Champagne et Marne, le victorieux mois de juillet 1918 – Partie 4

IV – DÉGAGEMENTS DU TARDENOIS ET DE LA MONTAGNE DE REIMS

Dans cet article, nous développerons les combats dans le Tardenois et en Champagne qui vont mener à l’abandon de la Marne, de l’Aisne et de la Vesle par les forces allemandes.

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1 – LES COMBATS POUR LE TARDENOIS

– Le 19 juillet donc, les trois armées françaises repassent à l’assaut. Les troupes d’Antoine, de Mitry, qui attaquent entre Saint-Aignant et Boursault, doivent faire face à une arrière-garde allemande tenace qui tient la rive sud de la Loire. Mais le 20, Ludendorff ordonne de tenir prioritairement la rive gauche. Les combats sont néanmoins âpres pour Jaulgonne, Dormans et la route menant à Ville-en-Tardenois. Dans les secteurs des Xe et VIe Armées, l’attaque commence à 04h00 avec les mêmes procédés que la veille. Von Böhn rameute en urgence (et par camions, chose de plus en plus rare chez les Allemands. Les troupes de Mangin buttent temporairement sur Chaudun, avant de déborder les Allemands. La Xe Armée capture ensuite le Plessis-Huleu, tandis que les troupes de Degoutte dégagent Neuilly-Saint-Font et le Plateau de Priez. Et les contre-attaques allemandes visant à dégager la route Château –Thierry – Soissons se heurtent à un violent barrage de mitrailleuses et de bouches à feu. Pour Max von Böhn, la pression devient intenable. Seule bonne nouvelle de la journée du 20 juillet, la 41e DI (Guignadaudet) vient buter contre les défenses d’Oulchy-le-Château. Il faut dire que tactiquement, les Alliés n’ont pas eu le temps de mettre au point des techniques d’infiltration sophistiquées et doivent compter sur l’appui des machines ou faire preuve d’improvisation. En dépit des difficultés tactiques, les Alliés contraignent von Böhn à évacuer définitivement la rive sud de la Marne pour tenter de s’accrocher sur la rive nord. Du coup, le front allemand dessine un bras dont la partie supérieure est cognée par Mangin et Degoutte tandis que Mitry frappe sur la partie inférieure.

– Le
 21 juillet, profitant de l’arrivée de troupes fraîches, Von Böhm et von Einem contre-attaquent contre les forces de Mangin afin de maintenir leur pivot de manœuvre. Mais les fantassins et les coloniaux de la Xe Armée tiennent ferme aux prix de combats acharnées. Finalement, les Allemands sont repoussés. Pendant ce temps, Degoutte entre dans Château-Thierry en culbutant les divisions de von Böhm dans le Tardenois. Le général français s’étonne avec satisfaction de la mollesse de la résistance allemande. Au soir du 21, la VIe Armée a abattu dix kilomètres et la ligne Hartennes – Oulchy-le-Château tient toujours bon du côté de Mangin. Les Allemands, à bout de souffle, ne tentent plus rien. Pour les Français, le bilan est plus qu’honorable : 20 000 prisonniers allemands, 400 canons et 3 300 mitrailleuses sont tombés entre leurs mains. 5 000 Français sont tombés.  Le bilan est plus qu’honorable (1).

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Antoine de Mitry, commandant de la IXe Armée

– Mais les troupes françaises sont fatiguées. Mangin et Degoutte obtiennent une pause de quatre jours, le temps de faire monter en ligne les divisions de réserve et effectuer les relèves des unités de ligne, processus complexe qui peut prendre plusieurs jours. Il faut aussi réviser la mécanique de nombreux chars, les machines étant encore fragiles, ce qui implique un « cassage » du rythme. Et il faut aussi remplir les casiers d’obus, acheminer les munitions et déplacer les canons. Et il faut également que le Génie, les Territoriaux et les compagnies de travailleurs (notamment les Aussiliari italiens) aménagent les routes, déblaient et terrassent. Et ce travail de fourmi, qui permet aux unités tactiques de maintenir ou reprendre leur rythme d’attaque nécessite d’importants moyens et plusieurs journées.

– Le 24 juillet l’attaque de Mangin et Degoutte reprend. Français, Américains et Britanniques repartent à l’attaque. Les troupes de Mangin enlèvent Oulchy-la-Ville. Le lendemain, les 23e et 128e RI (41e DI) s’emparent d’Oulchy-le-Château. Mais la résistance allemande est toujours aussi dure, notamment à Buzancy. Les 26-27 juillet, après avoir pris « aspiré » une partie du front de la 87e DI (Gén. Dhers) sur sa droite, la 15th (Scottish) Division (H. Reed) – placée sous l’autorité du XIe Corps – attaque sur Buzancy tenue par des éléments des 5. ID et 50. RD, afin de dégager une portion de la route menant vers Soissons. Grâce à l’artillerie franco-britannique puissamment massée (3 groupes du 253e RA, 3 groupes de la 69e DI et pièces de 4.5inch), l’Infanterie progresse derrière un violent barrage (mitrailleuses comprises) composé d’obus explosifs et de fumigènes (2). Les fantassins alliés, appuyés par des lance-flammes français, conquièrent assez facilement le Château de Buzancy. En revanche, les Highlanders ne peuvent s’emparer de Buzancy fermement tenu par les Allemands. Les Britanniques sont ensuite relevés par des éléments des 12e et 87e DI (Gén. Dhers). En revanche, le XIe Corps de Marie-Léon Prax* (5e, 41e et 128e DI) capture la Butte de Chalmont (3).

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– Après une courte période de pause, Mangin ordonne à ses trois commandants de Corps de pousser encore vers Soissons et Crise pour le 30 en rejetant les arrière-gardes allemandes vers le nord-est. Entretemps, il relève la 1re DI (L. Grégoire) fatiguée par la 128e DI (Gén. Segonne), tandis que la 34th Division britannique (C.L. Nicholson) est placée sous les ordres du XXXe Corps de Pénet et reçoit l’ordre d’attaquer vers Hartennes, sur l’axe Cramaille – Beugneux – Orme du Grand Ronzoy, avec la 25e DI (J. Gratier). Mais la relève des éléments britanniques par ceux des 12e DI (R. Chabord) et 19e DI (E. Giraud) françaises est particulièrement laborieux (4). Toutefois, le déploiement en première ligne s’effectue sans incident. L’attaque est donc déclenchée le 30 juillet à 04h10, avec le puissant soutien des canons divisionnaires et de ceux du XXXe Corps. Traversant littéralement le barrage allemand, Français et Britanniques réussissent à s’emparer du Grand Ronzoy. En revanche, la 25e DI doit mener de plus violents combats avec les Britanniques pour le contrôle de Beugneux et de son bois. En fait, les Allemands s’attendaient clairement à cette attaque et leur arrière-garde s’est puissamment retranchée dans la bourgade (5). Les Alliés seront toujours surpris de la combattivité des arrière-gardes allemandes, en dépit du grand nombre de prisonniers. Preuve en est que pour retarder l’avance alliée, des éléments de la VII. Armee (Gruppe « von François»)  lance une violente contre-attaque qui parvient à reprendre le Grand Ronzoy, très vite capturé par les Français (6).

– Informé de l’intensité des combats et du ralentissement des forces de Mangin, Philippe Pétain transmet une nouvelle directive (« Instruction aux Groupes d’Armées ») dans laquelle il explique : « Il apparaît que l’ennemi est trop solidement établi sur les plateaux au Sud de Soissons et sur les hauteurs entre la Vesle et l’Ardre pour espérer une rapide destruction de ses forces au sud de l’Aisne. C’est pourquoi, il implique que notre objectif est de hâter leur retraite afin d’empêcher l’exécution de leurs plans de d’évacuation et de destructions du pays ; et de rendre au plus vite la voie de chemin de fer de la Marne (opérationnelle) » (7). Du coup Pétain bascule son principal axe d’attaque de Mangin à Degoutte : « La VIe Armée possède d’importants moyens et se trouve en charge du rôle principal : elle effectuera une poussée vigoureuse sans interruption, sur l’ensemble de son front, en direction de Fismes, Bazoches et de la région de Saponay, afin de faciliter l’avance de la Xe Armée en direction de Cramille. A partir de la nuit du 29-30, la VIe Armée aura autorité sur le IIIe Corps […]. La Xe Armée, qui ne pourra compter sur aucun autre renfort après avoir reçu la 17e DI, continuera son action en direction de Braine. Son flanc droit effectuera l’effort principal mais son centre devra occuper progressivement les hauteurs des plateaux à gauche de Crise.(8) » Pétain envisage donc d’octroyer des réserves à Fayolle mais à ce moment, Ferdinand Foch se trouve à Sarcus pour préparer l’Offensive en Picardie. Et en cela, il ne peut dégarnir la Ire Armée (M-E. Debeney) qui doit y participer. L’information est communiquée à Pétain par le Colonel Desticker (Chef d’état-major adjoint de Foch), ce qui fait dire à l’intéressé qu’avec moins de forces chez Fayolle, les Allemands pourront encore constituer un solide secteur défensif dans le secteur de Soissons.

– Toutefois, Mangin repasse à l’attaque à Buzancy qu’il prend. Le soir même, la Xe Armée atteint la ligne Grand-Rozoy – Cramaille. Et la Cavalerie retrouve un rôle dans les combats (sans retrouver sa place d’antan) les unités du IInd Corps de Cavalerie (F. Robillot) appuient les flancs des divisions d’infanterie. Le 1er août, Hartennes, Cramaille et Servenay sont pris. Ordre est donné aux petits groupes de se sacrifier si nécessaire pour arrêter les colonnes françaises (9). Von Böhm qui est alors menacés sur ses talons précipite sa retraite en chargeant des petits détachements de la couvrir avec des mitrailleuses.

– Pendant ce temps, suivant les nouvelles instructions de Pétain, Degoutte ne chôme guère. Renforcée par des éléments de réserve, la VIe Armée reprend sa marche en direction de Fère-en-Tardenois dès le 28 juillet. L’avance franco-américaine est ralentie par la défense tenace des troupes allemandes qui lancent également une série de contre-attaque localisées (Gegenstoss). Des groupes d’allemands, bien dotés en mitrailleuses, s’ancrent en position défensif autour de corps de ferme et dans les bois. Pour dégager la route Château-Thierry – Fère-en-Tardenoise, la 42nd US Division (Charles D. Rhodes) doit mener de durs combats, notamment autour de la Ferme de la Croix-Rouge. Non sans pertes, la 84th Brigade de la division (167th et 168th Infantry Regiments) commandé par le Colonel Douglas MacArthur s’empare du réduit défensif ennemi***. Mais le soir, la ville de Fère-en-Tardenois est atteinte par les Français et les Américains (10). Bien qu’ayant infligé de lourdes pertes à leurs ennemis, les Allemands se sont épuiser et ont fini par plier.

– La pression exercée par les trois armées française devient trop fort pour permettre aux Allemands de tenir le Tardenois. Par conséquent, Maw von Böhn ordonne l’évacuation de l’Aisne et de la Vesle. Le 3 août, les Allemands se replient en bon ordre vers le nord pour se placer en défensive. Mais comme le dit Jean-Yves Le Naour, les pertes ont été telles qu’il restera bientôt « plus de mitrailleuses que de mitrailleurs » (11). Et le score des Franco-Anglo-Américains est impressionnant : 700 pièces d’artillerie et plus de 1 000 mitrailleuses capturées et 200 villages libérés (12). Le XXXe Corps de Pénet réalise l’un des meilleurs résultats avec 500 canons et 650 mitrailleuses.

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Hippolyte-Joseph Pénet, le très bon commandant du XXXe Corps

2 – LE DÉGAGEMENT DE LA MONTAGNE DE REIMS

– Alors que les trois armées du GAR progressent dans le Tardenois, la Ve Armée de Henri Berthelot (Groupe d’Armées du Centre) reçoit ordre de Pétain de dégager la Montagne de Reims et la Vallée de l’Ardre. L’attaque démarre le 24 juillet avec le IerCorps Colonial (Mazillier) et le Ve CA (Pellé) et les 2 divisions du XXII Corps d’Alexander Godley qui coordonne ses deux unités. Appuyé par leur artillerie, Français et Britanniques démarrent leur attaque à partir de la ligne Jonquery – Chaumuzy – Ville-Dommange.  Ville-en-Tardennois est libéré par la 7e DI (Gén. Bulot). Le 103e RI qui ne compte plus que le quart de ces effectifs et a perdu tous ses officiers, arrache Romigny en un assaut. Le 26 juillet, von Böhm évacue la Marne et fait sauter les ponts de l’Ourcq, pendant que les Français libèrent Bruyère, Villeneuve-sur-Fère et Courmont. Mais les Allemands résistent à Ronchères grâce à leur artillerie.

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Alexander Godley, commandant du XXII Corps britannique

– Injustement oubliée par rapport à l’engagement américain, la participation britannique aux opérations de juillet 1918 fut réelle, quoique plus limitée. Le 26 juillet, la 62nd (2nd West Riding) Division (W. Braithwaithe) dégage le Bois du Petit Champ et le Bois de Reims, tandis que la 51st (Highland) Division (G.T.C Carter Campbell), appuyée par l’artillerie française, mène une attaque coordonnée avec la 14e DI (Gén. Baston). Ensuite, 2 Brigades (1 de chaque division britannique) mènent l’attaque contre le Bois de Courton, à l’ouest d’Espilly. Suivant une tactique utilisée depuis Gallipoli et perfectionnée depuis 1917, le 51st Machine-Gun Battalion déclenche un tir de barrage contre le Bois de Corton, crachant 120 000 cartouches. Les chars français doivent prendre part à l’attaque mais à cause du terrain détrempé par les pluies, Poilus et Tommys doivent se passer de l’appui blindé mais dégagent le Bois. Britanniques et Français s’emparent ensuite de Chaumuzy et du Bois d’Eclisse, avec l’appui d’un Composite Cavalry Regiment  (rattaché au XX Corps) qui comprend le 4th Australian Light Horse, l’Otago Mounted Rifles (unité néo-zélandaise) et le 22nd Cyclist BattalionLe 27, les Britanniques (fantassins et troupes montées) atteignent le ligne Bligny – Montagne de Bligny. Les Cavaliers atteignent ensuite Nenteuil et le soir, la 62nd Division reprend Bligny et établit la jonction avec la 77e DI (B. Serrigny**) du Ve Corps. En revanche, les troupes britanniques sont épuisées et doivent faire une pause (13).

Le 29 juillet, la 62nd Division et la 14e DI s’emparent de Chambrecy, à l’ouest de Bligny, avec un puissant appui d’artillerie fourni par l’artillerie divisionnaire, ainsi que par les 255th et 256th Brigades Royal Field ArtilleryEn revanche, au nord-ouest de la Montagne de Bligny, la 153rd Brigade (51st Division) se heurte à une violente riposte de mitrailleuses. Le 29, Bruno von Mudra (I. Armee) déclenche une violente contre-attaque sur la Montagne de Bligny contre les Ecossais. Mais l’Artillerie britannique fait échouer la tentative. Le front se fige jusqu’au 31 juillet (14).
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– BILAN

– Comme le dit bien Sylvain Ferreira, peu connues du grand public, les victoires de 1918 n’en ont pas moins été coûteuses (15). Côté allié, on dénombre plus de 132 000 tués et blessés. Ce sont les Français qui ont le plus été touchés avec plus 95 500 tués et blessés. Les Britanniques ont perdu 16 000 hommes, les Américains environ 12 000 et les Italiens 9 000. En revanche, le Heeres-Gruppe « Kronprinz » a été saigné en perdant 168 000 soldats ; soit 139 000 tués et blessés et plus de 29 000 prisonniers dont beaucoup de soldats affamés et démotivés (16).

– La seconde bataille de la Marne est achevée sur une incontestable victoire française et américaine. Occultée la victoire de 1914, comme par Verdun et le Chemin des Dames, la Seconde victoire de la Marne a été brillante pour les Alliés, davantage pour la coopération interarmes et les moyens engagés. Cependant, elle n’a pas été décisionnelle sur le plan stratégique puisque l’Armée allemande ne s’est pas écroulée et en cela, n’a pas précipité la fin de la Guerre, comme l’explique bien Jean-Yves Le Naour (). En revanche, elle marque clairement un TOURNANT puisque Ludendorff a perdu l’initiative sur le front de l’Ouest. Les pertes allemandes sont telles que la Kaisersheer ne pourra plus déclencher de grandes offensives, d’autant que tout vient à manquer. En revanche, les Alliés ont prouvé qu’ils étaient capables de mener des offensives victorieuses. Et justement, suite à cette première victoire offensive alliée, Ferdinand Foch reçoit son bâton de Maréchal de France. Mais c’est une incitation claire de Clemenceau à continuer dans la voie offensive. Voie que « Capitaine Fracasse » va suivre…

 

 

* Prax remplace Henri Niessel dès le 19 juillet.
** Bernard Serrigny fut l’efficace et fidèle chef d’état-major de Pétain lors de la Bataille de Verdun.


(1) « La deuxième victoire de la Marne », http://www.chtimiste.com
(2) « The Battles of the Marne, 1918 », http://www.longlongtrail.co.uk
(3) « The Battles of the Marne, 1918 »
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) Ibid.
(8) Ibid.
(9) « La deuxième victoire de la Marne »
(10) KERSAUDY Fr. : « Douglas MacArthur. L’enfant terrible de l’US Army », Perrin, Paris, 2014
(11) LE NAOUR J-Y. : « 1918. L’étrange défaite »
(12) LAPARRA Gén. J-Cl. : « 1918. L’année décisive », tome 1, « Les ultimes offensives allemandes », SOTECA, Paris, 2018-07-09
(13) « The Battles of the Marne, 1918 »
(14) Ibid.
(15) FERREIRA S. : « L’inévitable défaite allemande. Mars –juillet 1918 », Editions Lemme, Chamalières, 2018
(16) LAPARRA GéN. J-Cl., Op. Cit.
(17) LE NAOUR J-Y., Op. Cit.

 

 

 

 

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