Les tranchées sur le grand écran

– Chers lecteurs, chères lectrices, je vous propose cette semaine un article assez inhabituel puisqu’il touche autant à l’Histoire qu’à la Cinéphilie.
Le thème des combattants dans les tranchées ayant nourri le cinéma depuis le temps des films muet, je vous propose donc une rétrospective des films sur ce même thème.

Source : http://image.toutlecine.com/
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– Sorti peu avant l’Armistice de 1918, « Charlot en soldat » (« Shoulder Arm ») revient sur la vie dans les tranchées sur un ton comique et burlesque. Charlie Chaplin reviendra également surles derniers moments de la Première Guerre mondiale et ses conséquences dans « Les temps modernes ».
A-lOuest-rien-de-nouveau– Bien qu’ouvertement pacifiste, l’excellente adaptation de l’œuvre d’Erich Maria Remarque « A l’ouest rien de nouveau » Lewis Milestone (1932) reste l’une des grandes références dans le cinéma traitant de la Grande Guerre. Et qui plus est, traité du point de vue allemand. Une superbe et tragique plongée au cœur de l’orage d’acier, pour reprendre les mots d’Ernst Jünger.
Source : http://www.unifrance.org
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« Les Croix de bois » réalisé en 1931 par Raymond Bernard, avec Pierre Blanchard, Gabriel Gabrio et Charles Vanel. Il s’agit de l’adaptation (réussie) du récit de guerre éponyme de Roland Dorgelès. Le film est considéré comme très réaliste car R. Bernard avait demandé le concours d’anciens Poilus et de l’Armée qui l’avait autorisé à tourner sur un champ de bataille. Le film a été réédité en DVD en 2014 pour le Centenaire.

sergent-york– Avec « Sergent York », Howard Hawks aborde la Première Guerre mondiale pour la quatrième fois. Sauf que réalisée en 1941, cette œuvre s’inscrit vraiment dans une démarche de propagande patriotique face à la situation européenne. Mais on appréciera la qualité de la réalisation et de la technique. Film biographique, il a été tourné du vivant même d’Alvin C. York, sous-officier plusieurs fois décoré pour le nombre de soldats allemands qu’il a tués ou blessés à l’automne 1918. York refusa d’abord que cet épisode de sa vie soit porté sur le grand écran mais finalement, accepta. Hawks montre alors le parcours d’un jeune objecteur de conscience de l’Amérique profonde qui va devenir l’un des soldats les plus décorés de l’US Army. Il reçu deux Oscars dont celui du Meilleur Acteur pour Gary Cooper.

– Soulignons aussi les films visant à dénoncer l’absurdité de la guerre. En premier lieu, la comédie musicale de Richard Attenborough « Dieu que la Guerre est jolie » (« Oh ! What a lovely War ») qui bénéficie néanmoins d’une reconstitution historique plutôt remarquable, au-delà du propos du film. Notons qu’il est le premier film a traité de la fameuse fraternisation entre soldats des deux camps en décembre 1914. Et ce, bien avant la fiction de Christian Carion « Joyeux Noël ».

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– Film tourné en Australie et en Égypte (avec de beaux plans sur les pyramides de Gizeh), le « Gallipolli » de Peter Weir est plutôt bien réalisé. Sans prendre un ton apologétique de la Guerre, il n’est pas non plus antimilitariste militant, Weir et David Williamson le scénariste, ayant préféré montrer l’absurdité de certains ordres donnés mais aussi la camaraderie et la fraternité d’armes. Weir a aussi voulu montrer la brutalité du passage de l’adolescence insouciante à l’âge adulte dans le fracas des armes. Et comme nous sommes dans un film historique anglo-saxon, la reconstitution historique est de qualité.
Les combats des Dardanelles feront aussi l’objet du film turc « Gallipoli. La bataille des Dardanelles » de Kemal Uzun (au ton très patriotique) et du dernier film de Russel Crowe « La promesse d’une vie » (« The Water diviner ») sorti cette année (2015) et qui a eu un franc succès en Australie.

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– Avec le film britannique « La tranchée » (« The Trench ») William Boyd aborde la bataille de la Somme du point de vue de jeunes soldats britanniques inexpérimentés. Cette fiction intimiste et minimaliste montre les quarante-huit he

ures qui précèdent le sanglant assaut du 1er juillet 1916. On y voir des soldats confrontés à la peur, l’angoisse et l’attente. Avec Daniel Craig dans l’un de ses premiers rôles, très crédible en Sergent.

– Moins connu au près du public français, le film de Robert Clem « K Company » inspiré du récit de William Novel March, aborde les combats d’Argonne du point de vue américain et les troubles individuels qui en résulte. Une manière de critiquer l’engagement américain outre-mer.
Je cite également un très bon petit film de guerre, « Le bataillon perdu » de Russel Mulcahy (à qui l’on doit  « Highlander »qui pour le coup, narre les combats de soldats du 307th Infantry Regiment isolé dans un bois d’Argonne en septembre 1918. En outre, il s’agit d’une histoire vraie. Mais les tranchées ne sont montrées qu’au début du film.

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– Enfin, je rajoute ce très bon film australien, le trop méconnu « Beneath Hill 60 » (mal) traduit en français sous le titre « Commando de l’ombre ». Réalisé par Jeremy Sims, il nous plonge dans la « guerre des tunnels » menée par une unité des Australian Engineers dans les batailles de la Somme et de la Crête de Messines. A hauteur d’homme et avec des moments d’angoisse, ni militariste, ni pacifiste, en plus d’une très bonne reconstitution. A voir pour ceux et celles intéressé(e)s par l’histoire des troupes de Dominions.

 

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