Zivojin Misic

– Dernier enfant d’une fratrie de treize enfants, Zivojin Misic voit le jour le 19 juillet 1855 à Struganik dans le centre-ouest de la Serbie. Il est le dernier des dix garçons de Radovan Misic et Andelija née Damjanovic-Kostunjic, bergers et paysans.
A l’âge de six ans, il rejoint ses parents près des moutons mais peut tout de même exercer sa scolarité à Kragujevac. Dans ses Mémoires, il raconte avoir eu maille à partir avec les garçons de son école en raison de ses humbles origines.
Zivojin Misic entre ensuite au Lycée de Kragujevac. S’il ne brille guère durant cinq ans, il termine sa scolarité à Belgrade avec succès.
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– En 1874, il est admis à l’Académie Militaire royale de Serbie de laquelle il sort au dix-neuvième rang. Durant ses vacances, il retourne à Struganik pour aider ses parents et ses frères aux champs. En 1876-1878, versé dans l’Infanterie, il trouve l’occasion de se distinguer lors de la Guerre serbo-turque et obtient le grade de Lieutenant. En 1884, il épouse une jeune fille allemande, Louise Krikner. Le mariage a lieu dans l’Eglise de l’Ascension de Belgrade. Trois garçons (Radovan, Aleksandar et Vojislav) et trois filles (Eleonora, Olga et Andelija) naîtront de cette union. En 1885, le Lieutenant Misic commande une compagnie au sein du 5e Régiment de la Division « Drinska ». Mais la guerre s’achève par une défaite pour le Royaume de Serbie, après la défaite de Slivnitsa (19-28 novembre). L’Armée bulgare était alors bien mieux commandée.

– En 1903, le Roi Alexandre Ier Obrenovic est renversé par l’Armée par un coup d’état organisé par « La Main Noire », sous la conduite du Colonel Dragutin Dmitrijevic. L’issue du coup de force est particulièrement sanglant, puisque Alexandre Obrenovic et son épouse, la Reine Draga sont assassinés. A sa place, les conjurés offrent la couronne de Serbie à Pierre Ier Karagjorgjevic, un ami de la France. Et le russophile Nikola Pasic devient Chef du Gouvernement. Jugé trop favorable à la dynastie des Obrenovic, Zivojin Misic est écarté un temps de tout commandement. Cependant, il retrouve sa place au sein de l’état-major du Voïvode Radomir Putnik, avec le grade de Colonel.

– En 1912, lors de la Première guerre balkanique, Zivojin Misic se trouve toujours à l’état-major de l’Armée royale. Il contribue à la victoire de Kumanovo contre les Turcs et se voit promu Général. Lors de la Seconde guerre balkanique, contre les anciens alliés Bulgares, Misic, alors Aide Chef d’état-major, contribue à la victoire de Bregalnica. Il convainc Putnik de ne pas reculer après l’offensive surprise des Bulgares et de contre-attaquer. Au final, l’Armée serbe remporte la victoire.

– En 1914, lors du déclenchement de la Guerre, Zivojin Misic se trouve toujours chef d’état-major de Radomir Putnik. Lors de l’Offensive d’Oskar Potiorek contre la Serbie (novembre), il doit remplacer au pied-levé le Général Petr Bojovic, blessé, à la tête de la 1re Armée serbe. Celle-ci doit faire face à l’attaque de la Ve Armée austro-hongroise de Liborius von Frank. Celle-ci s’empare des Monts Maljen et de Covka. Devant cette situation, Zivojin Misic propose à Putnik de reculer sa 1re Armée vers le sud, sur Gornji Milanovac. Sans attendre l’ordre formel de son supérieur, il retire ses hommes en bon ordre. Mais cela revient à abandonner Belgrade. Mais profitant de l’arrivée de munitions acheminées par les Français, Zivojin Misic prépare une contre-offensive sur la Kolubara. Il dispose alors de 54 000 hommes, de 80 canons et de 40 mitrailleuses.

– Le 3 décembre à 08h30, alors que les troupes austro-hongroises de la Ve Armée se préparent à lancer une seconde attaque, Zivojin Misic déclenche une violente contre-attaque. Sa 1re Armée appuyée à gauche par l’Armée d’Uzice d’Aračića, se lance sur les lignes du XVIe Corps autrichien de la Ve Armée. Complètement ahuris, les soldats impériaux laissent beaucoup des leurs sur le terrain et se replient en vitesse. Profitant de son avantage, Misic ordonne de redoubler d’efforts contre le XVIe Corps qui n’a aucune réserve à engager. Liborius von Frank n’a d’autre choix que d’ordonner à son unité subordonnée de gagner au plus vite la ligne Prostuga – Rajac – Suvobor. Complètement pris au dépourvu, Oskar Potiorek ordonne à von Frank de contre-attaque tant qu’il peut, le temps d’organiser un Corps Combiné au sein de sa VIe Armée avec les unités pouvant combattre le mieux. Perte de temps. Le décembre, la 2nde Division Morava (Col. Vasic) et la 1re Division du Danube (Col. Andjelkovic Kafaje) de la 1re Armée Serbe s’emparent du Mont Suvobor, principale position défensive de la VIe Armée de Potiorek. Pendant ce temps, l’Armée d’Uzice combat durement en essuyant de lourdes pertes et la 3e Armée Serbe de Jusirica Sturma ne parvient pas à déloger le XVe Corps autrichien du Mont Rudnik. Toutefois, ces deux formations exercent une pression constante sur l’ennemi qui permet à Misic d’exploiter son succès et de percer.

– Le 6 décembre, Potiorek passe à la contre-attaque mais Misic frappe la Ve Armée et capture Valjevo avant de déboucher vers le nord. Les Autrichiens doivent évacuer Belgrade en toute urgence de repasser la Sava. Malgré les lourdes pertes, la bataille de la Kolubara s’achève sur un incontestable succès pour les Serbes et une humiliation en règle pour Vienne. Zivojin Misic est récompensé par la promotion au grade de Voïvode, équivalent à celui de Maréchal ou Feld-Maréchal. Cependant, l’Armée serbe a particulièrement souffert et pire encore, elle est bientôt frappée d’une épidémie de typhus en 1915.

– Lors de la Seconde offensive des Empires centraux contre la Serbie, il est d’abord partisan de résister. Mais après l’entrevue de Pec entre le Roi Pierre et ses principaux commandants (dont le Régent Alexandre, Putnik, Sturm, Stepanovic et Misic), décision est prise de se retirer vers l’Albanie, alors que des forces françaises viennent de débarquer dans le nord de la Grèce pour tenter d’apporter leur aide à Belgrade. Comme l’Armée royale et une partie de la population serbe, Misic connaît l’exil par les montagnes d’Albanie durant l’hiver 1915-1916. Tombé malade et évacué à Corfou, il passe plusieurs mois en convalescence. Rétabli, il commande les troupes Serbes envoyées à Salonique aux côté des Français et des Russes

En septembre 1918, Zivojin Misic est subordonné au Général français Louis Franchet d’Espèrey pour l’offensive contre les germano-bulgares du Heeres-Gruppe von Schlotz. Il commande à l’ensemble des troupes serbes comptant quatre divisions (« Drina », « Jugoslavija », « Morava » et « Timok ») et réparties en deux Armées (1re et 2e), plus équivalentes à des Corps d’Armées français. Misic commande aussi directement la 1re Armée. Ses unités sont ventilées au sein de l’Armée française d’Orient (Paul Henrys) et participent activement à la percée sur le Vardar en s’emparant du Vetrenik et en forçant le cours de la Lechnitza (14-16 septembre). La 1re Armée serbe s’empare ensuite de Pochitche, Bechitche et Gradechnitza. Puis, en coopération avec les troupes françaises, la 2nde Armée serbe (Stepanovic) chasse les Bulgares de Negotin, Burnache, Kara Hodjali et d’Orta Bajir (18-22 septembre). Puis c’est au tour Gradets Planina, Kriva Locavic et Gradsko. La coopération entre Français et Serbes se déroule pour le mieux puisque la Cerna est franchie malgré une dure résistance des Bulgares par endroits. Les Cavaliers serbes de Stepanovic appuient ensuite la Brigade de Cavalerie Nord-Africaine de Jouinot-Gambetta dans le succès de la manœuvre d’Uskub. Enfin, le 4 octobre, Zivojin Misic envoie sa 1re Armée traverser la Morava à Vranje et bouscule le XI. Armee-Korps de Friedrich Fleck. Après avoir repoussé une dernière contre-attaque de la 9e Division autrichienne, Zivojin Misic envoie ses soldats sur Belgrade qui est libérée le 1er novembre 1918.

– Après la victoire de 1918, Zivojin Misic est promu Chef d’état-major de l’Armée serbe et termine sa carrière comme Lecteur à l’Académie Militaire de Belgrade. Il en profite pour rédiger ses Mémoires. Mais loin de dresser un récit de guerre héroïsant, il pointe les défauts de l’Armée serbe à l’entrée en guerre contre les puissances centrales : trop de soldats paysans recrutés sans expérience et une trop grande naïveté des soldats, en dépit d’un courage certain.
Il s’éteint à Belgrade le 20 janvier 1921.

Zivojin Misic était titulaire des quatre grades de l’Etoile avec les Epées de l’Ordre de Karagjorgje, le l’Etoile de l’Ordre de Karagjorgje, de l’Ordre de l’Aigle Blanc, de l’Ordre de la Croix de Takovo, des Médailles pour la Bravoure et du Mérite militaire (serbes), de l’Ordre de Saint-Michel-et-Saint-George, de l’Ordre du Bain (Grande-Bretagne), des quatre grades de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre française avec palmes, de la Grand-Croix de l’Ordre de Redeemer (Grèce), de la Grand-Croix de l’Ordre de la Couronne d’Italie, de la Croix du Mérite militaire (Italie), de l’Ordre de la Couronne de Roumanie, des Ordres de Saint-Stanislas et de Saint-George (Russie) et de l’Army Distinguished Service Medal (Etats-Unis).

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