Somme 1916 : les succès français du 1er juillet

– Les Français démarrent leur attaque deux heures après les britanniques sur le coup de 09h30. A la droite du dispositif de la VIe Armée, le Ier Corps Colonial de Berdoulat démarre son attaque en longeant la rive sud de la Somme. Peu après 11h00, les 2nde et 3e Divisions d’Infanterie coloniales de Mordrelle et Puypéroux partent à l’assaut précédés par un court mais violent tir préparatoire de 65 batteries de canons de campagne et de pièces lourdes. Les régiments de tête attaquant en petits groupes de tirailleurs puissamment armés. Les résultats pour la journée sont particulièrement flatteurs. Frise, Dompierre, Becquincourt, Asservillers et Hebécourt tombent. La 121. ID allemande est sérieusement entamée. Si Herbécourt est repris durant l’après-midi, les « Marsouins » se sont sérieusement accrochés au terrain conquis au prix de 2 000 hommes perdus contre 2 500 prisonniers ramassés durant la journée.
French Infantry crawling to the Attack' on the Somme, 1916.
– Au centre), le XXXVe CA de Jacquot ouvre le bal avec ses 20 batteries d’artillerie lourde, avec une concentration de 10 batteries par km. La veille, le 30 juin, les Allemands ont tenté de répliquer aux canons français par une contre-batterie mais une réplique de 2 000 obus sur un seul régiment d’artillerie a fait taire les audacieux. Le 1er juillet 15 000 obus déversés en un temps réduits font taire la majorité des batteries allemandes sur le coup de 11h30. Le feu français est si violent que les Allemands sont contraints de se replier dans leurs abris. Les soldats du Grenadier-Regiment Nr. 10 (11. ID) raconteront même avoir subi un « torrent de feu ». Pire encore, les soldats du Génie français font sauter des positions allemandes à l’aide de mine. Aussitôt, avec une parfaite synchronisation, l’artillerie française crache des obus au gaz qui ont raison de la volonté de résistance des Allemands. La 61e DI du Général Vandenberg attaque alors les positions de la 11. ID et conquiert les positions au sud d’Asservillers en faisant des prisonniers.

– Le XXe Corps de Maurice Balfourier passe quant à lui à l’attaque mais au contact des Britanniques sur la rive nord de la Somme. L’unité devait rester en réserve mais Rawlinson s’est accordé avec Fayolle pour l’engager en étroite coopération avec le XIIIth Corps de Congreve. Le « Corps de Fer » est redouté des Allemands auxquels il a donné du fil à retordre depuis le début de la guerre. Formé à l’origine de Parisiens et de Lorrains, il a été secoué à Morhange en 1914 sous les ordres de Ferdinand Foch (1). Placé ensuite sous les ordres de Balfourier, il s’est distingué à la Bataille du Grand Couronné de Nancy. De 1915 à mars 1916, le XXe a été de tous les coups durs : Seconde Bataille d’Artois, Seconde Bataille de Champagne et Verdun, où il est accouru en toute hâte le 23 février depuis sa zone de repos dans la Meuse février pour ralentir l’avancée allemande.

Balfourier aligne pour l’assaut ses 11e (Eugène Vuillemot) et 39e (Adolphe Guillaumat) DI, avec pour objectifs le Bois « Y », une position fortifiée comprenant des mitrailleuses et protégé par la « Tranchée des Menuisiers ». Les deux divisions reçoivent l’appui de 36 batteries de campagne (75 et 105) et d’artillerie lourde. Sur la gauche française, le 153e Régiment d’Infanterie (Lt-Col. Biesse) attaque épaule contre épaule avec le 1st Liverpool Pals Battalion (17th Service). Les artilleurs français bien préparés, déclenchent leur tir contre les positions allemandes avec « une précision d’horloger » selon certains témoignages. Ainsi, sur la droite le 79e RI de la 11e DI, qui doit parcourir 1,5 km à découvert, ne rencontre quasiment pas de résistance car le tir de barrage a détruit les fortifications et retranchements ennemis. Les seuls points de résistance notable sont le Bois de Favière dans le secteur de la 39e DI et la petite localité de Curlu sur la rive droite de la Somme (11e DI). Curlu, qui flanque une des boucles de la Somme, est tenu par des éléments bavarois du Bayerisches-Reserve-Regiment Nr. 6. Le 37e RI réussit à s’en emparer une première fois. Mais à 18h00, les Allemands font donner l’artillerie et les Bavarois contre-attaquent en soirée. Mais la garnison reçoit l’ordre de se retirer car le régiment de l’Armée royale de Bavière est laminé en raison des attaques britanniques.

– Malheureusement, les trois Corps français ne peuvent exploiter leur succès car le 1er juillet, le XIIIth Corps britannique a dû s’arrêter devant Montauban. Les Allemands relancent plusieurs contre-attaques mais sans succès, cédant 2 500 prisonniers aux Français. Ce 1er juillet, alors que la IVth Army connait son bain de sang, la VIe Armée française remporte un indéniable succès tactique et technique… qui ne pourra être exploité en raison du lourd revers britannique. Toutefois, au regard de la coopération artillerie-infanterie et du ratio résultats-pertes, Foch et Fayolle peuvent se prévaloir d’une réussite qui restera occultée.

 

 

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