Le Medium Mark A Whippet

– William Tritton, ce nom ne vous dit sûrement rien. Mais si vous êtes lecteur assidu d’Acier et Tranchées depuis un peu plus de deux ans, vous l’avez déjà croisé. « Mais oui ! » vous exclamerez-vous ! « Il s’agit de l’ingénieur qui conçut le Tank Mark I sur les recommandations d’Ernest Swinton ! » Et je vous répondrai « c’est tout à fait exact. Cet homme de l’ombre qui ne connut pas les souffrances du front mais qui fut l’un des contributeurs les plus méconnus à la mécanisation de l’Armée britannique en particulier mais aussi, de la guerre en général ». C’est donc encore William Tritton qui conçut l’un des tanks les plus méconnus du public mais aussi l’un des plus intéressants, le Medium Mark A « Whippet », ce qui signifie « Lévrier ».

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1 – CONCEPTION

– La Genèse du « Whippet » commence en pleine Bataille de la Somme. Visitant le front le 20 septembre 1916 (nous sommes en plein dans les combats pour Flers-Courcelette, Le Transloy et Le Sars), Tritton reçoit alors la demande de concevoir un char léger et plus agile. L’intéressé ne sut vraiment de qui vint la demande – soi du Fieldmarschall Douglas Haig lui-même ou bien de l’état-major du BEF – mais elle fit suite au tout premier engagement des lourds et peu maniables Mark I et II. En effet, après seulement cinq jours d’engagement, les officiers britanniques se montrent particulièrement déçus par les faibles performances des engins chenillés, notamment en matière de franchissement de fossés et d’obstacles. Tritton reçoit la commande (pour/de) la conception d’un char plus léger pouvant répondre à cet impératif (1).

– Il est aussi intéressant de constater qu’un autre ingénieur, Walter Wilson, qui contribua au développement des Tanks, connaissait ces données. En raison de son étroite collaboration avec William Tritton et grâce à son poste de Directeur adjoint de la Conception pour le Mechanical Warfare Department, Wilson ne pouvait pas ignorer (ces questions de développement). Dans une note publiée à la fin de la 1916, il estime que les futurs développements de Tanks, notamment ceux des modèles légers, posséderont un roulement de chenilles bas et peut-être une tourelle. Il n’est certes pas probable que Wilson échangea avec Jean Estienne (le concepteur du char Renault FT à tourelle) mais il est certain que les Britanniques se sont bel et bien penchés sérieusement sur la question. Et ils avaient même une (légère ?) avance sur l’idée de doter les engins blindés d’une tourelle rotative.  Wilson savait également que Tritton planchait sur un sur un modèle plus léger mais il n’en dit pas plus dans ses notes. Toutefois, il semble avoir eu connaissance des travaux de Harry Ricardo concernant la conception de moteurs plus puissants pour équiper les chars lourds, ainsi que certaines améliorations. Mais sur le second point, les informations manquent (2).

– Mais si l’on en croit l’historique teinté de propagande intitulé « The Tank : Its Birth and Development » (publié juste après la Grande Guerre par Foster & Co), les travaux du tank léger de Tritton (dénommé « Whippet ») démarrent le 10 novembre 1916, suivie du lancement sur les chaînes de fabrication, le 21 décembre. On a prétendu que Tritton basa la conception du nouvel engin sur son « Little Willie » déjà existant. Mais cela reste des supputations. Une vieille publication du Tank Museum de Bovington prétend que la première conception du nouvel engin de Tritton date en fait de 1915 (3). Ensuite, chez Foster, on appuie l’idée que le premier engin blindé sort d’usine le 3 février 1917. Mais il est bien plus probable que la première apparition du « Whippet » devant les responsables du Ministry of Munitions date plutôt du 3 mars, plus précisément au terrain d’entraînement d’Oldbury près de Birmingham. A l’origine, ce test concernait d’abord l’amélioration des systèmes de transmission dans les structures des Tanks lourds. Or, on y inclut opportunément l’essai de deux nouveaux prototypes de Tanks, peints de couleurs différentes afin de mieux les distinguer ; soit un Gun Garrier (engin emportant une mitrailleuse) et ce qui est désormais dénommé comme « Tritton Chaser » (ou le « Chasseur de Tritton »). Sauf que lors des essais, la tourelle rotative ne satisfait pas, du fait qu’elle ne peut héberger qu’une seule mitrailleuse Lewis. Toutefois, comme le signale David Fletcher, la modification préalable du profil de l’engin n’est pas attestée.  Quoiqu’il en soit, le Tritton’s Chaser est présentée comme un Tank léger censé satisfaire les demandes des autorités militaires (pour) un engin léger capable de maintenir une plus grande vitesse que les types déjà existant. Et le dernier paragraphe du rapport d’essai indique que « le moteur couplé donne entièrement satisfaction ». Seulement, la tourelle seulement armée d’une Lewis Gun rebute encore en raison du manque de puissance de feu (4).

– Après le premier essai, William Tritton décide d’améliorer son engin. Les travaux prennent alors plusieurs mois et se déroulent au centre d’expérimentation du Mechanical Warfare Department à Dollis Hill, au Nord de Londres. La caisse de roulement est rééquilibre // avec l’ajout d’un système de roulement Skefco de chaque côté de la caisse. Mais le changement le plus notable reste l’abandon de la tourelle au profit d’une casemate fixe plus spacieuse et au profil angulaire sur les quatre côtés. Cela permet d’équiper le « Whippet » de 3 mitrailleuses Hotchkiss. Autre modification notable, l’ajout à l’avant d’un réservoir de 70 gallons (soit environ 312 litres).

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2 – UN CHAR SOPHISTIQUE MAIS AU MANIEMENT DIFFICILE

– Pour les détails techniques, le « Whippet » est doté d’un couple de moteurs Tylor JB4  à 4 cylindres, chacun affichant 45 Cv et 1 200 tours/minute. Les cylindres sont assemblés par paires, avec une soupape latérale et refroidissement par eau. La fabrication des moteurs a été rendue plus facile grâce à la disponibilité des modèles de Tylor destinés à doter les camions de trois tonnes AEC, commandés par le War Department. Mais il fallut juste modifier la disposition des soupapes sur le côté gauche du moteur. Enfin, le moteur était relié à une boîte de vitesse à cinq rapports (marche arrière incluse), produisant une combinaison (résistante) convenant hautement à un véhicule militaire de ce type. Chaque moteur dispose de son volant et de son embrayage conique (5).

– Enfin,  la fabrication des nouveaux tanks légers est confiée à l’usine Tylor Company de King’s Cross. Cependant, le Whippet marque une nette évolution dans la conception des Tanks. En effet, l’emploi d’un seul homme d’équipage pour piloter l’engin rompt avec l’usage d’employer quatre hommes dans le maniement des types Mark, aux moteurs volumineux (5). En outre, William Tritton était aussi bon ingénieur que vendeur, puisqu’il réussit à promouvoir la fabrication d’un nouveau char à l’assemblage facile et nécessitant des pièces déjà disponibles, plutôt que de trouver des innovations technologiques dépassées. Cependant, la fabrication prend du retard, puisqu’il faut « reconvertir » les chaînes d’assemblage. Et la fabrication des casemates se révèle plus complexe que prévu. Quant à la fabrication, l’ouvrage de Foster & Co clame que les usines britanniques réussirent à sortir 400 Whippet. Mais la réalité montre que « seulement » 200 modèles – numérotés de A200 à A399 – ont été fabriqués de 1916 à fin 1918. Et à l’été 1918, au plus fort des combats, 166 Medium A Whippets étaient disponibles (6).

– Toutefois, du point de vue du pilote, manier un « Whippet » relève du cauchemar. Assis à la droite de la tourelle, il devait coordonner l’allumage du contact, le maniement de la roue de direction, des deux leviers de frein et des pédales d’embrayage. Les moteurs couplés actionnaient chaque roulement de chenilles grâce à une chaîne reliée à un pignon. Seulement, l’utilisation d’un embrayage à crabots rend le maniement de l’engin assez délicat. Comparé aux chars lourds de type Mk, le Whippet présente l’avantage suivant : le pilote peut changer de vitesse sans arrêter l’engin, en appuyant sur une pédale d’embrayage. En revanche, passer d’une vitesse à l’autre nécessite de « jongler » avec les deux pédales et les deux jeux de leviers (chacun pour un moteur), tout en actionnant le levier, (donnant lieu) à un pilotage complexe. Par conséquent, une formation complète et poussée doit être dispensée au personnel de l’engin. Tout en rappelant que le pilote est confié dans un espace exigu, le pilotage de l’engin s’avère être clairement un cauchemar. Au niveau du passage des vitesses, la première permet au Whippet de rouler à 2,8 km/h et atteint sa vitesse maximale en quatrième, soit 12,9 km/h. Afin de tourner, le pilote avait plusieurs options. Premièrement, pour virer à gauche, il lui faut maintenir la puissance du moteur droit et diminuer celle du gauche. Ceci permettait, par transmission, de ralentir le roulement de la chenille gauche, ce qui permettait de virer dans la direction voulue dans une relative « douceur ». Il semble que ce fut l’option préférée des pilotes. L’autre moyen – davantage recommandé – pour opérer un virage, consiste à (désengager) l’un des roulement en débrayant ou en plaçant le levier de vitesse en position neutre et lancer l’autre roulement à pleine puissance. Ensuite, le pilote pouvait freiner le roulement placé en position neutre (7).

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3 – LE LÉVRIER A LA COURSE

– Les premiers Medium Mark A Whippet sont transportés en France en décembre 1917 et livrés aux 3rd, 6th et la C Company du 9th Tank Battalion pour remplacer les Tanks lourds Mk IV, déjà dépassés avec l’apparition du Mk V. Mais le 9th Tank Batallion sera vite entièrement équipé de Mk V. Les équipages de Whippet passent environ quatre mois à s’entraîner. En avril, le Tank Corps forme la 3rd Tank Brigade qui regroupe les Tank Battalions équipés de Whippets. Son rôle sera l’appui à l’infanterie dans les phases offensives ou durant les contre-offensives, alors que les Mk V auront pour rôle, la percée dans la profondeur du dispositif ennemi (8).

– L’engagement des premiers Whippets se fait dans le contexte de l’Offensive « Michael », alors que les armées britanniques ont dû céder du terrain. Mais à la fin mars, plusieurs unités passent à la contre-attaque et réussissent à freiner les armées allemandes. C’est dans ce contexte que 12 engins de la C Company 3rd Tank Battalion sont ventilés dans au sein de divers bataillons d’infanterie. C’est ainsi que le 26 mars, un groupe de Whippet est engagé dans le secteur de Colincamps – Serre (au sud-ouest de Cambrai) en appui de la 51st (Higland) Division et de la New Zealand Division. Les engins font forte impression car, avec leurs trois mitrailleuses Lewis, ils sont capables d’arrêter deux bataillons allemands, tuant et blessant un grand nombre d’assaillant et permettant la capture de nombreux autres. Le premier engagement est donc jugé concluant. De leur côté, les Allemands mettent la main sur deux modèles laissés sur un terrain d’entraînement. Les chenilles ayant été démontés, les engins se trouvaient en entretien ou en réparation (9).

– Le 14 avril, William Tritton tient une conférence pour récolter les impressions des équipages concernant les premiers engagements. Comme le dit David Fletcher, Tritton n’a rien noté après coup mais il est très probable que les commentaires, surtout ceux des pilotes, n’étaient guère élogieux quand à l’ergonomie de l’habitacle. C’est d’autant probable que c’est à la même période que Tritton se penche sur la conception d’un nouveau prototype, le Medium C Tank. Le 19 avril, les Whippets maintenus dans la réserve de la 3rd Tank Brigade sont regroupés dans une nouvelle X Company, créée à titre temporaire  et placée sous le commandement du Captain Tommy Price. C’est alors que l’ennemi attaque encore violemment dans le secteur de Villers-Bretonneux et les Whippet sont vite engagés. Or, comme le signale toujours Fletcher, les chars sont lancés dans la fournaise, moins en raison de leur vitesse appréciable et de leur manœuvrabilité, qu’en raison de leur présence dans le secteur. Il n’empêche, le 24 avril, le groupe de 7 Whippet menés par Price, est engagé à Cachy (Somme) auprès des Tommys face à un assaut de la 77. Reserve-Division, comprenant des fantassins et quelques lourds Panzer A7-V. Les combats sont particulièrement violents. Quatre Whippet sont détruits par des canons de campagne de 7.7 cm mais les « lévriers » causent un carnage dans les rangs de l’infanterie allemande. Des témoins raconteront même avoir vu des chars laisser des traînées de sang derrière eux. Enfin, le lendemain 25 avril, les Whippet sont encore engagés à Cachy en appui des troupes australiennes lors de la contre-attaque de Villers-Bretonneux, en appui des forces australiennes de John Monash (10).

– En juin, une tentative de coopération chars-avions est menée avec le No. 8 Squadron RAF, commandé par Trafford Leigh-Mallory**. Cependant, malgré les efforts consistant à embarquer des membres des équipages dans des avions et des pilotes dans les chars, la démarche ne sera pas probante et restera au stade expérimental. Mais c’est lors de l’Offensive d’Amiens (8 août) que les Whippet sont engagés en nombre, en appui des unités d’assaut. Théoriquement, les chars doivent être engagés aux côtés des unités de cavalerie mais cette coopération « pétrole-picotin » ne fonctionne pas à plein car les chevaux vont toujours plus vite que les Tanks (11). Ceci dit, les 3rd et 6th Tank Battalions remplissent leur rôle, malgré des pertes dues à des tirs d’artillerie ennemie bien ajustée. Ensuite, selon le Lt. Colt. Charrington, commandant du 3rd Tank Battalion, plusieurs machines connaissent une véritable surchauffe après un intense emploi (12). Plusieurs équipages se comportent très bien au feu. Nous soulignerons ici, celui des hommes du tank surnommé « The Musical Box » survenu le 29 août près de Bapaume. Avancés dans les lignes allemandes, ils détruisent un ballon d’observation puis une batterie d’artillerie. Ils sont attaqués par tout un Bataillon d’Infanterie allemande (à l’époque 400 hommes) de la 225. ID… qu’ils mettent en pièces avant d’être capturés (13).

– Plusieurs autres engagements notables ont lieu à la fin de l’été et à l’automne. Une expérience infructueuse a lieu à Bony (Picardie) quand les Whippet doivent coopérer avec les automitrailleuses Austin  du 17th (Amoured Cars) Battalion. Mais c’est un échec en raison des pertes chez les Austin, dues à leur faible blindage. En septembre, à Hermies et Dermicourt, les Whippet coopèrent encore avec la cavalerie. Mais les Allemands trouvent la parade face à cette combinaison : ils se retirent face aux Tanks (abandonnant ainsi les deux villages) dont le blindage est trop épais pour les balles de mitrailleuses et de fusils. Puis ils font feu sur les cavaliers.

– Toutefois, à mesure des engagements, le 6th Tank Bn. voit ses effectifs baisser sensiblement jusqu’à novembre en raison des pertes. En revanche, comme le dit David Fletcher, le 3rd Tank Bn subit peu de pertes en comparaison. Mais cela est davantage dû à de la chance (14). A noter également que les Allemands ont aussi utilisé les Whippet mais pour s’en inspirer. Comme le relate toujours David Fletcher, un officier allemand a rapporté que les chars britanniques ont inspiré les prototypes allemands LXI et LXII (15).

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Whippet en service dans l’Armée japonaise

4 – FIN DE LA COURSE ET NOUVEAUX PROJETS

– A la fin de la Première Guerre mondiale, les Whippet font partie des défilés triomphateurs de l’Armée britannique. Mais durant la démobilisation des forces combattantes, une partie des engins est envoyée dans le nord et le sud de la Russie pour appuyer les Armées Blanches, notamment celle du Général Dénikine. D’autres engins sont envoyés en Afrique du Sud ou vendus à des puissances militaires moyennes ou mineures. Une poignée d’autres engins sera envoyée en Irlande contre la guérilla nationaliste. Mais trop lents et trop peu maniables face à des petits groupes d’insurgés, ils seront supplantés par des automitrailleuses Rolls-Royce et Austin.

– Mais le Whippet de 1917-1918 est déjà périmé, d’autant qu’après-Guerre, le Gouvernement britannique réduit drastiquement les dépenses militaires, donnant un sérieux coup de rabot au développement de l’Arme mécanisé, ce qui aurai des conséquences notables par la suite. Mais cela n’empêche nullement Walter Wilson et William Tritton – rejoints par Philip Johnson – de poursuivre la conception et le développement de nouveaux prototypes à partir de 1919 et dans les années 1920, sortent des chaînes d’assemblage les Medium B, Medium C « The Hornet », Medium D et Studebaker, dont les schémas se fondent davantage sur les Tanks lourds Mk IV et Mk V. Quelques Medium B seront d’ailleurs envoyés dans le nord de la Russie. Il exista même une version amphibie, le Medium D**. Il est inutile de détailler ici les caractéristiques techniques de ces engins. Mais dès 1921, les développements s’essoufflent pour s’arrêter définitivement en 1923, au profit de nouveaux engins, tels ceux de Christie.

** Qui fera une longue carrière dans la RAF. Carrière qui sera brusquement interrompue en novembre 1944 dans un accident d’avion. C’est notamment lui qui commandera les forces aériennes alliées lors de l’Opération « Overlord ».


(1) FLETCHER D. & MORSHEAD H. : « Medium Mark A Whippet », Osprey Publishing, Londres, 2014
(2) FLETCHER D. & MORSHEAD H., Op. Cit
(3) Ibid.
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) Ibid.
(8) McCLUSKEY AL. : « Amiens 1918. The Black Day of the German Army», Osprey Publishing, Londres, 2009
(9) FLETCHER D. & MORSHEAD H., Op. Cit.
(10) Ibid.
(11) « Le Whippet. Un lièvre chez les tortues » in TnT Magazine, n°50, juin 2015
(12) FLETCHER D. & MORSHEAD H., Op. Cit
(13) Ibid.
(14) Ibid.
(15) Ibid.

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