Verdun : les combats du Fort de Souville

– La prise du Fort de Vaux n’a pas permis à von Falkenhayn et au Kronprinz de rompre les lignes françaises. A la fin du mois de juin, le chef de l’EMG ordonne de lancer une dernière offensive concentrée sur la ligne Froideterre – Thiaumont – Fleury – Souville. Deux corps bavarois (les I. et III. Königlich-Bayersiches-Korps) et l’Alpenkorps  sont mis à la peine, avec l’appui des obusiers et canons lourds de la V. Armee. Le I. KBK d’Oskar von Xylander aligne les 1. et 2. Königlich-Bayerisches-Divisionen ; le II. KBK d’Otto von Stetten compte les 3. et 4. KBD. L’Alpenkorps (Konrad Krafft von Dellmensingen) est une formation crée en 1915 spécialement pour les combats en montagne, alignant les 1. et 2. Königlich-Bayerisches-Jäger-Brigaden et 1 bataillon d’artillerie de montagne.  En face, les Français alignent le VIe Corps d’Armée du Général Jean Paulinier qui compte les 13e, 21e, 23e, 24e, 126e et 128e DI.

The Fort of SOUVILLE, extreme limit of the german advance.
– Le 22 juin, en présence de Guillaume II venu assister à ce qu’on espère être la dernière attaque contre le secteur de Verudn, l’artillerie de la V. Armee déverse 100 000 projectiles – dont des obus au gaz – sur le secteur de Froideterre. Le lendemain matin (06h00), l’infanterie bavaroise passe à l’attaque avec 17 régiments. Pendant trois jours, Français et Allemands s’entretuent pour quelques mètres de terrain. A la gauche et au centre français, les Bavarois finissent s’emparer de Thiaumont, du Ravin des Fontaines et de Fleury le 26 juin. Les combats sont particulièrement durs et les pertes sont lourdes dans les deux camps. Ainsi, l’Alpenkorps a perdu 70 % de ses effectifs de combat.

– Reste pour les Allemands à s’emparer du Fort de Souville, dernier rempart français. Cet édifice a été copieusement arrosé par les obus allemands à la fin du mois d’avril et a subi d’importants dégâts. Or, pour les Allemands, le temps presse car le 1er juillet, Britanniques et Français ont déclenché l’offensive sur la Somme. Von Falkenhayn veut alors faire sauter le dernier verrou de Verdun qui permettrait à la V. Armee de déboucher vers la partie des Côtes de Meuse qui domine Verdun. Chez les Français, Joffre ordonne à Nivelle de contenir les Allemands.

– Le 3 juillet, les Allemands attaquent la batterie de Damloup. Ils parviennent à en conquérir la majeure partie mais une compagnie française résiste jusqu’au bout avant de recevoir des renforts. Le 9 juillet, c’est la 128e DI du Général Riperbray qui subit un nouveau choc allemand en défendant la Chapelle Sainte-Fine, la poudrière de Fleury et les abords du Fort de Souville.  Pressé par von Falkenhayn et par son père, le Kronprinz décide de rétrécir son front d’attaque en se concentrant sur le fort de Souville le 11 juillet. L’attaque du fort est confiée à la 103. ID (unité levée en Thuringe) de Fritz von Unger, avec l’appui d’un régiment de la Garde bavaroise et les Prussiens de l’Infanterie-Regiment Nr. 140. Mais la capture d’un prisonnier allemand capturé dans le secteur du 167e RI, révèle la date de l’attaque à la 128e DI. Celle-ci est déclenchée le 11 contre le front de la 255e Brigade du Général Coquelin de Lisle (167e et 168e RI), par un violent bombardement préparatoire. Les combats font rage. Les Bavarois utilisent des lance-flammes pour venir à bout des positions françaises. Les Allemands sont repoussés une première fois mais progresse vers Souville et par le sud de Fleury. Ils sont repoussés une seconde fois par le feu de l’artillerie française. Cependant, l’artillerie allemande réplique et anéanti toute la compagnie de mitrailleuses. Le troisième assaut allemand vient cogner durement contre la 255e Brigade. Coquelin de Lisle doit faire le coup de feu avec ses soldats avant de mourir. Le Général Riperbray doit amener les 100e et 169e RI dans le « Ravin de la Dame », surnommé bientôt le « Ravin de la mort ». Le même jour, le 7e RI tente de rejoindre le Fort de Souville mais seule la compagnie du Lieutenant Dupuy parvient dans le Fort. Au matin du 12 juillet, les Allemands relancent leur attaque contre le Fort de Souville. L’assaut brutal est repoussé grâce aux efforts des hommes du Lieutenant Dupuy. Le même jour, des éléments du 14e RI et le 25e Bataillon de Chasseurs à Pied (CB Cabotte) parviennent en renfort pour consolider la ligne française. Les Allemands ne tentent plus rien contre Souville.

– Le 12 juillet toujours, les Allemands attaquent en force les ruines de la Chapelle Sainte-Fine qui permet de contrôle un carrefour des routes menant à Vaux, Verdun et Fleury. Les combats font rage et Mangin envoie alors des éléments de la 37e DI du Général Henri Niessel* (soit les 2nd et 3e Régiment de Zouaves de Marche) protéger la poudrerie de Fleury et les abords de Thiaumont encore aux mains des Français, de même que la 31e DI (Général Henri de Cadoudal). Finalement, les combats durent encore une semaine mais les Allemands ne percent pas. Les 115e RI (Lt-Col. Rieffer) réussit à reprendre une partie des abords de Fleury (16 juillet), tandis que les 96e et 122e RI (31e DI) parviennent à reconquérir Thiaumont avant de le perdre le 20 juillet. Néanmoins, le front français n’a pas été rompu.

– L’attaque du secteur de Souville marque la dernière tentative allemande de percée. Von Falkenhayn et le Kronprinz ne tenteront plus rien dans le secteur Verdun, compte tenu des impératifs liés à la situation en Galicile (Offensive Broussilov) et sur la Somme.


– Sérieusement ébranlée le 21 février, la 37e DI a été reconstituée au printemps.

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