Paul Emil von Lettow-Vorbeck : l’invaincu « Lion d’Afrique »

– Loin des tranchées boueuses de France et des plaines froides de Russie, une guerre de mouvement s’est jouée durant quatre ans dans l’actuelle Tanzanie. Personne n’aurait donné cher de la survie de la colonie allemande, d’autant que le Togo et la Namibie tomberont rapidement au sein des forces françaises et du Commonwealth. Et pourtant, Paul Emil von Lettow-Vorbeck va mener une guerre d’escarmouches et de guérilla particulièrement efficace contre des forces plus de dix fois supérieures en nombre. Une campagne d’autant plus remarquable, que les troupes africano-allemandes ont tenu la colonie encerclée par les possessions anglo-belgo-portugaises sans recevoir un important soutien logistique de Berlin. Mais cette campagne fut également marquée par la mort de civils indigènes en raison de la pratique de la terre brûlée.
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– Paul Emil von Lettow-Vorbeck voit le jour le 20 mars 1870 à Sarrelouis au sein d’une famille de la petite noblesse poméranienne. Son père est un officier de l’Armée prussienne alors en garnison en Rhénanie. Suivant l’exemple paternel, Paul-Emil suit sa scolarité aux Cadets de Potsdam avant d’intégrer la Lichterfelde de Berlin en 1888, l’année où Guillaume II devient Kaiser d’Allemagne. Deux ans plus tard, le jeune von Lettow-Vorbeck sort diplômé avec le grade de Leutnant. Après une dizaine d’années d’affectations en casernes, Paul-Emil von Lettow-Vorbeck fait partie du contingent allemand envoyé à Pékin contre les Boxers. Si le contingent arrive après le dégagement de Pékin, von Lettow-Vorbeck fait l’apprentissage des combats de guérilla et comprend très vite que les techniques de combat des rebelles chinois ont un effet néfaste sur la discipline de la troupe. Après un retour en Allemagne, von Lettow-Vorbeck revient en Chine au sein de l’état-major allemand avec le grade de Hauptmann (Capitaine). Dès lors, sa carrière prend une dimension coloniale.
En 1907,il intègre le corps expéditionnaire du Général Lothar von Trotha chargé de réprimer la révolte des Hereros et Namaquas en Namibie (Deutsche-Südwest-Afrika). C’est là que sa carrière a pris un tour polémique plus de quarante ans après sa mort. En effet, on l’a accusé d’avoir participé au génocide des tribus indigènes. Or, il est davantage avéré qu’il dut être envoyé en Afrique du Sud pour recevoir des soins après deux blessures, reçues respectivement à l’œil gauche et à la poitrine. C’est durant ce séjour contraint dans le dominion britannique que l’officier allemand se lie d’amitié avec Jan Christiaan Smuts, ancien chef boer passé au service de la Couronne. De retour en Allemagne, il est promu Major et prend le commandement du II. Seebataillon à Willhesmshaven (Basse-Saxe), une unité spécialement formée pour être déployée outre-mer par voie maritime. Promu Oberstleuntnant  en 1913, il poursuit sa carrière d’officier colonial et commande la Schütz-Truppe du Kamerun (force de sécurité Cameroun allemand) avant de prendre le commandement de celle de la Deutsche-Südost-Afrika l’année suivante avec le grande d’Oberst (Colonel). A l’époque, cette colonie de l’Empire allemand est plus étendue que l’actuelle Tanzanie, puisqu’elle englobe plusieurs portions des actuels Burundi et Rwanda.

– Au vu de la situation défavorable de l’actuelle Tanzanie coincée entre le Congo belge , le Kenya (British Eastern Africa), la Rhodésie, l’Ouganda et l’Afrique du Sud britanniques, ainsi que le Mozambique portugais (neutre jusqu’en 1916), von Lettow-Vorbeck décide de constituer un outil défensif avec ses quelques Askari encadrés par des officiers et sous-officiers venus d’Allemagne. Pour cela, il impose une stricte discipline à ses hommes, qu’ils soient allemands ou indigènes. Bien que la hiérarchie militaire s’impose, le colonel allemand s’attire le respect des guerriers autochtones. D’une part, il s’intéresse à leur culture et à leurs coutumes, les traite comme égaux des Allemands et apprend rapidement le Swahili comme les dialectes bantous pour mieux communiquer avec eux. Résultat, les Askari (mot qui provient de l’Arabe « guerrier ») vouent à von Lettow-Vorbeck un grand respect et une loyauté absolue. Et cette loyauté ne se démentira pas jusqu’en 1918 avec des désertions quasi-inexistantes, ce qui ne sera pas le cas chez les Belges, les Britanniques et les Portugais.
Durant l’été 1914, 14 compagnies d’Askari sont levées puis équipées et armées à l’allemande. Ces soldats coloniaux sont recrutés parmi les ethnies de pasteurs guerriers des Héhé et des Nguni (peuple linguistiquement et culturellement apparenté aux Ndébélés et Zoulous). Habitués à parcourir de longues distances dans la savane, ils sont robustes et endurants. Disciplinés, ils sont très vite familiarisés au maniement du Mauser mais à celui des mitrailleuses Maxim pour certains et même de canons.  Ne pouvant compter au départ que sur 260 Allemands et 2 472 Askari, Lettow-Vorbeck réussira à mobiliser en deux ans 9 000 Askari de plus, 2 000 Allemands, 45 000 porteurs et 2 900 auxiliaires Ruga-Ruga (en fait des guerriers Ngoni qui ne sont pas incorporés dans les Askari et qui servent d’éclaireurs ou à d’autres tâches). Les troupes coloniales allemandes disposent aussi de plusieurs canons de 77 mm. Alors que la guerre éclate en Europe et que von Lettow-Vorbeck s’emploie à former ses hommes aux combats qui arrivent, le Gouverneur Heinrich von Schnee espère que les Britanniques n’emploieront pas la force contre la colonie allemande d’Afrique du Sud-Est. Mais le 5 août 1914, la Grande-Bretagne rompt les accords de l’Acte de Navigation du Congo (traité qui délimitait les possessions européennes dans la région). Des troupes provenant d’Ouganda voisin attaquent les avant-postes allemands situés sur les berges du Lac Victoria, pendant que les navires HMS Astraea et Pegasus bombardent le port de Dar-es-Salam. Les Allemands répliquent le 6 août quand le SMS Königsberg arraisonne le SS City of Winchester dans le Golfe d’Aden. Le 15 août, c’est au tour de von Lettow-Vorbeck de lancer ses Askari à l’attaque. 300 d’entre eux quittent leur cantonnement de Neu Moshi au pied du Kilimanjaro et tendent une embuscade au Britanniques qu’ils repoussent à Taveta. Conscient qu’il n’a absolument rien à gagner à mener d’inutiles batailles rangées, Von Lettow-Vorbeck va très intelligemment utiliser les différents terrains et le climat de la colonie pour mener une guerre de harcèlement et d’embuscades contre les britanniques. Son but est aussi de briser le moral des troupes coloniales ennemies. Pour cette mission, il va bien sûr pouvoir compter sur l’attachement et la fidélité de ses Askari.

– Fin octobre 1914, les Britanniques arrivent en vue de la ville portuaire de Tanga (située à 80 km du Kenya), évacuée de sa population civile après accord. C’est une ville d’importance car elle située au terminal de la ligne ferroviaire d’Usambara qui mène jusqu’au Kilimanjaro. Le 2 novembre, le HMS Fox arrive au large de Tanga et ordonne à la compagnie d’Askari qui tient la ville de se rendre et de remettre le drapeau impérial. Les Askari refusent et la B Force se prépare à débarquer. Mais von Lettow-Vorbeck arrive en vitesse à la tête de 1 000 allemands et Askari et prépare activement sa défense, là encore basée sur l’embuscade. Le 3 novembre les 8 000 Britanniques et Indiens de la B Force, commandés par le Brigadier Arthur Edward Aitken, débarquement sur la place de Tanga. Totalement inexpérimentés, les Anglo-Indiens progressent à découvert tout droit dans le piège que leur tendent leurs ennemis. S’ensuit un violent engagement à l’issue duquel 787 Indiens et Britanniques sont tués et 360 blessés. Leurs ennemis n’ont eu que 55 blessés et 71 tués. Des corps sans vie de soldats des Indes jonchent les rues de Tanga. En très bon gentleman Paul-Emil von Lettow-Vorbeck convie Aitken à partager une bouteille de Cognac sous sa tente et lui fournit des médicaments. Aitken – toutefois furieux – décide d’évacuer Tanga, laissant à son adversaire 600 000 cartouches ! Après ce désastre, il sera immédiatement remplacé à la tête de la B Force  par le Brigadier Richard Wapshare. Pour Londres, c’est une humiliation.

– L’intrépide commandant allemand décide alors de s’attaquer au réseau ferroviaire de la British Eastern Africa, déplaçant les combats A L’INTÉRIEUR MÊME des possessions britanniques. Il use ingénieusement du mouvement et des incursions dans les grands espaces de l’Est africain, en menant des opérations de guérilla, pendant lesquelles ses Askari se taillent une réputation de redoutables combattants. Les troupes allemandes disposent même de plusieurs pièces d’artillerie de marine récupérées sur le SMS Königsberg et dotée de roues qui vont permettre de fournir un notable appui feu, limité néanmoins par le peu de disponibilités en munitions lourdes et les difficultés à les déplacer. Von Lettow-Vorbeck parvient même jusqu’en Rhodésie. Le 18 janvier 1915, à la tête de 1 990 hommes dont 240 allemands, 400 volontaires de Zanzibar et 1 300 Askari, qui disposent de 23 mitrailleuses et de quatre canons, Lettow-Vorbeck encercle le village de Jassin tenu 300 Britanniques et soldats indigènes des King’s African Rifles. On se tire dessus à cent mètres de distance. 800 Britanniques et Africains arrivent en renfort mais se font repousser à la baïonnette malgré le manque de munitions côté allemand. Le 19 janvier à 5h00, après une honorable résistance, le Captain Hanson choisi de se rendre. Malheureusement von Lettow-Vorbeck a perdu sept de ses officiers et décide d’abandonner définitivement les batailles rangées pour opter définitivement pour la guérilla. Il continue donc de s’attaquer aux voies ferrées et aux lignes de ravitaillement britanniques, jouant talentueusement au char et à la souris avec les forces britanniques.

– Toutefois, il faut noter que pour chaque opération, les colonnes de von Lettow-Vorbeck sont accompagnées de porteurs et même de femmes et d’enfants, ce qui peut s’avérer un handicap logistique. De plus, les allemands et Askaris doivent être constamment mobiles, ce qui les contraint à se fournir en vivres sur le pays en comptant sur le soutien de plusieurs tribus. Mais pour ne rien laisser tomber des ressources de la colonie aux forces ennemies, von Lettow-Vorbeck impose une politique de la terre brûlée, ce qui cause des pénuries alimentaires entraînant la mort de non-combattants en raison de sous-nutrition. Complètement isolé des grands théâtres d’opérations, il ne peut recevoir de ravitaillement depuis l’Allemagne soumise au blocus de la Royal Navy. En 1916, seule le « Marie von Stettin » parvient à rallier la colonie, apportant 1 500 tonnes de vivres, munitions et médicament. Cet exploit de navigation reste malheureusement une goutte d’eau au regard des besoins sur place. Et en 1917, la tentative d’envoyer un Zeppelin ravitailler les forces en Afrique échoue.

-Revenons-en aux opérations. Le 19 septembre 1916, à l’issue de l’entrée en guerre de Lisbonne dans les rangs de l’Entente, les Portugais du Général José César Fereire Gil, avec 120 officiers et 4 000 soldats africains mal équipés, tentent de lancer une offensive en Afrique Orientale allemande depuis le Mozambique. Mais ils se font violemment repoussés le 29 novembre à Newala et doivent se retirer sur leurs lignes de départ. De nombreuses désertions sont à relever chez les portugais.

En juillet 1917, le Lieutenant-Geneneral Jacob Louis van Deventer, commandant des troupes d’Afrique du Sud, lance une grande offensive afin de mettre fin définitivement à la résistance de Lettow-Vorbeck. Celui-ci et le gros de ses troupes se concentrent dans la région des Monts Uluguru. S’il ne peut arrêter l’avance des Britanniques, le chef allemand est d’autant plus capable de retarder leur progression. Et c’est ce à quoi il va s’employer par les embuscades et la guérilla.
Van Deventer demande immédiatement l’aide au Congo Belge qui dépêche encore la Force Publique au Rwanda et au Burundi.
Le plan de van Deventer (qui ne modifie pas grand-chose à celui de Smuts) est le suivant ;
1. Britanniques, Sud-Africains et KAR doivent former la partie sud de la tenaille qui encerclera les forces allemandes.
2. Les Belges formeront la tenaille ouest.
3. Les Portugais doivent couper toute retraite à Lettow-Vorbeck.

Malheureusement pour van Deventer, les choses ne vont pas se passer comme il l’avait prévu. Ainsi, le 21 août, la Brigade Sud de la Force Publique (belges, indigènes et porteurs) du Lieutenant-Colonel Armand Huyghé arrive au contact de l’arrière-garde allemande sur la rivière Ruaha et se dirige vers Mahenge où stationnent 2 700 Allemands et Askaris. De violents combats éclatent pendant quatre jours avant que les Belges ne prennent finalement Mahenge le 9 octobre. Mais l’intrépide colonel allemand a réussi à s’enfuir vers la frontière avec le Mozambique. Deux colonnes allemandes progressent pour se rejoindre sur la Ruvuma. Les Britanniques de la Nigeria Brigade tentent de les intercepter mais ils ont oublié une chose. Quand ils peuvent affronter Lettow-Vorbeck, c’est que celui-ci l’a décidé. L’affrontement a lieu entre les 15 et 18 octobre à Mahiwa. C’est encore une incontestable victoire pour Lettow-Vorbeck qui perd seulement 519 hommes contre 2 700 pour la Nigeria Brigade. Mais compte-tenu des forces britanniques toujours supérieures en nombre, von Lettow-Vorbeck repasse la Ruvuma pour aller s’attaquer aux Portugais, beaucoup moins bien entraînés et mal équipés. Passant la frontière avec le Mozambique, Allemands et Askari attaquent la garnison de Negomano (1 200 hommes) le 28 novembre 1917. Complètement surpris, les officiers portugais, les soldats et leurs auxiliaires africains s’effondrent. Seuls 300 hommes en réchappent. Les Allemands font 550 prisonniers après avoir tué 227 hommes. Ils mettent aussi la main sur un important butin (vivres, munitions et armes, dont les nouveaux Mauser 1907). La colonne de Lettow-Vorbeck – qui vient être promu Generalmajor – reste alors au Mozambique pour éviter plus de pertes. Les Allemands ont pu profiter du manque de cohésion et de coopération chez les Allis. En effet, les Portugais n’ont pas souhaité que les Britanniques mènent des opérations à partir de leur colonie.
Malheureusement, l’autre colonne allemande, celle de l’Hauptmann Tafel tombe tout droit dans les avants-gardes Britanniques et Sud-Africaines et n’a d’autre choix que de se rendre. 5 000 hommes sont ainsi perdus. Pertes irremplaçables. Les soldats faits prisonniers – allemands, Héhés et Ngunis mélangés – sont vite envoyés en internement en Afrique du Sud.

Le 3 juillet 1918, après avoir reposé ses forces, Paul-Emil von Lettow-Vorbeck se lance dans un raid qui stupéfie tout le monde. En effet, partant du nord du Mozambique, il traverse toute la colonie pour s’attaquer à la ville de Namacurra, tout au sud et proche de la frontière de l’Afrique du Sud… avant de remonter tout droit vers la Tanzanie. Contre toute attente l’opération est un succès. Durant encore cinq mois, les troupes africano-allemandes s’emploient à échapper aux troupes adverses. Le reste des opérations est encore fait de coups de mains et d’embuscades.
Enfin le 13 novembre 1918, alors qu’en Europe la guerre vient de s’achever avec l’Armistice de Rethondes, l’intrépide commandant allemand qui ignore tout de ce qui se passe ailleurs, prend et incendie la ville de Kasama en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie), qui a été évacuée. Le 14 novembre à 7h30, sur la rivière Chambezi, von Lettow-Vorbeck apprend enfin par télégramme que l’armistice a été signé. Le 25 novembre 1918, le Generalmajor Paul-Emil von Lettow-Vorbeck part pour Abercorn (au nord de la Zambie, à la frontière avec la Tanzanie) à la tête de ses Allemands, Askaris et Ruga-Ruga pour déposer les armes. Il est l’un des chefs allemands restés invaincu tout au long du conflit.A l’issue de la fin de la guerre en Afrique Orientale et selon les accords du Traité de Versailles, les Britanniques mettront la main sur le Tanganyika et la Tanzanie, pendant que les Belges conserveront le Burundi et le Rwanda.

En janvier 1919, Paul-Emil von Lettow-Vorbeck rentre en Allemagne et défile sous la porte de Brandebourg avec ses soldats allemands et quelques Askari sous les acclamations de la foule. Von Lettow-Vorbeck reste dans la Reichswehr au début des années 1920 mais ce patriote monarchiste supporte mal le désordre intérieur qui agite la jeune République de Weimar. Il participe sans objection à la répression de la tentative de révolution spartakiste à Berlin mais perd sa charge d’officier après avoir trempé dans la tentative de coup d’état de Kapp. Déchu de toute fonction militaire, Paul-Emil von Lettow-Vorbeck quitte Berlin pour Brême, se reconvertissant dans l’import-export. Resté jusque-là célibataire, il épouse à quarante-neuf ans Maria Martha Wallroth. De cette union naîtront deux garçons et deux filles. En 1926, il se rend à Londres à l’invitation de Jan Smuts.

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Le retour triomphal à Berlin

– Von Lettow-Vorbeck s’engage en politique en 1928 dans les rangs du Deutsche-National-Volkspartei (DNVP), ouvertement nationaliste, antisocialiste et anticommuniste. Élu député, il siège au Reichstag jusqu’en 1930. En dépit de ses orientations politiques résolument réactionnaires, Paul Emil von Lettow-Vorbeck refuse fermement tout accord avec le NSDAP d’Adolf Hitler. Il juge l’ancien caporal dangereux et rejette les délires racistes de son idéologie. Avec son cousin Hans-Jürgen von Blumenthal, il tente de former une alliance entre membres du DNVP et du Stahlshelm (l’association fortement politisée d’anciens combattants de la Première Guerre mondiale). Mais par manque de soutiens sérieux, la manœuvre échoue. Hitler lui redonne néanmoins son grade de 1918 et le réintègre dans la nouvelle Wehrmacht. Von Lettow-Vorbeck participe à quelques manœuvres mais refuse sèchement un poste à Londres que lui propose Hitler. Ayant passé l’âge requis pour un commandement en 1938, il conserve son grade mais n’exerce aucun commandement. Il fait même l’objet d’une certaine surveillance de la part de la Gestapo. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a la douleur de perdre ses deux fils Rüdiger et Arnd au combat. En 1945, il perd son domicile après un bombardement aérien. Après la guerre, il doit survivre en exerçant de petits métiers. Mais plusieurs officiers britanniques – dont Richard Meinertzhagen et Jan Smuts -, indignés des conditions de vie de leur ancien adversaire, lui envoient des colis pour lui permettre de subvenir à ses besoins. Finalement, la République Fédérale d’Allemagne lui accorde une retraite en 1949, ainsi qu’à ses Askari ayant servi sous ses ordres. Pour référencer les anciens soldats de von Lettow-Vorbeck, les services de la RFA et des banques allemandes enverront des représentants en Tanzanie. Sur place, ils feront effectuer aux anciens soldats africains les exercices de maniement du Mauser pour éviter les fraudes.

– En 1953, le gouvernement allemand paie à von Lettow-Vorbeck – âgé de quatre-vingt-trois ans – un voyage en Tanzanie. Il est chaleureusement accueilli par ses anciens soldats qui chantent le « Heia Safari ! ».  Paul-Emil von Lettow-Vorbeck s’éteint à près de quatre-vingt-quatorze ans à Hamburg le 9 mars 1964. Lors de ses obsèques à Pronstorf dans le Land du Schleswig-Holstein, des officiers allemands et britanniques sont présent, ainsi que Kai-Uwe von Hassel Ministre de la Défense de la RFA. Deux Askari font partie de la garde d’honneur du cercueil.
Mais le général allemand fera parler de lui en 2010. En effet, plusieurs associations militeront pour débaptiser des rues et des casernes à son nom en raison de sa participation à la répression des révoltes indigènes en Namibie (en dépit de l’absence de preuve de sa présence lors des massacres), comme au putsch de Kapp. Pour l’heure, si certains lieux publics et militaires se sont vus ôter le nom de von Lettow-Vorbeck, plusieurs villes comme Brême, Halle et Graz en Autriche l’ont conservé. Une mauvaise polémique pour un bien mauvais procès post-mortem (NDLA).

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