8 août 1918 : jour de gloire et jour de deuil en Picardie – Partie 1

Depuis la Seconde Bataille de Villers-Bretonneux, le front s’est stabilisé en Picardie sur la ligne d’un saillant entre Albert et l’Avre. A la demande de Ferdinand Foch, la planification d’une offensive alliée entre la Somme et l’Oise est jetée sur les tables d’état-major de Chantilly (France) de Montreuil (BEF) dès le 20 mai pour répondre à des impératifs logistiques. En effet, suite à l’échec stratégique de l’Offensive « Michael », le front s’est stabilisé entre la Scarpe et l’Avre. En revanche, la voie ferrée Amiens – Paris, importante pour le ravitaillement et les déplacements de troupes derrière le font, est sous la menace des canons allemands. Pour Foch, l’objectif est donc double, puisqu’il vise simultanément à repousser les Allemands entre la Somme et l’Oise et sécuriser la voie ferrée en question. Au regard des pertes consenties par les Britanniques depuis le 21 mars, Foch pense d’abord confier principalement l’Offensive au Groupes d’Armées de Réserves que dirige Fayolle et qui impliquerait les Ire et IIIe Armées françaises, commandées respectivement par Marie-Eugène Debeney et Georges Humbert et qui ont tenu le front compris entre Moreuil et le Mont-Renaud (au sud de Noyon). Et pour le coup, le BEF aurait dû concourir à l’offensive, après avoir reposé et complété ses forces suite aux offensives allemandes du printemps.
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I – OBJECTIFS ET PLAN ALLIES  

1 – APRES LA MARNE, LA SOMME…

– Mais Foch s’est montré trop optimiste quant au calendrier. En effet, le 27 mai, avec l’Offensive « Blücher-Yorck », le commandement français est contraint d’engager sur le Front de l’Aisne, des réserves initialement prévues pour l’Offensive de Picardie. Confirmant les craintes de Pétain, Ludendorff frappe entre l’Oise et la Marne en juin et juillet, forçant les Français à engager une grande partie de leurs divisions (par roulements) jusqu’à la mi-juillet, tout en préparant la victorieuse offensive de la Marne. Celle-ci, déclenchée le 18 juillet vient confirmer à Foch que la Kaisersheer peut être repoussée et rase campagne. Or, le 2e Bureau français évalue les réserves allemandes à 40 divisions, comme le souligne Jean-Claude Laparra. Or, les troupes allemandes sont épuisées et Ludendoff n’est plus en mesure de lancer d’offensives. Foch remet donc l’Offensive en Picardie à l’ordre du jour. Mais l’Armée française ne pourra pas mobiliser ses divisions qui doivent se reposer après les intenses combats victorieux de juin et juillet. De plus, les Français ont concentré la majorité de leurs régiments de chars entre l’Oise et la Marne, ne laissant que quelques bataillons disponibles dans la Somme. A l’inverse, les Britanniques peuvent concentrer plusieurs

centaines de Tanks (Mark V et Whippet) dans le secteur d’Amiens. Quant aux Américains, leur engagement est encore limité et nombre de leurs divisions n’ont pas encore l’aguerrissement nécessaire. Par conséquent, en sa qualité de « coordinateur en chef », le tout récent Maréchal Foch se tourne naturellement vers les Britanniques. Le scénario de l’offensive à venir présente alors quelques similitudes avec la Bataille de la Somme de 1916 : occupés sur le Front de Champagne, les Français laissent le premier rôle aux forces du Commonwealth et vont opérer en appui. Une chose est intéressante à noter. Suivant l’exemple pris par les Canadiens depuis 1917, les Australiens vont cette fois-ci, engager leurs divisions au sein d’une même entité, l’Australian Corps formé au début de 1918. Cela répond à des revendications « nationales » (le mot est volontairement choisi) liées à l’importance croissante de l’apport des « Aussies » sur le Front de l’Ouest. Ainsi, le Corps dit ANZAC I ont été dissous au profit de la formation d’un seul corps australien. La New-Zealand Division d’Andrew Russell (qui ne participera pas à la bataille) est donc subordonnée à un corps britannique et lANZAC II d’Alexander Godley a été rebaptisé XXII Corps.

– D’autre part, rassuré pour la tranquillité du Front des Flandres depuis juillet, Douglas Haig a retrouvé son entrain et se montre pleinement disposé à coopérer avec les Français et confier principalement l’offensive aux unités du Commonwealth. Or, Français et Britanniques ont été fortement impressionnés par l’offensive limitée du 4 juillet contre Le Hamel qui fut couronnée de succès. Plus technique que tactique, cette attaque planifiée et coordonnée par John Monash, a vu Australiens et Britanniques utiliser savamment la coopération interarmes, avec une meilleure utilisation des Tanks et des avions.

– Le succès du Hamel accélère donc les préparatifs de l’Offensive. C’est à la Fourth Army de Sir Henry Rawlinson que revient la mission de dégager Amiens et l’ancienne voie romaine Amiens – Brie. Ainsi, le 14 juillet, alors que les Allemands n’ont pas encore attaqué en Champagne, le GQG transmet à Rawlinson l’ordre de préparer l’Offensive à l’est d’Amiens.

– Dressons un rapide portrait des chefs alliés qui vont mener la bataille. Premièrement, nanti de son rôle de coordinateur général des troupes alliées, Ferdinand Foch a gagné une nette légitimité depuis la victoire de la Marne dont il a été le coordinateur. Récompensé par le bâton de Maréchal de France, il gagne en légitimité par rapport à Haig puisqu’il devient son égal en grade. Comme l’a expliqué le regretté Général André Bach, si Foch n’a pas brillé jusqu’en mars 1918, il faut mettre à son compte (et à son honneur) son commandement à l’été 1918, puisqu’il dut coordonner les efforts de toute une coalition. Foch a donc décidé de ne pas laisser de répit à Ludendorff après lui avoir affaibli la Kaisersheer sur la Marne et en Champagne.

– Du côté britannique, Douglas Hais change notablement sa manière de commander. Laissant de côté son image de Sphinx menant la guerre depuis ses cartes et ses tables d’état-major du Château de Montreuil, le Fieldmarshall écossais rend fréquemment visite à ses généraux dans leurs QG afin de renforcer la coordination et la communication entre tous. Enfin, l’historiographie britannique a – justement – reproché à Haig une obstination qui a conduit des centaines de milliers de Tommys à la mort. Cependant, le commandant en chef du BEF encourage activement le développement des nouvelles techniques de combat, notamment l’emploi perfectionné des Tanks et de l’Aviation.

– Ecarté durant l’année 1917 après le carnage de la Somme, Rawlinson est rentré en grâce au QG de Montreuil après avoir contribué à freiner les offensives de Ludendorff au printemps 1918. D’autre part, durant sa mise à l’écart (qui n’était pas totalement une disgrâce) Henry Rawlinson en a profité pour étudier et revoir ses erreurs de la Somme. Rawlinson a donc tout revu et se montre un ardent partisan de l’utilisation des Tanks de manière concentrée combinée à une infanterie puissamment armée. Et Rawlinson sait déléguer à ses chefs de Corps. Si Richard Butler – qui a davantage officier au QG de Montreuil – n’a pas grande expérience du commandement de Corps, Arthur Currie et John Monash comptent parmi les meilleurs généraux sur lesquels peuvent s’appuyer Haig et Rawlinson, grâce à leurs nettes compétences en matière de coopération interarmes (1). Davantage techniciens que tacticiens, ils ont tous deux montrés de réelles aptitudes d’adaptation au regard de l’intégration de la technologie dans la conduite de la guerre, d’autant qu’ils sortent tous deux du milieu civil et non des bancs de Sandhurst ou de Woolwich. Currie et Monash peuvent s’appuyer également sur plusieurs très bons chefs de divisions et de brigades, notamment Thomas Glasgow et Harold « Pompey » Elliott pour les Australiens ou encore, de remarquables artilleurs comme Edward Morrison (ancien journaliste dans le civil) et Andrew McNaughton pour les Canadiens. Le 8 août 1918, les meilleurs généraux du Commonwealth et plusieurs des très bons généraux français vont affronter une armée allemande sérieusement affaiblie.

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Sir Henry Rawlinson, commandant de la Fourth Army britannique

– Les Français alignent également des chefs particulièrement compétents. En premier lieu, Marie-Eugène Debeney, le commandant de la Ire Armée qui a nettement contribué à l’arrêt de l’offensive allemande en mars-avril 1918. Debeney peut également compter sur des commandants de Corps aguerris, comme Charles Jacquot, Jean-Louis Toulorge et Charles Vandenberg. Ce dernier est considéré comme Edmond Buat, comme un très bon chef, qui se dépense sans compter en dépit d’un handicap, dû à une grave blessure à la jambe (2).

Le 17 juillet, après consultation de son état-major et de ses subordonnés, Rawlinson remet le projet à Douglas Haig. L’offensive est prévue pour le 10 août. Plus « technique » que « tactique » proprement dite, l’Offensive prévoit une puissante poussée entre Méricourt et Moreuil, des deux côtés de la Somme (3).Comme l’explique Alistair McCluskey, le plan initial de Rawlinson prévoit une attaque limitée afin de faire reculer la principale ligne de défense (« Outer Defence Line »), avec une offensive du Cavalry Corps vers le sud-est. Mais  s’ils l’approuvent le 24 juillet, Haig et Foch jugent ce plan trop peu ambitieux et trop prudent. Par conséquent, le 26 juillet, Rawlinson et Debeney se voient assigner des objectifs plus en profondeur que ceux définis initialement. La Fourth Army britannique doit progresser sur Chaulnes, tandis que la Ire Armée française doit libérer Roye (3). Après s’être coordonnés, Rawlinson et Debeney décident que les horaires d’attaque seront les suivants : 04h20 pour les Britanniques, Canadiens et Australiens et 05h05 pour les Français. Et ce, afin de profiter autant de l’obscurité qui permettra de masquer le déploiement des unités d’attaque, tout en profitant des premières lueurs du jour afin de permettre aux soldats de se repérer sur le terrain.

– Le plan de bataille est d’abord conçu comme un assaut frontal très technique. En dépit de la reprise de la guerre de mouvement, les opérations de l’été 1918 conservent néanmoins une logique poliorcétique. C’est-à-dire, dans la mesure où il faut percer frontalement les lignes défensives ennemies. En revanche, les procédés de percer se sont perfectionnés et sophistiqués, avec l’intégration de la mobilité, de la mécanisation et de la dimension aérienne. D’autre part, à l’été 1918, les Alliés ont clairement l’avantage technique, tant sur l’infanterie que sur la mécanisation et l’aviation.

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John Monash

– Pour l’Infanterie, Français et Britanniques n’ont pas de troupes « d’élite » à proprement parler* et n’ont pas calqué le schéma allemand des divisions d’assaut. Du coup, l’Infanterie alliée n’est pas rompue aux missions d’infiltration en profondeur, contrairement aux Sturmtruppen allemands. En revanche, malgré l’arrivée de jeunes conscrits en voie d’aguerrissement au feu (surtout chez les Britanniques), les divisions alliées ont conservé une solidité constante malgré la baisse des effectifs. Et ce, même si opérationnellement, certaines divisions peuvent se révéler meilleure que d’autres. Mais au final, Français et Britanniques maintiennent un équilibre technique et tactique entre leurs divisions. Et c’est cet équilibre qui fera la différence. Enfin, l’infanterie alliée dispose d’une très bonne puissance de feu, avec une dotation appréciable en armes collectives (grenades, fusils lance-grenade, mitrailleuses Lewis, Vickers, Hotchkiss et canons d’infanterie de 37 mm pour les Français).

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Arthur Currie (au centre) et deux officiers d’état-major canadiens

– Le plan d’assaut de la Fourth Army est clairement marqué par le savoir-faire technique et opérationnel qui va atteindre son point culminant (3). Reprenant une méthode qui a fait ses preuves à Vimy et Messines, le plan prévoit de faire avancer les trois corps de la Fourth Army en trois étapes, soit atteindre trois lignes définies (Green, Red et Blue). L’avance sur le premier objectif (Green Line) doit être menée avec l’appui d’un puissant tir de barrage. L’attaque sur le second (Red Line) sera appuyé par l’artillerie mobile (tractée et hippomobile) et les Tanks. Enfin, pour prendre le troisième objectif (Blue Line), Rawlinson pense initialement à utiliser le Cavalry Corps qui sera soutenu par les mitrailleuses et canons des Tanks Mk V, Mk V* et Mark A « Whippet ». Les Mk V* emportent des petits groupes de mitrailleurs qui seront débarqués en arrivant sur l’objectif. Enfin, les éléments mécanisés seront talonnés par les derniers Bataillons d’infanterie d’attaque (4).

– L’offensive du 8 août doit partir d’une ligne partant de la rive gauche (droite) de l’Ancre au nord jusqu’à la rive nord (droite) de l’Avre au nord-ouest de Moreuil. Elle doit se développer en parallèle de trois axes principaux : l’ancienne voie romaine, soit la route Amiens – Brie ; la voie ferrée Amiens – Chaulnes – Ham – Tergnier et enfin, la route Amiens – Roye. Le premier jour, les forces alliées doivent s’enfoncer dans le dispositif ennemi dans une profondeur de 5-7 km entre les boucles et le Canal de la Somme (secteur de Bray) et l’Avre. La prise des objectifs est séquencée comme suit :

 

Green Line : Ligne Morlancourt – Cerisy – Demuin – Moreuil
Red Line : Ligne Bois des Célestins/Boucles et Canal de la Somme – Harbonnières – Mézières – Bois de Genonville
Blue Line : Rive gauche du Canal de la Somme (est du Bois des Célestins) – Proyart – ouest de Vauvillers – Le Quesnel – Fresnoy-en-Chaussée – rive droite de l’Avre
– La Fourth Army britannique est en charge de la mission principale, soit enfoncer le dispositif allemand entre Morlancourt et Hourges, localité située sur la route Amiens – Roye. Placé tout à gauche (nord) le III Corps de Richard Butler (3 divisions) doit attaquer entre Morlancourt et Sailly-Laurette, sur la rive nord du Canal de la Somme. Premier « poing » de Rawlinson, l’Australian Corps de John Monash (4 divisions) est en charge de la portion du front comprise entre la rive sud du Canal de la Somme et la voie ferrée Amiens – Chaulnes/Laon. La seconde force de frappe de Rawlinson, soit le Canadian Corps d’Arthur Currie (4 divisions), a pour mission d’enfoncer les positions allemandes situées entre la voie ferrée Amiens – Chaulnes et la route Amiens – Roye. Au soir du 8 août, les positions acquises doivent être consolidées afin de pouvoir continuer la progression les 9 et 10 août.

– Du côté des Français, en raison de ses moyens plus réduits, Marie-Eugène Debeney doit lancer une attaque plus localisée. Celle-ci se présente comme un double mouvement en tenailles qui doit nettoyer un secteur comprenant les Bois Hamon, Moreuil et son bois, le Rifle Wood, le Bois de Genonville, Villers-aux-Erables et Plessier. Cela oblige néanmoins le le IXe Corps d’Armée (N-M. Garnier du Plessix) à franchir l’Avre à Branches, avec les 15e DIC et 3e DI pour effectuer un mouvement sud-ouest – nord-est afin de reconquérir le secteur du Bois de Genonville. Simultanément, partant de la rive gauche de l’Avre, sur le flanc droit du Canadian Corps (entre le route Amiens – Roye et l’Avre), le XXXIe CA (J-L. Toulorge – 5 divisions) doit dégager le secteur de Moreuil. Il dispose de l’appui des 9e et 11e Bataillons de Chars légers qui sont placés sous le commandement de la 153e DI. Toulorge prévoit de faire tomber Moreuil par une attaque en tenailles de la 66e DI. Quand ces objectifs auront été atteints, Debeney doit lancer le Xe CA de Charles Vandenberg (3 divisions), le XXXVe CA de Charles Jacquot appuyés par le IInd Corps de Cavalerie (Félix Robillot) derrière l’Avre afin de reprendre Montdidier et Assainvillers et presser le flanc gauche allemand (5).

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Source : http://milguerres.unblog.fr

– Nous observerons une différence notable entre Français et Britanniques quant à la planification de l’Offensive. Du côté de la Fourth Army, John Monash ose présenter un plan particulièrement osé. Il explique à Rawlinson et Haig que l’avantage numérique en Tanks permet d’envisager d’obtenir un réel effet de surprise. Il préconise ainsi de NE PAS ENGAGER UNE PRÉPARATION D’ARTILLERIE, comme au Hamel. En 1917 et 1918, les Britanniques étaient clairement passés maîtres dans l’art des préparations d’artillerie courte mais puissantes et violentes, par une utilisation savante de l’artillerie lourde et de l’artillerie de campagne. Mais Monash explique à ses supérieurs qu’une préparation d’artillerie, aussi efficace soit-elle, ANNULE VITE L’EFFET DE SURPRISE et permet à l’ennemi d’anticiper l’offensive et d’improviser des défenses dans la profondeur de son dispositif, ce qui peut vite freiner la progression offensive. L’ennemi peut aussi anticiper de potentielles percées en faisant venir vers le front des divisions de réserve. Du coup, Monash préconise d’engager en masse les chars entre le Canal de la Somme et la route Amiens-Roye sans préparation d’artillerie préalable. L’effet de surprise conservé jusqu’au bout, l’ennemi aura bien plus de mal à coordonner sa défense, ce qui permettra de mieux consolider les zones conquises. De plus, un terrain qui n’a pas trop été défoncé par les obus est plus propice à l’avance des engins. Fantassins et Tanks devront seulement progresser derrière un puissant tir de barrage qui sera donné par l’artillerie de campagne, soit les batteries divisionnaires et les Field Artillery Brigades intégrées au sein de chaque Corps. Et le tir de barrage sera également couplé à une puissante contre-batterie qui devra museler l’artillerie ennemie. L’idée de Monash nécessite une coordination feu-mouvement et chronométrage minutieux mais le talentueux général australien explique que le procédé a parfaitement fonctionné au Hamel. D’abord circonspects, Haig et Rawlinson acceptent l’idée.

– En revanche, les Français ne peuvent suivre l’idée de Monash en raison du nombre beaucoup plus réduit de chars Renault FT qu’ils engagent. En revanche, Debeney dispose d’une très bonne artillerie. Par conséquent, les Français engageront une puissante préparation d’artillerie qui balaiera l’ensemble du dispositif allemand dans sa profondeur, suivi d’un puissant tir de barrage derrière lequel progresseront « Poilus », Tirailleurs et chars. Le procédé a largement été décrit dans l’article concernant la Seconde Bataille de Marne, il est donc inutile d’y revenir (6).
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ODB France. 0808
– En dépit de leur mission très similaire, John Monash et Arthur Currie vont conduire la bataille de deux façons différentes. Monash opte pour un contrôle centralisé quant à l’engagement de ses divisions et à mesure de l’évolution de la bataille. Monash prévoit d’abord d’engager les 2nd et 3rd Australian Divisions pour prendre le premier objectif avant d’opérer un « leapfrogging »** avec les 4th et 5th Australian Divisions pour prendre le second et le troisième. De son côté Currie laisse une plus grande autonomie à ses chefs de divisions. Au sein de chaque division canadienne, une première brigade doit saisir le premier objectif, tandis que les second et troisième sont laissés aux deux autres. Cela vaut pour les 1st et 2nd Canadian Division mais sur le flanc droit, étant donné que le secteur de la 3rd Canadian Division a été raccourci, Currie décide d’engager cette dernière pour la prise du premier objectif. La 4th Canadian Division sera chargée de la prise des second et troisième (7).

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Marie-Eugène Debeney, commandant de la Ire Armée française

2 – UNE PRÉPARATION TECHNIQUEMENT AU SOMMET

– Mais c’est dans le domaine de la coopération interarmes dans lequel où les Alliés se révèlent particulièrement au point, bien plus que leurs adversaires qui n’ont pas compris l’importance de la mécanisation.

Premier point : l’infanterie n’est plus « reine des batailles » et ne peut se passer des blindés qui sont devenus une véritable artillerie roulante pour réduire au silence les abris et les nids de mitrailleuse et ainsi, permettre à l’infanterie de percer. Mais comme nous l’avons abondamment vu au travers des opérations de 1917 et 1918, les Tanks ne peuvent se passer de l’Infanterie qui est plus agile, bien qu’alourdie avec un armement plus puissant. Les fantassins peuvent guider les chars sur le champ de bataille et les protéger lors de contre-attaques ennemies. En revanche, le Tank reste à la fois le bouclier et l’épée qui protège les fantassins du feu des mitrailleuses allemandes. Et lors des phases d’assaut, les Tanks  progressent en premier, chacun étant talonné par un petit groupe de fantassins, bien dotés en grenades (8). Toutefois, concernant les fantassins, Currie et Monash insistent énormément sur une préparation intense des sous-officiers et officiers. Comme pour les offensives de Vimy (l’année précédente) et du Hamel, les gradés sont briefés sur les positions à conquérir durant des cours et conférences, photographies et cartes à l’appui. Chaque chef de section doit savoir exactement quels sont ses objectifs, avec la configuration des défenses allemandes. Les cartes sont aussi abondamment distribuées et les fantassins doivent savoir marcher à la boussole.

– D’autre part, suite aux revers de leurs premiers engins lourds durant la Bataille de la Somme, les Britanniques alignent dès le début 1918, le Mark A. « Whippet », un engin plus agile  – quoique cauchemardesque à piloter – et rapide pour l’époque (12 km/h) qui est employé comme char d’appui de l’infanterie et d’exploitation de percée, illustrant ainsi une nette spécialisation des engins blindés (9). Comme l’explique l’historien britannique Paddy Griffith, le « Whippet » vient concurrencer sérieusement les automitrailleuses qui ne peuvent rouler que sur des routes et des pistes carrossables (10). A l’inverse le « Whippet », tout comme les Mark V peuvent avancer dans des champs. D’autre part, comme l’a aussi montré l’historien canadien Bill Rawling, l’arrivée dans les Tank Battalions du Mark V* change aussi la donne tactique quant à l’interaction fantassin-char. Profilé différemment, le Mark V* peut embarquer un petit groupe de mitrailleurs qui peut consolider le terrain conquis. Mais l’inconvénient pour ces fantassins embarqués reste le bruit du moteur, le confinement et la désagréable odeur du carburant (11).

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Tank Mark V

– Enfin, courant avril et mai, les chars britanniques ont été engagés localement dans des contre-attaques hâtivement montées, ce qui a nui à la coopération avec l’infanterie. Cela ne leur a pas empêché de remporter de nets succès qui – additionnés – ont permis d’enrayer les offensives allemandes en Picardie. Ce fut notamment le cas à Villers-Bretonneux***. Mais dans ce dernier cas, Foch avait ordonné une contre-attaque la veille pour le lendemain et les brigades engagées par Monash n’avaient pu s’entraîner de manière adéquate. En revanche, en officiers appliqués et consciencieux, Monash et Currie ont mis à profit la pause de mai et juin pour former leurs « Canucks » et « Aussies » à la coopération avec les chars, généralement composés d’équipages presque exclusivement britanniques. Et l’amélioration de la coopération interarmes a porté ses fruits lors de la Bataille du Hamel, ce qui a encouragé les chefs britanniques à poursuivre dans cette voie. Sceptiques quant à l’utilisation des chars depuis la déconvenue de Bullecourt (avril-mai 1917), les officiers et soldats australiens se trouvent bien plus confiants de l’utilité des Mark V à la veille du 8 août****. D’autre part, comme nous l’avons vu pour la Bataille du Hamel, les Mark V peuvent aussi servir de bêtes de somme en emportant munitions, grenades et outils pour les travaux de consolidation (« mopping up »). D’autre part, sur un terrain favorable (c’est-à-dire avec un sol « dur » et non boueux) les chars de ravitaillement viennent concurrencer les bêtes de somme pour fournir aux troupes munitions, vivres et médicaments, tout simplement parce qu’ils peuvent mieux résister aux balles que chevaux, ânes et mules. Et le moteur ou la chenille d’un char de ravitaillement peut se remplacer en cas de panne, ce qui n’est pas le cas d’un animal. En revanche, un obus ennemi de 7.7 ou 10.5 cm bien placé peut facilement détruire le matériel.

– Enfin, le seul inconvénient des chars reste le manque de transmissions sans fil adéquates. Celles-ci sont encore balbutiantes et peu fiables. Par conséquent, les équipages de Tanks sont souvent contraints d’utiliser les pigeons voyageurs afin de transmettre leurs positions ou recevoir les ordres. Pour cela, les Mark V embarquent des cages à volatiles. Seulement, les Whippets et les Renault FT sont trop petits pour embarquer ce type d’équipement, ce qui force les équipages à devoir ouvrir leurs trappes pour communiquer avec les fantassins, ce qui peut parfois s’avérer risqué. Pour le coup, le maintien d’une liaison constante avec les PC de bataillons, de régiment, de brigades et de divisions reposent sur les équipes de téléphonistes et télégraphistes qui talonnent les fantassins. En revanche, la transmission d’ordres peut être interrompue en cas de bombardement ennemi qui risque de sectionner les fils. Il reste également une constante au désavantage des fantassins. Durant l’assaut, ceux-ci sont dépourvus de matériels de transmissions sans fils. Et comme en 1916 et 1917, ils doivent encore se reposer sur l’utilisation de fusées éclairantes, de lampes torches et de klaxons pour communiquer avec l’arrière ou bien avec les aviateurs chargés de la reconnaissance.

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Medium Mark A Whippet à côté d’une colonne de soldats

– Mais comme les Britanniques ont pu l’expérimenter lors de la Bataille de Cambrai, les Tanks ne sont efficace que s’ils sont engagés en masse. C’est pour cette raison, que l’état-major du Tank Corps (John Frederick Fuller) recommande à Rawlinson un engagement en masse pour crever la première ligne, Henry Rawlinson accepte d’engage la quasi-totalité des Battalions blindés. Du coup, 342 Mk V et V* (la meilleure version des Tanks Mk alors disponible), 73 Mark V « Whippet » et 120 chars de ravitaillement sont déployés entre Méricourt et Moreuil, ce qui représente une masse de 535 engins blindés. Chaque Tank Battalion de Mark V compte 36 engins (soit 3 Squadrons de 12). En revanche, les Tank Battalions composés de « Whippets » comptent 24 engins. Les Battalions peuvent être engagés indépendamment ou bien regroupés au sein d’une Brigade (2 à 5 Battalions). Pour l’offensive, ce sont les Canadiens et les Australiens qui sont les mieux lotis en chars. La 5th Tank Brigade qui appuie les Canadiens compte 4 Tank Battalions (144 engins) et la 4th Tank Brigade qui soutient les Australiens en compte 5 (180). Le III Corps de Butler – qui n’a qu’un rôle de soutien de flanc – ne compte qu’un seul Battalion. Enfin, le Cavalry Corps est appuyé par les 72 « Whippets » de la 3rd Tank Brigade. Les Britanniques sont mieux fournis que les Français dont une grande partie du parc blindé a été déployé pour la Seconde Bataille de la Marne ou bien, équipe les unités mécanisées américaines. Du coup, la Ire Armée de Debeney ne peut engager que 2 Bataillons de chars Renault FT, un engin qui reste néanmoins un modèle d’agilité pour l’époque. Armé d’une mitrailleuse Hotchkiss ou d’un canon de 37 mm (manié par le chef de char), le Renault FT est devenu l’une des armes principales de l’Armée française dans les engagements tactiques. Mais comme tous les chars de l’époque, sa mécanique peut se révéler fragile après plusieurs heures d’engagement. Ceci dit, l’engin a prouvé qu’il pouvait rendre de fiers services lors de la Seconde Bataille de la Marne. Et à l’instar des Britanniques, les Français ont amélioré la coopération entre leurs chars et leur infanterie. Un bataillon de char compte environ une quarantaine d’engins.

– Avec le retour de la guerre de mouvement, la Cavalerie britannique retrouve un rôle mais ne sera pas la pièce maîtresse de l’offensive qui est occupée par les Tanks et l’Infanterie. Du coup, les Cavaliers de Charles Kavanagh ont pour rôle la sécurisation des flancs des Canadiens et des Australiens pendant les phases de conquête des second et premier objectifs. Pour cela, les 3rd Cavalry Division (A. Harman) et 1st Cavalry Brigade sont respectivement rattachées au Canadian Corps et à l’Australian Corps. De leur côté, les 1st et 2nd Cavalry Divisions devront suivre le Canadian Corps pour se lancer sur Chaulnes et Roye si l’opportunité se présente. On voit que les généraux britanniques envisagent encore d’utiliser les troupes montées comme arme d’exploitation de percée. D’autre part, les automitrailleuses, jusque-là engagées localement, vont trouver également de quoi être employées. En effet, le 17th Armored Machine Gun Battalion est subordonné à l’Australian Corps et doit sécuriser la progression de l’ancienne voie romaine (12).

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– Pour la planification de feu, le Major-General Charles Budworth, qui commande l’Artillerie de l’Australian Corps prévoit de neutraliser une grande partie des canons allemands dès le tir de barrage. Budworth met en avant les photographies aériennes, de même que les performances du « sound-ranging »  (procédé mis au point en 1917 pour repérer les canons allemands à partir des vibrations causés par les tirs et reculs) pour estimer que 504 à 530 canons sont déjà repérés. Pour le coup, il donne ordre aux commandants d’artillerie de cibler les canons repérés en suivant les pointages cartographiques. Et pour le tir de barrage, les troupes du Commonwealth disposent du nouveau modèle de l’Ordnance QF 18-pdr, soit la version Mk III dont la portée peut atteindre 8,23 km (13). Enfin, les champs de Picardie ne laissant pas beaucoup de possibilités pour masquer les préparatifs, il faut compter sur le camouflage. Du coup, les batteries sont masquées par des filets, tandis que les obus sont camouflés sous des tapis de paille dans les champs et les fossés afin de les rendre invisible aux yeux des pilotes allemands. Il arrive même que les Tanks soient aussi recouverts de paille quand ils ne sont pas à l’abri dans un bosquet (14).

– L’autre arme dont peuvent s’enorgueillir les Alliés reste l’aviation. En effet, Français et Britanniques alignent 1 392 avions, soit 800 pour la jeune Royal Air Force (V et IX Brigades RAF) et 592 pour les Français. Comme l’explique Alistair McCluskey, la Fourth Army bénéfice en outre d’un plan sophistiqué mis au point par le Major-General John Salmond qui a la haute main sur les unités de la RAF pour l’offensive. Salmond décide de puissamment concentrer les chasseurs afin d’interdire le ciel aux avions allemands et donc, rendre le renseignement ennemi aveugle. Ensuite, reprenant les tactiques perfectionnées depuis 1916 et 1917, Salmond ordonne aux escadrilles de bombardiers d’attaquer les aérodromes allemands dès le premier jour de l’offensive. L’Aviation voit son rôle aussi accru comme complément de l’Artillerie, puisque les chasseurs SPAD S. XIII, Sopwith Baby et Sopwith Camels équipés de bombes, doivent attaquer des cibles plus précises dans la profondeur du dispositif ennemi, tels les ponts sur la Somme (Béthancourt), ainsi que les gares de Péronne et Chaulnes. Ces attaques au sol (qui en préfigurent d’autres) doivent concourir à la neutralisation de la structure défensive et surtout des mouvements allemands, notamment pour l’acheminement de renforts. Et comme pour la bataille du Hamel, la RAF reçoit une mission de soutien à l’Infanterie. En effet, le 22nd (Army) Wing reçoit l’ordre de parachuter du ravitaillement (munitions, médicaments) aux troupes qui auront atteint leurs objectifs dès la matinée. D’autres pilotes doivent également larguer des bombes fumigènes dans les défenses ennemies afin de l’aveugler davantage (15).

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Major-General John Salmond

3 – LES ALLEMANDS : LA GUERRE DU PAUVRE

– Face aux Franco-Anglo-Australo-Canadiens, les Allemands tiennent le front allant de Morlancourt à Montdidier avec  la II. Armee de Georg von der Marwitz (20 divisions) et la XVIII. Armee d’Oskar von Hutier (19 divisions). La charnière des deux armées étant située au niveau de la route Amiens-Brie. Mais si le nombre de division est impressionnant sur l’organigramme, il ne faut pas être dupe. Les deux puissantes qui ont fait trembler le BEF en mars 1918 sont complètement épuisées et font face à un manque d’effectifs et de matériels criant. Pour preuves, l’effectif des Bataillonen sont divisés par 2, voire 3. Ensuite, les deux armées allemandes (pour des questions autant matérielles qu’intellectuelles) n’ont aucun char à aligner. Tous (c’est-à-dire la quarantaine disponible en mars) ont été dépensés. Ensuite, les obus pour l’artillerie commencent à manquer sérieusement et seulement 365 avions sont disponibles, soit un rapport défavorable de 4 contre 1. Seule consolation, plusieurs très bonnes escadrilles (tels les Jasta 1 ou 15) sont équipés d’un nouveau chasseur qui, bien qu’inférieur en termes de vitesse, peut rivaliser avec les SPAD S. XIII grâce à son impressionnante vitesse ascensionnelle : le Fokker D.VII, dernier né de la firme et de l’ingénieur éponymes. Mais aussi performant soit-il, cet appareil arrive trop tard et en trop petit nombre pour peser sérieusement dans la balance aérienne, comme l’explique très bien Pierre Grumberg (16).

– D’autre part, si certaines unités de combat peuvent encore bien se comporter au feu, il n’en va pas de même pour les divisions de position (Stellungsdivisionen) dont les soldats sont mal nourris et mal armés. Et les unités de première ligne devront également défendre leurs positions avec la faim cramponnée au ventre. Pire encore, la capture des dépôts de nourriture britanniques en mars précédent n’a pas suffi à combler les besoins abyssaux d’une armée qui souffre de la faim et de plus en plus, de la grippe espagnole (même si les Alliés ne sont pas non plus épargnés par cette épidémie venue d’Afrique du Sud). En outre, avec la confiance dans les chefs ébranlée, la motivation de plusieurs milliers de soldats à repartir au combat devient douteuse.

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– Tactiquement, von der Marwitz et von Hutier partent avec un net désavantage, contrairement à 1916 et 1917. En effet, les importantes pertes (plus de 400 000 hommes) ont creusé davantage le déficit en hommes. Et ce ne sont pas les jeunes conscrits des classes 1919 et 1920 qui pourront remplacer les anciens plus aguerris qui manquent cruellement. Par conséquent, il devient impossible pour les généraux allemands de lancer de puissantes contre-offensives (Gegenangriff) planifiées soigneusement avec les moyens adéquats. S’ils veulent freiner l’avance ennemie, Von der Marwitz et von Hutier devront, suivant le sacro-saint principe de l’autonomie tactique (Auftragtaktik), laisser des unités de première ligne déclencher des contre-attaques localisées (Gengenstoss). Mais à ce stade des opérations, il devient quasi impossible aux Allemands d’attaquer ou même de lancer des attaques localisées.

– Mais il y a encore pire pour les Allemands, l’infériorité aérienne permet aux Alliés de s’assurer le contrôle du ciel. Par conséquent, les reconnaissances allemandes ne peuvent réellement repérer les préparations alliées. A terre, ça n’est pas mieux. Si le  7 août, la 27. Infanterie-Division lance une attaque contre les positions des 18th et 58th Divisions dans le secteur de Morlancourt, les 236 prisonniers qu’elle ramène dans ses lignes restent muets.  Du coup, toujours pour reprendre les mots d’A. McCluskey, le renseignement allemand est victime de cécité à tel point que ni l’état-major de la XVIII. Armee, ni celui du HG « Rupprecht » ne sait que les Alliés s’apprêtent à lancer une puissante contre-offensive à l’est d’Amiens. Dans le cas contraire, le Kronprinz Rupprecht aurait expédié plusieurs divisions pour soutenir von Hutier et von der Marwitz. Mais à la veille de la bataille, il se contente juste de relever la 43. ID par la 117. ID dans le secteur tenu par la II. Armee (17).

– Les Allemands sont aveugles jusqu’au moment du déclenchement. Dans la nuit du 7 au 8 août, les appareils de nuits de la RAF et de la 1re Division aérienne française survolent pour mieux masquer le ronflement des moteurs de chars. Ceux-ci se mettent en position des lignes alliées et les soldats se regroupent en pelotons derrière chaque engin. Cette fois, pas de tranchées mais des zones de rassemblement en pleine campagne qui ont été prédéfinies par les états-majors. Déjà démoralisé par l’offensive alliée du 18 juillet sur la Marne, Erich Ludendoff s’apprête à vivre un 8 août pénible.

[Suite]

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* Exceptés les « Night Squads », « Raiders » et autres « Groupes/Corps francs » chargés de missions spéciales, essentiellement nocturnes (renseignement, capture de prisonniers…).
** Littéralement « saut de grenouilles ». Il s’agit d’un procédé rendu plus complexe depuis 1916-17, visant à faire « bondir » une brigade ou un bataillon depuis la position conquise et consolidée par une autre.*** Voir cet article : https://acierettranchees.wordpress.com/2018/04/24/villers-bretonneux-tanks-mark-iv-et-whippet-contre-panzer-a7v-24-26-avril-1918/
**** A Bullecourt – et même à Passchendaele – les Mark IV avaient été engagés isolément ou en petits paquets, ce qui les avait rendu vulnérables sinon, inutiles


(1) McCLUSKEY AL. : « Amiens 1918. The black day of the German Army », Osprey Publishing, Londres, 2008
(2) BUAT Gén. ED. : « Journal de Guerre 1914-1918 », SOUTOU G-H. & GUELTON Col. FR. (prés.), Perrin, Ministère de la Défense, Paris, 2015
(3) McCLUSKEY AL., Op. Cit.
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) Ibid.
(8) Ibid.
(9) FLETCHER D. : « Medium Mark A Whippet », Osprey Publishing, Londres, 2014
(10) GRIFFITH P. : « Battle Tactics on the Western Front. The British Army’s Art of Attack. 1916-1918 », Yale University Press, Londres, 1994
(11) RAWLING B. : « Survivre aux tranchées. L’Armée Canadienne et la technologie 1914-1918 », Athéna, Toronto, 2004
(12) McCLUSKEY AL., Op. Cit.
(13) Ibid.
(14) Ibid.
(15) Ibid.
(16) GRUMBERG P. : « SPAD Vs Fokker. Combat à mort dans le ciel de 1918. » in LOPEZ J., HENNINGER L., GOYA Col. M., GRUMBERG P., McLASHA Y. & BIHAN B. Guerres & Histoire N°43, juin 2018
(17) McCLUSKEY AL., Op. Cit.

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