Verdun : journées des 22 et 23 février

– L’offensive allemande piétine

– Le 22 février après une nuit enneigée, les combats se poursuivent avec tout autant d’acharnement entre les survivants des 37e et 72e DI et les soldats allemands. Inférieurs en nombre, les français résistent. De son côté, le Kronprinz a décidé de poursuivre son attaque. Après un nouveau bombardement d’artillerie de plusieurs heures, l’infanterie allemande attaque en nombre pour submerger les dernières positions françaises.
A Chantilly, apprenant la situation sur place, Joffre ordonne à Herr et Chrétien de tenir coûte que coûte et de ne pas reculer. Le général en chef menace de cour martiale tout officier qui décidera un ordre de retraite. Pressurés depuis Chantilly, le Général Paul Chrétien commandant du XXXe Corps ne peut qu’ordonner à Bapst et Deshayes de Bonneval de tenir le terrain et de contre-attaquer contre des forces supérieures en nombre. Résultat, les bataillons et régiments de réserve sont envoyés dans la fournaise sans autre forme de procès et les pertes sont terribles. Chrétien et Herr parviennent à grand peine à rassembler 270 pièces d’artillerie,  derrière Samogneux, la Cote 344, Fleury, Beaumont et Douaumont, contre les 1 400 allemandes,. Les « Glorieux 75 », les quelques pièces Schneider 105 mm et De Bange 120 mm ripostent aux vagues allemandes. Bien souvent sans plans de feu préétablis, les commandants de batteries et de groupes font tirer presque au juger dans les vagues allemandes.

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– Mais enlever les arpents de forêts se révèle bien plus difficile que prévu pour les Allemands. Ainsi, Heirich von Schenk, le patron du XVIII. Armee-Korps fait donner quatre régiments des 21. et 25. Infanterie-Divisionen pour nettoyer le Bois des Caures une bonne fois pour toutes. Les 1. Nassauisches-Infanterie-Regiment Nr. 87, 1. Kurhessisches Infanterie-Regiment Nr. 81, Leibgarde-Infanterie Nr. 115 et 8. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 159 (régiment de Mosellans ponctionné à la 14. Division) se ruent sur ce qui reste du bois. Finalement, la pression est trop forte pour les survivants des 58e et 59e BCP. Driant ordonne à ses 600 derniers soldats de se retirer sur Beaumont. Dernier à rester sur place, le courageux Colonel et député est tué de deux balles dans le front. Son second, le Commandant Renouard trouve lui aussi la mort. Harassés, épuisés, la plupart blessés, les derniers Chasseurs à Pied retraitent sous les obus allemands. Leur sacrifice a coûté aux Allemands une journée de progression.

– Sur le flanc gauche de la 72e DI, les combats font également rage pour la défense de Brabant, Haumont et du Bois de l’Herbebois. Flanquant l’aile gauche du Groupement Driant, le 165e RI du Colonel Vaulet tient une ligne Haumont – Ferme de Mormont – Bois de Caures, qui traverse le Bois de Haumont. Ses soldats se battent furieusement toute la journée du 22. A 10h30, tout aussi courageux que Driant, le Colonel Vaulet est tué. La liaison entre chaque unité est catastrophique en raison des destructions du terrain et de l’artillerie allemande. Ce sont les Lieutenants et Capitaines – qui paient un lourd sacrifice – et même les sous-officiers qui commandent la défense et les contre-attaques. Les attaques allemandes sont enrayées grâce à l’action de la 1re Compagnie de mitrailleurs (Lieutenant Perliet). Les combats sont furieux autour des restes des Fermes de Mormont et d’Anglemort. Le 23, le régiment se replie sur le secteur du Bois des Fosses. Il a perdu 1 586 hommes dont 30 officiers. Réduit à l’équivalent d’un bataillon, il est relevé par le 3e Régiment de Marche de Tirailleurs du Colonel de Gouvello, arrivé dans le chaudron à marche forcée.

– Placé devant Haumont, le 362e RI du Colonel Bonviole résiste vaillamment avec l’aide de quelques éléments du 324e RI. Mais les communications rompues avec les canons de 75 disposés sur la Cote 344 prive les soldats d’un appui d’artillerie efficace. Après avoir reçu un premier bombardement massif durant la matinée, le 362e repousse plusieurs vagues de Sturmtruppen appuyés par des lance-flammes. Ce sont trois équipes de mitrailleuses Hotchkiss qui contribuent à l’arrêt de l’attaque allemande. En fin d’après-midi, les survivants reçoivent une nouvelle volée d’obus qui font s’écrouler certains abris. Bonviole reçoit l’autorisation de faire décrocher ses hommes sur Samogneux durant la nuit du 22-23 février. Il n’en compte que près de 500 valides, pour 1 656 autres perdus en deux jours seulement.
Sur la gauche, le 351e RI tient lui aussi en amont de Brabant mais doit également décrocher sur Samogneux durant la nuit. Le 23, après un nouveau tir d’artillerie, les Allemands repassent à l’attaque dans les secteurs de Samogneux et de l’Herbebois. On s’y bat durement au fusil, à la « fourchette » et à l’arme blanche. Les rescapés du 351e passent même à la contre-attaque pour endiguer les vagues allemandes. Les rescapés de la 72e DI finissent par reculer sous la pression et doivent s’accrocher sur une ligne Samogneux – Cote 344 – Bois des Fosses – Bois le Chaume – Ornes. Leur sacrifice a encore enrayé la progression allemande qui ne se chiffre qu’à deux-trois kilomètres, loin de ce qui était prévu, là encore. La 72e DI est littéralement saignée à blanc et un troisième assaut peut lui être fatal. Paul Chrétien expédie en urgence les bataillons encore en état de la 51e Division du Général Boulange pour la renforcer.

– Mais là encore, le sacrifice des soldats français a enrayé l’offensive allemande. Les troupes du Kronprinz n’ont réussi à progresser que de 2-3 kilomètres en trois jours. Pour l’Armée française, le répit est inestimable mais il faut faire vite car les troupes du Général Chrétien sont à bout de force. Pendant que les soldats souffrent, Frédéric-Georges Herr demande des renforts en toute urgence au GQG de Chantilly.

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