Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (3)

3 – SECTEUR DU Xth CORPS :

– Le Xth Corps de Thomas Morland qui doit enfoncer le secteur de Thiepval a pour objectif deux secteurs fortement défendus, la « Redoute de Schwaben » et le « Saillant de Leipzig ».

Redoute de Schwaben : la charge des Ulstermen

– Placée  sur le flanc gauche du Corps, entre la roue de Saint-Pierre-Divion et Thiepval, la 36th (Ulster) Division d’Oliver Nugent a pour objectif la « Redoute de Schwaben » (Schwaben Schanze), un petit réseau de tranchées situé à 700 m au nord de Thiepval qui barre la route de Grandcourt, au sud de l’Ancre. La « Redoute de Schwaben » est reliée à une seconde ligne de défense (Grandcourt – Pozières) par un réseau de tranchées (Sodern, Grallsburg, Alte Württemburg, Staufen et Zollern). Chaque nom fait référence à des villes et lieus de Souabe et du Württemberg. La Redoute est aussi reliée à la Ferme du Mouquet et au village de Thiepval.

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– La 36th (Ulster) Division est une unité de la NKA au nom quelque peu programmatique. En effet, elle est formée d’un bon tiers d’hommes issus de l’Ulster Volunteer Force (UVF), soit des paramilitaires protestants unionistes regroupés derrière Sir Edward Carson et prêt à résister à l’extension de la Home Rule, concédée aux Catholiques par le Parlement britannique. D’ailleurs,  afin de commémorer la Continuer à lire … « Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (3) »

Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (2)

2 – Secteur du IIIrd Corps

* La Boisselle (« Granathof » ; « Glory Hole »)

– Ce village et son éperon forment le centre du IIIrd Corps, entre Fricourt (gauche) et Ovillers (droite). L’éperon est encadré par deux petites dépressions baptisée « Vallée de la Saucisse » et « Mash Valley ». Bien entendu, les Allemands ont pris soin de fortifier le secteur. Le plan britannique – irréaliste – consiste à crever le front allemand avec la 34th Division qui ouvrir le passage à 3 divisions de Cavalerie de la Reserve Army de Gough et aux 12th (Eastern) et 25th Divisions. Enfin, la 19th (Western) Division, réserve du IIIrd Corps, doit elle aussi attaquer à travers les brèches ouvertes.

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– Le 1er juillet, l’artillerie du IIIrd Corps, scindé en deux groupes et fort de 98 obusiers et canons lourds (dont 1 obusier de 9,2-inch et 1 de 12-inch montés sur affûts ferroviaires). Henry Pulteney, commandant du Corps, a formé de groupes d’artillerie lourde chargés d’appuyer les deux divisions d’attaque. Mais le bombardement préparatoire de sept jours n’a pas entamé les défenses allemandes, à cause des obus défectueux. Les Anglais se rendent compte de l’échec des tirs d’artillerie le 30 juin. Du coup, le 1er juillet, ils font tirer 8 batteries de mortiers Stokes sur 460 m de large mais sans effet notable. En revanche, l’obusier de 12-inch monté sur rail parvient à atteindre le PC du XIV. Reserve-Korps à Bapaume alors que les mineurs gallois du 9th Bn. Cheshire et les tunneliers de la 179th Tunnelling Company Royal Engineers s’apprêtent à faire sauter les positions allemandes sous la Sape « Y » et le « Lochnagar Crater ». De leur côté, les Allemands alignent les ReserveInfanterie-Regiment 110 et 111 pour la défense du secteur.

– Pour l’attaque, le Major-General Edward Ingouville-Williams, doit lancer ses 3 brigades en Continuer à lire … « Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (2) »

Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (1)

1 – POINT SUR LES DÉFENSES ALLEMANDES

– Les lignes allemandes que les Britanniques cherchent à crever et les Français à faire reculer sont situées dans le secteur de la II. Armee du General der Infanterie Fritz von Below. Sur la moitié nord, le XIV. Reserve-Korps de Hermann von Stein tient la série de trois lignes situées entre le secteur Montauban – Mametz et Gommecourt couvrant Serre, Beaumont-Hamel, Thiepval, Pozières, Ovillers, La Boisselle et Fricourt.  Il comprend la 52. Infanterie-Division (Karl von Borris), la 26. Reserve-Division (Franz von Soden) et la 28. Reserve-Division (Ferdinand von Hahn).
Le secteur tenu par le VI. Armee-Korps de Georg von der Marwitz est plus étendu, d’autant qu’il est à cheval sur la Somme. Il couvre Hardecourt, Maurepas et Cléry au nord de la Somme ; Frise, les Plateaux de Flaucourt et de Santerre, Belloy-en-Santerre, Ablaincourt et Chaulnes au sud de la rive gauche face aux armées françaises. Il compte la 12. Infanterie-Division (Charles Martin de Beaulieu) face au front sud-est des Britanniques ; la 11. RD (Richard von Werben) et la 121. ID (Kurt von Ditfurth) dans les secteurs faisant face à la VIe Armée française.
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– Comme évoqué dans un article précédent, les défenses édifiées sous la direction de l’Oberst von Lossberg, commandant du Génie de la II. Armee sont plus fortes. Les première et seconde lignes sont séparés entre elles de 910 à 1 800 m.  Les Allemands s’appuient sur le maillage formé par les villages picards et les bosquets pour édifier un réseau de défense avec tranchées, fortins et redoutes reliés entre eux par des tranchées de communication. Mais le dispositif défensif n’est pas égal selon les secteurs. Si Fricourt, Thiepval et Pozières sont bien fortifiés, le secteur de Mametz-Montauban l’est moins car inachevé en juin. Certaines tranchées de seconde ligne n’ont que 50 cm de profondeur. Les postes de commandement sont reliés à l’arrière par des fils téléphoniques enterrés. Plusieurs redoutes gardent les routes le long desquelles les Britanniques doivent progresser. S’ils sont en Continuer à lire … « Somme 1916 : le sanglant« Big Push » du 1er juillet (1) »

Somme 1916 : les succès français du 1er juillet

– Les Français démarrent leur attaque deux heures après les britanniques sur le coup de 09h30. A la droite du dispositif de la VIe Armée, le Ier Corps Colonial de Berdoulat démarre son attaque en longeant la rive sud de la Somme. Peu après 11h00, les 2nde et 3e Divisions d’Infanterie coloniales de Mordrelle et Puypéroux partent à l’assaut précédés par un court mais violent tir préparatoire de 65 batteries de canons de campagne et de pièces lourdes. Les régiments de tête attaquant en petits groupes de tirailleurs puissamment armés. Les résultats pour la journée sont particulièrement flatteurs. Frise, Dompierre, Becquincourt, Asservillers et Hebécourt tombent. La 121. ID allemande est sérieusement entamée. Si Herbécourt est repris durant l’après-midi, les « Marsouins » se sont sérieusement accrochés au terrain conquis au prix de 2 000 hommes perdus contre 2 500 prisonniers ramassés durant la journée.
French Infantry crawling to the Attack' on the Somme, 1916.
– Au centre), le XXXVe CA de Jacquot ouvre le bal avec ses 20 batteries d’artillerie lourde, avec une concentration de 10 batteries par km. La veille, le 30 juin, les Allemands ont tenté de répliquer aux canons français par une contre-batterie mais une réplique de 2 000 obus sur un seul régiment d’artillerie a fait taire les audacieux. Le 1er juillet 15 000 obus déversés en un temps réduits font taire la majorité des batteries allemandes sur le coup de 11h30. Le feu français est si violent que les Allemands sont contraints de se replier dans leurs abris. Les soldats du Grenadier-Regiment Nr. 10 (11. ID) raconteront même Continuer à lire … « Somme 1916 : les succès français du 1er juillet »