Front du Caucase : la bataille de Sarikamis (1914-1915)

– Tout récemment, de vives tensions entre la Russie et la Turquie ont alimenté l’actualité internationale. C’est l’occasion de revenir sur les combats du Caucase d’il y a cent ans méconnus en France. A l’image front austro-italien dans les Alpes, les combats entre les troupes de de Mehmet VII et celui de Nicolas II se sont déroulés dans un environnement particulièrement difficile et en haute altitude.

– Bref retour en arrière. D’abord neutre, « l’Homme malade de l’Europe » entre en guerre aux côtés des puissances centrales le 26 octobre 1914.  Se regardant en chiens de faïence depuis la fin de la Guerre russo-turque (1877-1878), Saint-Pétersbourg et Constantinople se déclarent mutuellement la guerre. Depuis 1854, les deux empires se sont affrontés deux fois, l’un pour étendre son influence sur les Balkans (création de la Bulgarie indépendante et soutien aux Slaves durant les Guerres balkaniques) et l’autre pour s’y maintenir. Ainsi, à la fin 1914, des escadres turques bombardent les ports russes de Sébastopol, Feodosia, Yalta, Odessa et Novorossiïsk.

1 – SITUATION STRATÉGIQUE

– N’ayant pas les moyens de riposter par ses moyens navals réduits (et encore moins de s’assurer le contrôle des Détroits), l’état-major de Nicolas II décide de répliquer en attaquant depuis la frontière entre les deux Empires, c’est-à-dire, le Caucase, plus précisément la Transcaucasie (ou « Petit Caucase ») qui représente la barrière montagneuse sud du massif, par opposition au « Grand Caucase » qui sépare le Kouban (Russie) des provinces montagneuses conquises sur les peuples montagnards au XIXe siècle. Or, la région est un mélange ethnique, linguistique et religieux. Dans la région qui nous intéresse, on trouve d’abord des peuples Chrétiens tels les Arméniens (les plus nombreux et à cheval sur l’Empire russe et l’Anatolie ottomane), les Géorgiens, les Ossètes, ainsi qu’une minorité de Grecs. On trouve bien entendu des peuples musulmans. Les plus nombreux sont les Azéris (majoritairement Chi’ites et de langue turkmène) mais on trouve aussi des Arméniens Khemchiles (ou Hémichis/Hemchines, autrement appelés Lazes par les Turcs).

– S’étendant de la Mer Noire au Mont Ararat, la frontière russo-turque couvre la ligne de crêtes d’Agry-Dag qui forme une très bonne barrière défensive entre le Kars et la région d’Erzeroum. Barrière entrecoupée de rivières et de hautes vallées. Il n’empêche que la ligne des futurs combats est l’une des plus étendues du conflit, puisque elle couvre environ 1 700 km de la Mer Noire au Lac de Van.
Le dispositif défensif turc s’articule autour d’Erzurum et de sa forteresse. Mais cette région est dépourvue de routes et de chemins de fer. En outre, à l’instar du Caucase, l’Anatolie compte des Turcs mais aussi une forte population chrétienne (Arméniens et Assyriens sur les plateaux et des Grecs le long de la Mer Noire), ainsi que des Kurdes. Or, si les Russes ont réussi à faire taire le nationalisme arménien en Transcaucasie, ils soutiennent certaines revendications autonomistes des Arméniens d’Anatolie. De leur côté, le Gouvernement des « Jeunes Turcs » a fermé les yeux sur les exactions sur les Arméniens, tout en expulsant les nationalistes vers le territoire russe. Enfin, la Porte n’hésite pas à soutenir les milices kurdes en Iran afin de menacer l’accès vers les pétroles de Bakou.

– Les deux Empires ne pourront employer que des forces limitées dans le Caucase, ce qui les contraindra à ne pas y constituer de front continu. Avec leurs forces armées mobilisées face aux Allemands et aux Austro-hongrois, les Russes doivent considérer le Caucase comme un front secondaire afin de privilégier les combats en Pologne et en Galicie. En revanche, ils peuvent compter sur la présence de 150 bataillons composés de Slaves et de Caucasiens, contre 100 aux Turcs. Le tout est regroupé au sein du District Militaire du Caucase que commande le Comte Illarion Vorontsov-Dachkov. Celui-ci est secondé par le Général Aleksandr Michlaievski (un historien militaire diplômé de l’Académie de l’État-major général) comme commandant exécutif des troupes et du Général Nikolaï Ioudenitch comme Chef d’état-major. Les troupes du DM du Caucase (100 000 hommes) sont bien pourvues en armes et en équipement. Mais 35 000 ont dû être envoyés sur le front de Pologne afin de pallier les pertes de 1914. Par contrecoup, les autorités militaires du Caucase ont dû palier à leur propre manque de troupes. C’est ainsi que Vorontsov-Dachkov s’est entendu avec Aleksandr Khatsian maire de Tbilissi, le Métropolite Mesrop et le Docteur Hakob Zavriev sur la création de Détachements de Volontaires arméniens destinés à épauler l’Armée impériale. Même si les réservistes arméniens ont déjà été incorporés dans des unités qui combattent en Europe, d’autres Arméniens se portent volontaires, ainsi que Chrétiens orthodoxes vivant dans le Kars comme les Géorgiens et les Grecs du Caucase. 4 Bataillons de volontaires sont alors créés. A l’ouverture des hostilités, les 3e (Hamazasp Srvandztian) et le 4e (Arshak Gavafian « Keri ») tiennent la partie du front entre Sarikamis et Oltu. Les Russes disposent également d’un autre avantage, en l’occurrence la voie ferrée Kars – Guymri – Akhalkalaki – Sarikamis, alors que les Turcs n’ont que peu d’infrastructures du côté de leur frontière.

– Le Haut-Commandement russe que dirige le Grand-Duc Nicolas, préconise une offensive sur le territoire ottoman afin de s’assurer le contrôle des cols et des vallées du sud de la Transcaucasie. Mettre le pied en Anatolie permettrait également à l’Armée du Tsar de couper les communications de l’Empire Ottoman avec l’Azerbaïdjan iranien.
Vorontsov-Dachkov et Michlaievski disposent donc leurs forces en deux groupes. Le plus important se concentre autour du terminal ferroviaire de Sarikamis avec 6 divisions. Le contrôle de Sarikamis est important pour les Russes puisqu’il la voie ferrée qui y transite relie l’Est de l’Anatolie au Kars. Le Groupement de Sarikamis (issu du IIe Corps du Turkestan) doit effectuer une poussée vers Erzeroum depuis la route de Kars. Le second groupe (2 divisions du Ier Corps du Caucase) doit attaquer plus à l’est, sur Igdir juste au nord du Mont Ararat. Ensuite, il doit pénétrer plus loin dans le territoire ottoman, vers les centres régionaux d’Alashkert et de Dogübeyazit. Plus à l’ouest des unités d’irréguliers arméniens et géorgiens doivent assurer la défense de la ligne courant entre Sarikamis et la Mer Noire. Enfin, 4 Divisions sont maintenues en réserve à Kars.

– Voyons ce qu’il en est du côté des troupes ottomanes. Au déclenchement de la Guerre, les troupes ottomanes ne peuvent compter que sur 460 000 hommes, troupes régulières et irrégulières comprises. Or, pour Constantinople, le principal enjeu stratégique est d’abord d’assurer le contrôle de ses frontières, face aux Russes certes, mais aussi face aux Britanniques présents en Égypte.
Pour défendre le Caucase, la IIIe Armée d’Izzet Pacha dispose de 9 Divisions d’Infanterie et de 3 brigades de Cavalerie. Elle compte notamment plusieurs officiers allemands envoyés par Guillaume II pour épauler – et instruire – les troupes du Sultan, notamment sur la tactique et les nouveaux armements.

– De son côté, le Ministre de la Guerre de la Sublime Porte, Ismail Enver Pacha, planifie une ambitieuse offensive dans le Caucase avec la IIIe Armée. L’objectif premier des Turcs est de reconquérir l’Oblast de Kars perdu en 1877.Mais l’autre but stratégique avoué est d’étouffer un pan de l’Economie russe en coupant l’accès des Russes aux ressources pétrolières autour de la Mer Caspienne et notamment dans le nord de la Perse. Rappelons qu’en 1907, Saint-Pétersbourg et Londres ont signé un accord soldant le litige concernant l’agonisant empire Kajar. En échange, les deux puissances entraient dans la Triple Entente avec la France. Ainsi, les Britanniques, via l’Anglo-Persan Oil Company exploitait les ressources dans la moitié sud du pays. De leur côté, les Russes avaient droit de regard sur celles de l’Azerbaïdjan, du Mazadaran, du Ghilan, de l’Asdrabad et du Khorasan.
– La IIIe Armée turque (QG à Erzurum) peut aligner 150 000 hommes, soit 83 000 combattants, 35 000 hommes de la Forteresse d’Erzurum (fantassins, artilleurs et unités de dépôts) et 37 000  autres incorporés au transport, au ravitaillement, à l’intendance et à la Police militaire. Elle peut compter aussi sur 73 mitrailleuses (en grande partie allemandes) et 218 pièces d’artillerie. Mais elle manque de vêtements chauds adaptés au rude hiver caucasien, ainsi que de moyens de transports adéquats pour les chemins montagneux. Par exemple, deux divisions du XIe Corps vont démarrer leur ascension des sommets de Transcaucasie sans vêtements chauds. Et leurs soldats n’auront que du pain sec et des olives comme seules rations.

Les troupes de Hassan Izzet sont articulées entre les IXe, Xe et XIe Corps. Le IXe Corps a son QG à Erzurum ; le Xe de Hafiz Hakki est stationné à Sivas et le XIe se situe à Elazig (Mamuretülaziz). Enfin, un détachement renforcé, commandé par l’Oberst von Stange (dit Stanke Bey) comprenant le 8e Régiment (3e Division) et 2 batteries d’artillerie, arrive de Thrace mais ne sera sur place qu’après le 22 décembre, après avoir franchi la Mer Noire

2 – L’ÉCHEC DE L’OFFENSIVE DE BERKHMAN

– Alors que les navires turcs bombardent les ports russes de Mer Noire, les troupes russes du Caucase sont rapidement mises en état d’alerte et se trouvent prêt à attaquer sur la frontière. Quelques jours seulement après la déclaration de guerre, le 2 novembre, le Corps d’Armée du Caucase du Général Georgi Berkhman (2 Divisions d’Infanterie, 1 Division de Cosaque et 2 Brigades cosaques de Fusiliers) reçoit l’ordre de s’emparer des plateaux et des vallées qui se trouvent de l’autre côté de la frontière de l’Oblast de Kars. Le 7 novembre, les Russes s’emparent du village de Köpruköy, à 35 km de distance d’Erzeroum et poussent leur effort jusqu’à Pasinler, dernier endroit peuplé avant la capitale de l’Anatolie. Mais l’avance rapide des troupes de Berkhman est trop rapide pour permettre au ravitaillement de suivre. Afin de gagner du temps, Enver Pacha ordonne à Izzet Pacha de lancer des contre-attaques avec sa IIIe Armée (4 Divisions turques, 2 Divisions kurdes et 1 Division de Cavalerie) depuis Pasinler sur les avant-gardes et la Cavalerie de Berkhman. Une âpre lutte s’engage alors pour le contrôle des collines aux accès nord, sud et ouest de Köprüköy. En dépit de lourdes pertes dues à la précipitation dans laquelle leurs contre-offensives sont lancées, les Tucs forcent les Russes à engager le IIe Corps du Turkestan placé en réserve à Tbilissi. Izzet Pacha intensifie alors ses contre-offensives et parvient à déborder une partie des forces russes qui doivent se replier à l’issue de furieux combats.


3 – L’ÉCHEC L’OFFENSIVE DE IIIe ARMÉE TURQUE…

– C’est en décembre, par un temps exécrable, qu’Enver pacha décide de passer à l’offensive. Pour pénétrer sur le territoire russe, les Turcs doivent franchir des hauts cols qui dominent Kars et Sarikamis au nord, ainsi que les cours supérieurs de l’Aras et de l’Euphrate à l’ouest. Enver et Izzet prévoient de lancer un plan inspiré des tactiques napoléoniennes, avec une forte pression à gauche et au centre (Xe et IXe Corps) et des manœuvres d’encerclement sur le flanc droit (XIe Corps), afin d’anéantir les troupes russes stationnées dans le Kars.
Ainsi, sur le flanc gauche, le Xe Corps (30e, 31e et 32e Divisions) doit déborder les troupes du Tsar dans la région d’Oltu et s’emparer de Kotik, Pesek, Kosor et Örtülü. Au centre, le IXe Corps (17e, 28e et 29e Divisions) doit s’emparer de Terperek et d’Esenyurt avant de forcer le Col de Barduz, ce qui doit lui permettre d’avancer rapidement sur Sarikamis afin d’enfermer les deux corps d’armées russes. Enfin, le XIe Corps (18e, 33e, 34e Divisions et 2nde Division de Cavalerie) doit maintenir la pression par des attaques convergentes entre Yeniköy et le cours de l’Aras afin de permettre au Xe de manœuvrer et de refermer la souricière. Enfin, plus au nord, le Ier Corps turc doit longer la mer Noire pour s’emparer d’Ardagan.
Mais les routes prévues pour l’avance sont impraticables pour les convois d’artillerie. Enver Pacha confie à Hafiz Hakki la mission de conduire les IXe et Xe Corps à la conquête de Kars et de Sarikamis. Hafiz prévoit alors d’effectuer une avance rapide vers Oltu et de s’emparer de Narman avant le 25 décembre. Et dans leur entrain, le généraux tucs ont oublié un autre détail. Devant le Xe Corps se dresse un obstacle de taille ; les Monts Allahüekber, difficilement franchissables (plus de 2 00 m d’altitude), qui protègent l’accès à Sarikamis. Pour la logistique, il faudra donc faire appel aux animaux de bât et même aux chameaux.

– L’avance turque démarre donc le 22 décembre avec 75 000 hommes. Sur le flanc gauche (nord), le Xe Corps turc (30e, 31e et 32e Divisions) affronte d’abord plusieurs détachements de la Brigade russe d’Istomine près de Kalebogazi, à l’ouest d’Oltu. Le 23, le Général Istomine abandonne ses positions pour se replier sur Ardahan. Hafiz Hakki envoie immédiatement 2 divisions à sa poursuite. Pendant ce temps, le Régiment de Stange, qui vient de débarquer à Trabzon (Trébizonde) rejoint la Vallée du Çoruh (Tchorokhi) située à 2 438 m d’altitude. Pendant ce temps, une erreur de commandement provoque un tir fratricide entre les 31e et 32e Divisions turques, causant la mort de 2 000 soldats. Cependant, l’avance reprend et le 24 décembre, après 75 km de marche en trois jours, le Xe Corps a dépassé Oltu. Mais ni Kars, ni Sarikamis ne sont tombés. Pire encore, le ravitaillement ne parvient que difficilement et beaucoup de soldats ont le ventre vide. Haffiz ordonne encore d’avance. Ainsi, le 25, ses troupes marchent durant quatorze heures sous la neige et les tirs des Maxim russes postées en couverture. Les 26-27, après de violents combats, le 91e Régiment turc (31e Division) réussit à s’emparer de Penek. Mais il doit mettre vingt-et-une heures pour couvrir les 8 km qui le séparent de Kosor. Pendant ce temps, la 32e Division avance avec difficulté sur Kotik qui est néanmoins atteint. Hafiz Hakki décide de laisser ses troupes se reposer dans les villages de Kosor, Arsenik et Patsik. Mais plusieurs milliers d’hommes sont déjà morts d’hypothermie.

– Au centre, les 17e et 28e Divisions du IXe Corps convergent vers le Col de Barduz tenu par les 600 volontaires du 4e Bataillon Arménien. Les Turcs réussissent à repousser leurs adversaires. Craquant nerveusement, le Général Mychlaievski décide de replier ses troupes à l’intérieur du Kars pour éviter l’encerclement. Du coup, il laisse Berkhman organiser seul la défense des accès à Sarikamis avec des lignes trop étendues. Contrairement à son supérieur, Berkhman ne cède pas à la panique et fait reculer ses troupes en ordre vers Sarikamis. Le chef d’état-major de Mychlaievski, Nikolaï Ioudenitch, garde lui aussi ses nerfs et décide de résister à l’avance turque avec le IIe Corps du Turkestan. Pour l’heure, il faut laisser les turcs s’épuiser. Ioudenitch estime qu’il faut alors évacuer Sarikamis pour inciter le centre ottoman à s’aventurer trop loin, tout en maintenant bloqués les flancs de la IIIe Armée.
Enfin, tout au nord, placé en tête du Ier Corps, le détachement de Stange réussit à s’emparer d’Ardahan.

– Sur le flanc droit turc (flanc gauche russe), le XIe Corps turc échoue attaque conjointement avec le IXe Corps pour fixer les Russes mais ceux-ci décrochent dans l’ordre vers Sarikamis. Le 28 décembre, les Russes ne laissent dans et autour de la ville, que 1 000 soldats affectés à la défense des chemins de fer, ainsi que des éléments des 80e, 155e et 156e Régiments.
Les Turcs ne tardent pas à donner immédiatement dans le panneau. Cédant à l’enthousiasme, Enver Pacha et Hassan Izzet lâchent le IXe Corps vers Sarikamis MAIS SANS AUCUN SOUTIEN sur les flancs. Les soldats du IXe Corps, déjà fatigués et souffrant du froid, avancent et attaquent frontalement les troupes du Tsar qui défendent la ville. Les combats sont particulièrement féroces et les Russes se montrent suffisamment accrocheurs pour permettre à Ioudenitch de rassembler le IIe Corps du Turkestan. Dès le 30 décembre, les attaques turques se montrent moins vigoureuses. Le IXe Corps se trouve alors acculé sur les crêtes boisées au nord-ouest de Sarikamis avec ses flancs complètement ouverts. Parti avec 12 000 soldats, il n’en compte plus que 2 500, appuyés par seulement 14 canons et mitrailleuses.

Hafiz Hakki Pacha

                       Nikolai Nikolaïevitch Ioudenitch

4 – … ET SON CALVAIRE

– Pour Ioudenitch, le moment est venu de donner le coup de grâce. Le 31 décembre, les Russes attaquent en direction du Col de Barduz. La 32e Division turque est sévèrement secouée. Le 2 janvier, un détachement mené par Mikhaïl Przewalski (cousin du grand explorateur) s’empare du Col de Barduz. Izzet ordonne de secourir ce qu’il reste du IXe Corps. Dès le 31 décembre, le Xe Corps lance alors plusieurs assauts frontaux en direction de Sarikamis. Mais chaque attaque se brise sur les canons et les fusils russes sur les pentes des monts Allahüekber.
Le 2 janvier 1915, les Russes font donner leur artillerie sur le IXe Corps qui est laminé. Le Xe Corps parvient à se retirer entre Sarikamis et Kars mais il doit laisser la majorité de ses soldats et tout son équipement en chemin. Ajoutons le typhus qui commence à faire des ravages. Le 9 janvier, les Russes font prisonniers l’intégralité des 17e, 28e et 29e Divisions. A cette date, le IXe Corps turc a complètement cessé d’exister. Les derniers survivants blottis dans les bois rendent les armes en février. Enfin, au nord, le Ier Corps doit évacuer d’urgence la vallée du Çoruh.

– L’offensive voulue par Enver Pacha s’achève par une véritable catastrophe. Si les Russes ont aussi essuyé de lourdes pertes avec 35 000 tués, blessés et portés disparus, ils ont infligé une sévère défaite aux Turcs. Ceux-ci ont perdu 65 000 hommes dont de nombreux officiers. Le Général Hafiz Hakki succombe au typhus et doit être remplacé par Mahmut Kamil. Toutefois, Ioudenitch ne peut exploiter sa victoire car ses troupes sont épuisées et les craintes de voir les Russes déferler en Anatolie et sur Erzurum ne se montrent pas fondées. En revanche, Ioudenitch, l’artisan de la victoire russe, est promu au commandement des forces du Caucase. Mychlaievski est relevé de ses fonctions militaires.

– La victoire russe de Sarikamis va avoir une conséquence tragique : le génocide arménien.

Source :
– STONE, David R. : The Russian Army in the Great War. The Eastern Front 1914-1917, University Press of Kansas

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