant de coordination avec les renforts et les unités de soutien contraignit les Doughboys à se retirer.
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– Ce n’est que le 8 octobre, après de violents combats, qu’un nouvel assaut des 37e, 77e, 79e, 82e et 4e Divisions emporta la Kriemhilde-Stellung.

Remerciements à mes fidèles camarades Guillaume, Thomas, Benoît, Evrard, Côme et Arthur pour m’avoir suivi sur cet endroit un peu oublié des grands sites.

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