8 décembre 1914 – Victoire navale britannique des Falklands (résumé)

Aujourd’hui, quittons les tranchées pour les flots glacés de l’Atlantique sud.

– Début décembre 1914, après avoir battu l’escadre du Rear-Admiral Cradock au large des Îles Coronels dans le Pacifique (Chili), l’escadre de l’Admiral Maximilian Graf von Spee (croiseurs lourds « Gneisenau » et « Scharnhorst » ; croiseurs légers « Leipzig », « Dresden » et « Nürnberg ») décide de franchir le Cap Horn pour attaquer les positions britanniques des Malouines, non loin du détroit de Magellan.
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– Entretemps, à Londres, l’Amirauté britannique que dirige Sir Winston Churchill a décidé de prendre une revanche sur la
Kriegsmarine. Une puissante division de surface est réunie en Grande-Bretagne sous la direction du Rear-Admiral Sir Frederick Sturdee. Celui aligne les dreadnoughts (croiseurs de bataille) HMS « Invincible » et « Inflexible » puissamment armés de pièces de 305 mm, ainsi que les croiseurs HMS « Bristol », « Carnavon », « Cornwall » et « Kent ». Traversant l’Atlantique du nord au sud, les deux cuirassés rallient Port Stanley le 1er novembre, rejoignant deux vieux croiseurs rescapés de la défaite des Coronels, les HMS « Canopus » et « Glasgow ».

– La chance est du côté de la Royal Navy. En effet, ayant appris que les navires de Sturdee se ravitaillent en charbon à Port Stanley (qui dispose d’un important dépôt de ravitaillement de cette matière), von Spee décide de surprendre les britanniques sans leur laisser le temps de prendre la haute mer. Von Spee est aussi au courant que le paquebot « Prinz Eitel Friedrich » doit débarquer une compagnie d’Infanterie pour occuper Port Stanley.
Le 8 décembre, les croiseurs allemands s’approchent de Port Stanley alors que les vaisseaux britanniques achèvent leur remplissage de charbon. Mais le HMS « Canopus » repère les navires allemands et donne immédiatement l’alerte. Sturdee n’hésite pas une seconde et ordonne à ses navires d’intercepter l’escadre impériale. Ses navires ont un net avantage sur ceux de son adversaire, leur vitesse. En effet, les vaisseaux britanniques filent à 23-25 nœuds contre 21 aux allemands. C’est le HMS « Bristol » qui part en avance et entre en contact avec les navires allemands, avec dans son sillage les HMS « Invincible » et « Inflexible ». Conscient de son infériorité, von Spee décide de rompre le combat en faisant demi-tour. Mais les deux croiseurs de bataille britanniques, appuyés par le  HMS « Carnavon»encadrent le « Leipzig » par un feu nourri, quoique imprécis.

– Ne pouvant compter sur la vitesse de ses navires pour ses navires, Maximilian von Spee décide d’engager le combat en comptant sur les pièces lourdes de 210 mm des « Gneisenau » et « Scharnhorst » très efficaces à portée réduite. Mais Sturdee manœuvre beaucoup plus habilement malgré la fumée se dégageant des cheminées qui obstrue la visibilité. Forts de leur vitesse, les HMS « Invincible » et « Inflexible » engagent le combat avec les croiseurs lourds allemands. Si ceux-ci réussissent à mettre quelques coups au but, les artilleurs britanniques maniant les pièces de 305 mm coulent le « Scharnhorst » et une heure plus tard, neutralisent le « Gneisenau » qui est sabordé sur ordre de son commandant. Maximilan von Spee a été tué dans l’affrontement.

– Les deux pièces maîtresses des Allemands ayant coulé, les croiseurs légers tentent de fuir vers le Pacifique. Mais Sturdee lâche ses croiseurs légers. Les HMS « Cornwall » et « Glasgow » coulent le « Leipzig ». Dix-huit survivants sont recueillis par les Britanniques. Pendant ce temps le HMS « Kent » donne la chasse au « Nürnberg ». Bien que plus lent que les autres vaisseaux de Sturdee, le « Kent » rattrape le navire allemand à toute vapeur grâce aux efforts de son équipage. Inférieur en blindage et en armement, la « Nürnberg » est coulé après un bref et violent affrontement. Seul le « Dresden » est parvenu à s’échapper.
Les Britanniques accusent seulement la perte de 29 marins et officiers, dont 19 tués contre 1 871 tués et noyés du côté allemand. Les 215 rescapés restent en captivité dans les Malouines. Notons toutefois qu’un jeune officier répondant au nom de Wilhelm Canaris parviendra à s’échapper et à regagner l’Allemagne après un long périple. Il deviendra le chef de l’Abwehr, le service de renseignement du IIIe Reich.

– Revanche et succès pour les Britanniques et lourde défaite pour la Kriegsmarine. La bataille des Falklands représente en quelque sorte une singlante défaite de la politique navale de von Tirpitz et de Guillaume II qui faisait la part belle aux cuirassiers comme arme décisive. Aux Falklands, la Kriegsmarine a perdu inutilement deux fleurons. En revanche, la victoire britannique est celle des thèses de Sir Julian Corbett – et de Sir John Fisher le prédécesseur de Churchill – qui préconisent des déploiements simultanés pour assurer la sécurité des routes maritimes sans chercher un combat décisif à l’inverse des Allemands. Ici, les Britanniques ont fondé leur succès autant sur la chance au niveau tactique, que sur leur rapidité d’intervention grâce à la vitesse de leur navires et à la combinaison croiseurs de bataille – croiseurs légers.

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