Batailles méconnues : l’automne des Français sur la Somme – Partie 2

– Au début du mois d’octobre 1916, le Front de l’Ouest s’est enferré dans une série de batailles d’usure, sans que l’Entente ait obtenu la percée espérée. Même Joffre l’admet  quand, dans un message de félicitations aux troupes sur la Somme, il déclare qu’il « faut continuer avec la même volonté tenace ». Depuis le mois de février, les pertes de l’Entente donnent le tournis (plus de 300 000 côté français et près de 700 000 Britanniques et soldats des Dominions). Néanmoins, en dépit de ses pertes considérables, la situation des armées alliées n’est pas si défavorable qu’elle n’y paraît. En effet, en lançant l’attaque sur le front de la Somme, les forces de l’Entente ont épuisé une grande partie des forces allemandes, contraignant, le GQG de Berlin a consacré des forces qui auraient pu être déployées ailleurs en Europe. De plus, l’offensive de la Somme a contraint Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff à déplacer pas moins de 36 batteries d’Artillerie du Front de Verdun, ainsi qu’une division d’infanterie pour faire face aux Britanniques. Par conséquent, compte tenu de la dimension politique qu’a prise la bataille de Verdun en France, le commandant a renforcé le dispositif de Nivelle pour reprendre une partie du terrain perdu. C’est ainsi qu’à l’automne, les Français vont reconquérir avec succès deux objectifs éminemment politiques ; les Forts de Douaumont (24 octobre) et de Vaux (2 novembre). Et n’oublions pas qu’en raison du blocus imposé par la Royal Navy en Mer du Nord, l’Allemagne commence à connaître de graves difficultés économiques, tout comme de graves pénuries alimentaires.

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– Durant octobre, Français et Britanniques décident de relancer le tempo offensif sur la Somme. Si Haig se montre ambitieux en voulant attaquer la quatrième ligne de défense allemande et s’approcher de Bapaume par Le Sars et Le Transloy, les Français se contentent encore du rôle de soutien des Britanniques. Sauf que cette fois, c’est le centre de la IVth Army de Rawlinson qui doit attaquer, sans aucune liaison avec l’aile gauche de la VIe Armée française. C’est donc un Fayolle sans grande illusion doit faire sortir de l’ornière que représente le secteur de Sailly-Saillisel – Rancourt – Epine de Malassise. L’offensive est prévue pour la première semaine d’octobre. Mais la noix la plus dure à casser reste le Bois de Saint-Pierre-Vaast. Pour faire sauter ce verrou, Fayolle met en lice le Ve Corps d’Armée de Hallouin et le XXXIIe de Berthelot. Le Ve doit attaquer par le sud du Bois, tandis que le XXXIIe doit attaquer par le nord-ouest. Quant au Ier Corps de Gauillaumat, il doit poursuivre son effort à l’est de Combles, plus particulièrement du Sailly-Saillisel (1).

– L’attaque française démarre le 3 octobre par un temps pluvieux. Faute d’observation aérienne adéquate, l’artillerie française opère un feu inefficace sur les défenses ennemies. Pendant six jours, les Français suent sang et eau pour conquérir des arpents de terrain. Si le Ier Corps réussi à prendre de la ligne de tranchées entre Morval et le Bois de Saint-Pierre-Vaast, les Ve et XXXIIe sont littéralement cloués sur place. Il faut dire que les Allemands ont mis les moyens pour défendre le Bois qui est occupé par des fusiliers et 15 mitrailleuses. Ainsi, le 24e BCP de la 46e Division est haché par le feu des Maxim et laisse un grand nombre de tués. Et quand les Français conquièrent du terrain, les troupes allemandes situées en arrière contre-attaquent, conformément aux instructions de la défense mobile, forçant les Français à repartir sur leurs bases. Le 7 octobre, grâce à l’offensive de Haig contre le Sars et le Transloy, les Français parviennent à prendre les tranchées de  Pilsen, de Carlsbad et de Teplitz, ainsi que l’ouvrage « Tripot ». Fayolle ordonne à Halluin un nouvel effort contre le Bois de Saint-Pierre-Vaast mais le Ve Corps butte encore. Fayolle fait également donner le VIe Corps de Paulinier mais rien n’y fait. Le redoutable couplage allemand mitrailleuses – défense mobile brise toutes les tentatives françaises. Le 8 octobre, les Français relancent un nouvel assaut mais sans plus de succès. La VIe Armée est épuisée. A cette date, les Ve et VIe Corps sont saignés, accusant la perte respective de 5 987 et 8 244 hommes (2). Une fois de plus, la VIe Armée connaît la fatigue et Joffre envoie le IXe Corps de Horace Pentel à Fayolle, afin de remplacer le Ier. Sur ordre de Foch, Fayolle doit planifier une nouvelle attaque pour le 12 octobre. Malheureusement, cela laisse le temps aux Allemands de renforcer leur dispositif. A cette date, en ponctionnant sur le Front de Verdun et dans d’autres secteurs, Hindenburg et Ludendorff sont parvenus à acheminer 36 batteries d’artillerie supplémentaires.

– Le 12 donc, l’attaque reprend en dépit du mauvais temps. A la colère de Fayolle, les Britanniques ont déclenché un ouragan de feu de dix minutes qui a provoqué une contre-batterie efficace de la part des Allemands. Aveugle, l’artillerie française frappe encore sans faire de grands dégâts. De plus, la boue empêche le ravitaillement d’arriver à temps en première ligne. Le 15 octobre, au prix de durs combats, les « Diables rouges » du 152e RI du Lieutenant-Colonel Semaire (celui du Hartmannswillerskopf) et le 68e BCP s’emparent de Sailly-Saillisel. La VIe Armée française n’ira pas plus loin.

– Après une nouvelle pause, Fayolle décide de lancer une nouvelle attaque contre le Bois de Saint-Pierre-Vaast, alors que les Britanniques viennent de lancer leur attaque sur l’Ancre. Fayolle met à la peine les IXe et  XXXIIe Corps qui partent à l’attaque le 23 octobre. Mais à ce moment de la bataille, grâce aux efforts des pilotes de la Jasta 2 d’Ernst Bölcke et à l’accroissement des effectifs (509 appareils en octobre), les Heeres-Luftskräfte (forces aériennes) finissent par devenir plus redoutables. Et par conséquent, disposant d’une meilleure observation aérienne, l’artillerie allemande peut effectuer des tirs de barrage et de contre-batterie, ce qui pose d’ailleurs de graves problèmes aux équipes de téléphonistes qui doivent poser des fils afin de favoriser les communications entre unités. Les ordres arrivent souvent en retard, ce qui amoindri l’efficacité de l’Infanterie.

– Le 23 donc, l’artillerie de la VIe Armée effectue son tir de préparation, vite rendu inefficace par le mauvais temps et les attaques des pilotes allemands. Dans la foulée, les IXe et XXXIIe Corps repartent à l’attaque. Mais ils piétinent vite. Flanquant les britanniques, le IXe Corps  attaque à l’est de Morval et sur Combles. Mais il ne peut dépasser la Tranchée de Marburg. La 18e Division d’Infanterie (Général Lefèvre) et la 152e DI (François Andrieu) ne parviennent pas à dégager le ravin de Combles, en raison d’une défense pugnace et de l’activité croissante de l’artillerie lourde. Ces mauvais résultats ne tardent pas à faire une victime parmi les généraux : Horace Pentel. Aux yeux de Fayolle, il a le tort d’être un ancien de la Coloniale, ce qui pour lui n’est pas un gage de compétence (3). Mais pour le Général Lanrezac, Pentel n’a été qu’un fusible. Le 29 octobre, le Général Henri Niessel prend la tête du IXe Corps. Mais un tel remplacement n’améliore pas la situation des Français. En effet, la pluie contraint Fayolle à reporter son attaque les 26-28 octobre, puis le 3 novembre.
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B – Xe Armée

– La Xe Armée conserve son rôle de flanc-garde sur la ligne Vermandovillers – Deniércourt – Berny. Son engagement a d’ailleurs fait l’objet de désaccords entre Micheler, Joffre et Foch. Le premier souhaitant jouer un rôle plus actif, tandis que les autres veulent la maintenir dans un rôle secondaire afin de privilégier l’action sur la rive droite de la Somme. Pour l’heure, Micheler doit attaquer Chaulnes, Ablaincourt et Belloy, dans l’espoir de réduire le saillant de Roye. Si la Xe Armée doit attaquer dans un secteur assez plat où les défenses allemandes sont moins élaborées (le Haut-Commandement a privilégié le renforcement des lignes au nord de la Somme), en revanche, les divisions du Gruppe von Pannewitz sont bien appuyées par de l’artillerie de campagne et lourde. Micheler prévoit de lancer une première attaque le 5 octobre pour atteindre la ligne Puzeaux – Hyencourt – Gomiécourt. Mais il doit la repousser au 10, encore en raison du mauvais temps.

– Le 10 octobre donc, après une préparation d’artillerie, le Xe Corps de François Anthoine et le XXIe Corps de Paul Maistre passent à l’attaque. L’attaque se passe bien. Sur la gauche, le XXIe fait tomber Bovent au nord d’Ablaincourt, tandis que sa 120e DI (Général Mordacq ; 38e, 86e, 408e et 409e RI) parvient aux abords ouest d’Ablaincourt. Sur la droite, le Xe Corps d’Anthoine dégage le Bois de Chaulnes mais ne peut s’emparer du village. Le 11, le 273e RI de la 51e DI tente de s’emparer de l’ouvrage du Haricot et du Pressoir qui bloquent le passage vers Chaulnes. Mais le secteur est bien protégé par les mitrailleuses. Anthoine a beau ordonné au Général Boulange, commandant de la 51e DI, de s’emparer de Chaulnes, c’est un échec. Anthoine, envoie alors la 20e DI du Général Hennocque (2e, 25e, 47e et 136e RI) pour occuper le Bois de Chaulnes. Mais les Normands du 25e RI sont attaqués en pleine nuit au lance-flamme. L’un de ses bataillons est pratiquement anéanti (4).

Ceci dit, Micheler relance son effort en direction de Fresnes. Le 14 octobre, son armée atteint la lisière occidentale de cette localité.
Du coup, Micheler pense qu’une poussée pour atteindre la rive gauche de la Somme est possible. Il propose alors à Joffre et Foch d’attaquer entre Biaches et le nord du Bois de Chaulnes afin de prendre le Pressoir, Ablaincourt et Génermont. Joffre et Foch approuve et la nouvelle offensive doit être lancée pour le 21 octobre. Pour l’heure, Micheler repose ses forces, tout en recevant d’importants renforts en artillerie. Le plan de Micheler consiste à assommer les lignes allemandes par un imposant bombardement, puis d’attaquer successivement le Pressoir (Xe Corps d’Anthoine), Ablaincourt (XXIe Corps), Biaches et Maisonnette (XXXIIIe Corps).

– Le 21 octobre, les Français déclenchent un tir d’artillerie de cinq heures. A 15h17, les Français bondissent de leurs tranchées et conquièrent le Bois de Chaulnes. Et la contre-batterie allemande réagit trop tard. Mais le succès français n’est pas exploité. Foch ordonne d’abord à Micheler de lancer des opérations successives sur des objectifs limités après une forte préparation d’artillerie (). En fait, le commandant du GAN veut effectuer une pression avant de lancer une plus forte offensive pour occuper le Plateau de Villers-Carbonnel, les buttes de Frenes, Misery et Barleux pour le début du mois de novembre. Et bien entendu, les Allemands en profitent pour établir des positions successives afin d’empêcher les Français de percer. Par conséquent, les Français s’épuisent à grignoter des parties étroites du front. De plus, la pluie et la boue se mêlent à la bataille, favorisant les défenseurs. Les conditions sanitaires des « poilus » sont détériorent considérablement en raison des infiltrations d’eau dans les tranchées. En plus des blessés, les ambulanciers doivent évacuer un nombre croissant de malades et de victimes de « pieds de tranchée ».

– Le 24 octobre, les Xe et XXIe Corps relancent leurs efforts sur le Pressoir et Ablaincourt, tandis que le XXXIIIe tente de détacher Maisonnette (en fait une ferme-château qui représente un très bon point d’appui). Mais les « poilus » pataugent dans la boue, en essuyant les tirs de la défense allemande. Micheler doit faire une pause d’une semaine durant laquelle les trois Corps français doivent faire face à plusieurs contre-attaques allemandes. Ainsi, le 29 octobre, suivant un tir d’artillerie pendant que 20 Fokker et Albatros musellent les batteries françaises, les éléments d’infanterie de l’Armee-Gruppe « von Quast » (Ferdinand von Quast) attaquent Maisonnette appuyés par des lance-flammes. Vaincus, les Français doivent abandonner Maisonnette et 450 prisonniers, dont le fils du général Georges Humbert (5).

Le 30 octobre, avec l’arrivée d’une tempête, les deux armées pataugent au sens propre du terme. Trempés jusqu’aux os, soldats et officiers subalternes sont souvent incapables de dormir, ce qui accentue leur épuisement. Pour éviter les maladies, ils sont forcés de se hisser sur les parapets, ce qui est d’autant plus risqué.

Le 31 octobre, Micheler cesse toute offensive. Malgré la mise hors de combat de plus de 40 000 soldats allemands, le bilan est bien maigre au vu de l’optimisme affiché de début octobre.

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Henri Berthelot, commandant du XXXIIe Corps

3 – NOVEMBRE

A – VIe Armée

– Pour les Français et les Britanniques, le mois de novembre va sonner la fin de toute illusion sur le front de la Somme, d’autant que les deux armées sont épuisées après avoir accusé de très lourdes pertes. Néanmoins, Haig et Joffre envisagent d’autres offensives, notamment une bataille de la Somme élargie, notamment à Vimy et entre la Somme et l’Oise. Pour l’heure, les deux généraux décident de lancer de nouvelles offensives aux ailes du Front. Ainsi, Haig prévoit d’attaquer sur l’Ancre avec la nouvelle Vth Army de Hubert Gough, tandis que Joffre et Foch vont relancer deux assauts avec les VIe et Xe Armée. Fayolle a pour ordre de forcer le front entre le Transloy et le Bois de Saint-Pierre-Vaast dès le 1er novembre. Dans ses carnets de guerre, Fayolle critique la volonté de Foch d’attaquer sans cesse, sans avoir d’objectif précis (prendre Bapaume et Péronne ? Ou bien épuiser les Allemands ?). Et le commandant de la VIe Armée émet de sérieux doutes sur la volonté des anglais de poursuivre la bataille. Fayolle espère que Rawlinson attaquera bien sur sa gauche mais la IVth Army a tout donné durant l’été et l’automne .

– Pour l’heure, Fayolle ordonne au IXe Corps de Niessel (gauche) d’attaquer à l’ouest du Transloy et Sailly-Saillissel, tandis que au XXXIIe Corps de Berthelot (centre) doit attaquer l’est de Sailly et l’ouest du Bois de Saint-Pierre-Vaast. La prise de ce dernier est alors confiée au Ve Corps de Hallouin (droite). Sauf qu’avec l’arrivée des renforts, en grande partie de jeunes engagés ou des convalescents sortis des hôpitaux, l’amalgame s’est effectué difficilement avec les troupes plus aguerries. Ce qui nuit à la cohésion comme à la qualité offensive des sections et des compagnies. Du 1er au 7 novembre, les troupes de la VIe Armée s’échinent à grignoter du terrain dans des conditions météorologiques qu’il est inutile de décrire. Au centre, la 152e DI d’Andrieu (114e, 125e, 296e RI) réussit à franchir la Tranchée de Bukovine pour encercler Sailly-Saillisel par le nord. Mais le 4 novembre, l’Armee-Gruppe « Fleck » (Paul Fleck) passe à la contre-attaque pour dégager Sailly. Les combats sont toujours furieux mais le XXXIIe Corps tient bon. En revanche, Spears, officier de liaison britannique auprès de la VIe Armée accroît le déplaisir de Fayolle en lui annonçant que la IVth Army ne poursuivra pas son attaque sur le Transloy.

– Le 5 novembre, les Français attaquent de nouveau seul. Le IXe Corps est arrêté par un tir de mitrailleuses provenant du Transloy. En revanche, la 42e DI du Général Deville (162e et 94e RI ; 103e RIT ; 8e, 16e BCP) parvient à atteindre les restes de Sailly, tandis que la 46e DI du Général Gratier (7e, 13e, 22e, 23e, 47e, 53e, 62e et 63e BCA) réussit à atteindre le nord du Bois de Saint-Pierre-Vaast (23e BCA). Mais il reste à prendre le Bois. Fayolle a reçu l’ordre de Foch d’y envoyer le Ve Corps pour dégager le bois. Manœuvre que le commandant de la VIe Armée trouve particulièrement dangereuse. La suite lui donne raison, les troupes du Général Hallouin tombent dans un secteur défensif établi sur une profondeur de 1,8 km et bien garni de mitrailleuses. L’affaire tourne bien entendu à l’avantage des défenseurs et 1 700 hommes sont gaspillés en pure perte. Ceci dit, Fayolle cesse toute attaque lorsqu’il se rend au château de Querrieu pour s’entendre dire par Henry Rawlinson que la IVth Army n’attaquera pas, car trop épuisée. Fayolle ordonne alors à ses troupes de faire halte, définitivement. Foch prévoit plutôt de consolider le plateau de Sailly-Saillisel, avec de nouvelles attaques partielles, ce que regrette Fayolle une fois de plus.

– Après une pause de quatre jours, Fayolle fait donner la 40e DI du Général Leconte (150e, 154e, 155e et 161e RI) et la 153e DI du Général Magnan (418e RI ; 9e Régiment de Zouaves ; 1er Régiment Mixte de Zouaves et Tirailleurs ; 2nd et 4e BCP)  – deux unités qui ont l’expérience de Verdun – pour dégager et consolider le plateau de Sailly-Saillisel. Le deux divisions sont appuyées par des pièces lourdes de 220 mm de l’ALGP et par des obusiers Schneider 155 CT. Le 11 novembre, après un tir d’artillerie qui crache 900 obus sur les défenses allemandes, les deux divisions attaquent. A l’issue de durs combats, les Meusiens des 150e et 155e RI, tout comme le 9e Zouaves (Lt-Col. Gross) occupent Sailly-Saillisel. Mais le lendemain, la 185. Infanterie-Division de Paul von Uthmann (sur la Somme depuis le mois de juillet) contre-attaque et repousse le 9e Zouaves qui doit abandonner ses tranchées au sud de Saillissel. Fayolle tempête contre les Zouaves qui ont, selon lui, « passé trop de temps au bord de la mer » (6). Magnan fait relever les Zouaves par le 2e BCP (Col. Mellier). Les Chasseurs à pied doivent effectuer la relève de nuit, dans des conditions difficiles et avec un ravitaillement qui n’arrive pas toujours à destination. Et les Chasseurs ne sont pas au bout de leur peine, puisque les Allemands déversent une pluie de projectiles.

– Le 21 novembre, Foch ordonne à Fayolle de dégager Sailly-Saillisel une bonne fois pour toutes. Mais l’attaque n’aura pas lieu car le 23, Joffre accepte que les Britanniques récupèrent la partie nord du front de la VIe Armée comprise entre Combles et Bouchavesnes. Foch ordonne encore à Fayolle d’attaquer contre l’épine de Malassise avec le VIe Corps de Paulinier pour le 24. Mais l’opération tourne au court en raison de l’épuisement des troupes françaises. 1 000 hommes sont alors perdus. Le 29 novembre, Fayolle peut souffler puisque Joffre décide de retirer la VIe Armée du Nord de la Somme pour laisser les britanniques prendre la relève. Depuis le 1er juillet, Fayolle a perdu près de 500 000 hommes. Et malgré les succès de l’été, l’offensive française a fini par s’enliser, tout comme celle des Britanniques.

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Général François Anthoine, commandant du Xe Corps

2 – Xe Armée

 

– Si Fayolle doit admettre que son attaque, commandée par Joffre et Foch a échoué, Joseph Micheler peut encore espérer un succès. Joffre lui a ordonné de dégager définitivement Maisonnette, Biaches et le Bois Blaise.

– Le 7 novembre, le XXIe Corps de Maistre remporte un beau succès tactique. En effet, la 25e DI du Général Levi (1er Régiment de Marche de Zouaves ; 105e, 16e et 98e RI ; 9e Régiment de Marche des Tirailleurs) s’empare enfin du Pressoir et du Bois Kratz, tandis que la 62e DI (338e, 278e 307e et 308e RI) de François prend enfin Ablaincourt, capturant plus de 1 000 prisonniers. Cependant, ce succès ne peut être exploité car Otto von Below renforce l’aile gauche de sa II. Armee qui compte 8 divisions et ordonne de lancer plusieurs contre-attaques. Micheler doit arrêter là, faute de moyens. C’est aussi la fin des opérations au sud de la Somme, souvent considérées comme secondaires.

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(1) DENIZOT A. : La Bataille de la Somme, Perrin, 2002
(2) DENIZOT A. : Op.Cit.
(3) FRANC M. : Les Généraux français de la Grande Guerre, E.T.A.I
(4) DENIZOT A. : Op.Cit.
(5) Ibid.
(6) En fait, il n’avaient passé qu’un seul mois à Abbeville pour instruction et exercices…

 

 

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