Vimy : une crête pour le prestige du Canada – Partie 2

4 – L’ASSAUT DU 9 AVRIL

– En ce  lundi 9 avril 1917 à 04h00 du matin, il fait particulièrement froid et le brouillard recouvre la crête de Vimy. Dans leur tranchée de première ligne, les Canadiens reçoivent leur ration de rhum, geste devenu presque un rituel. Certains soldats se sont même vus remettre des pourpoints de cuir afin de se jeter sur les fils barbelés qui n’auraient pas été sectionnés et de permettre à leurs camarades de passer (1). Mais durant la nuit du 8-9 avril, les Allemands ont cru découvrir les intentions ennemies. Il faut dire que le raid du Captain Kent a pu alerter. Des soldats allemands tirent des fusées éclairantes mais ils ne remarquent aucune présence suspecte dans le no man’s land.

– A 05h30, l’artillerie canadienne (983 pièces au total) déclenche un violent tir de barrage de trois minutes sur les positions allemandes. Après ces trois minutes d’un premier lift, les servants donnent aux pièces une hausse de 100 m. Puis, conformément au chronométrage établi par Currie et Morrison, une masse initiale d’infanterie de 15 000 hommes sort des tranchées, chaque soldat étant bardé de 18 à 40 kg. Selon le plan d’artillerie bien défini, les canons de 18-pdr crachent leurs shrapnels sur les lignes de tranchées allemandes ; les obusiers pilonnent les tranchées de communication et les pièces à plus longue portée pilonnent les routes et la profondeur du dispositif ennemi. Mais lorsque les fantassins suivent le barrage rampant en tirant sur les positions ennemies, plusieurs d’entre eux sont victimes de tirs amis. Et dans certains secteurs, ils sont couverts par les automitrailleuses de Raymond Brutinel qui crachent plusieurs milliers d’obus sur les positions allemandes, bien qu’Andrew MacNaughton ne voyait pas de pertinence au procédé. (2).

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– Pour traverser le no man’s land, les fantassins canadiens se placent en formation comme à l’entraînement. Mais celles-ci ne sont pas forcément uniformes. En effet, certains Battalions avancent avec 2 compagnies en avant, chacune formée d’une section de pointe, suivie d’une compagnie de nettoyage et 2 autres pour prendre l’objectif intermédiaire. D’autres, comme au sein de la 8th Brigade, attaquent avec 1 compagnie en tête chargée de conquérir une section spécifique de la ligne de front, 1 seconde chargée d’attaquer sur le second objectif, tandis que la troisième attaquera au sommet de la crête, tandis que la quatrième restera en réserve en cas de coup dur.
En tout cas, comme le montre l’historien canadien Bill Rawling, si le procédé d’assaut n’est pas vraiment uniformisé à l’échelle des brigades et des Battalions, une chose est sûre : les divisions et brigades canadiennes attaquent en profondeur au lieu de tenter une percée en masse. On est dans le combat des petites formations chargées de neutraliser des positions de mitrailleuses et des points fortifiés, bien souvent à la grenade. (3)

– Néanmoins, les Canadiens se heurtent vite à une difficulté que les planificateurs n’ont pas prévue. En effet, appliquant les ordres de Byng de protéger à tout prix l’infanterie, bon nombre de batteries tirent des obus fumigènes. Couplées au brouillard, elles ne Continuer à lire … « Vimy : une crête pour le prestige du Canada – Partie 2 »

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